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Notes de lecture 2021, Nouveautés

Note de lecture : « Biotope et anatomie de l’homme domestique » (Philippe Annocque)

Une redoutable et fort joueuse architecture d’aphorismes autour du corps humain et de ses ordinaires environs immédiats.

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Les autrices et auteurs qui se risquent à travailler dans la redoutable zone des aphorismes savent, comme les lectrices et lecteurs attentifs, à quel point, malgré la facilité apparente d’arpentage, vue de loin, de ce lieu particulier de la géographie littéraire, le péril y est grand. On songera ainsi à deux exemples particulièrement probants du monstrueux travail que demande la réussite dans ce domaine. Pensons d’abord aux trésors d’ingéniosité déployés par un Éric Chevillard pour insuffler pendant des années au quotidien, dans la série ironique à bien des degrés qu’est « L’autofictif » (mentionnons par exemple « L’autofictif voit une loutre », « L’autofictif au petit pois » ou « L’autofictif prend un coach »), en dépit ou grâce aux aléas de l’inspiration à saisir au jour le jour, l’esprit baroque, hilarant et percutant qui hante « Palafox », « Le vaillant petit tailleur », « L’auteur et moi », « Dino Egger » et tous ses autres ouvrages ne prétendant pas relever de l’anecdote, du diction jaillissant ou de l’aphorisme. Pensons ensuite, bien entendu, au spécialiste Olivier Hervy, qui travaille au corps ce matériau bien spécifique depuis 2007 et ses « Expertises », des jaillissements presque originels de « Agacement mécanique », « Formulaire » ou « En bataille » aux plus récentes imbrications de « La chauve-souris se cogne un mètre avant le mur », « L’obstination du liseron » ou « Étrangler l’anguille », travaillant comme bien peu (à part peut-être le Jean-Marc Agrati de « L’apocalypse des homards ») l’insertion de la narration, de sa possibilité ou de sa suggestion, au sein du « shot » littéraire le plus court possible.

L’homme est un poulpe qui se sert de son encre pour se montrer au lieu de se cacher derrière.

Disposant de vastes ressources imaginaires et techniques au sein de son stock-arsenal personnel, pouvant aller des investigations poétiques et historiques familiales des « Singes rouges » et de « Mon jeune grand-père » aux marivaudages électroniques risqués de « Seule la nuit tombe dans ses bras » et aux inquiétants miroirs de « Élise et Lise », des dispositifs malicieux et lancinants de « Vie des hauts plateaux » aux assemblages indiciaires de « Mémoires des failles », de la sublime métaphore étagée de « Liquide » au malentendu terminal, tragique et hilarant de « Pas Liev », Philippe Annocque s’était déjà approché tout récemment de cette zone littéraire précise : son « Petit DIRELICON » du printemps 2021 n’hésitait très naturellement pas à saisir certaines de ses définitions (car il s’agissait bien d’un « Petit dictionnaire des idées reçues sur la littérature contemporaine mais quand même un peu à la manière de Flaubert ») sous forme de para-aphorismes ou de formules gouailleuses (et néanmoins redoutablement incisives) qui devaient beaucoup à cette forme (extrêmement) courte bien particulière.

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Le manche de la casserole de Lichtenberg est amovible pour que l’on puisse égarer celle-ci simultanément dans deux endroits différents.

Pour conduire à bon port ce bref recueil publié chez Louise Bottu fin novembre 2021 sous le titre de « Biotope et anatomie de l’homme domestique », Philippe Annocque s’est donc mué en un subtil mélange de médecin-légiste, de zoologue, d’éthologue, d’architecte d’intérieur et de designer d’objets du quotidien pour aphoriser l’humain de 2021 dans son univers réputé familier, à charge pour le poète qui les englobe tous de trouver les mots et les agencements pour condenser cette exploration multivariée en une série de courtes phrases, assemblées en douze triptyques « Le sujet, / son anatomie / et son biotope », permettant de parcourir un extraordinaire et inattendu kilométrage littéraire en 50 pages tout juste.

Deux orbites seulement : quelle incommode boule de bowling !

Une grande partie de l’art de l’aphorisme tient au rebond, au contrepied et au paradoxe, mais aussi, plus discrètement, à une capacité rare, lorsque le texte atteint ses sommets, à évoquer pour chacune et chacun énormément d’allées résonantes en très peu de mots. On ne sera donc pas si surpris, au fond, car la ruse de Philippe Annocque est grande, de sentir fourmiller au détour des phrases, là où on ne les attend guère, des Crocodile Dundee en chapeau de brousse, des chirurgiens fous de chez René Château, des maçons de chez Muriel Robin, des marches de l’empereur fort peu antarctiques, de terrifiants Human Centipedes, des intestins délices d’oustachis chers au Frédéric H. Fajardie du « Souffle court », des fours potentiellement ensorcelés dignes du « Démon dans l’île », des télévisions volontiers déclencheuses de pulsions suicidaires, et un bon nombre de métaphores enchâssées à l’intérieur d’autres métaphores. Réjouissant en diable, voici un nouveau beau terrain de jeu pour cette malice constante qui anime l’un de nos poètes les plus délicieusement polymorphes.

On tire en vain la chasse d’eau : les canards sauvages poursuivent leur vol imperturbable.

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Discussion

3 réflexions sur “Note de lecture : « Biotope et anatomie de l’homme domestique » (Philippe Annocque)

  1. pour changer, un auteur espagnol Ricardo Menéndez Salmón

    « Débacle » de Ricardo Menéndez Salmón, traduit par Jean-Marie Saint-Lu (2015, Jacqueline Chambon, 188 p.) commence comme une enquête policière, répartie sur trois chapitres. Sauf que dans la première partie « Mortenblau », dont on comprendra la signification du nom que bien plus tard, on en est déjà à huit cadavres, ou plutôt « Il n’y a que huit chaussures. / Seulement huit, oui. / Et il n’y a que huit corps. / Que nous sachions, oui. / D’accord ». Il y a donc du serial killer dans l’encrier. Fétichiste en plus puisque chaque victime est délestée d’une seule chaussure, double d’hommes par rapport aux femmes. Pas moyen non plus de les revendre, elles sont toutes du même pied.
    Sans doute, s’agit-il d’une spécificité des Asturies d’où est originaire l’auteur. Quand on sait qu’en plus, il est licencié en philosophie de la Universidad de Oviedo et qu’il a reçu plus de 40 prix littéraires, dont le prix Juan Rulfo en 2003 et le prix de la nouvelle courte Casino Mieres en 2006 pour « La Nuit Féroce » traduit également par Jean-Marie Saint-Lu (2020, Editions Do, 122 p.). C’est aussi une histoire de meurtre, par une nuit de neige et de froid, dans le village de Promenadia, près de Gijon, dans les Asturies. Homero, instituteur est invité chez un fermier, son épouse, une jeune fille enceinte, un enfant écolier et un autre enfant, idiot.
    On est à l’aube de la guerre civile, cet hiver 1936. Les temps sont durs, les paysans sont pauvres. Seul un notable, Irizábal, propriétaire d’un grand domaine, fait montre d’obscène opulence. C’est dans ce contexte qu’une chasse à l’homme s’organise dans le village pour retrouver le ou les assassins d’une fillette, Aguirre, massacrée et jetée dans un puits. Le groupe des chasseurs organisent des battues. Deux visiteurs, venus d’ailleurs, ont été aperçus dans les environs. « Dans les petits villages, l’enfer est toujours grand ». Il le sera effectivement, le groupe des chasseurs en quête de justice ont décidé de punir le crime quoi qu’il en coûte.
    Se superposent aux villageois, l’instituteur, qui s’affiche comme « bolchevique », ainsi que les autres hommes du village, dont le prêtre, déterminé à « s’ériger en justice, en seigneur ». La raison contre le goupillon. Les premiers mangeurs de petits enfants, je tairai l’utilisation qu’en ont fait les second.

    « Débacle » décrit la façon dont l’effroi entre parmi les humains, et s’insinue même dans les couples. Le roman est en fait constitué de trois histoires successives dans lesquelles on retrouve les principaux personnages, Manila, sa femme qui ronfle, l‘Inspecteur et ses hommes « Olsen, le plus maigre, Gudesteiz le gros qui louchait ». Pauvre Manila qui en a l’estomac tout retourné « Il vomit dans les toilettes, très raide, comme si on lui avait mis un balais dans l’anus ». Mais bon c’est le métier, non pas qui rentre, mais qui ressort. Un peu plus loin « Olsen était en train de vomir ». Puanteur d’un « cadavre de cinq, six jours tout au plus »
    Il faut dire que la profession côtoie souvent la mort. « Le cercueil, de couleur noire, était poussé par deux hommes à casquette et extraordinairement soignés ». Jusque-là, rien d’anormal, mais la phrase suivante me laisse rêveur. « Il y avait dans la façon dont ils étaient rasés quelque chose que Manila trouvait inquiétant, comme s’ils l’avaient fait non pas avec des lames mais avec des guillotines ». Voilà une application que le bon docteur n’avait pas envisagée. Mais il est vrai qu’à l’époque, on ne se rasait point, on se poudrait. C’était bien avant de découvrir la différence entre la tangente et la sécante.
    Le chapitre suivant « Le monde sous le capuchon du fou », avec son titre prêtant à contrepèterie verse vite dans la philosophie. « De même que, lors de la grande peur de l’an 1000 prolifèrent superstitions et prophéties de toute espèce, l’euphorie de l’an 2000, euphorie qui se révéla bien vite vaine et même absurde, offrit, tout autour du globe, un éventail nourri de ces parcs qui célébraient la plasticité de la culture et la polyvalence du talent humain ». Et parmi ces parcs d’attractions, il y a Corporama, « né à Berlin pendant l’été 2003 pour célébrer le corps humain dans chacune de ses manifestations ». Puis, « deux mois plus tard, son clone se transporta à Promenadia ». Nous y voilà. Par chance le clonage s’est passé sans heurts, ni interversion dans le titre du parc, qui aurait pu donner lieu à ne plus savoir où mettre les pieds. Et c’est là que les trois étudiants, Humberto, Hugo et Menezes passent leur matinée.
    Par contre, apparait un groupe qui se surnomme « Les Arracheurs » et qui « tels Bakounine et Netchaïev dans la doulce Suisse qui jadis fut un asile pour tous les illuminés de la Terre, les Arracheurs venaient de rédiger leur « catéchisme révolutionnaire ». Vilains copieurs du « Catéchisme du révolutionnaire » écrit en 1868, à quatre mains par les deux révolutionnaires russes qui s’étaient réfugiés à Genève. Même si Karl Marx lui-même a prétendu à propos de Netchaiev que « Toute l’histoire de Netchaïev n’est qu’un abominable mensonge. Netchaïev n’a jamais été détenu dans une prison russe, le gouvernement n’a jamais tenté de le faire assassiner ». Qui ment à propos de qui d’autre, on se rend compte que la révolution russe plonge ses racines, et a fait fructifier ses branches selon une botanique très mensongère. Heureusement que Netchaïev a été repris par Fiodor Dostoïevski dans « Les Démons ». Cela a permis à Ricardo Menéndez Salmón de le placer dans « La Nuit Féroce », comme livre de chevet de l’instituteur, Homero dit « le bolchevique ». « De l’autre côté du cahier, entre la bougie de spermaceti et une petite figurine en bois de santal qui représente une goélette à trois mâts, repose une édition in-octavo des Démons de Dostoïevski ».
    Et que préconisent les Arracheurs ? De placer des aiguilles empoisonnées dans la nourriture et de saboter les parcs d’attraction tels que le Corporama. Par ailleurs l’auteur réussi à placer le mot « pygopage » dans son roman. Les deux groupes sont donc à égalité. Pour l’éducation des lecteurs, les siamois pygopages sont des êtres engendrés par la tératologie, ou non, et qui sont réunis en un seul individu dans la région fessière. Toujours utile à savoir pour les fans de Scrabble. « Il en va avec les monstres comme les fous ; en les voyant, les gens ont l’impression d’être meilleurs qu’ils ne sont en réalité ».
    Actes de sabotage du parc d’attractions, explosions, bref un certain chaos. « Quand entre l’information A et l’information Z se tendait un réseau de concomitances, d’effets et de causes, de soupçons ».
    Et on en arrive à la dernière partie « Parents sans enfants », la plus courte, une quarantaine de pages. Mais où l’on retrouve les personnages, Manilla, Olsen et Gudesteiz, Mortenblau, le Cinquième homme, alors qu‘ils sont six. Avec ce paragraphe, dans une police différente. « Le mal trouve sa justification dans son inexistence. Le mal n’a pas besoin de preuve ontologique, ni de réduction à l’absurde, ni de foi ni de prophètes. Le mal est sa propre expectative / Ma vie m’a appris que c’est le bien qui a besoin de justification. C’est le bien qui demande un pourquoi, une cause, un motif. C’est le bien qui, en fait, constitue la plus profonde des énigmes ». On dirait un extrait du catéchisme révolutionnaire.
    Bref, un petit roman, bien ficelé, pas toujours clair dans qui est qui et qui fait quoi, mais agréable à lire.

    Publié par jlv.livres | 22 mars 2022, 18:33
  2. et la suite (mais qui est paru avant « La Nuit Féroce » de Ricardo Menéndez Salmón

    « La Nuit Féroce » de Ricardo Menéndez Salmón et traduit par Jean-Marie Saint-Lu (2020, Editions Do, 122 p.) date de 2006. Il s’agit d’une histoire de meurtre, par une nuit de neige et de froid, dans le village de Promenadia, près de Gijon, dans les Asturies. Homero, instituteur est invité chez un fermier, son épouse, une jeune fille enceinte, un enfant écolier et un autre enfant, idiot.
    L’action se passe à l’aube de la guerre civile, durant l’hiver 1936. Les temps sont durs, les paysans sont pauvres. Seul un notable, Irizábal, propriétaire d’un grand domaine, fait montre d’une obscène opulence. C’est dans ce contexte qu’une chasse à l’homme s’organise dans le village pour retrouver le ou les assassins d’une fillette, Aguirre, violée, massacrée et jetée dans un puits. Le groupe des chasseurs organisent des battues. Deux maçons itinérants, venus d’ailleurs et de passage dans la région, ont été aperçus dans les environs. « Dans les petits villages, l’enfer est toujours grand ». Il le sera effectivement, le groupe des chasseurs en quête de justice ont décidé de punir le crime quoi qu’il en coûte.
    Se superposent aux villageois, Homero l’instituteur, un étranger au village, venant d’Omaña dans le Leon, mais c’est « de l’autre côté de La Raya ». Il s’affiche comme « bolchevique ». Mais comme il n’est pas du village, il prend son repas chez les villageois à tour de rôle, d’où son appellation de « catapote » (pique-au-pot). « hier avec les rabatteurs, demain avec les pêcheurs de l’étang ». Pour tuer le temps, il s’est donné l’impression de devoir écrire. Mais c’est plus difficile que ce qu’il pensait. « Cela fait presque deux heures qu’il a commencé à écrire et c’est à peine s’il a pu accoucher de six paragraphes d’une beauté douteuse et d’une rigueur scientifique plus douteuse encore ».
    Il y a aussi l’institutrice d’avant Homero, Ricardo Irizabal, le maître boiteux de Villa Arenas (sans sa femme Victoria Carro). Ezequiel le cordonnier, ainsi que les autres hommes du village, dont le prêtre, déterminé à « s’ériger en justice, en seigneur ». La raison, le sabre et le goupillon.
    Homero rentre chez lui, et c’est à ce moment que les maçons frappent à sa porte. Après un crouton de pain, il les informe du drame et leur conseille de se cacher en forêt. Bien entendu ils sont soupçonnés en premier. Cela ne peut être le fait d’un homme du village. La battue a déjà commencé. « Une deuxième détonation descend sur la classe comme une violente averse. Les coups de feu viennent du sud, d’un endroit situé entre le cœur du bois et Villa Atenas, la propriété d’Irizábal ».
    Ni Homero, ni Irizábal, ne seront capable d’endiguer la haine des villageois. Et elle ne cesse de grandir. « L’homme lance des ponts, domestique des forêts ou résout des problèmes mathématiques posés il y a des centaines d’années, mais tout son génie, toute sa patience et toute sa ferveur pâlissent devant l’énigme de sa méchanceté ».
    Un très beau petit livre des Editions Do. Des descriptions très sobres de la situation dans une Espagne pauvre, juste avant la guerre civile. On saisit très vite la misère, puis la rage devant un drame, la peur et la poursuite de l’étranger. Des chasseurs, des innocents, l’horreur qui les entoure, les passions exacerbées qui rejaillissent. Les vagabonds sont repérés, la machine à venger est en route.

    Tout comme est bien écrit « Braconniers », court roman (2012) ou une longue nouvelle de Alessandro Cinquegrani, traduit de l’italien par Laura Brignon (2022, Editions Do, 140 p.) dans une écriture et surtout un style qui rappelle celui de Laszlo Krasznahorkai, ce qui vaut largement un compliment. On comprend mieux ce style au regard de sa thèse intitulée « Le jeu d’échecs avec Dieu. Pour une métaphysique de l’œuvre de Gesualdo Bufalino ». Ce dernier est un écrivain italien (1920-1996), dont le nom est généralement associé à la « Génération des années trente » avec Umberto Eco. Son œuvre est marquée par sa relation entre sa maladie, la tuberculose, et sa lutte pour la vie. Il a été réédité récemment avec « Le Semeur de Peste » traduit par Ludmilla Thévenaz (2020, Cambourakis, 208 p.) et « Les Mensonges de la nuit », traduit par Jacques Michaut-Paterno (2019, Cambourakis, 192 p.). Deux écrivains italiens à découvrir.

    Publié par jlv.livres | 22 mars 2022, 18:34

Rétroliens/Pings

  1. Pingback: Note de lecture : « Promenades accompagné (minuties)  (Olivier Hervy) | «Charybde 27 : le Blog - 23 mars 2022

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