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Général, Information Charybde

Les 25 lectures les plus marquantes pour Hugues en 2019

Vingt-cinq titres choisis dans la joie et dans la douleur toute relative parmi les 199 lectures (ou relectures) de cette année 2019. Vingt-cinq titres qui m’ont chacun apporté un véritable quelque chose, pas nécessairement petit, et en tout cas toujours potentiellement vital, dans le moulin de la littérature et de la vie, en 2019.

Pour la troisième année consécutive, et malgré ma répugnance initiale, j’ai cédé à l’amicale pression de Nicolas Winter et de son Just A Word (ici), et ainsi accepté de désigner, après le « Jérusalem » d’Alan Moore il y a deux ans et le « Épopée » de Marie Cosnay l’an dernier, un nouveau livre préféré de l’année. Et c’est donc « Solénoïde » de Mircea Cǎrtǎrescu (voir ci-dessous).

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[Par ordre alphabétique d’auteur, et il suffit de cliquer sur le titre pour accéder à la note de lecture complète sur ce même blog.]

Pierre Alferi, Hors-sol (P.O.L., 2019) : en suspension au-dessus d’une Terre dévastée par la hausse des températures, le monde terminal des monades hantées. Un cauchemar rude, drôle, époustouflant.

Nina Allan, La fracture (Tristram, 2019) : disparition inexpliquée et explication inacceptable, imposture et improbabilité, souvenir névrotique et mémoire défaillante, un usage brûlant et malicieux de l’arme science-fictive.

Éric Arlix & Jean-Charles Massera, Le guide du démocrate (Lignes, 2010) : une fête du langage pince-sans-rire du contemporain, savant et populaire, sérieux et drôle, pour une lecture décapante des impasses de la croissance néo-libérale et de sa consommation jusqu’au-boutiste.

Andréas Becker, Ulla ou l’effacement (En Bas, 2019) : de l’agonie silencieuse d’une femme et d’une mère, extraire une signification puissante et une tendresse subtile.

Patrick Bouvet, Le livre du dedans (L’Olivier, 2019) : l’enfance aventureuse, par le pouvoir de l’imaginaire et de la lecture, d’une poésie critique contemporaine, une exploration rétrospective magique et salutaire.

Manuel Candré, Des voix (Quidam, 2019) : d’un golem mythique et incarné au quotidien désenchanté, extraire le mince chemin d’une émancipation possible et d’un sens retrouvé à la vie, une expérience littéraire d’une rare puissance.

Mircea Cǎrtǎrescu, Solénoïde (Noir sur Blanc, 2019) : par un narrateur surchauffé se revendiquant anti-écrivain, une fantastique et totalisante vue en coupe d’une capitale de la douleur. Un chef-d’œuvre.

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Claro, Substance (Actes Sud, 2019) : aux frontières mystérieuses de la vie, de la mort et de l’identité humaine, un conte farceur, rusé, ambigu, et diablement poétique.

Sylvain Coher, Vaincre à Rome (Actes Sud, 2019) : inscrire un monde au complet, frémissant, politique, intime et beau, dans le temps précis d’un marathon olympique pas comme les autres, en 1960. Somptueux.

Alain Damasio, Les furtifs (La Volte, 2019) : monumentale, à partir de l’introduction d’une espèce vivante inconnue et très particulière, une somme provisoire et foisonnante des aliénations marchandes et surveillantes du capitalisme tardif, et plus encore de certains chemins de traverse et de certaines lignes de fuite qui pourraient autoriser escapades et échappées.

Jean-Luc André D’Asciano, Souviens-toi des monstres (Aux Forges de Vulcain, 2019) : deux frères siamois aux pouvoirs étonnants au sein d’une famille à surprises, deux îles siciliennes pas exactement jumelles à l’identité à tiroirs, intrigues fantastiques, cape et épée débridées, pour créer un roman d’aventures aux formidables résonances intimes et mythiques.

Steven Erikson, Les souvenirs de la glace – Le Livre des Martyrs 3 (Léha, 2019) : troisième épisode d’une saga de fantasy épique et intelligente, qui atteint ici un sommet d’art et d’émotion.

Shirley Jackson, La loterie et autres contes noirs (Rivages, 2019) : l’anodin qui bascule, en profondeur. Beaucoup plus noir que vous ne pensez, et là où ce n’est pas attendu.

Adam Levin, Bubblegum (Inculte Dernière Marge, 2019) : ce que nous disent sans doute le Net et les lolcats, écrit sans le Net et sans lolcats. Un chef d’œuvre époustouflant d’ambition et de drôlerie songeuse, par l’auteur des « Instructions ».

Gilles Marchand, Des mirages plein les poches (Aux Forges de Vulcain, 2018) : cinq nouvelles inédites et neuf nouvelles plus anciennes pour composer comme un bréviaire poétique de la forme courte, rêveuse et malicieuse.

Céline Minard, Bacchantes (Rivages, 2019) : « Nous avons tout ouvert. Nous avons tout relié ». Un grand détournement du film de casse, vers tout autre chose.

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Aurora

Françoise Morvan, Assomption – Sur champ de sable I (Mesures, 2019) : un retour poétique intense sur une enfance bretonne rêveuse, joueuse, nourrie de contes et de nature.  Une éblouissante recherche du temps précieux.

Nnedi Okorafor, Qui a peur de la mort ? (Panini, 2013) : un formidable roman d’apprentissage, cruel et cru, violent et beau, alliant technique et magie, pour extraire une véritable mythologie des conflits génocidaires africains, du Biafra au Rwanda, et des émancipations possibles.

Kim Stanley Robinson, Aurora (Bragelonne, 2019) : réécrire entièrement le motif du vaisseau spatial générationnel pour en faire le creuset des évolutions de nos politiques et de nos rapports au vivant et à l’inerte. Un très grand roman.

Emmanuel Ruben, Sur la route du Danube (Rivages, 2019) : remonter le Danube en vélo, à contre-courant, et décrire la trame d’une autre Europe que celle qui se barricade dans ses certitudes faussées

Charles Sagalane, 96 – Bric-à-brac au bord du lac (La Peuplade, 2019) : l’étonnante poésie du bric-à-brac, du superflu, du qui-pourrait-toujours-servir, de sa constitution et de sa libération.

Vladimir Sorokine, Manaraga (L’Inventaire, 2019) : un fabuleux et hautement métaphorique thriller d’anticipation, à base d’art de cuisiner la littérature, (presque) stricto sensu.

Lucie Taïeb, Les échappées (L’Ogre, 2019) : porté par les mots furtifs et post-exotiques d’une radio clandestine inimaginable, un chapitre décisif de l’histoire de la Grande Peur en Occident – et de comment la surmonter.

Guillaume Vissac, Accident de personne (Le Nouvel Attila, 2018) : chorale et funeste, la poésie inquiétante et puissante de l’écrasement souterrain, accidentel ou suicidaire.

Antoine Volodine, Frères sorcières (Seuil, 2019) : le pouvoir brut du récit, l’arrangement de la mémoire, la performance de la vocifération. Le post-exotisme dans toute sa splendeur noire et rusée.

À propos de Hugues

Un lecteur, un libraire, entre autres.

Discussion

2 réflexions sur “Les 25 lectures les plus marquantes pour Hugues en 2019

  1. Je comprends pas, on n’est même pas fin septembre, comment pouvez-vous choisir votre livre préféré de 2019 ? Pour ma part, je vais lire environ 20 livres de plus d’ici fin décembre, donc j’attends le 1er janvier pour faire ma récap de l’année

    Publié par WordsAndPeace | 23 septembre 2020, 22:44
  2. oops, ça y est j’ai tout compris, vous avez bien écrit 2019 et pas 2020 !! Eh bien voici les miens 18-118 titres: https://wordsandpeace.com/2020/01/01/year-of-reading-2019-part-1-my-top-18/

    Publié par WordsAndPeace | 23 septembre 2020, 22:46

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