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Andréas Becker

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Note de lecture : « Chaos » (Mathieu Brosseau)

En 150 pages, une quête antipsychiatrique et poétique totale, terriblement politique et monstrueusement intime. x Entre chaque pavillon il y a des jeux pour les insensés, rire joyeux, balançoires et niches, au cas où une petite fatigue viendrait à advenir chez un patient. Et puis, au beau milieu de tout cela, de grands et nobles … Lire la suite

Note de lecture : « La Ritournelle » (Perrine Le Querrec)

Deviner le langage d’une obsession, extraire la beauté d’un dysfonctionnement, saisir la genèse d’un art brut de l’entassement. x Dans la chambre parentale le jour entre de nouveau, c’est une expérience nouvelle à laquelle ni Georgia ni Eugen n’étaient suffisamment préparés. Ils restent dans cette clarté plusieurs jours soudés l’un à l’autre visage tourné vers … Lire la suite

Note de lecture : « Jeanne L’Étang » (Perrine Le Querrec)

Trouver la tendresse au cœur des enfermements : Jeanne et la Salpêtrière. x Ma mère n’est pas folle. Elle est mon amie. Je suis la poupée préférée de ma mère. Traces blanches, traînées rouges, silence noir, je m’habille de ses lambeaux ; le visage tourné vers la fenêtre, j’attends le bruit de ses pas, je … Lire la suite

Note de lecture : « La Disparition de la chasse » (Christophe Levaux)

L’impressionnante écriture d’une course à l’abîme, facétieuse et glaçante. x Le train s’ébranle, grimpe cahin-caha le flanc escarpé de la vallée, se rassemble en haut, sur la crête, puis s’élance dans la plaine, crève le matin gris mouillé du nord-est, abandonne à son sommeil la ville décrépite et sa gare flambant neuve, fleuron d’un peuple … Lire la suite

Note de lecture : « Méduses » (Antoine Brea)

Terrifiants et jouissifs glissements progressifs de la raison ordinaire dans le désajustement de la syntaxe et du langage du dépit amoureux. x Publié en 2007 au Quartanier, le deuxième roman d’Antoine Brea, sept ans avant son « Roman dormant » enchanteur, par lequel je l’ai découvert l’an dernier, ne revendique sans doute directement aucun onirisme merveilleusement didactique, … Lire la suite

Note de lecture : « L’apparition » (Perrine Le Querrec)

Inventer le langage hors du temps d’un corps tétanisé, mystique ou joueur, intime et social. x Publié en avril 2016 aux éditions Lunatique, ce nouveau texte de Perrine Le Querrec, dont j’avais déjà pu hautement apprécier « Le plancher » (2013) et « Le prénom a été modifié » (2014), ainsi que le bref et intense « De la guerre » … Lire la suite

Note de lecture bis : « Notre château » (Emmanuel Régniez)

Incroyable édifice néo-gothique, au service de l’obsession délétère comme des inquiétudes et vertiges intimes. x Octave, le narrateur, et Véra, sa sœur, habitent seuls une grande demeure isolée, si majestueuse qu’ils l’appellent entre eux « Notre Château ». La vie s’y écoule paisiblement, dans des conditions fortement ritualisées, teintées d’obsessions sourdes – que rend merveilleusement l’écriture d’Emmanuel … Lire la suite

Note de lecture : « L’éternité » (Christophe Manon)

Chants de l’insoutenable barbarie. x «Je suis le corps d’un soldat mort. J’ai vingt ans comme tous les soldats morts. J’ai été tué il y a plus d’une semaine. Je suis étendu dans la boue. Face contre terre. Nuque brisée. Jambes repliées sur mon ventre en chien de fusil. Mon bras gauche a été arraché. … Lire la suite

Note de lecture : « À coups de points – La ponctuation comme expérience » (Peter Szendy)

Décortiquer en détail la notion même de ponctuation pour atteindre l’expérience physique de la littérature. x Publié en 2013 aux éditions de Minuit, le dernier en date des essais du musicologue Peter Szendy, chaleureusement recommandé par Maylis de Kerangal lors de sa venue à la librairie Charybde en tant que libraire d’un soir, en avril … Lire la suite

Note de lecture : « Scènes de la vie d’un faune » (Arno Schmidt)

D’une ironie cinglante et d’une richesse condensée, le grand écart intérieur d’un déserteur secret de la société bourgeoise nazie. x Paru en 1953, traduit en français en 1962 par Jean-Claude Hémery chez Julliard, puis retraduit en 2011 par Nicole Taubes chez Tristram, le troisième texte publié d’Arno Schmidt est sans doute son plus connu. Depuis … Lire la suite