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Notes de lecture 2020

Note de lecture : « Hors des décombres du monde » (Yannick Rumpala)

L’un des plus ambitieux et audacieux textes récents marquant la place unique de la science-fiction dans l’appréhension des possibles pour retrouver de la capacité d’agir. Une belle réussite.

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Hors des décombres

Sous-titrée « Écologie, science-fiction et éthique du futur », l’ambitieuse étude de Yannick Rumpala, maître de conférences en sciences politiques à l’Université de Nice et passeur impénitent aux frontières du littéraire et du politique, publiée chez Champ Vallon en 2018, dans la belle collection L’environnement a une histoire de Charles-françois Mathis, fait indéniablement partie de ces textes précieux pour notre vision du monde et pour notre capacité d’action dans le monde, à partir de la nourriture littérature, dont on souhaiterait qu’il en existe toujours davantage en France.

L’humanité doit-elle se préparer à vivre sur une planète de moins en moins habitable ? À regarder les visions diffuses de la science-fiction, c’est effectivement le futur qui lui semble le plus souvent promis. Comme si ce genre narratif extrapolait les tendances inquiétantes qui semblent en cours… De fait, en quelques millénaires, les capacités de l’espèce humaine ont considérablement augmenté, au point qu’elles paraissent désormais saturer et menacer les fonctionnements écologiques de la planète. La récente notion d’ « anthropocène » a même été proposée pour donner un nom à la possibilité d’une nouvelle ère géologique : une ère résultant cette fois des effets cumulatifs des multiples activités et interventions humaines. Comme le suggère la perspective de cette notion, les traces visibles ne sont plus de simples égratignures sur la surface planétaire. Les données, connaissances, rapports qui s’accumulent alimentent les inquiétudes. L’unité de compte est devenue le nombre de planètes Terre qui seraient nécessaires à une humanité qui poursuivrait son développement en restant accrochée aux logiques actuellement dominantes. La modernité industrielle s’est installée comme si elle n’avait pas besoin de tenir compte des milieux dans lesquels elle puisait, de l’environnement sur lequel elle s’appuyait. Ce temps semble révolu.
Les implications sont importantes pour l’ensemble des activités humaines. Si, compte tenu de leur ampleur, l’enjeu est de plus en plus de penser les conséquences de ces activités, il faut aussi des supports pour pouvoir le faire. De ce point de vue, la science-fiction a peut-être l’avantage d’avoir anticipé le mouvement. Ces enjeux écologiques, elle a déjà contribué à les mettre en scène dans des anticipations fictives et, très probablement, ils y seront plus souvent présents comme des rappels récurrents des situations dégradées qui sont en train d’être produites. Un bref regard laisserait même l’impression que les descriptions proposées sont devenues plus souvent pessimistes, voire apocalyptiques, mais ce livre vise aussi à examiner dans quelle mesure il est possible de mobiliser un imaginaire protéiforme pour profiter d’ouvertures plus inspirantes. Ou, pour être plus précis, le mobiliser pour aider notamment à réfléchir sur les façons pour une collectivité de prendre en charge les défis écologiques, voire de penser les voies d’adaptation à des changements globaux ou des perturbations environnementales accumulées.
Pourquoi s’appuyer sur le travail imaginaire ? Parce qu’il a des dimensions multiples. La science-fiction propose certes des récits, mais peut aussi être envisagée comme un espace de production de représentations et d’idées, et spécialement d’idées nouvelles ou originales. En installant et en accumulant des expériences de pensée, elle offre un réservoir cognitif et un support réflexif : autrement dit, un type de connaissance utilisable pour devenir matière à réflexion. Par l’accès à une autre forme d’expérience individuelle ou collective, c’est un vecteur d’interprétation du monde qui devient disponible grâce à ce stock cumulatif de représentations. Et si l’on ose profiter de ses cadres narratifs, cette voie fictionnelle peut alors devenir à la fois un procédé et une ressource pour réinterpréter des problèmes et des situations, pour avancer des formes d’interrogations et explorer des propositions par un déplacement dans un monde différent, reconfiguré.
Comment traiter d’enjeux qui s’esquissent et qui paraissent aussi lourds de conséquences potentielles que d’indéterminations ? Comment (re)trouver des prises sur ce qui est en devenir et qui pourrait composer le futur ? Par son ancrage assumé dans l’imaginaire, la science-fiction ne vient pas forcément parmi les appuis les plus évidents. Et pourtant, elle peut constituer un matériau ayant aussi une pertinence. Les productions du genre, par leur capacité à soulever des questions, à les mettre en scène, peuvent également donner matière à penser. Si l’on souhaite alors pousser l’analyse, il est possible d’en faire autre chose que des exercices de commentaire littéraire ou d’analyse filmique. Précisément, nous ferons l’hypothèse que ce matériau, reconsidéré pour d’autres formes d’exploration, peut aussi être incorporé dans un processus de production de connaissance. Et le besoin en la matière est à la mesure des transformations massives, profondes, qui semblent en cours, tant pour les populations humaines que pour la planète.

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Dans ce parcours de démonstration, Yannick Rumpala nous propose d’abord d‘éprouver l’habitabilité des mondes, de jauger ainsi d’emblée la force de problématisation de la science-fiction lorsqu’il s’agit des multiples façons d’habiter une planète, du rapport des espèces pensantes à leur habitat, et d’une manière de redécouvrir l’enjeu et les conditions de l’habitabilité terrestre, pour aboutir à diverses réinterprétations des enjeux éthiques des futurs écologiques et des conséquences des options sociotechniques jadis retenues, en compagnie par exemple de Rachel Carson, de Günther Anders, de Bill McKibben, de Paul Virilio, de Jean Baudrillard ou de Bruno Latour, mais plus encore de John Brunner (avec « Tous à Zanzibar » comme avec « Le troupeau aveugle »), de Robert Silverberg (principalement avec « Les monades urbaines », de Philip K. Dick (notamment avec « Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? »), de Kim Stanley Robinson (avec son « S.O.S. Antarctica » et sa Trilogie martienne comme avec son « 2312 » et sa Trilogie climatique, auxquelles on aurait certainement pu ajouter son « Aurora », paru trop récemment en français sans doute), de Norman Spinrad (essentiellement pour son « Bleue comme une orange »), d’Andreas Eschbach (« En panne sèche »), de Douglas Trumbull (et son film « Silent Running » de 1972), de Christopher Nolan (et de son film « Interstellar »), de Michel Jeury (avec son « Monde du Lignus »), de Walter Jon Williams (pour son « Câblé »), de Paolo Bacigalupi (pour son « Water Knife », mais aussi, bien naturellement, pour sa « Fille automate »), de Frank Herbert (avec une lecture angulaire de son « Dune »), de Neal Stephenson (avec son « Âge de diamant »), de Jeff VanderMeer (avec le premier volume notamment de sa trilogie du Rempart Sud, « Annihilation »), ou encore de Charles Stross (avec son « Accelerando »).

Ce schéma de classes prenant des chemins séparés, a fortiori parce qu’il n’est pas sans liens avec des situations contemporaines observables, est aisé à pressentir dans sa logique la plus brutale : quand les espaces deviennent moins agréables ou plus difficiles à habiter, puissants et aisés n’hésitent guère à partir ailleurs? Et même ailleurs que sur Terre, en effet, dans une part de ces extrapolations imaginaires qui jouent sur l’anticipation. Dans Câblé de Walter Jon Williams, la forme de capitalisme débridé qui s’est imposée, non sans violence, n’a d’affinités avec aucun espace. Là aussi, ses représentants étaient même prêts à quitter la surface terrestre si cela les arrangeait et servait leurs intérêts. Dans ce monde reconfiguré à la fois techniquement, économiquement, politiquement, les souverainetés étatiques ont disparu, laissant une Terre soumise au règne du trafic et de la contrebande, ce qui convient finalement très bien aux plus puissantes multinationales qui préfèrent fabriquer les marchandises de valeur dans des stations orbitales. Dans Water Knife de Paolo Bacigalupi, c’est la sécheresse qui a amené les plus favorisés à se retirer dans des habitats autonomes, où eux, à l’inverse des réfugiés laissés à l’extérieur, peuvent encore bénéficier d’une eau abondante et, en l’occurrence, recyclée. Dans ces États américains d’un futur crédible, l’eau est devenue un bien si précieux qu’il n’est plus guère question de la partager. Le recours à des forces armées privées est devenu une des solutions pour protéger la ressource lorsqu’elle peut encore l’être.

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Le deuxième chapitre de cette quête se propose de déployer les heuristiques de la science-fiction « par-delà apocalypses et utopies ». Pour ce faire, il est possible de recenser, au moins partiellement, les ressources fictionnelles accumulées ou accumulables face à la fin d’un monde, de recenser les variétés d’effondrement et les formes de mise à l’épreuve, de porter une réelle interrogation sur les fonctions des récits apocalyptiques et dystopiques, de s’interroger sur la fiction comme moyen de réimaginer des puissances d’agir plutôt que de laisser opérer diverses formes de tétanie face aux menaces, voire d’apprendre à partir des scénarios de fin du monde, en compagnie notamment de Michaël Foessel, de Christian Chelebourg, de Jean-Paul Engélibert, de Jean-Pierre Dupuy ou de Paul Ricœur, mais encore une fois surtout avec Alain Damasio (sa « Zone du Dehors » mais aussi sa « Horde du Contrevent »), Cormac McCarthy (et « La route », bien entendu), Walter M. Miller (« Un cantique pour Leibowitz »), John Brunner et Philip K. Dick (à nouveau), Roland Emmerich (et son film « Le Jour d’Après »), James Graham Ballard (avec ses quatre apocalypses, incluant notamment « La forêt de cristal »), Bong Joon Ho (et son film « Snowpiercer »), Andrew Stanton (et son film « Wall-E »), Max Brooks (avec le « Guide survie en territoire zombie »), David Brin (« Le facteur »), ou encore de Margaret Atwood (avec sa trilogie « MaddAddam »).

C’est aussi l’ambiguïté du genre. La science-fiction peut à la fois participer à une hégémonie culturelle (spécialisant celle valorisant le progrès technoscientifique, voire le « Progrès » en version majuscule), mais aussi véhiculer des ferments critiques. Si changement il peut y avoir, les productions de science-fiction sont une manière d’en questionner la nature. Sans qu’on soit forcément sûr de trouver mieux ailleurs… Expert en la matière pour en avoir construit quelques-uns (non sans accents paranoïaques, même souvent), Philip K. Dick avait déjà mis en garde : « Si vous trouvez ce monde mauvais, vous devriez en voir quelques autres ».
Il y a différentes manières d’élargir la gamme des visions du monde, avec différentes tonalités, différentes textures. Les visions du futur ainsi construites peuvent paraître plus ou moins positives ou plus ou moins négatives, donc désirables ou repoussantes. Les récits proposés par la science-fiction sont souvent traités avec une espèce de réflexe consistant à essayer de les situer par rapport aux grandes catégories de l’utopie et de la dystopie, qui serait le symétrique négatif de la précédente. Classer peut être un réflexe utile pour signaler certaines caractéristiques et récurrences, mais l’exercice a aussi ses limites, qui se manifestent notamment lorsqu’il s’agit de mettre de force des éléments dans des catégories prédéfinies.

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Toujours dans ce deuxième chapitre, Yannick Rumpala s’appuie vigoureusement, et avec une belle pertinence, sur le travail fondamental de Fredric Jameson dans ses « Archéologies du futur », aussi bien sur son programme de revitalisation de l’élan utopique d’Ernst Bloch (« Le désir nommé utopie ») que sur sa relecture détaillée de Darko Suvin à partir d’une douzaine d’exemples concrets (« Penser avec la science-fiction »). Qu’il s’agisse de penser la possibilité et les risques d’utopies écotechniques pour toute la planète (avec les tentations de déformation hasardeuse du concept de terraformation, où l’on retrouve dans toute sa force le travail de Kim Stanley Robinson, à nouveau), ou qu’il faille mesurer les réactivations de l’imaginaire d’un salut technologique (pour laquelle l’évolution d’un Bruce Sterling est particulièrement intéressante), « imaginer des mondes pour tester le futur » constitue bien une voie royale pour la pensée fictionnelle science-fictive, qui se démarque aisément, dès que l’on creuse un peu le sujet, d’une approche prospectiviste « classique ».

Dans la perspective de Fredric Jameson, ces énoncés ont une ressource potentiellement puissante qui est celle de la perturbation (« disruption »). Pour lui : « La perturbation est donc le nom d’une nouvelle stratégie discursive, et l’utopie la forme que prend nécessairement cette perturbation ». Ce sont les images ainsi produites qui aideraient à imaginer des alternatives radicales et donneraient des supports pour aider à réfléchir à d’autres modèles. De ce point de vue, la science-fiction apparaît comme un grand réservoir d’inspirations. Mais pas sur le mode du programme détaillé, car il est devenu difficile de construire un imaginaire en dehors de celui que fait peser le système économique contemporain. C’est ce que Fredric Jameson avait résumé en une phrase devenue presque classique à force d’avoir été reprise (de manière plus ou moins fidèle, d’ailleurs) : « Il nous semble plus facile aujourd’hui d’imaginer la détérioration complète de la terre et de la nature que l’effondrement du capitalisme tardif ; peut-être cela est-il dû à une faiblesse dans notre imagination ».
La science-fiction doit alors plutôt être regardée différemment, à la manière dont on peut considérer « la nature et la fonction politiques du genre utopique » : « sa vocation profonde est de faire percevoir, sur un mode local et déterminé, avec une plénitude de détails concrets, notre incapacité constitutionnelle à imaginer l’Utopie ». Ou comme Fredric Jameson l’a répété : « […] ce qui est important dans une utopie n’est pas ce qui peut être imaginé et proposé en positif mais plutôt ce qui n’est ni imaginable ni concevable. L’utopie, à mon sens, n’est pas une représentation mais une opération visant à révéler les limites de notre propre imagination du futur, les lignes que nous ne semblons pas capables de franchir en imaginant des changements dans notre vie et notre monde (sauf dans le sens de la dystopie et de la catastrophe).
Fredric Jameson incite ainsi à envisager l’utopie davantage comme une méthode.

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Après un dernier puissant détour par la magie productive d’un Cory Doctorow (et tout particulièrement de son « Dans la dèche au Royaume Enchanté »), Yannick Rumpala peut nous entraîner vers son chapitre final, qui tente audacieusement mais difficilement de synthétiser la possibilité de l’espérance, via le détour science-fictif lui-même, en matière d’habitabilité planétaire. Se plaçant résolument, à côté de celle de Fredric Jameson, lumineuse, dans l’inspiration de Gilles Deleuze, il s’agit pour lui de nous proposer quelques « jalons pour une exploration productive des lignes de fuite écofictionnelles », ce dont il s’acquitte avec détermination, en naviguant entre les possibles de l’abstention technologique, avec Marion Zimmer Bradley et sa « Vague montante », ou avec Michel Jeury et ses « Écumeurs du silence », de la frugalité autogérée, avec Ursula K. Le Guin et ses « Dépossédés », de la sécession arcadienne, avec Ernst Callenbach et son « Ecotopia », de l’abondance automatisée, avec Iain M. Banks et son cycle de la « Culture », du conservationnisme autoritaire, avec Karen Traviss et ses « Guerres Wess’har », et enfin de la spiritualité naturelle, avec James Cameron et son « Avatar » (et une belle incursion dans le travail d’Aldo Leopold en prime).

S’il s’agit de se demander dans quel environnement l’humanité doit s’habituer à vivre, ce livre a essayé de convaincre qu’un très bon moyen (le meilleur ?) de commencer à le percevoir, ou de saisir les enjeux afférents, peut être l’imaginaire de la science-fiction. L’explorer, comme nous l’avons postulé, c’est aussi permettre d’accéder à une expérience particulière du futur et à une autre forme de connaissance, plus expérimentale. Il pouvait être certes intéressant de prendre les productions du genre comme des objets culturels à analyser. Mais l’ambition de ce livre était d’aller au-delà du commentaire ou de l’analyse de contenu, en considérant que ces récits et fictions pouvaient aussi avoir une fonction heuristique et être rendus productifs pour une démarche plus attentive au devenir du monde et à son orientation? Ou, plus précisément, être repris comme des bases de problématisation et travaillés dans une perspective d’élargissement des possibles et de réflexivité collective.
Si un changement est à venir ou à envisager dans la manière pour l’humanité d’occuper la Terre, reste à savoir s’il va être choisi ou subi. Le récit principal, celui qui fera l’Histoire, reste bien entendu à écrire, mais les récits déjà disponibles, portés par l’imagination anticipatrice, ne sont pas sans importance. Surtout comme ressources potentielles dans un processus de (re)création de sens et d’apprentissage collectif. Les fictions qui nous ont occupés ne sont pas que des représentations du monde dans des possibles versions futures ; elles s’offrent également comme des éléments d’interprétation, voire de compréhension, de mondes en train de se faire. Des mondes où chacun tend à être invité à imaginer quelle pourrait être sa place et, d’une certaine manière, à en tester le plus ou moins grand confort…

Si « Hors des décombres du monde » présente sans doute quelques menus défauts, de l’ordre par exemple de la répétition sur-pédagogique et de l’emphase de ses leitmotivs à la longue, il représente néanmoins l’un des ouvrages les plus réussis et les plus passionnants, proposant un véritable et audacieux chemin de développement entre les approches de Fredric Jameson et de Gilles Deleuze, nourri d’un impressionnant corpus imaginaire, pour affirmer la position unique de la science-fiction non seulement au sein de la littérature capable de changer les vies, mais comme potentiel moteur presque direct d’une capacité d’action qui serait retrouvée.

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