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Notes de lecture 2016

Note de lecture : « Yucca Mountain » (John d’Agata)

À la découverte endiablée d’une montagne de faits, d’ignorances et de mensonges.

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Publié en 2010, traduit en français en 2012 chez Zones Sensibles par Sophie Renaut, le quatrième livre de John d’Agata montre de manière particulièrement emblématique la mécanique de précision de ce qui a été appelé, après ses premières publications, le « nouvel essai américain », comme son ouvrage suivant, « Que faire de ce corps qui tombe » (2012), dont la recension par ma collègue et amie Charybde 7, sur ce même blog, ainsi que les mots tentants de Claro à ce propos dans son « Cannibale lecteur » (2014), m’ont donné très envie d’aborder cet auteur.

« Yucca Mountain » traite en apparence d’une question sinon simple, du moins claire, presque évidente dans sa brûlante nudité : que faire des déchets accumulés (et éventuellement prévisionnels) du nucléaire américain, jusqu’alors entassés plus ou moins artisanalement dans les parcs ad hoc des centrales éparpillées dans le pays où elles fonctionnent tant bien que mal depuis 1958 ? Autour de ce but avoué (évaluer la pertinence de la réponse que voudrait constituer le projet de Yucca Mountain : enfouir pour 10 000 ans les centaines de milliers de tonnes concernées sous une montagne située à quelques dizaines de kilomètres au nord de Las Vegas), John d’Agata entame de manière d’abord subreptice, puis de plus en plus virevoltante et endiablée, une véritable danse des faits, des questions et des réponses, flottant dans mille directions apparentes pour mieux revenir à la charge, obstinément, et nous irriguer de « fact checking » (qui sera l’objet principal de « Que faire de ce corps qui tombe »), d’aveuglement naïf ou cynique de la part d’élites proclamées comme d’acteurs « ordinaires », de lobbying massif, de corruption active et passive, de mensonge économique institutionnalisé (on pensera à la scène classique d’accueil de l’investisseur qui va « créer des emplois » dans le petit village fictif de Dante’s Peak, au début du « Pic de Dante » (1997) de Roger Donaldson, simplement poussée ici comme ailleurs à l’échelle d’une nation entière, concentrée ou précipitée sous la forme de Las Vegas), de gabegie et d’irresponsabilité, mais aussi, et ce n’est pas le moins passionnant dans ce travail, d’impuissance scientifique, de difficulté authentique de maîtrise collective des données, d’objectivité et de bon sens, voire de sémiologie et de conservation de la signification (comme l’on parlerait ailleurs de conservation d’énergie).

Cet après-midi-là, le pouvoir politique de la chambre du Sénat adopta le projet du site de Yucca Mountain par 60 voix pour et 39 voix contre. Ce résultat avait été prédit deux semaines plus tôt par le Centre for Responsive Politics basé à Washington, qui révéla que durant l’été où le projet de Yucca Mountain avait été voté au Sénat, l’industrie du nucléaire avait versé plus de 30 millions de dollars, provenant d’individus, de financements de campagne et de fonds non réglementaires, à plusieurs sénateurs américains, dont environ 56 000 dollars à la sénatrice de l’Arkansas Blanche Lincoln, 98 000 dollars au sénateur du Nouveau-Mexique Jeff Bingaman, et 109 000 dollars à la sénatrice de Louisiane Mary Landrieu, les trois sénateurs sur les quinze démocrates à avoir perçu des dons de l’industrie du nucléaire en moyenne deux fois plus élevés que ceux reçus par les sénateurs ayant voté contre le projet.
« American Nuclear Insurers, Enron, General Electric, Pacific Gas and Electric, Westinghouse… et j’en passe », dit le sénateur Harry Reid, quelques minutes à peine avant le vote, énumérant des groupes de pression qui avaient cherché à influencer le vote. « Ce sont ceux qui sont arrivés en limousine avec des chaussures Gucci pour s’assurer que la loi allait bien passer. »

About a Mountain

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Le véritable guide pour cette trans-saharienne hallucinée au cœur du désert américain (sans exclusivité) du bullshit institutionnalisé, c’est bien entendu l’écriture, dont les registres, se multipliant et se diffractant en fonction des besoins de la trace, peuvent passer allègrement – toujours sous un mode discret de retranscription, mêlant le verbatim à une musique bien personnalisée – du discours public justificatif à l’interview intimiste, du rapport officiel au tract associatif, des barrages plus ou moins feutrés de secrétariats aux brochures concoctées aux desks de relations publiques. C’est en jetant mille fleurs vénéneuses parmi tous ces mots spontanés ou trafiqués avec art et volonté que John d’Agata fait en effet curieusement et profondément œuvre d’essayiste d’un genre résolument autre.

« Avant, tout était vert, à perte de vue. Des prairies… des prairies… il y avait des prairies vertes partout », dit Ethan. « C’est ça, le projet de Summerlin, faire revenir la nature. »
À Las Vegas, on trouve aujourd’hui un Country Club Meadows, une maison de retraite Golden Meadows, un Meadows Coffee, une bijouterie Meadows, un courtier en prêts Meadows, une verrerie Meadows, un hôpital Meadows, un concessionnaire Meadows, un retoucheur et une animalerie Meadows. L’école privée Meadows Country est une école qui accueille les enfants de la maternelle à la fin de l’école élémentaire. Le Women’s Center Meadows est situé dans le centre commercial Village Meadows. Le terrain de caravaning Meadows a une liste d’attente pour ses emplacements. Et sur le fronton de l’Église de la Lumière Meadows, il y a un Christ.
Pieds nus, les chevilles blanches, il prêche dans une prairie.

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Yucca Mountain Nuclear Waste Repository

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Égratignant au passage, au fil de l’une des nombreuses rencontres personnelles prenant place au long des 140 pages de l’ouvrage, l’Edward Abbey du « Gang de la clef à molette », John d’Agata nous donne aussi à voir et à sentir la complexité politico-administrative du débat public (ou de son absence) aux États-Unis (parfaitement illustrés par ailleurs par les actuels démêlés de l’administration Obama, qui souhaite geler d’abord et arrêter ensuite le projet Yucca Mountain, avec la justice, sollicitée tant par les divers lobbies du nucléaire américain que par les États de la Fédération eux-mêmes, souhaitant se débarrasser le plus tôt possible des déchets de leurs propres centrales : Not In My Backyard, toujours), d’une manière sensible que ne renierait certainement pas le Kim Stanley Robinson de « SOS Antarctica » ou de la Trilogie climatique. C’est toutefois lorsqu’il s’agit de peser le langage nécessaire à tout avertissement futur (et l’on parle ici de dix millénaires) vaguement crédible, sous les ombres portées du Walter Miller Jr. d’ « Un cantique pour Leibowitz » et du Russell Hoban d’ « Enig Marcheur », que la poésie brutale jaillissant ici des données prend toute sa puissance.

Pour finir le département de l’Énergie a retenu treize candidats, les a réunis dans un groupe bientôt connu sous le nom de Comité d’expertise. Il leur a accordé un chèque de 10 000 dollars chacun et leur a fixé un délai de deux ans pour concevoir la pancarte la plus importante du monde.
Mais avant de constituer ce groupe, le département de l’Énergie a demandé l’avis d’un homme, Thomas Sebeok – le plus grand spécialiste américain de sémiologie, une science qui étudie la manière dont les signes et les symboles véhiculent leurs significations. (…) Pour Yucca Mountain, Sebeok préconisait un système de communication actif, dont l’objectif et l’importance futurs pouvaient être relayés par des messagers.
Dans son rapport, Sebeol proposait d’instituer « une commission à long terme qui demeurerait opérante pendant les dix prochains millénaires… autonome dans la sélection de ses membres, indépendante de tout courant politique. Elle serait autorisée à utiliser tous les moyens mis en œuvre à sa disposition… même les plus folkloriques. »
Sebeok a baptisé cette commission Clergé atomique. La mission de cette institution internationale, constituée de 200 membres, serait de préserver la connaissance d’un danger autour de Yucca Mountain en créant des mythes et des légendes autour du lieu pour mettre en garde les générations à venir.

Pour acheter le livre chez Charybde, c’est ici.

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John d'Agata

À propos de charybde2

Un lecteur, un libraire, entre autres.

Discussion

6 réflexions sur “Note de lecture : « Yucca Mountain » (John d’Agata)

  1. Il y a plusieurs façons d’approcher « Yucca Mountains » de John D’Agata (12, Zones Sensibles, p.). L’une est purement littéraire (à la façon de lire « Que faire de ce corps qui tombe » du même auteur. On y traite de la forme. L’autre est plutôt scientifique, et on y traite du fond.

    Je ne crois pas que ce blog soit plus orienté à traiter du fond que de la forme.

    Il m’est apparu évident, et même plus qu’évident que les Editions Zones Sensibles faisaient un travail remarquable. Je l’ai dit ici même à propos de « Ce corps qui tombe », je pourrais même en dire plus à propos de « Dialectique du Monstre » de Sylvain Pinel, un très beau livre sur Opicinus de Canistris. Idem en ce qui concerne le fond pour « Une Brève Histoire des Lignes » de Tim Ingold. (Je reviendrai plus tard sur Opicinus de Canistris).

    Que John d’Agata décortique finement ses sujets, c’est bien et il le faut. Le sujet de « Yucca Mountains » est connu, c’est le devenir des déchets nucléaires de toutes sortes. J’entends déjà les écologistes de tout poil hurler au loup (même – et surtout – sans savoir). Il est évident qu’il y a dans le processus (et de tout autre action humaine) une part de lobbying des uns et de corruption des autres. Qu’il y ait eu des promesses quasi sélénites, on ne peut que ne pas en douter. (Cela est vrai également en tant que menaces de l’autre partie). D’où les fatales gabegies et irresponsabilités (c’est un peu comme les intitulés des hôtels du commerce et du voyageur réunis).
    « Not In My Backyard » bien sûr, et plutôt dans celui du voisin. Là aussi il y a une part d’irresponsabilité. Les déchets, non merci, mais la bougie non plus. Il est intéressant de voir que le écologistes allemands rejettent maintenant l’énergie géothermique pour cause de nuisances via des séismes induits (faibles et contrôlables). J’i participé à des réunions sur ce sujet, il y a déjà une paire d’années. Les sites avaient été sélectionnés sur des critères purement scientifiques. La sélection finale s’est faite (entre scientifiques, les politique venaient après) sur des critères tels que la proximité d’un aéroport avec une liaison directe sur Paris. Cela ramène la décision à un niveau « humain ».

    Les décisions d’enfouir les déchets sont ce qu’elles sont, et si le contrôle est sérieux, le problème est moindre. Reste effectivement le problème de la maison du gardien et de son statut quelques centaines d’années plus tard. Mais, après tout, est ce pire que d’injecter dans le sol des résidus, dont du plutonium (non seulement radioactif, mais surtout létal en tant que substance chimique), comme cela s’est pratiqué dans les années 60 dans le Colorado, jusqu’à ce que les séismes induits interrompent la trop grande injection de fluides. Cela n’excuse rien, ni ne justifie en aucune sorte le procédé.

    A terme, c’est la planète qui aura le dernier mot, l’espèce humaine n’étant que de passage, avant de laisser la place à une autre espèce (des insectes ?). Evidement, ce n’est pas brillant.

    Publié par jean louis | 9 mars 2016, 19:24
  2. Je voudrais revenir sur Opicinus de Canistris « Dialectique du Monstre ».

    J’ai découvert cet ouvrage de Sylvain Piron (15, Editions Zones Sensibles, 208 p.) par la critique (et la carte en couleur) du Monde (18 décembre 2015), ce qui m’a fait aussitôt le rechercher et le lire. Les dessins et textes d’Opicinus (ou Opicino) de Canistris (1296-1353) sont conservés à la bibliothèque du Vatican sous forme de deux ouvrages « Palatinus latinus 1993» (52 grands dessins en couleurs sur parchemin et couverts de notes) et « Vaticanus latinus 6435 » (87 folios, avec uniquement des textes dans la première moitié, des textes et des dessins dans la seconde moitié). Les dessins mélangent souvent des représentations cartographiques (pays méditerranéens) et des personnages (H ou F). C’est cette représentation, souvent ambigüe, qui retient l’attention (voir le très beau site http://dialectiquedumonstre.net/).

    Le livre est de Sylvain Piron, directeur d’études à l’Ecole des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) et présente un essai d’interprétation, replacé dans le contexte de l’époque, contexte essentiellement en référence à la situation, professionnelle et personnelle, d’Opicinus. Le texte est composé de 7 chapitres et une postface (Philippe Nuss, psychiatre). Soit dans l’ordre : Travaux d’approche / Dans le labyrinthe / La confession infinie / Combat contre soi-même / Les mondes superposés / Dans un miroir / Dialectique du monstre et Esquisse d’une cartographie psychologique. De fait, après avoir lu le cours texte interprétatif (moins de pages), j’ai tenté d’en savoir plus, tellement les œuvres suscitent d’interrogations. Globalement les études sur Opicinus débutent avec l’inventaire de Aby Walburg (Walburg Institute) au début du siècle dernier (1915-1930). Par la suite, les deux ouvrages font l’objet d’études orientées sur la psychologie, la religion, la cartographie de l’époque, les études de genre, les relations corps-espace, bref tout une série de pistes très différentes. Une vaste documentation donc à lire en marge, mais fort intéressante car touchant à des domaines tellement séparés. Il s’ensuit des interprétations totalement opposées, chacune ayant toutefois sa propre logique, qui font que ce court texte en devient captivant. (J’ai rarement lu autant de documents annexes pour un auteur, qui plus est du XIV siècle). Certains livres marquent par leur texte, d’autres par leur sujet.

    Le coté politique. Opicinus de Canistris est un scribe italien, installé au Palais des Papes à Avignon, pendant le pontificat de Jean XXII. On est en pleine mutation économique en pleine guerre de Cent Ans, avec ses luttes internes pour le pouvoir (Philippe le Bel et Boniface). En Italie, guerre entre les guelfes (la papauté) et les gibelins (les Hohenstaufen et le Saint Empire). La papauté s’installe à Avignon, avant le Grand Schisme (1379) et ses papes et antipapes. Dans ce contexte, les postes administratifs, tels que celui d’Opicinus, scribe à la pénitencerie apostolique (le premier des trois tribunaux de la Curie), c’est-à-dire qui dispense les pénitences et absolutions, sont éminemment politiques. Ce scribe voit donc passer les demandes et suppliques, tout en sachant que le confesseur n’en est pas moins humain, donc sujet aux mêmes vicissitudes. D’où un décalage certain, lequel peut induire un malaise interne.

    Le coté psychologique. La vie même d’Opicinus est extrêmement chaotique. L’Italie d’abord et la fuite de Pavie sous menace de délit simoniaque (trafic de biens spirituels), puis les différentes maladies qui l’affectent (avec des visions) et une schizophrénie (reconnue comme telle par Carl G. Jung).

    Le coté psychologique ne s’améliore pas dans la mesure où sa position à la Pénitencerie Pontificale (les délivreurs de pénitences pour les péchés commis) le confronte à la vicissitude des gens (mais aussi des confesseurs), censés être dénués de ces maux.

    Un coté sexuel évident, dans la mesure où ses représentations des personnages censés représenter l’Europe ou l’Afrique sont tantôt mâles ou femelles. Ce qui pour les chercheurs anglo-saxons, en fait un adepte du queering (homosexualité latente). Par ailleurs ses dessins sont remplis de traits à connotation sexuelle évidente (pénis éjaculant ou formes vaginales).

    Une cartographie des pays côtiers de la Méditerranée, qui loin d’être le pendant des portulans de l’époque est représentée de façon assez exacte du point de vue des distances. C’est la grande différence avec les portulans plus anciens.
    Cartographie sur laquelle se superpose un réseau assez étrange de lignes géométriques, ou quadrillage, qui est très similaires aux diagrammes moyenâgeux. Ces diagrammes deviennent des repères de changement d’échelle, quand de façon surprenante, ils introduisent sur une carte de la Méditerranée, un plan de la ville de Pavie, assez fidèle pour que l’on puisse en reconnaitre les principaux monuments. Cette dimension des diagrammes est généralement omise dans les approches purement psychiatriques.

    Une dimension ésotérique aussi évidente. On ne voit pas pourquoi un scribe, personnage officiel de la Pénitencerie Pontificale, aurait pu passer une partie de sa vie à dessiner et à produire des parchemins (chose rare et chère à l’époque) sans qu’il y ait une partie de message à transmettre, et ce avec la bénédiction (c’est le cas de le dire) des autorités religieuses. Qu’un obscur moinillon dans un couvent perdu puisse donner libre cours à ses divagations, passe encore, mais que cela soit couvert par le Pape lui-même (même en tant qu’antipape) est plus surprenant.

    Donc regardons ces différentes approches. Le coté psychologique a été traité très tôt par Carl G. Jung dans une série de séminaires « The Solar Myths and Opicinus de Canistris ». Interprétation des dessins sous forme de mandalas, mais la dimension « obscure » est omise. Idem pour les travaux plus récents de Muriel Laharie et du volume de Guy Roux « Opicinus de Canistris, Prêtre, Pape et Christ Ressuscité » (05, Le Léopard d’Or, 484 p.). Il n’y a là souvent que le coté psychologique délirant du moine qui est abordé. A ce stade le livre de Sylvain Piron, médiéviste, manque un tant soit peu d’ouverture.
    Il faut attendre des travaux d’auteurs anglo-saxons pour aborder les thèmes géographiques. Karl Wittington (Ohio State University) tout d’abord avec un magistral « Body-Worlds: Opicinus de Canistris and the Medieval Cartographic Imagination » (14, Pontifical Institute of Mediaeval Studies, Toronto, 214 p.). Dans ce livre, somme de plusieurs papiers publiés auparavant dans des revues spécialisées, l’auteur replace les cartes anthropomorphiques (Body-Worlds) à leur juste valeur et s’interroge sur leurs significations. Le tout dans un contexte de début de la création de cartes pour la navigation, introduite par les marins génois. On s’étonne surtout que ces cartes aient des échelles assez fidèles pour permettre une navigation autre que purement côtière.
    A sa suite, un remarquable travail de thèse (de Master) par Danijela Zutic (University of British Columbia, Vancouver) « Seeing Again : Geometry, Cartography and Visions in the Work of Opicinus de Canistris ». (12, Faculty of Graduate Studies, UBC, Vancouver, 61 p.). L’auteur aborde la question des diagrammes et des figures géométriques (lignes, cercles figures humaines ou animales) dont la répétition n’est pas fortuite. Cela induit nécessairement le concept de diagramme, dans lequel la fiction structure un cheminement spirituel. On y arrive (enfin). Cela replace les figurations de la Méditerranée, de Pavie et des éléments religieux (ou astrologiques) dans un contexte cohérent, avec une possible indication du chemin à suivre pour arriver à une pratique religieuse conforme.

    Arrivé à cette conclusion, j’ai relu le livre de Sylvain Piron, et je dois dire que j’ai été à la fois frustré et déçu, (mais ravi tout de même). Frustré car je n’ai pas du tout été pleinement convaincu de l’approche psy prônée par l’auteur et la postface. Déçu, car le coté fantastique des dessins est gommé (alors que c’est leur originalité qui a tout de suite motivé cet achat et lecture, d’après la photo du Monde. Ravi cependant par le bel objet littéraire produit par l’éditeur Zones Sensibles. En plus des images en couleurs, qui sont superbes, et que l’on peut enrichir en consultant leur site, les éditeurs ont choisi d’inclure ne jaquette en papier calque qui reproduit le Palatinus latinus folio 17v, un de ces folios qui justement comporte toute une série de lignes et cercles dans lesquels on trouve des villes (Constantinople, Antioche, Jérusalem, Alexandrie, Rome) et des personnages bibliques (Marthe, Lazare, Marie). On peut s’interroger sur la signification de ces personnages dont la tradition veut qu’elles soient arrivées finalement aux Saintes Marie de la Mer.

    Publié par jean louis | 10 mars 2016, 09:30
    • Oh, très tentant (et d’autant plus qu’il y a des traces de cela dans la saga Eymerich de Valerio Evangelisti – dont la partie médiévale prend également place pendant le séjour des papes en Avignon).

      Publié par charybde2 | 10 mars 2016, 09:45
  3. j’avais été très impressionné en décembre par le livre (surtout ses illustrations)
    je peux fournir les détails des travaux (sur le net)

    Publié par jean louis | 10 mars 2016, 09:55

Rétroliens/Pings

  1. Pingback: Note de lecture : « Lazar  (Olivier Benyahya) | «Charybde 27 : le Blog - 7 juillet 2016

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