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Général, Information Charybde

25 premiers aperçus de la rentrée (septembre 2018)

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RAPPEL DÉSORMAIS LARGEMENT RITUEL : celles et ceux qui suivent ce blog et / ou qui connaissent la librairie Charybde (129 rue de Charenton 75012 Paris) savent que nous n’attachons pas a priori une importance déterminante à la notion de nouveauté au sens usuel du terme (pour nous comme heureusement pour beaucoup d’autres, une nouveauté en littérature demeure un texte que l’on n’a simplement pas encore lu – et nous aimons ici comme rue de Charenton à lire ou même relire des ouvrages parus il y a cinq, quinze ou cinquante ans) et à son corollaire massif et événementiel, la « rentrée littéraire », que ce soit celle d’août-septembre ou celle de janvier.

Ceci rappelé, et comme nous l’avons indiqué dans nos billets similaires de 2017 (en trois parties, 1, 2 et 3), de 2016 (ici et ), 2015 (en trois parties également, 1, 2 et 3) ou 2014 (ici et ), nous nous mobilisons malgré tout un peu pour ces moments car, bien davantage que pour nous, lectrices et lecteurs, ils semblent avoir de l’importance pour beaucoup d’auteurs et d’éditeurs que nous apprécions pour la circonstance : la littérature n’est pas un chemin facile, et les tables de beaucoup de lieux de diffusion ont une fâcheuse tendance à se vider et se renouveler rapidement si un certain succès (quelle qu’en soit en réalité la définition pour chacune ou chacun) n’est pas au rendez-vous. Nous regrettons cet état de fait, bien entendu, et faisons ce que nous pouvons, à notre si modeste échelle, pour y résister (l’un des sens de « librairie de garde » correspond bien entendu à cette envie-là)  – mais nous ne pouvons néanmoins que vous encourager, si un ouvrage vous tente, à ne pas attendre qu’il ait été renvoyé dans l’invisibilité relative ou définitive pour vous le procurer… Pour être complets, il nous faut bien ajouter que, libraires à temps plus ou moins partiel depuis sept ans, nous nous prenons quelque peu au « jeu », et que, loin des discours souvent chagrins entendus ici ou là sur le fait qu’il n’y aurait « rien d’intéressant », nous ne pouvons que constater à chacune de ces « rentrées » que les livres que nous aimerions lire, pour diverses raisons, dépassent encore et toujours, en nombre, notre capacité de lecture cumulée…

Voici donc vingt-cinq premiers titres, lus cet été en avant-première (grâce à notre métier de libraire) ou non, qui ont retenu notre attention, éveillé notre intérêt, déclenché notre passion, provoqué notre jubilation ou émoustillé ce qui nous tient lieu d’intelligence, en espérant que vous aurez aussi envie de nous suivre sur ces chemins, très fréquentés ou un peu plus confidentiels. Nous avons aussi indiqué, naturellement, si et quand des rencontres sont d’ores et déjà prévues avec les auteurs concernés, à la librairie, dans les prochaines semaines, ou si elles ont déjà eu lieu (la bande-son se retrouve alors le plus souvent en ligne, ici, au bout de quelques semaines, ou mois).

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Marie-Fleur Albecker, « Et j’abattrai l’arrogance des tyrans », Aux Forges de Vulcain : une révolte de paysans anglais en 1381, et tout un monde mental contemporain peut vaciller à son tour. Avec un humour politique, gouailleur et sensible en prime dans ce premier roman. La note de lecture complète est ici. Une rencontre a eu lieu le 20 septembre dernier.

Philippe Annocque, « Seule la nuit tombe dans ses bras », Quidam : une histoire d’amour virtuelle, une incision dans le pouvoir concret des mots en matière de réel et d’irréel. La note de lecture complète est ici. Une rencontre a lieu ce mercredi 17 octobre.

François Beaune, « Omar et Greg », Le Nouvel Attila : le récit fantastique et réel d’une convergence inattendue et dérangeante, loin des clichés et des récupérations, des banlieues réputées difficiles au Front National et retour. La note de lecture complète est ici.

Bruce Bégout, « Le sauvetage », Fayard : un moment de bravoure intellectuelle et physique, légèrement insensée, au coeur du Reich nazi de 1938, pour sauver la monstrueuse quantité de papiers qui deviendront les archives Husserl. La note de lecture complète est ici.

Javier Cercas, « Le monarque des ombres », Actes Sud : l’anatomie d’une légende familiale refoulée, composant une impressionnante leçon d’Histoire et de littérature. La note de lecture complète est ici. Une rencontre aura lieu mercredi 19 décembre prochain.

Alfons Cervera, « Un autre monde », La Contre Allée : un magnifique combat pour comprendre, par-delà la mort, les silences d’un père taiseux. La note de lecture complète est ici.

Antonin Crenn, « Le héros et les autres », Lunatique : un village du Lot, un émoi adolescent, la création d’un monde intérieur vivace et résolu. La note de lecture complète est ici. Une rencontre a lieu ce mercredi 24 octobre.

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Philippe Curval, « Black Bottom », La Volte : une Venise d’art contemporain extrême ou dévoyé, une farce tragique et ravageuse, une rare histoire d’amour fou. La note de lecture complète est ici. Une rencontre a eu lieu le 25 septembre dernier.

Philippe Curval : « Un souvenir de Loti », La Volte : utiliser la matrice du space opera pour confronter Épicure et l’amour fou à la mort et à la fin. La note de lecture complète est ici.

Patrick K. Dewdney, « La Peste et la Vigne », Au Diable Vauvert : après « L’enfant de poussière », deuxième volume d’une saga de fantasy comme il en existe trop peu. Syffe grandit, l’univers prend de l’épaisseur, le ton reste unique et l’écriture d’une étonnante intensité poétique. La note de lecture complète est ici. Une rencontre a eu lieu le 13 septembre dernier.

DOA, « Lykaia », Gallimard : dans l’enfer vide – et se voulant pourtant habité – du désir extrême et contraint, et de son illusoire transgression. Impressionnante et salutaire incursion dans les mirages du BDSM. La note de lecture complète est ici.

Maria Efstathiadi, « Hôtel rouge », Quidam : une fabuleuse mobilisation poétique d’un être à facettes pour surmonter les silences de la mémoire d’enfant. La note de lecture complète est ici. Une rencontre a eu lieu le 11 octobre dernier.

Larry Fondation, « Les martyrs et les saints », Tusitala : toujours renouvelés et de plus en mutants, les flashs narratifs brutaux des marges de Los Angeles. La note de lecture complète est ici.

Gauz, « Camarade Papa », Le Nouvel Attila : naissance de la Côte d’Ivoire coloniale et paradoxes contemporains, avec humour tendre et acide. La note de lecture complète est ici.

Michel Jullien, « L’île aux troncs », Verdier : dans la glace et l’horreur, le feu et l’humour, l’incroyable odyssée d’une colonie de mutilés soviétiques de la deuxième guerre mondiale. La note de lecture complète est ici. Une rencontre aura lieu le 21 novembre prochain.

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Perrine Le Querrec, « Bacon le cannibale », Hippocampe : inventer une logique poétique de la sensation qui dévore, transmuter Francis Bacon en son langage propre. La note de lecture complète est ici. Une rencontre a lieu ce vendredi 26 octobre.

Alexandre Mathis, « Un monde parfait selon Ghibli », Playlist Society : un magnifique essai pour saisir l’essentiel de ce qui relie et enchante Totoro, Mononoké, Chihiro, Porco Rosso et les autres créations du studio japonais. La note de lecture complète est ici. Une rencontre a eu lieu le 26 septembre dernier.

François Médéline, « Tuer Jupiter », La Manufacture de Livres : à rebours et à cent à l’heure, le thriller frénétique d’un crime politique au retentissement planétaire, tissé dans les gazouillis des réseaux sociaux et dans les ombres des pouvoirs réels. La note de lecture complète est ici.

Serge Quadruppani, « Sur l’île de Lucifer », Snag : paranoïa sécuritaire, soupçonnable sorcellerie anti-capitaliste et enfants réputés innocents, en un redoutable cocktail forestier et politique limousin. La note de lecture complète est ici. Une rencontre a lieu ce jeudi 18 octobre.

Éric Richer, « La Rouille », L’Ogre : domestications forcées et horizons bouchés, métal et défonce, casse auto et quad débridé : la rouille ronge les êtres et les choses, et c’est magnifique. La note de lecture complète est ici. Une rencontre a eu lieu le 19 septembre dernier.

Iain Sinclair, « Quitter Londres », Inculte Dernière Marge : le somptueux point provisoirement final de l’arpentage d’un Londres désormais disparu. La note de lecture complète est ici. Une rencontre a eu lieu le 5 octobre dernier.

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Fanny Taillandier, « Par les écrans du monde », Seuil : une extraordinaire archéologie d’une trajectoire de collision fondatrice, et des rôles de l’anticipation et du récit. La note de lecture complète est ici.

Philippe Vasset, « Une vie en l’air », Fayard : « Toute ma vie j’ai rêvé d’avoir la tête en l’air », le récit sublime d’une quête onirique à l’intensité peu commune, autour d’un grand rail de béton. La note de lecture complète est ici.

Antoine Wauters, « Moi, Marthe et les autres », Verdier : apocalypse et renaissance par le verbe. La note de lecture complète est ici. Une rencontre aura lieu vendredi 16 novembre prochain.

Antoine Wauters, « Pense aux pierres sous tes pas », Verdier : séparation et fusion d’un frère et d’une soeur dans un pays imaginaire et pourtant familier. La note de lecture complète est ici.

D’autres billets devraient normalement venir compléter celui-ci dans les semaines qui viennent, car, comme nous l’évoquions en introduction, nettement plus de 25 titres ont largement retenu notre attention parmi les 550 et quelques de cette inondation annuelle, édition 2018. On vous dira donc très vraisemblablement un mot ou deux prochainement à propos d’Antoine Chainas, de Michael Cisco, de Jean-Yves Jouannais, de Hans Limon, de Marcel Moreau, de Frédéric Paulin, de Cécile Portier ou de Richard Powers, par exemple.

À propos de charybde2

Un lecteur, un libraire, entre autres.

Discussion

2 réflexions sur “25 premiers aperçus de la rentrée (septembre 2018)

  1. je n’ai pas lu grand chose, portant j’avais emporte les 3 tomes de « l’autobiographie » de Mark Tawin
    presque décevant
    bien aime le javier Cercas (ai relu aussi « les soldats de salamine », le miroir du « monarque des ombres
    tres bien tous les deux
    bien aimé aussi « l’ile aux troncs »
    ai eu plus de mal avec « épopée » mais bon c’est marie cosnay
    en ai profité pour lire « Orfi aux Enfers », c’est une BD (actes Sud) de Dino Buzatti
    on retrouve avec peine eurydice
    mais est ce que « Cordélia » parlait du « Roi Lear » ??? la magie de la poésie et de marie Cosnay
    lu aussi plein de choses plus de « non-fiction », écrivant un peu sur « The conversation » theconversation.com
    histoire de faire marcher mon neurone
    mais je reviendrai sur Charybde…..

    Publié par jlv.livres | 17 octobre 2018, 20:46
  2. il faudrait aussi parler des livres magnifiques de Nicole Krauss, de Lutz Seiler, de Jean-Michel Espitallier, d’Emmanuelle Richard, de John Burnside, de Camille Bordas, de Nicolas Mathieu, de Valérie Manteau et de Jérome Ferrari !

    Publié par Charybde 7 | 17 octobre 2018, 23:00

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