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Notes de lecture 2013

♥︎ Charybde 1 : « Wastburg » (Cédric Ferrand)

Il était vrai que quiconque avait goûté un jour aux méthodes de maintien de la paix des gardes savait qu’à Wastburg, la loi avait une bonne droite. Si bien qu’on attendait du gardoche moyen qu’il ait du chien.

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Wastburg. Ville frontière, cité-état. Où les petites gens grouillent et les puissants pourrissent de corruption. D’où même la magie s’est retirée, laissant de vagues traces derrière elle, comme la mer à marée basse. Et comme la plage à marée basse, ça pue.

Plus qu’un décor ou un prétexte à l’aventure, Wastburg est le personnage principal de ce roman. Chaque chapitre en complète une facette. Que l’on suive un garde, un prévôt, un écrivain public ou un gamin des rues, on suit les traits de Wastburg : la tour des magiciens qui ne veut pas tomber en ruines, la Purge où croupissent les hors-la-loi (ceux qui se sont faits pincer, les autres sont les habitants de Wastburg), le quartier loritain où les gens ne sont pas vraiment comme « nous ».

Les chapitres pourraient presque se lire indépendamment les uns des autres, et s’enchaînent sur un rythme qui fait froid dans le dos. Et si le ton est souvent hilarant, on redoute de tomber sur un personnage attachant. Parce que ça peut faire mal. Les personnages n’ayant aucune vision d’ensemble, c’est au lecteur de reconstituer le puzzle de ce qu’on devine comme un grand complot. Et il y a du dommage collatéral en pagaille.

Rumeurs, petits boulots illégaux, petites rancunes, meurtres, accidents, enlèvements, descentes musclées… chaque personnage endosse sa part de violence pour quelques pièces, pour quelques promesses.

Et tout ça dans un style argotique féroce et drôle, où l’écriture produit une voix particulière, propre à Cédric Ferrand.

Wastburg mérite tout à fait sa place dans la famille de la fantasy française de haute volée, celle de Jean-Philippe Jaworski et Laurent Kloetzer. Comme eux, Cédric Ferrand s’affranchit des codes de la fantasy britannique ou américaine pour produire son univers à lui, avec un style savoureux, des personnages fouillés, et une magie à peine esquissée. C’est drôle, c’est dur, c’est sale. Tout ce qu’on aime.

« On peut juger une dame à la propreté de ses cuisines. »

Dans la troupe, personne n’avait compris ce que l’instructeur avait voulu insinuer. Seul Prikpen, un grand dadais pas trop tartignole avait saisi : si Wastburg était la dame et la Purge ses cuisines, la cité était une vraie saleté de garce de souillon.

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À propos de charybde2

Un lecteur, un libraire, entre autres.

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