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Général

Sourires et éclats de rire littéraires.

Humour du désastre, absurdité joyeuse ou pure jubilation : quelques idées de lecture pour sourire ou rire.

 

Le rire est le propre de l’homme paraît-il, et pourtant les textes qui font rire sont rares.

Pour combattre la mélancolie et accompagner les beaux jours, voici quelques suggestions de lecture susceptibles de déclencher un sourire en coin ou même un fou rire. Humour fou, grinçant ou humour du désastre, voici quelques idées pour vos journées estivales :

Rire de la sarabande incongrue des grands vieillards en pleine forme de Philippe Adam (Philippe Adam, Les centenaires – 2010, Verticales)

Réussir à rire au milieu du désastre, avec la longue liste des chefs d’inculpation imaginaires de Nathan Golshem, destinée non seulement à nous faire rire, mais aussi à mettre les tortionnaires en rage (Lutz Bassmann, Danse avec Nathan Golshem – 2012, Verdier)

Rire des aberrations de nos sociétés modernes, grâce à la poésie et l’humour ravageur d’Ascanio Celestini, une résistance face au cynisme des dominants (Ascanio Celestini, Discours à la nation – 2014, Noir sur Blanc)

Rire de ce monde dominé par l’outil Power Point et son langage creux, agissant comme le bras armé d’une nouvelle façon de gouverner  (Éric Chauvier, Somaland – 2012, Allia)

Lorsque la haine du gratin de chou-fleur devient le symbole universel de toutes les détestations, éclater de rire face à la virtuosité littéraire ahurissante d’Éric Chevillard (Éric Chevillard, L’auteur et moi – 2012, Minuit)

Accompagner les frères Sisters dans leur cavalcade sanguinaire et crasseuse, et rire de cette parodie déjantée de western (Patrick de Witt, Les frères Sisters – Actes Sud)

Sourire, comme souvent avec Amandine Dhée, avec ce texte qui dénonce et démonte les discours dominants sur la maternité (Amandine Dhée, La femme brouillon – 2017, La Contre Allée)

Éprouver le plaisir comique d’une plongée burlesque dans les zones sombres de l’Amérique, brocardant l’université, les medias, l’armée et tous les dingues du pays (Percival Everett, Désert américain – 2004, Actes Sud)

S’amuser de l’arrogance d’une Amérique impérialiste et corrompue avec la farce mordante de Mykle Hansen (Mykle Hansen, Au secours ! Un ours est en train de me manger – 2008, Wombat)

Rire en se faisant piéger par l’intelligence et l’humour de l’auteur, avec ce roman qui met en lumière  la mince frontière entre foi et fanatisme, jugement et préjugé (Tabish Khair, Comment lutter contre le terrorisme islamiste dans la position du missionnaire – 2012, Le Sonneur)

Rire aux éclats en découvrant le génie langagier de William Kotzwinkle, formidablement traduit par Nicolas Richard, et la logorrhée contagieuse de son clochard halluciné, Horse Badorties (William Kotzwinkle, Fan Man – 1974, Cambourakis)

Être résolu à rire malgré tout, avec la farce cruelle et résolument hilarante de l’émigration à tout prix hors de l’enfer moldave (Vladimir Lortchenkov, Des mille et une façons de quitter la Moldavie – 2006, Mirobole)

Sourire en découvrant la lettre d’une table de cantine d’entreprise postulant pour un poste dans une brasserie, pour enfin échapper à l’ennui des conversations professionnelles, et les autres lettres de motivations incongrues et poétiques de Gilles Marchand (Gilles Marchand, Dans l’attente d’une réponse favorable – 2010, Antidata)

Impossible de ne pas rire en lisant ce bref roman de science-fiction, satire désopilante de la société espagnole – voire occidentale – vue par un extra-terrestre (Eduardo Mendoza, Sans nouvelles de Gurb – 1991, Seuil)

Rire des tribulations d’un metteur en scène polonais, dépassé par le foisonnement absurde d’un texte qui se transforme (Antoine Mouton, Le metteur en scène polonais – 2015, Christian Bourgois)

Rire de l’addiction déjantée de Luke Rhinehart, qui joue toutes les actions de sa vie aux dés pour détromper l’ennui (Luke Rhinehart, L’homme-dé – 1971, L’Olivier)

Rire aux éclats enfin, grâce à l’humour pince-sans-rire et tranchant d’Emmanuel Venet, et à l’absolue franchise de son personnage (Emmanuel Venet, Marcher droit, tourner en rond – 2016, Verdier)

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Une lectrice, une libraire, entre autres.

Discussion

3 réflexions sur “Sourires et éclats de rire littéraires.

  1. On ne dira jamais assez de bien de László Krasznahorkai, auteur, entre autres, du remarquable « Guerre & Guerre » traduit par Joëlle Dufeuilly (2013, Cambourakis, 294 p.) et de plusieurs livre-objets remarquablement illustrés (non traduits) comme «Animalinside» (Állatvanbent), nouvelles, (2010, Sylph Ed., London, 40 p.) et «The Bill» (Palma Vecchio-nak, Velencébe) poème en prose, (2010, Sylph Ed., London, 32 p.).
    Je viens de recevoir son dernier ouvrage « The Manhattan Project » (2017, Sylph Editions, 96 p.), annoncé depuis longtemps (mars 2017) et finalement sorti. Le livre a été écrit en partie pendant qu’il était en résidence au Cullman Center, dépendant de la « New York Public Library » (Bibliothèque Publique de New York), en plein Manhattan, sur la 5ème Avenue, à la suite de son Booker Prize en 2015.
    L’idée était de suivre le parcours de Herman Melville, à Nantucket et New York
    « Only Melville interested me. Only Melville although I did not know why » est il écrit en bandeau (doit on dire excipit ? ) sur un très beau signet qui accompagne le livre.
    Avec plusieurs séries de questions
    « Il y a-t-il une vie après Moby Dick »
    « Comment Melville a-t-il contrôlé la ponctuation dans sa famille »
    « Comment vivre avec quatre dollars par jour pendant 19 ans »
    La première interrogation devrait faire réagir Pierre Senges qui y répond (en partie) dans son très beau « Achab Séquelles » (2015, Verticales, 624 p.).

    Il explique ensuite son parcours, et très vite il re-découvre Malcolm Lowry. Pourquoi ? Parce ce dernier avait séjourné au Bellevue Hospital. Il raconte son séjour dans « Lunar Caustic » (1987, Maurice Nadeau, 222p.). Dans mon édition, c’est suivi par « Le Caustique Lunaire », tous deux traduits par Clarisse Francilon. Deux très grands textes, d’ailleurs tout Malcolm Lowry est à lire. Une édition commentée (en anglais) vient d’ailleurs de ressortir par Vik Doyen « Swinging the Maelstrom ; A Critical edition » (2013, University of Ottawa Press, 202 p.).

    Donc László Krasznahorkai est à la recherche de Lowry dont le héros Plantagenet recherche la maison de Melville, lequel recherche Moby Dick.

    Arrivé à New York en septembre 2015, László Krasznahorkai suit bien ses deux auteurs favoris, mais découvre aussi Lebbeus Woods, au Moma PS1, où on l’emmène par hasard, un architecte qu’il qualifie de génial, ce qui n’est pas faux. Ces trois génies ont en commun une passion démesurée pour le gin.
    Donc le séjour à New York va permettre de les suivre dans leurs divagations éthyliques. Cela commence par le Bellevue Hospital, puis Nantucket. On y voit d’ailleurs une trace de Moby Dick sur la plage (je vous laisse découvrir), mais aussi «And I found nothing in Nantucket ».
    Retour vers Melville en février 2016. Aller-retours dans Manhattan, avec de splendides photos de Ornan Rotem en noir et blanc qui illustrent parfaitement le livre grand format (28.5*20 cm).

    Publié par jlv.livres | 26 juin 2017, 11:17
  2. Hmm… Voilà qui fait bien envie !

    Publié par charybde2 | 27 juin 2017, 10:09

Rétroliens/Pings

  1. Pingback: De l’or pour l’été 2017 | Charybde 27 : le Blog - 3 juillet 2017

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