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Notes de lecture 2013

Note de lecture : « Une autre vie » (Derek Walcott)

Drôle et foisonnante, l’autobiographie en vers d’un immense créateur de mythes.

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une autre vie

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Publiée en 1973, traduite en français en 2002 chez Gallimard par Claire Malroux, l’autobiographie en vers de Derek Walcott, le poète de Sainte-Lucie couronné par le prix Nobel de littérature en 1992, est sans doute le meilleur point d’entrée, pour le lecteur francophone, en attendant la traduction éventuelle, un jour, de l’immense « Omeros » (1990), que l’on espère de grand cœur pour bientôt, dans l’oeuvre foisonnante de ce singulier créateur de mythes, capable d’agencer dans le même tercet (forme poétique empruntée notamment à Dante, et dont il explique par ailleurs l’importance pour lui, dans sa recherche du rythme et du souffle) le quotidien d’un enfant jouant avec les pêcheurs sur la grève et la conquête de quelque imaginaire toison d’or.

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Ces 190 pages semblent avoir été conçues pour être lues à voix haute et sans reprendre (trop) son souffle, pour se laisser emporter par les redoutables enjambements chers à l’auteur, et parcourir ainsi avec lui un espace caribéen retaillé aux dimensions du monde par l’enfant et l’adolescent qu’il fut, mêlant inextricablement spécificités locales nées d’une approche presque ethnographique et mythes universels mis aux bonnes couleurs.

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« Ajax,
étalon couleur de lion de l’écurie de Sealey,
cheval de trait dans la journée, pur-sang
les jours de course, une fois l’an,
ploie son coup de foudre, et renifle
au-dessus des relents de détritus l’odeur
de la bataille, les clameurs,
« Ah, ah ! » fait-il parmi les épluchures ;
animal avili, crevant d’ennui,
son crottin s’empanachant, il rassemble
la foudre de ses flancs et traîne son
char jusqu’à la rue voisine où

Berthilia,
la commère infirme, grosse grenouille,
regagne, bosse sur le dos de son fils,
sa paillasse, son perchoir de la journée,
Cassandre dont se perd la psalmodie.
Son fils, Pierre, transporte les excréments dans des seaux,
elle l’éperonne comme un cavalier,
à dada, à dada sur mon cheval ; »

Ce qu’en dit Christine Ferniot dans Lire est ici. Le très bel entretien de 1985 avec Edward Hirsch pour la Paris Review est .

Pour acheter le livre chez Charybde, c’est ici.

À propos de Hugues

Un lecteur, un libraire, entre autres.

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