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Notes de lecture 2014

Note de lecture : « La forêt de cristal » (James Graham Ballard)

La plus résignée, la plus étonnante et la plus belle, sans doute, des quatre apocalypses de Ballard.

la forêt de cristalRELECTURE

Publiée en 1966, « La forêt de cristal » succède au « Vent de nulle part », au « Monde englouti » et à « Sécheresse » pour clore la série informelle des quatre disparitions de l’humanité mises en scène par James Graham Ballard au début de son parcours d’écriture.

Alerté par un brutal blocus sanitaire et médiatique déclenché par les autorités locales, un médecin spécialiste du traitement de la lèpre doit rejoindre d’urgence son dispensaire au Cameroun, pour s’assurer aussi que ses amis proches, travaillant non loin de là, vers l’amont du fleuve, seul moyen de communication en dehors des hélicoptères militaires. Sur les lieux, un état d’urgence improvisé tant bien que mal tente de permettre aux scientifiques accourus d’étudier un phénomène étrange qui s’est emparé de la forêt, et d’éviter toute panique médiatique : sans doute sous l’effet d’un virus, ou peut-être d’une mutation née de la physique et de la cosmologie, la matière, en commençant par la flore, se met à cristalliser, comme une féérique intrication de glace, de neige, de verre ou de diamant…

C’est sans doute dans ce quatrième roman que l’esthétique et le style développés par Ballard tout au long de ses débuts dans la revue « New Worlds », souvent considérée à raison comme littérairement révolutionnaire entre 1955 et 1965, atteint son sommet de précision et de beauté. C’est sans doute ici également que le saisissement, la résignation, l’étrange hypnose, voire la transe qui gagne peu  à peu les protagonistes confrontés au phénomène potentiellement apocalyptique, atteignent leur plénitude par rapport aux travaux précédents, et annoncent d’une certaine manière le travail d’exploration psychologique intense de l’humanité au bord de plusieurs types de gouffres que Ballard poursuivra désormais, à partir de « La foire des atrocités ».

Une lecture indispensable à la fois pour saisir l’ampleur du projet de l’auteur, tout au long de ses cinquante ans d’écriture et pour goûter la saveur singulière de cette nature mutante qui s’empare des préoccupations, petites ou grandes, des personnages fétus dans la tourmente qui s’annonce pourtant si gentiment.

Ce qu’en dit fort justement par ailleurs le citoyen Nébal, c’est ici.

Pour acheter le livre chez Charybde, c’est .

À propos de Hugues

Un lecteur, un libraire, entre autres.

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