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Notes de lecture 2013

Note de lecture : « Poèmes à l’autre moi » (Pierre Albert-Birot)

Quatre poèmes, publiés entre 1919 et 1939, de l’auteur de « Grabinoulor ».

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Poèmes à l'autre moi

Ce recueil a été assemblé ad hoc par Poésie Gallimard ,et regroupe quatre œuvres, écrites entre 1919 et 1939, de l’atypique poète Pierre Albert-Birot, proche d’Apollinaire, encensé par les dadaïstes mais largement à l’écart des surréalistes, malgré les apparences et malgré l’admiration témoignée par Max Jacob.

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Surtout connu pour l’énorme épopée « Les six chants de Grabinoulor », le poète apparaît sous des jours contrastés dans ces quatre poèmes, dans lesquels « Ma morte » (1931), poignant hommage à sa femme décédée, tient une place particulière, tandis que « La joie des sept couleurs » (1919) est peut-être le plus emblématique de cette « joie de vivre désespérée » qui pourrait être sa marque de fabrique…

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« Poèmes à l’autre moi » (1927) est certainement le plus fort des quatre présentés ici, présentant plusieurs fulgurances réellement saisissantes, tandis que « La panthère noire » (1939), « poème en cinquante anneaux et cinquante chaînons », témoigne d’un talent à l’écriture sous contraintes qui annonce déjà, paradoxalement, certains travaux oulipiens…

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Sept couleurs

Une belle introduction à un poète décidément inclassable, incarnant peut-être un étrange avatar d’un Apollinaire qui ne serait pas mort prématurément…

« Je ne savais pas et j’ai voulu savoir et j’ai dit je vais me mettre face à face
Et j’ai mis au bout de mon désir mes yeux et mes doigts chercheurs de secret
Et j’ai écarté la droite et la gauche pour pouvoir enfoncer ma jeunesse au milieu
Et le secret était heureux d’être pris par mon œil et touché par mes doigts
Était-ce le jour était-ce la nuit peut-être le jour m’attend toujours dans ce que je vais savoir
Nos désirs sont les libérateurs du jour enfermé dans l’inconnu que contient chaque jour
Et dans la joie de la vie il nous suffit pour vivre de voler de la vie et d’en donner voici
Mais on n’a pas l’air d’en voler avec les yeux avec les mains qui ne prennent que ceci ou cela
Une forme une couleur une ombre une lumière enroulements de pourquoi et de parce que
Qui nous conduisent d’hier à demain jeu de la farandole serpentine qui court de l’entrée à la sortie
Et enfoncée au milieu entre la droite et la gauche ma jeunesse est bien en vie mais les deux lignes
Sont amoureuses l’une de l’autre et ma jeunesse en course va se faire étrangler au sommet de l’angle
Mais non ma jeunesse en course est passée elle a ri pour elle la droite s’est disjointe de la gauche
Et malgré tout ce qu’elle sait ma jeunesse est ici avec toutes ses mélodies et ses curiosités
Gracieuses ondulations qui l’emportent à travers des atmosphères de lisses harmonies
Et j’aime regarder ma jeunesse qui fait ah devant la flamme et qui fait encor ah devant elle »
(Poèmes à l’autre moi : Douzième poème)

Pour acheter le recueil chez Charybde, c’est ici.

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Pierre Albert-Birot

À propos de Hugues

Un lecteur, un libraire, entre autres.

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