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Notes de lecture 2020

Note de lecture : « L’invention de la course à pied » (Jean-Michel Espitallier)

Le mystère de l’agitation musculaire gratuite enfin expliqué et mis en perspective. Incisif, drôle et poétique.

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L’homme est ainsi fait qu’il passe son temps à inventer des choses qui ne lui servent strictement à rien. Disons plutôt qu’il ne se contente pas de se conformer à l’axiome un peu plan-plan reproduction + survie, autrement dit besogner maman et se bâfrer comme un goinfre. Ce serait à la longue un peu limité. L’homme n’est pas un animal. Raie de côté, collection de sous-bocks, travers de porc braisé au romarin et sa fricassée de petits légumes, césure à l’hémistiche, balles dum-dum, stradivarius et bain moussant, l’homme passe son temps à inventer des choses qui ne lui servent strictement à rien. Voilà pourquoi, entre autres, l’homme, qui n’est pas un animal, n’est pas un animal.
Mais l’homme, qui n’est pas un animal, est pourtant capable – c’est trop bête ! – de se laisser mourir d’ennui dans un bureau huit heures par jour, cinq jours par semaine pendant quarante-deux ans aux seules fins de se payer une Mégane qui le conduira au bureau. Comme on le voit, pas toujours très malin. Mais c’est ainsi. Corriger le tir ou se donner du courage, amuser la galerie et se laver à l’eau chaude. L’homme n’est pas un animal. À la longue, pourtant, l’inutile finit par lui devenir indispensable. C’est le début de la résistance. En même temps que de l’aliénation.
Dans le catalogue des actions étrangères à l’axiome reproduction + survie, figure l’art de s’agiter tout seul dans son coin ou en bande organisée, pour pas grand-chose, et disons même pour trois fois rien. Par exemple, aller nulle part et en revenir, mais en se dépêchant, ou, pour le dire autrement, transpirer en faisant du surplace. Courir, en somme. Comme Zatopek.
Le fait est qu’un beau jour, un type, au fond des âges, « quand le temps n’avait pas encore de barbe » (Lichtenberg), un type donc se met à courir. Et à courir pour rien. Point de message urgent à remettre en main propre, aucune bestiole furibarde à mâchoire-cisaille lancée à ses trousses. Il n’a pas même l’air d’être en retard vu que, de toute façon, en ces temps reculés, personne ne paraît très pressé d’inventer le rendez-vous. Non, un type un jour se met à courir pour rien, tout seul comme un grand, et il trouve ça absolument extraordinaire.

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C’est en 2013, aux mythiques éditions Al Dante, que Jean-Michel Espitallier nous proposait cette course singulière. Comme une ébauche déjà achevée, mais ramassée ici en une quarantaine de petites pages, de la formidable capacité de dévalement qui lui permettra par exemple, dans « Cow-Boy » (2020) de déployer sa foulée ironique et joliment rageuse sur l’histoire de la frontière américaine, de ses barons-voleurs et de son capitalisme industriel en gestation alors déjà bien avancée, « L’invention de la course à pied » remonte à la source de la célérité gratuite, et pour tout dire ainsi, à celle de l’athlétisme et d’une part non négligeable de l’entertainment industriel moderne, cousinant ainsi, dans un couloir différent, soigneusement délimité à la chaux sur la cendrée, avec le Patrick Bouvet de « Petite histoire du spectacle industriel » ou avec l’Éric Vuillard de « Tristesse de la terre ». Une petite merveille alerte et incisive, drôle et poétique – et néanmoins, inévitablement, habilement songeuse.

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À terme, on imagine la foire. Rues transformées en champs de course et labours hérissés de javelots. La démocratie, certes, ne s’en voit nullement menacée, au contraire, mais tout de même, ces phénomènes agitatoires sans raison finissent par faire un peu désordre. Et puis, un homme qui court dans la cité, voilà qui n’est jamais très clair. Ce peut même paraître franchement suspect. Ne cherche-t-il pas à se soustraire à la force publique ? N’aurait-il pas quelque chose à se reprocher ? Comment savoir ? Du coup, police des polis sur les dents. La remarque vaut pour toutes les époques. Quiconque, aujourd’hui, se mettrait à courir en pleine ville, qui n’aurait pas enfilé le déguisement de coureur à pied courant pour rien, serait immédiatement repéré par la police. Lui prendrait-il l’envie de démarrer en trombe devant une patrouille et ce serait, pour les plus chanceux, tournée générale de flash balls. Ces gens-là sont toujours un peu sur les nerfs. La vitesse est devenue répréhensible depuis qu’elle a été confisquée par DHL et la SNCF.

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À propos de Hugues

Un lecteur, un libraire, entre autres.

Discussion

Une réflexion sur “Note de lecture : « L’invention de la course à pied » (Jean-Michel Espitallier)

  1. Alvydas Šlepikas « A l’ombre des loups »

    livre dur (au sens émotionnel) à lire (du moins en son début)

    mais très bien écrit un chef d’oeuvre

    « A l’ombre des loups » traduit par Marija-Elena Baceviciute est un livre de l’auteur lituanien Alvydas Šlepikas (2020, Flammarion, 240 p.) qui narre la vie des habitants allemands de la Prusse Orientale après la fin de la guerre et l’occupation de ces régions par les troupes russes. Ces soldats, souvent très jeunes et qui ont déjà vu des tas d’horreurs ont pour consigne « Tuez tous les Allemands. Et leurs enfants aussi. Il n’y a pas d’Allemand innocent. Prenez leurs biens et leurs femmes. Tel est votre droit, telle est votre récompense ».
    Le livre est construit selon des chapitres relativement courts. Un début très dur « Voici le corps d’une femme sans tête cloué à un mur. – Voici une foule de gens affamé, déchirant le cadavre d’un vieux cheval porteur d’eau ; -voici les tombes profanées ; voici les ruines des églises bombardées ; – voici les mères qui échangent, vendent certains de leurs enfants aux fermiers lituaniens contre des pommes de terre ; – voici les loups habitués à la chair humaine ; voici un chien tenant dans sa gueule une main noircie ; – voici les cadavres – la mort et les cadavres ; voici la Prusse d’après-guerre, écrasée, abusée, fusillée ». En raccourci, c’est déjà tout le livre.
    Puis on entre dans l’histoire, ou les histoires. Celle de la famille, ou ce qu’il en reste, car les hommes sont partis au front, peut être pour toujours. Ce sont les allemands du territoire prussien, séparés de la Lituanie par le Niemen. Le territoire de Memel, allemand avant 1923, puis annexé par la Lituanie, revenu allemand avec Königsberg, puis annexé par les russes, qui rebaptisent la ville en Kaliningrad. Le territoire reste interdit aux étrangers jusqu’en 1991. C’est le bout du monde, au bord de la lagune de Courlande. Là où Jean-Paul Kauffmann a voulu emmener sa famille dans ce « pays de la désolation heureuse ». Cela se passe après sa captivité en tant qu’otage au Liban et qu’il décrit si bien dans « Courlande » (2009, Fayard, 304 p.). Il part plus ou moins à la recherche de Mara, une figure entrevue dans une librairie du Québec. Les parents de Mara arrivaient de Courlande d’où ils avaient fui les pays de la Baltique, à l’approche des Allemands, comme beaucoup d’habitants. « Je suis parti, écrit-il, à la recherche d’un nom. Je me suis lancé à la poursuite d’un souvenir ».
    La description que nous en fait Alvydas Šlepikas est bien moins idyllique. C’est au cours du très long hiver de 1946. Hiver qui n’en finit pas. « Il neigeait, il neigeait toujours ! La froide bise sifflait ; sur le verglas dans des lieux inconnus. ». L’armée russe s’est installée et règne en maitre absolue sur les habitants, ou du moins ceux qui restent. Car depuis le temps où Vilnius était la Jérusalem Balte, il y a eu les exécutions massives. Celle des juifs lors de la « Shoah par balles ». Celle-ci a lieu en Ukraine et Bielorussie emmenée par les Einzatsgruppen, des groupes d’action allemands ayant pour mission de « nettoyer » les territoires conquis par la Wehrmacht. Lire en particulier le livre « Les Bienveillantes » de Jonathan Littel (2011, Gallimard, 1088 p.) dans lequel on peut suivre les névroses de Maximilien Aue, juriste enrôlé dans la SS. « Il est des hommes pour qui la guerre, ou même le meurtre, sont une solution, mais moi je ne suis pas de ceux-là, pour moi, comme pour la plupart des gens, la guerre et le meurtre sont une question, une question sans réponse, car lorsqu’on crie dans la nuit, personne ne répond ».
    Mais en Lituanie, les juifs sont victimes d’émeutes sanglantes menées par les Lituaniens eux-mêmes, avant l’arrivée des allemands. Cette époque est encore en Lituanie, une période taboue, occultée par le gouvernement, pour ne pas mettre en évidence les exactions du peuple, d’abord contre les juifs, puis ensuite contre les populations allemandes qui fuyaient la Prusse Occidentale. On pourra consulter à ce sujet le livre du docteur Henri Parens « Renewal of life, healing from the holocaust » (2006, Schreiber Publishing, 302 p.). On admet actuellement que c’est 90 % de la population locale qui a été engloutie dans cet holocauste.
    Cela a lieu en plusieurs vagues. Tout d’abord, il y a les rafles des juifs, souvent par la population locale en Lituanie. C’est la destruction des ghettos de Kovno (Kaunas), Vilnius, Swueciany (Siauliai) en 1941, puis de la population restante en 1946, avec finalement la déportation en Sibérie. Une seconde vague de déportation, par les russes, mais cette fois vers la nouvelle RDA s’achève en 1948. Les enfants, qui ont souvent fui dans la forêt vers la Lituanie sont alors traqués et dénoncés, puis placés dans des orphelinats. Ils ne savent plus leur langue maternelle à leur arrivée. Après l’indépendance de la Lituanie, après 1996, les survivants se regroupent en association, et leur histoire est enfin recueillie et rapportée. A cette époque, 200 à 300 anciens enfants-loups de Lituanie fondent une association qu’ils appellent « Edelweiss ». Ils parviennent ainsi en créant ce collectif à briser l’omerta qui les frappait. Certains de ces « Wolfskinder » (enfant-loups) ont écrit leur histoire, comme Ingeborg Jacobs dans « Moi, enfant-loup » traduit par Dominique Rotermund (2012, Fleuve noir, 288 p.) ou partagés leurs souvenirs avec la journaliste Sonya Winterberg «Wir sind die Wolfskinder Verlassen in Ostpreu» (2012, Ed. Piper, 335 p.).

    Dans le livre de Alvydas Šlepikas bizarrement traduit « A l’ombre des loups » de « Mano vardas – Marytė » qui signifie « Mon nom est Maryté » on suit une famille, ou ce qu’il en reste. Ce sont Eva et ses enfants Heinz, l’aîné, les trois sœurs Renate, Monika, Brigitte et Helmut le plus jeune, qui supporte le moins la privation de nourriture.il y a là aussi La tante, Lotte qui raconte des histoires. Ils vivent dans une remise, chassés de leur maison par la soldatesque.
    I lls meurent à petit feu de faim et de froid dans le long hiver enneigé qui n’a l’air de ne jamais finir. Leur nourriture comporte les épluchures de pommes de terre et les déchets que les soldats veulent bien leur jeter de temps en temps. « Elle serre contre elle le sac d’épluchures qu’elle a pris à la cantine militaire. A la maison, ses enfants l’attendent, affamés. Ses enfants qu’elle aime plus que sa propre vie. Elle aimerait hurler à la lune comme une louve, couper un morceau de son propre corps et nourrir ces petits innocents, ces petits affamés, ces petits qui souffrent, punis par Dieu ».
    Et de l’eau chaude, obtenue par la fonte de la neige, une eau parfois agrémentée de tiges de framboisiers. « L’eau bout sur le poêle. Tante Lotte dépèce un des rats. Helmut et Monika lui tournent déjà autour, un bol à la main. / « « C’est quoi comme animaux, tante Lotte ? / – Des lapins…/ – Est-ce qu’ils sont bons ? / – Très… / – Et pourquoi sont-ils bons, tante Lotte ? / – Parce qu’en été ils ne se sont nourris que de pommes de paradis. / – Mais, où sont les grandes oreilles de ces lapins ? J’ai vu des images dans un livre où ils avaient des oreilles. / – Grandes ? Il n’y a que les grands méchants lapins qui ont de grandes oreilles. Les petits en ont des petites. /- Pourquoi ? ». Heinz, l’ainé, n’en peut plus de voir sa mère, son frère et ses sœurs dans un tel état de malnutrition, Son unique espoir est de gagner la Lituanie voisine pour trouver à se nourrir. Le trajet se fera en train, caché dans un wagon et sautant en marche sans savoir où il est. Le tout sous la menace omniprésente des soldats russes, certains enfants décident d’entamer le périlleux voyage. « Ils marchent en rythme, avec lourdeur, en expirant, en expirant des sphères de vapeur blanche. Ils s’éloignent et leurs silhouettes se font de plus en plus petites ». La forêt devient alors l’un des seuls refuges.
    C’est un long cri de désespoir que lance l’auteur au travers de ces familles. Un cri poussé par des restes d’humanité de ces familles décimées, et qui ne voient pas la fin de leurs malheurs. « Les gens sont comme des chiens ou des loups, il ne faut pas les regarder dans les yeux, sinon ils vont voir que tu as peur, ils vont voir qu’au fond des tiens il est écrit : Ayez pitié de moi, laissez-moi en vie, ne me prenez pas mon pain, laissez-moi, je ne vous souhaite aucun mal. »
    À certains moments, les enfants dorment pour fuir la faim, c’est tout ce qui leur reste pour eux. Et ils rêvent. Dans ces rêves, Šlepikas introduit une grande part de symbolisme et un peu d’espoir. Cela part de l’histoire de Hansel et Gretel, qui sont perdus dans la forêt, un peu comme eux. Le tout raconté par la tante. Il y a donc des passages avec un tant soit peu de merveilleux, qui change des horreurs journalières. Mais le conte disparait bien vite, en face de la réalité. Ce n’est pas une suite d’histoires que l’on raconte aux enfant le soir pour s’endormir. « Elle rêve de la paix. Elle voit sa mère, assise dans les prés d’été, qui sourit et lui apprend à lire avec un très beau livre, quand soudain un nuage apparaît. Sa mère prend peur et Renate veut voir ce qui l’a tant effrayée, mais celle-ci l’en empêche et lui détourne la tête. La tristesse, l’angoisse qui se répandent tout à coup sont telles que le pré de même que le livre se tordent comme un bout de vieille peau desséchée. Tout commence à tomber en morceaux et le visage de sa mère se met à fondre comme de la cire… ». Ici dormir signifie ne plus penser à la faim. « Nous n’allons pas mourir, ni toi maman, ni mes sœurs, ni tante Lotte, ni Helmut, qui souffre le plus de la faim. Helmut, Helmut mon petit frère, tu ne vas plus jamais avoir faim. Je prendrai soin de toi. Je te sortirai des dents glacées de la mort et les yeux rouges des chiens de l’enfer ne nous verront pas souffrir ». ils en sont a rogner les bourgeons de bouleau. « La faim et le froid viennent à bout des gens, les brisent. Ils deviennent tels des mécanismes métalliques vides et n’espère plus rien, n’ont peur de rien et ne s’étonnent plus de rien ».
    Et puis on va suivre Heinz dans son aventure en Lituanie où il est adopté par moments, avant d’être chasé, car c’est aussi une bouche de plus à nourrir, et que sa présence devient vite le prétexte à la dénonciation et aux ennuis. C’est aussi le destin de Renate, qui est tout d’abord adoptée par Antanas et Stasè. Et qui danse pour faire vendre les paniers de Stasè. Mais il reste toujours un peu d’espoir, que tout cela sarrète enfin.
    En résumé, un livre dur à lire, en ce sens que ce qui est arrivé, arrive encore de nos jours, malheureusement. Mais la dureté des descriptions, très important au début du livre, s’atténue par la suite lorsque l’on suit Heinz ou Renate dans leur fuite en Lituanie. Surtout, il y a ces passages un peu oniriques qui mettent une part de merveilleux du monde des enfants. Ceux-ci sont encore des pré-adolescents, sauf peut être Heinz ou Renate. Mais lorsque l’on sait que l’histoire de cette dernière, c’est celle da Marité, comme indiqué dans le titre original, et qu’elle a été violée par les russes à l’âge de 8 ans, on perd tout espoir dans la bonté des gens. « Un jour, nous rirons et plaisanterons à nouveau. Le temps viendra où les champs refleuriront, où ces journées terribles seront finies, et nous rirons. Ton merveilleux rire résonnera encore si fort qu’on pourra l’entendre de l’autre côté du fleuve, dit Eva à travers ses larmes, même si elle n’y croit pas elle-même en regardant la bouche enflée et déchirée de Marta, noire de sang coagulé. Ce n’est même plus une bouche- seulement un espace entre ses lèvres, une blessure. / – Non, Eva… mon rire… ils l’ont tué… »

    En comparaison, le livre de Ingeborg Jacobs « Moi, enfant-loup » perd ce côté merveilleux, ou littéraire. Il est beaucoup plus factuel, presque cru. « Lorsque je suis arrivée à Klein-Weissensee avec mon frère et ma soeur, l’été n’avait pas encore commencé. Nous avions trouvé une chambre dans l’une des maisons d’ouvriers agricoles, restée vide. Le mobilier se résumait à un poêle et à une table. Les Russes avaient depuis belle lurette envoyé en Union soviétique tous les objets de valeur encore utiles. Les chemins de fer russes rejoignaient déjà Königsberg, les trains passaient non loin de Wehlau et de Weissensee. Christel et Manfred ont trouvé du travail dans le kolkhoze militaire installé sur la propriété ». Le récit est très factuel. « Mon frère, ma sœur et moi-même ramassions des feuilles de tilleul, des orties et des arroches pour nous nourrir. Un jour, quelqu’un nous a conseillé de construire un piège à moineaux ». Il y a peu de sentiments, donc d’accroche à la sensibilité dans ces lignes. « J’ai toujours eu un rapport particulier aux animaux. Les chiens qu’on lâchait sur moi ne me mordaient presque jamais. Exception faite des jars qui me poursuivaient, je me suis toujours entendue à merveille avec tous les animaux. Les moutons, les chèvres, les vaches, les chevaux aussi, que j’aimais tout particulièrement et qui me le rendaient bien. Même ces chevaux que plusieurs hommes adultes parvenaient à peine à maîtriser ne me faisaient aucun mal ».
    Beaucoup d’enfants cherchent des débris de nourriture dans la gare, là où arrivent et d’où partent les soldats russes, et où il leur arrive de manger. Ils montent quelquefois au hasard dans un wagon, s’ils n’en sont pas jetés auparavant par les soldats russes, ils arrivent à se cacher. Les trains les emmènent alors vers une destination dont ils n’ont aucune idée. Les soldats russes les éjectent des trains lorsqu’ils s’arrêtent dans une gare. Ils se retrouvent alors dans un pays la Lituanie, qu’ils ne connaissent pas, dont ils ne connaissent pas la langue. Ils deviennent alors des enfants-loups. Ils errent dans les campagnes, chapardent, mendient, le plus souvent seuls ou à deux, car sinon les Lituaniens ne les aident pas.
    Par la suite, on va suivre Liesabeth, 7 ans, qui a perdu sa mère et sa sœur. « Ne prends que ce que tu peux manger toi-même, pas plus. Tu ne commettras qu’un petit péché et le bon Dieu te pardonnera ». On leur impose un nouveau prénom, avec un certificat de naissance lituanien. Par la suite elle va se nommer Maria. Elle sera finalement envoyée au goulag en Sibérie pour vol, elle connaîtra les humiliations, le viol, l’injustice.

    Publié par jlv.livres | 17 juillet 2020, 10:46

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