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Notes de lecture 2011

Note de lecture : « La femme et l’ours » (Philippe Jaenada)

Réussi, mais paradoxalement un peu décevant pour les lecteurs déjà fans de la verve de l’auteur.

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La femme et l'ours

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Une fois n’est pas coutume, ce tout dernier Philippe Jaenada, publié en 2011 chez Grasset, déçoit quelque peu l’aficionado que je suis. Si la verve, l’humour, la capacité d’improvisation débridée de l’auteur du « Cosmonaute » et de l’immense « Plage de Manaccora, 16 h 30 » sont toujours bien présents, c’est un peu comme en retrait, en demi-teinte… Le narrateur a moins de choses à raconter que dans les deux romans susnommés, et s’il y dérive physiquement bien davantage, il n’a plus autant d’énergie dans les digressions apparentes et les imbrications de parenthèses, qui représentaient pour moi l’un des plus grands charmes de l’auteur.

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Lorsque, après ses puissantes envolées sur la beauté et l’utilité du Livre en général, il a brièvement abordé mon cas (il a évoqué un roman « aussi distrayant que profond », ce qui était bien la preuve, s’il en fallait une, qu’il l’avait lu avec attention), il m’a désigné, à plusieurs reprises, par un affectueux « notre lauréat ».) Heureusement que je n’avais pas bossé toute la nuit sur un long discours mêlant la joie du succès à l’humilité de l’artisan des mots, car quand il m’a tendu le micro à la fin de son oraison culturelle (vigoureusement applaudie), il ne faisait aucun doute que c’était à contrecoeur. Sa main s’est d’ailleurs arrêtée à mi-chemin entre lui et moi, comme un épagneul à qui l’on demande de rendre une balle et qui s’approche tête basse mais reste tout de même hors d’atteinte. Un gémissement télépathique s’élevant du public anxieux (« Oh non, pitié, on a soif… »), je n’ai pas pris le micro lointain et me suis contenté de faire un pas de côté, de tendre le cou pour m’en approcher (transformant ainsi Jacques Toubon en assistant à la prise de son) et de déclarer sobrement : « Ca me fait très plaisir, merci à tous. » J’ai été, il me semble, encore plus applaudi que l’ami des Arts. Je suis Bix Sabaniego le Concis, les gens m’aiment.

Une fort belle trouvaille à noter : en appuyant le récit en réponse et écho au conte pyrénéen de « Jean de l’Ours », Philippe Jaenada a su aussi fournir à son narrateur un beau réservoir de métaphores instantanées qui alimenteront les sourires ou les rires du lecteur tout au long de ces 300 pages…

Un bon moment donc, mais paradoxalement peut-être davantage pour ceux qui découvriraient l’auteur que pour ses lecteurs déjà confirmés…

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philippe-jaenada

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  1. Pingback: Note de lecture : « La petite femelle  (Philippe Jaenada) | «Charybde 27 : le Blog - 14 novembre 2017

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