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15 deuxièmes aperçus de la rentrée (septembre 2017)

RAPPEL PRESQUE RITUEL : celles et ceux qui suivent ce blog et / ou qui connaissent la librairie Charybde (129 rue de Charenton 75012 Paris) savent que nous n’attachons pas a priori une importance déterminante à la notion de nouveauté au sens usuel du terme (pour nous comme heureusement pour beaucoup d’autres, une nouveauté en littérature demeure un texte que l’on n’a simplement pas encore lu – et nous aimons ici comme rue de Charenton à lire ou même relire des ouvrages parus il y a cinq, quinze ou cinquante ans) et à son corollaire massif et événementiel, la « rentrée littéraire », que ce soit celle d’août-septembre ou celle de janvier.

Ceci rappelé, et comme nous l’avons indiqué dans notre premier billet sur ce sujet en 2017 (ici), sur nos billets similaires de 2016 (ici et ), 2015 (en trois parties, 1, 2 et 3) ou 2014 (iciet ), nous nous mobilisons malgré tout un peu pour ces moments car, bien davantage que pour nous, lectrices et lecteurs, ils semblent avoir de l’importance pour beaucoup d’auteurs et d’éditeurs que nous apprécions pour la circonstance : la littérature n’est pas un chemin facile, et les tables de beaucoup de lieux de diffusion ont une fâcheuse tendance à se vider et se renouveler rapidement si un certain succès (quelle qu’en soit en réalité la définition pour chacune ou chacun) n’est pas au rendez-vous. Nous regrettons cet état de fait, bien entendu, et faisons ce que nous pouvons, à notre si modeste échelle, pour y résister – mais nous ne pouvons néanmoins que vous encourager, si un ouvrage vous tente, à ne pas attendre qu’il ait été renvoyé dans l’invisibilité relative ou définitive pour vous le procurer… Pour être complets, il nous faut bien ajouter que, libraires à temps plus ou moins partiel depuis six ans, nous nous prenons quelque peu au « jeu », et que, loin des discours souvent chagrins entendus ici ou là sur le fait qu’il n’y aurait « rien d’intéressant », nous ne pouvons que constater à chacune de ces « rentrées » que les livres que nous aimerions lire, pour diverses raisons, dépassent encore et toujours, en nombre, notre capacité de lecture cumulée…

Voici donc quinze nouveaux titres, en plus des vingt du billet précédent, lus soit durant ce mois de septembre soit cet été en avant-première (grâce à notre métier de libraire), qui ont retenu notre attention, éveillé notre intérêt, déclenché notre passion, provoqué notre jubilation ou émoustillé ce qui nous tient lieu d’intelligence, en espérant que vous aurez aussi envie de nous suivre sur ces chemins, très fréquentés ou un peu plus confidentiels. Nous avons aussi indiqué, naturellement, si et quand des rencontres sont d’ores et déjà prévues avec les auteurs concernés, à la librairie, dans les prochaines semaines.

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Nina Allan, La course (Tristram) : un très fort roman d’échos subtils, fractionné hydrauliquement, autour de lévriers génétiquement modifiés, de science de l’empathie et de nature de l’écriture.
La note de lecture complète est ici. Nina Allan sera chez Charybde (en compagnie de Carola Dibbell) le mardi 10 octobre.

Éric Arlix, Golden Hello (Jou) : quatorze fragments de réalité et de surréalité radicales, chantant en grinçant le contemporain qui nous broie, mieux que bien des essais.
La note de lecture complète est ici. Éric Arlix sera chez Charybde le vendredi 20 octobre.

Arno Bertina, Des châteaux qui brûlent (Verticales) : donner à entendre, en improvisation jazz hilarante et en voix multiples poignantes, la porte étroite des alternatives possibles aux logiques pseudo-économiques écrasantes.
La note de lecture complète est ici. Arno Bertina sera chez Charybde fin janvier ou début février, on vous donnera la date dès que possible.

Julia Deck, Sigma (Verticales) : un réseau d’espionnage cherche à neutraliser la puissance subversive d’un tableau moderne. Une remarquable fiction conspirationniste, d’une extravagance réjouissante.
La note de lecture complète est ici. Julia Deck sera chez Charybde le mercredi 4 octobre.

Timothée Demeillers, Jusqu’à la bête (Asphalte) : la tête contre les murs de l’usine à viande, et la formidable chronique ouvrière contemporaine d’un basculement dans la folie.
La note de lecture complète est ici.

Adrien Genoudet, L’étreinte (Inculte Dernière Marge) : sous le double signe de la matière et de la mémoire, un songe bergsonien acéré pour interroger la place de l’image et du voyeurisme dans l’appréhension de l’extrême violence contemporaine.
La note de lecture complète est ici.

Nathan Hill, Les fantômes du vieux pays (Gallimard) : une fresque baroque et foisonnante pour relier l’Amérique de 1968 à celle d’aujourd’hui, en addiction terminale et maladive.
La note de lecture complète est ici.

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Edgar Hilsenrath, Les aventures de Ruben Jablonski (Le Tripode) : odyssée autobiographique et porte d’entrée idéale dans l’œuvre de l’indispensable Edgar Hilsenrath.
La note de lecture complète est ici.

Richard Krawiec, Vulnérables (Tusitala) : un cambriolage sordide en révélateur des maux terminaux d’une certaine Amérique. Décapant.
La note de lecture complète est ici.

Gilles Marchand, Un funambule sur le sable (Aux Forges de Vulcain) : lorsque la différence, visible ou invisible, devient le moteur fantastique d’une ardue lecture poétique du monde. À partir de l’envol de l’expression « avoir un violon dans la tête » !
La note de lecture complète est ici. Gilles Marchand était chez Charybde le 21 septembre dernier (et on peut écouter la soirée ici).

Xavier Mauméjean, La société des faux visages (Alma) : Freud, Houdini et les barons-voleurs, pour une délectable incursion politique dans les lois de l’illusion et de l’inconscient.
La note de lecture complète est ici. Xavier Mauméjean sera chez Charybde en décembre ou en janvier, on vous donnera la date dès que possible.

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Kim Stanley Robinson, 2312 (Actes Sud) : intenses et riches spéculations sur une socio-politique du système solaire, après l’échec climatique, la révolution martienne et l’accelerando. Réinvention de l’amour à l’âge transhumain, en prime. Grand.
La note de lecture complète est ici.

Frank Smith, Chœurs politiques (L’Attente) : étranges et magnifiques conseils à un jeune poète politique, sur le mode impératif et chanté, critique et scandé.
La note de lecture complète est ici.

Stéphane Vanderhaeghe, À tous les airs (Quidam) : incroyable ritournelle du cimetière, quête policière de la littérature sous les masques trop vite assignés.
La note de lecture complète est ici. Stéphane Vanderhaeghe sera chez Charybde le jeudi 5 octobre.

Claire Vaye Watkins, Les sables de l’Amargosa (Albin Michel) : une étonnante fable californienne, post-apocalyptique et écologique, pour dire l’affrontement généralisé des storytellings politiques, sociaux et intimes.
La note de lecture complète est ici.

À bientôt pour une troisième (et sans doute dernière) note à propos de la rentrée de septembre 2017, sur le blog Charybde 27.

À propos de charybde2

Un lecteur, un libraire, entre autres.

Discussion

3 réflexions sur “15 deuxièmes aperçus de la rentrée (septembre 2017)

  1. Merci de mettre des mots sur ce qui me dérange dans cette idée de rentrée littéraire! En somme c’est un compromis réaliste, comme il faut en faire sans cesse quand on veut sauver la littérature…

    Publié par Femmesdelettres | 1 octobre 2017, 10:16
  2. pour compléter ce que j’avais dit a propos de Richard Wagamese Un livre surtout « Indian Horse » traduit par Christine Raguet en « Jeu Blanc » (2017, Editions Zoé, 256 p.). La vie de Saul Indian Horse, jeune Ojibwé, élevé dans les traditions de son peuple qui devient célèbre par ses qualités de hockeyeur, sport national très populaire au Canada. Un premier livre « Les Etoiles s’éteignent à l’aube », traduit par Christine Raguet (2016, Editions Zoé, 288 p.) est maintenant disponible en poche (2017, 10/18, 310 p.). 2 très belles écritures.

    « Kuessipan » que l’on peut traduire peut traduire par « A Toi » de Naomi Fontaine originellement publié, avec une très belle couverture à Montréal (2011, Mémoires d’Encrier, 116 p.), puis en France (2015, Le Serpent à Plumes, 112 p.) est un recueil de textes courts, souvent d’une page ou moins qui traitent de la vie des femmes indiennes d’une réserve Innue de la communauté de Uashat, près de Sept-Iles, à l’extrémité Est du Québec. Le tout est divisé en quatre parties, soit « Nomade », « Ushuat », « Nutshimit » et « Nikuss », non pas quatre réserves, mais une façon d’envisager la vie.
    « Il parait que les hommes partaient à la chasse autrefois, des semaines durant, qu’ils revenaient vers leur femme avec de la viande pour des mois. Il paraît qu’une bonne pêche invitait à un festin tous les soirs de juin à septembre. […] Personne ne lui a dit comment aujourd’hui il pouvait être comme ceux-là ». La vie avec des mots simples et quelquefois ke désespoir de voir la culture indienne se dissoudre. « L’alcool qui réchauffe et les hommes une fois imbibés s’écroulent et oublient jusqu’au lendemain que pour eux, il n’y en a pas ou si peux, de lendemains ».
    Autre texte de Naomi Fontaine à être édité « Manikanetish » (Petite Marguerite) (2017, Mémoires d’Encrier, 144 p.) raconte la vie d’une jeune autochtone, enseignante de français dans une réserve indienne de la Côte-Nord. C’est sa vie et celle de son fils de 5 ans, et de ses élèves qui cherchent à se prendre en main. « Mon père, mort dans un accident de voiture quand j’étais petite, s’appelait Marco. J’ai longtemps pensé que Marc-Aurèle s’épelait Marcorèle » Ce sera le nom de son fils. Naomi Fontaine abandonne un peu le seul fait indien pour inventer une écriture spécifique, directement en français. « Je me suis choisie. J’ai voulu ma vie […] Motiver ces graines d’humains qui créeraient notre futur».

    Aux questions de ses élèves qui ne voient pas pourquoi parler français « « À quoi ça sert, le français ? » elle répond « Ça sert à écrire comme il faut et à parler comme il faut. Si vous savez lire, écrire et parler correctement, alors personne ne pourra vous dire quoi penser. C’est d’abord ça, la liberté. »

    Publié par jlv.livres | 1 octobre 2017, 21:00

Rétroliens/Pings

  1. Pingback: 15 troisièmes aperçus de la rentrée (septembre 2017) | Charybde 27 : le Blog - 13 novembre 2017

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