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Notes de lecture 2012

Note de lecture : « Omeros » (Derek Walcott)

En vers, « L’Iliade » et « L’Odyssée » aux Antilles contemporaines. Hallucinant de souffle et de beauté.

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LECTURE À PARTIR DE LA VERSION ORIGINALE

Omeros

« Omeros », long poème de 1990, encore inédit en français, joua, semble-t-il, un rôle essentiel dans la consécration du poète antillais (Sainte-Lucie) Derek Walcott par le prix Nobel de littérature en 1992.

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Transposition souple et libre de « L’Odyssée » aux Antilles, au sein d’une communauté de pêcheurs, écrites en tercets à la manière de Dante, ces 325 pages naviguent et développent un souffle proprement hallucinant (Walcott assignant précisément à la « terza rima » utilisée ce rôle de maintenir le lecteur en halètement permanent, sans la possibilité de clore et de se « reprendre » que donne trop aisément le quatrain).

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Multipliant à loisir les échos d’Homère et de Dante, mais surtout de Joyce, de Whitman et de Crane (Hart, pas Stephen) tout en jouant avec les subtiles équivoques que permettent les allers-retours entre langue anglaise et langue créole (à base française), l’histoire de deux pêcheurs luttant pour l’amour de la belle Hélène, d’émigrés aux États-Unis à la recherche d’on ne sait quelle terre promise, d’un restaurateur accueillant avec discrétion peines et chagrins, d’un vieux colonial britannique vivant sa nostalgie en compagnie de son épouse malade mais pas tout à fait résignée, d’une quimboiseuse alerte et pénétrante, et d’un conteur aveugle aux allures occasionnelles de démiurge – cette histoire, donc, renoue avec la magie d’un mythe en l’amplifiant dans un contemporain où les beautés de la nature résistent, même difficilement, toujours et encore, tandis que les sentiments et les destins s’écoulent…

domino

« When they screech at the sinuous swans on the Serpentine.
The swans are royally protected, but in whose hands
are the black crusts of our children? In the pointing sign

under the harps of the willows, to the litter of Margate Sands.
What has all this to do with the price of fish, our salary
tidally scanned with the bank-rate by waxworks tellers?

Where is the light of the world? In the National Gallery.
In Palladian Wren. In the City that can buy and sell us
the packets of tea stirred with our crystals of sweat. »

 » « O-meros, » she laughed. « That’s what we call him in Greek, »
stroking the small bust with its boxer’s broken nose,
and I thought of Seven Seas sitting near the reek

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of drying fishnets, listening to the shallows’ noise.
I said : « Homer and Virg are New England farmers,
and the winged horse guards their gas-station, you’re right. »

I felt the foam head watching as I stroked an arm, as
cold as its marble, then the shoulders in winter light
in the studio attic. I said, « Omeros, »

and O was the conch-shell’s invocation, mer was both mother and sea in our Antillean patois,
or, a grey bone, and the white surf as it crashes

and spreads its sibilant collar on a lace shore.
Omeros was the crunch of dry leaves, and the washes
that echoed from a cave-mouth when the tide has ebbed. »

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Derek Walcott peint aussi à l’occasion, les quelques reproductions jointes sont de lui.

Il faut aller sur le blog de Pierre Vinclair, qui s’est lancé, petit à petit, dans une tentative de traduction en ligne, et qui fournit au passage maintes informations intéressantes sur « Omeros » et son contexte.

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À propos de charybde2

Un lecteur, un libraire, entre autres.

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