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Notes de lecture 2022, Nouveautés

Note de lecture : « Les méditerranéennes » (Emmanuel Ruben)

Une formidable fouille généalogique, en couleurs, en saveurs et en drames, dans les plis et replis d’une ascendance juive algérienne, et dans les failles mémorielles qui l’affectent aujourd’hui, ici et ailleurs.

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Ruben

Banlieue lyonnaise, 20 décembre 2017
Demain déjà, ce sera trop tard pour leur poser les bonnes questions, se répète Samuel dans le train qui l’emporte vers le nord et l’éloigne à nouveau des siens. Dans le crépuscule inquiet du solstice d’hiver, il voit défiler les silhouettes fantomatiques des peupliers couchés sous la pluie battante – les pylônes et les crucifix se tordent sous l’effet de la vitesse, les petits bourgs trapus aux clochers bourguignons s’enfuient entre les plis des collines, histoire qu’on les oublie pour de bon. Son visage scindé en deux se reflète dans la vitre du train, son front de trentenaire qui laisse percer les premières rides est comme hachuré par les fragments bousculés de cette campagne à grande vitesse, ses cheveux bruns et frisés qui ne sont plus aussi vivaces et fournis qu’hier s’effilochent dans les envolées des derniers feuillages, son long nez busqué qu’il a toujours cru juif alors qu’il pourrait être berbère se tient là, au milieu, tel un point d’interrogation, ses grands yeux sensuels qui le faisaient passer pour une fillette jusqu’à l’âge de neuf ans brillent d’une lueur inconnue. Des lampadaires s’allument à l’approche d’une gare anonyme que le TGV traverse en un éclair, sans laisser le temps de lire les lettres blanches sur les panneaux bleu nuit et Samuel se dit qu’au fond il est un étranger, que la vie est comme cette campagne française que l’on croit connaître par cœur mais que l’on traverse toujours trop vite, un agrégat de chiffres et de lettres s’égrenant dans la nuit, et pour se détourner de cette idée, pour oublier son visage dédoublé qui le toise à travers la vitre et se penche sur l’écran de sa tablette, il tâche de se raccrocher à la seule image nette et précise qu’il emporte du vacarme de la veille.
C’est l’image de la tante Déborah se levant sans cesse pour rallumer, au milieu des rires et des larmes, dans le tohu-bohu des blagues juives et des engueulades familiales, la dernière bougie du chandelier de Hanoukkah, qui symbolise la présence divine et compte autant de branches que la smalah. C’était un vieux chandelier à neuf branches de facture assez classique, un vieux chandelier comme on en voit dans toutes les familles juives, un de ces objets sans âge, transmis de père en fils, de mère en fille, et qui pouvait tout aussi bien provenir de fouilles archéologiques et donc de la plus haute antiquité que de la sombre échoppe d’un artisan juif de Constantine. Perdu mille fois et mille fois retrouvé, incrusté d’arabesques et de lettres mystérieuses patinées par les siècles, par les paumes qui l’avaient caressé, par tous les chiffons qui l’avaient astiqué, il était en bronze ou en laiton, mais Samuel savait que pour eux tous il était en or pur, il était en diamant, il changeait les bougies de suif en torches ou en flambeaux pour éclairer le monde.
Toutes sortes de légendes l’entouraient. On disait tantôt que c’était l’œuvre d’un orfèvre jadis réputé dans tout le Maghreb, tantôt qu’il avait traversé plusieurs fois la Méditerranée, venu du Portugal ou d’Italie avec les Granas, les Juifs livournais de la branche séfarade, tantôt qu’un rabbin libyen vénéré l’avait rapporté de Rome, de Jérusalem ou de Constantinople, tantôt qu’il avait appartenu à la Kahina, la reine juive de Bernérie dont Mamie Baya aimait raconter les exploits. La seule certitude étant que la dernière branche de ce chandelier ballotté d’une valise à l’autre à travers les siècles et les continents s’était abîmée au gré des traversées – aucune bougie ne tenait en place sur sa coupelle, il fallait sans cesse repositionner la chandelle sur la branche torve et rallumer la mèche au risque de foutre le feu à la maison.
Cela fait des années que Samuel n’a pas assisté à une fête juive et il n’a accepté l’invitation de la tante Déborah que dans l’espoir de poser enfin les bonnes questions. Mais il s’est contenté de répondre à celles que ses tantes et ses cousines lui ont posées, sur sa vie de prof d’histoire-géo en banlieue parisienne, sur les élèves de banlieue parisienne – ils sont gentils tes élèves ? ils travaillent bien tes élèves ? il y a beaucoup d’Arabes dans ton lycée ? -, sur sa compagne dont elles ont oublié de nouveau le prénom – Neva ? Dvina ? Swannie ? Astrid ? (il faut dire qu’il ne leur a jamais parlé de Djamila, pourtant la vraie raison de son attirance soudaine pour l’Algérie) mais tu ne veux pas en trouver une avec un nom bien de chez nous, mon fils, tu ferais mieux de quitter la banlieue parisienne – et lorsqu’elles disent les mots banlieue parisienne, c’est avec une grimace de dégoût, comme si elles disaient La Mecques, Damas ou Téhéran, oubliant ou feignant d’oublier qu’elles aussi vivent en banlieue – banlieue lyonnaise, stéphanoise ou marseillaise.

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Depuis presque une dizaine d’années maintenant, Samuel Vidouble, l’alter ego malicieux, torturé et doté d’une imaginative curiosité sans bornes, de l’auteur Emmanuel Ruben, nous entraîne sur les chemins savoureux et néanmoins fort sérieux de ses aventures personnelles dans les méandres de la géopolitique contemporaine et de l’Histoire, intime, familiale ou mondiale. Après avoir arpenté les pays baltes (« La ligne des glaces », 2014) et l’Europe de l’Est (« Sur la route du Danube », 2019), fréquenté les eaux ambiguës d’un archipel nommé Israël et Palestine (« Sous les serpents du ciel », 2017) et enfin exploré les lignages et les fantasmes fondateurs de la branche paternelle, protestante et grenobloise, de son ascendance (« Sabre », 2020), le voici propulsé en quête d’une meilleure compréhension, peut-être, de la branche maternelle, juive algérienne (constantinoise, pour être précis, et ce lieu-là sera particulièrement important) désormais ramifiée un peut partout en France. Bien sûr, cet héritage-là était déjà central dans le magnifique et fondateur « Kaddish pour un orphelin célèbre et un matelot inconnu » de 2013, mais l’enquête généalogique n’y était pas de même nature : il s’agit désormais (même si le prétexte saisi, comme souvent chez Samuel Vidouble, est celui d’une tentation amoureuse) de chercher dans l’histoire familiale les ressorts d’une situation mémorielle qui la dépasse, et qui englobe ainsi bon nombre de failles contemporaines et de traumatismes résistants même lorsqu’ils ne s’avouent pas comme tels.

– De toute façon l’antisémitisme est la grande passion française ! Regardez, tant que les islamistes zigouillaient des Juifs, ça dérangeait personne. Mais depuis qu’ils ont touché à ces salauds de Charlie Hebdo, c’est la guerre ! Alors que tout le monde se fiche des morts de l’Hypercacher !
– Comment ça, ces salauds de Charlie Hebdo ? T’es pas Charlie, tonton ?
– Non, moi je suis Charles de Gaulle !
– Le type qui a vendu aux Arabes ton pays, l’Algérie française ?
– Pour éviter la France algérienne !
– Et tu trouves que ça a marché ?
– Colombey n’a pas encore de mosquée !
– Ha, ha ! Tu es Charles de Gaulle qui nous avait compris et nous sommes le peuple sûr de lui et dominateur…
D’élite, a corrigé l’oncle Alain, le peuple d’élite sûr de lui et dominateur, n’oubliez jamais d’élite quand vous citez la phrase du Général, lui au moins avait pigé que nous étions le peuple élu, pas comme tous ces gauchistes qui encouragent l’islamisation et le nettoyage ethnique !
Et Samuel a failli se boucher les oreilles et fuir cette maison de fous quand l’oncle Alain a tapé du poing sur la table et franchi les bornes du politiquement correct en tonitruant de sa voix orageuse que Tsahal devrait bombarder le neuf-trois !
– Oui, Baroukh Hachem, je le répète, que si j’étais Premier ministre israélien, je bombarderais Beyrouth, Téhéran, Damas et Saint-Denis.
Voilà ce qu’a dit Alain. Fier de la phrase qui a jailli de sa bouche tel un boulet de canon, il a lissé ses moustaches à la Romain Gary et caressé son crâne aux rares cheveux blancs plaqués sur la nuque.
– Mais tonton, tu sais que j’habite à Aubervilliers ?
– Ah oui c’est vrai que tu es allé jouer les missionnaires en terre étrangère ! Eh bien on fera d’abord évacuer tous les Français !
Il a dit tous les Français et non pas tous les Juifs car il n’a jamais considéré son neveu comme juif, et lui-même dont la mère était bretonne de Douarnenez juge qu’être juif n’est pas une question de sang, mais d’adhésion spirituelle et de soutien sans faille à Israël. Il faut savoir lire la Torah et souffler dans le shofar, avoir fait sa bar-mitsvah et soutenir toutes les offensives contre Gaza. Et Samuel qui ne remplit qu’une seule de ces conditions se sent comme souvent une brebis galeuse, un traître parmi les siens, un demi-juif honteux, le rejeton d’une union contre nature entre un goy et une juive, mais on l’appelle quand même mon fils ou mon chéri, on lui passe le kiddouch dans le calice en argent et le pain trempé dans le sel, on l’embrasse sous le talith, le châle de prière aux couleurs d’Israël, on le bénit en hébreu, on lui dit en arabe saha et meskine, comme tu es maigre, mange, mange, reprend du couscous au beurre, sinon ça va se perdre, tu ne manges pas assez, mon fils !
Et Samuel se demande à nouveau pourquoi il a accepté cette invitation à retrouver toute la smalah dans cette maison de dingues, pourquoi il n’ose pas leur demander de raconter l’Algérie, tout ce qu’il souhaite, c’est qu’ils lui racontent l’Algérie, mais un pays a remplacé l’Algérie dans leur cœur, et ce pays s’appelle Israël.

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Il faut un grand talent de conteur et d’imagination des interstices, précisément, pour faire ainsi revivre, en transmutant les souvenirs familiaux racontés par les grand-mères et grand-tantes, elles-mêmes dépositaires d’une tradition qui confine souvent, mi-joueusement mi-sérieusement, à la mythologie, une histoire intime ainsi inscrite méticuleusement dans la « Grande », où elle exprime toute son humanité, dans les bons et dans les mauvais jours.

La conquête de l’Algérie par la France (traitée dans les chapitres « Constantine novembre 1836 » et « Constantine novembre 1870 »), s’attachant à ce berceau que fut la ville des ponts suspendus, où Juifs et Arabes partagèrent longtemps ensemble le joug colonial, sans animosité particulière entre eux, fait bien figure de fondation oubliée (ou occultée), que le rappel de la dénaturalisation des Juifs algériens par le gouvernement pétainiste, malgré le sang patriotique largement versé au préalable (« Constantine août 1914 »), ne suffit pas à réveiller vraiment – car le terrible pogrom de l’entre-deux-guerres a déjà alors laissé sa marque quasi-indélébile (« Constantine août 1934 »).

À cette échelle, les étapes suivantes du chemin familial ne sont déjà plus que des formes de conséquences (même si elles ne comportent sans doute pas, intrinsèquement, de fatalité), celles d’un ajustement des perceptions de l’histoire qui survient à un ciment préalable désormais solidifié autour de nouvelles fondations mentales partagées : les massacres de musulmans à la fin de la deuxième guerre mondiale (« Guelma mai 1945 », comme en écho à ceux, beaucoup plus massifs, perpétrés au même moment à Sétif – et dont beaucoup d’historiens s’accordent désormais à faire un ferment essentiel de la « guerre d’Algérie »), l’insurrection elle-même (« Guelma juillet 1957 ») et l’exode final (« Algérie France avril 1962 », où déjà le rôle central de l’OAS s’efface dans la mémoire familiale devant celui du FLN), retrouvant les accents si poignants et cruels, dans le même contexte, appliqué à des populations différentes, du Mehdi Charef du « Harki de Meriem » ou de « 1962, le dernier voyage », voire, de manière plus surprenante mais désormais comme logique, la guerre du Kippour (« France Israël octobre 1973 »), la décennie noire algérienne (« Banlieue lyonnaise décembre 1997 ») et les attentats de l’État Islamique en France (« Paris janvier-novembre 2015 »), ne seront plus lus, essentiellement, qu’à l’aune d’un prisme familial mêlant indissociablement histoire objective et mythologie subjective.

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Personne n’avait jamais peint l’Algérie de ses ancêtres. Personne n’avait raconté leur vie d’avant l’exode, et les films ou les livres qu’il connaissait parlaient exclusivement de la guerre. Certes, il y avait dans le salon de Déborah, suspendus aux murs jaunes ou empilés sur des étagères, des tas de bibelots poussiéreux que les cousins lui rapportaient des souks de Marrakech ou de Tunis. Mais personne dans la famille n’avait fait le voyage en Algérie, et le seul objet que sa mère et sa grand-mère avaient emporté, en 1962, à bord du navire qui les arrachait au sol natal, c’était ce chandelier à neuf branches – neuf branches et non pas sept, lui répétait la grand-mère quand Samuel le dessinait enfant, si tu dessines sept branches c’est péché, le seul chandelier qui en comptait sept était la menorah d’or pur commandée par l’Éternel, il est interdit de représenter le flambeau de l’Éternel, comme il est interdit de représenter Son visage ou de prononcer Son nom.
Et l’enfant n’osait pas contredire sa grand-mère. Il savait pourtant que sous le socle du chandelier familial était gravée une minuscule menorah à sept branches entourée d’une étoile, d’un croissant et suivi des quatre lettres suivantes : 𐤉𐤄𐤅𐤄

Et l’enfant ignorait comment prononcer ces lettres, quel était cet alphabet, il ignorait le sens de ce cryptogramme, de ce croissant, de cette étoile et de ce chandelier miniature caché dans le chandelier grandeur nature mais il savait qu’il lui faudrait un jour élucider ce mystère, cependant que la grand-mère, tout en rajustant sur ses épaules son châle en cachemire dont les franges étaient aussi soyeuses que ses cheveux gris, lui disait : assieds-toi, prends encore un makroud aux dattes, mon fils, et écoute bien Mamie Baya.
Mais souviens-toi d’abord d’une chose, baba l’aziz : il est inutile de vouloir concurrencer le réel, car la mémoire est toujours infidèle. Ce qui a eu lieu autrefois ne reviendra pas. Le passé est révolu et nos regrets sont inaudibles. Et c’est pour ça qu’il vaut mieux écrire des contes et des légendes que des récits calqués sur le vécu. Et si je savais écrire comme toi – mais ta pauvre mamie est analphabète parce qu’elle n’a pas eu la chance d’aller à l’école -, j’écrirais des romans. Pas des romans guerriers comme ceux que te racontent tes oncles mais des romans pacifiques. La Bible nous parle d’Adam et Ève au Paradis et raconte que nous étions esclaves du Pharaon en Égypte – je ne sais pas s’il est vrai que nous avons été chassés d’Égypte ou du Paradis mais souviens-toi qu’il était une fois un pays dans lequel nous vivions heureux parmi les Arabes et les Français, malgré le turbin, les brimades et la misère. Et promets-moi deux choses : si tu écris un jour l’histoire de ce pays disparu et de ta tribu qui a tant souffert, s’il te plaît, change les noms des vivants, change les lieux, change les dates. Mais toi, n’oublie jamais de dater et de signer, mon fils. Car ceci sera ton œuvre où tout sera réinventé, pour consoler ta tribu d’avoir tout perdu. Notre œuvre à nous fut de vivre et d’aimer, sans amertume et sans rancœur. Ils sont bons, hein, les makroud de ta grand-mère ? Saba baba l’aziz, Dieu bénisse.

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Comme le Mathias Énard de « Zone » ou le Sébastien Ménard de « Soleil gasoil », quoique d’une manière radicalement différente, Emmanuel Ruben nous offre ici à lire et à ressentir un pourtour méditerranéen tissé de liens et de constantes partagées, de l’Algérie à Israël et du sud de la France aux confins italo-balkaniques, convergence de facto, inscrite dans les pratiques intimes et la vie matérielle, et pourtant convergence que les récits déchirent au fil du temps. Les horreurs réelles, les causes objectives et les causes reconstruites, les aveuglements de la mémoire individuelle et collective concourent à bâtir de solides légendes qui n’ont souvent plus grand-chose à voir avec les faits et leur agencement de hasard et de nécessité.

En confrontant Samuel Vidouble, côté maternel, au pouvoir mythologique du chandelier, après l’avoir exposé, côté paternel, à celui du sabre, Emmanuel Ruben nous offre non seulement un magnifique et terrible récit familial – où l’imagination vient opérer sa magie salutaire – mais aussi une  décapante leçon d’écriture de l’Histoire, intime et politique, et de la manière dont les souvenirs devenus évidences, quel que soit leur degré de véracité, mais par leur seule force qui va, structurent notre contemporain.

Bref, Besançon était l’envers de Constantine. Mais la tante Myriam ne regrettait pas sa ville natale. Constantine était perdue depuis longtemps, depuis le 5 août 1934, depuis le vol du chandelier. La famille n’avait pas attendu la guerre ni l’exil pour déménager de la vieille ville. Le pogrom sonnait le glas de toute une époque révolue. Des siècles de coexistence pacifique avec les musulmans, émaillée parfois de quelques heurts, mais qui n’avaient jamais atteint l’atrocité du 5 août. Or, pour qu’une telle atrocité fût possible, il suffisait qu’intervînt un nouveau ferment de haine et de division : après cent ans de violence coloniale, cent ans de sabre et de goupillon, l’antisémitisme à la française, extatique et véhément comme un torrent de boue, avait fini par réveiller les eaux dormantes de l’antijudaïsme proverbial des musulmans qui se souvenaient de l’éternel bouc émissaire : s’ils vivaient dans la misère, s’ils étaient exploités, s’ils crevaient de faim, si les récoltes étaient mauvaises, c’était comme toujours la faute des juifs.

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