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Notes de lecture 2021

Note de lecture : « Pleines de grâce » (Gabriela Cabezón Cámara)

Un bidonville de Buenos Aires devenant scène primitive et queer d’une lutte exacerbée, perdante et magnifique, face à l’avidité jamais rassasiée des puissants, en une farceuse et foncièrement drôle fête du langage. Un choc profond.

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Pure matière affolée de hasard, voilà, pensais-je, ce qu’est la vie. C’est là-bas sur l’île que je me suis mise à l’aphorisme, presque à poil, sans une seule de mes affaires, pas même un ordinateur, à peine un peu d’argent et des cartes de crédit que je ne pouvais pas utiliser tant qu’on serait en Argentine. Mes pensées n’étaient que choses pourries, bouts de bois, bouteilles, tas de branchages, préservatifs usagés, morceaux de quai, poupées sans têtes, le reflet de l’amas de déchets que la marée abandonne lorsqu’elle se retire après avoir beaucoup monté. Je me sentais échouée et j’ai cru avoir survécu à un naufrage. Je sais maintenant que personne ne survit à un naufrage. Ceux qui coulent meurent et ceux qui s’en sortent vivent en se noyant.

Publié en 2009 en Argentine, le premier roman de Gabriela Cabezón Cámara, superbement traduit, malgré ses nombreuses difficultés lexicales, par Guillaume Contré pour les éditions de l’Ogre en 2020, constitue un choc littéraire à part entière. Il aurait pu, peut-être, se contenter d’être le récit, en forme de témoignage aussi tragique que comique, du destin résistant d’un bidonville de Buenos Aires, autogéré sous l’égide bienveillante d’une horde de drag queens n’ayant froid nulle part et d’une bande ramifiée de gamins des rues prompts à dégainer très professionnellement leurs armes de bric et de broc pour protéger leur Commune, leur bassin de béton aux improbables et nombreux poissons rouges, leur statue miraculeuse de la Vierge Marie et leur mode de vie si frugalement réimprovisé en permanence, le tout raconté par une journaliste d’investigation ayant sauvagement perdu son objectivité. « Pleines de grâce » s’ancre dans cela, bien entendu, mais irradie aussi bien d’autres longueurs d’onde de rayonnement au spectre plus ou moins visible.

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On a passé l’hiver entier là-bas, plongées dans la brume des îles du Paraná, tandis que le fleuve allait et venait. On parlait peu. Moi, la douleur m’a fait me fondre avec les choses et m’a coupée de tout. Je flottais, étrangère à ce qui me soutenait : les arômes de la cuisine et la chaleur du poêle, les affaires de Cleopatra, qui a exercé tous ses talents à l’ombre de la tête de la Vierge et en dépit de ma stupeur face à l’indifférence de la vie et de la mort, de la matière qui gaspille mondes et frêles créatures dans ses propres aventures. Je suis restée repliée sur moi-même en position fœtale, pareille à celle qui se faisait en moie et malgré moi : mon ventre était vivant de cette enfant qui y grandissait, mais moi je n’étais qu’un cimetière de morts chéris. J’avais l’impression d’être une pierre, un accident, un état de la matière, une roche consciente qu’elle sera fondue, solidifiée et transformée en autre chose et j’avais mal de me savoir ainsi. Je n’ai pas étudié le sujet, mais sans doute n’existe-t-il pas une seule roche identique à une autre. Ou si, mais qui, bordel, pourrait comparer toutes les pierres de tous les temps ? Et je ne vois pas en quoi cela atténuerait la douleur de cette roche de savoir que peut-être, une fois, il y en a eu une autre identique dans la démesure du temps – ce qui n’est pas vrai, ce qui l’est, c’est l’avénement de la matière, l’inquiétude fondamentale des éléments.

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D’une Argentine de la violence, rampante ou au contraire comme libérée au grand air, cette violence viscérale qui hante les affrontements entre bandits plus ou moins bien sponsorisés de Leonardo Oyola (« Golgotha » ou « Chamamé », en 2008) comme les anciens tortionnaires à distance devenus si respectables, chez Elsa Osorio (de « Luz ou le temps sauvage » en 1998 à « Double fond » en 2017), cette violence qui s’enracine sans doute aussi bien dans des mépris historiques et des injustices passées, comme le décrypte Raul Argemi (tout particulièrement dans son « Les morts perdent toujours leurs chaussures » de 2002) que dans des avidités bien contemporaines, illustrées par exemple par Juan Martini et son « Puerto Apache » de 2002 également (celui dont le décor se rapproche le plus initialement de la scène primitive de la villa – du bidonville -, ici), de cette violence de classe fondamentale, dissimulée sous les masques les plus divers, Gabriela Cabezón Cámara a su, par la magie d’une composition, d’un langage et d’un choc de lexiques, extraire un roman très inhabituel et, pour tout dire, plutôt renversant.

Qu’il y ait eu ou qu’il n’y ait pas eu un autre accident semblable à moi-même ou à Kevin, c’était et c’est toujours quelque chose dont je me contrefous, qui donc a décrété que l’unicité est preuve de résurrection ? Je ne vois pas pourquoi il faudrait penser la nature selon un critère fordiste : « Ce n’est pas une chaîne de montage, les produits ne sont pas tous identiques, et puis il y a Dieu » ; « Il n’y a pas de Dieu », ai-je parfois dit à Cleopatra, les rares fois où je lui ai parlé, quand elle me sortait l’analgésique imaginaire de sa psyché exubérante : des petits contes pleins d’un Kevin au paradis des PlayStation avec écran géant ; « Tu te rends compte, Qüity, l’écran c’est le monde, mon amour », et la Vierge Marie c’est la maman, et Dieu le grand-père. Parce que les complexités filiales de la sainte Trinité, Cleo les avait, et les a, plus ou moins résolues ; selon ce qu’elle raconte, Dieu serait le papa de la Vierge. « Et de Jésus aussi, Cleo ? lui demandais-je alors. Ça ne ressemble pas un peu à un inceste ? Oh là là, chérie, tu dis un insecte comme le Carlos qui se tapait sa fille et l’a mise en cloque, le fils de pute, alors on lui a donné la branlée de sa vie sauf que la morveuse était archi-baisée et enceinte jusqu’au cou tout pareil ? Oui, Cleo, un inceste, ou comme tu le dis, toi : c’était un cafard. Qüity, manquerait plus que Dieu soit pareil à ce Paraguayen de merde, arrête de te foutre de moi. Jésus, c’est le fils de la Vierge toute seule. » Ferme dans ses certitudes théologiques et dans sa capacité à concevoir les liens parentaux, elle poursuivait sa part d’un dialogue qu’on a répété presque chaque jour passé sur l’île : « C’est l’amour qui me porte, Qüity, pour que toi aussi tu saches où est Kevin, idiote, parce qu’il est au ciel, il est content. Oui, Cleo, et il mange des biscuits fourrés à l’ambroisie, c’est ça ? »

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En dehors des quelques indications fournies ex post, ci-dessus, il ne s’agit pas de raconter « Pleines de grâce », car la lectrice ou le lecteur devra se laisser baptiser intégralement dans ce torrent de drôlerie farceuse, de violence imperturbable, de ferveur, de hasard et de regrets, torrent sanctifié par d’improbables concours de circonstances, par quelques somptueux dévouements, et par le cadeau pour une fois presque salvateur du spectaculaire marchand mondialisé.

Tordant les éventuelles munitions préparées par la littérature queer comme en rêverait une Donna Haraway (en beaucoup plus foncièrement drôle), mêlant les registres de langue avec un art discret et maîtrisé, déployant une fougue sexuelle, musicale et politique comme en se jouant de tout – et d’abord de l’avidité irrépressible des puissants,  constituant ses échos imparables au Rodrigo Fresán aussi bien de « Mantra » que des « Vies de saints », pour construire pourtant, contre toute intuition, autre chose qu’une chanson triste, Gabriela Cabezón Cámara affirmait d’emblée avec ce premier roman un pouvoir presque essentiel, celui d’une littérature combative et endiablée, pleine de ressources insoupçonnées, ancrée avant tout dans une fête du langage.

Ma petite aimait déjà les discours de la plus queer de ses mères, elle semblait danser tandis qu’on l’écoutait. Et moi, elle me plongeait dans la perplexité, comment pouvait-elle citer L’Odyssée presque mot pour mot ? Impossible qu’elle l’ait lue dans sa putain de vie misérable. D’où, bordel, sortait-elle des trucs comme ça ? La Vierge existait et elle était branchée classiques et putes pauvres ?
« Sens donc, Cleo, comme ta fille bouge. » Cleo a lâché son empanada et son ton prophétique et m’a caressé le ventre. « Salut, princesse, je suis ta mère, Cleopatra, celle qui vous donne à manger à toutes les deux, celle qui te coud tes petits vêtements. On va partir d’ici, ma fille. » Cleo est devenue solennelle et la voix du prophète lui est revenue : « On va aller dans un autre pays. Toi, tu vas naître là-bas, c’est un pays avec beaucoup de soleil, de palmiers, une mer verte. Le seul truc qui craint, m’a dit Sainte Marie, Qüity, c’est qu’il est plein de gusanos. » « Ah, non, chérie – j’ai pris un ton ferme – tu peux aller dire à ta Vierge que moi, à Cuba, je n’y fous pas les pieds. » « J’ai dit gusanos, Qüity. » « Et ils ne sont pas tous de Cuba, ces types-là, ma chérie ? » « Oui, mais pour en partir, Qüity, ne sois pas conne. »
C’est alors que je l’ai su et nous y voilà, à Miami, entourées de vers, comme si nous tous qui avions fait partie de la villa avions été condamnés d’une façon ou d’une autre à un même destin. Évidemment, nos vers ne sont pas les mêmes que ceux du cimetière de Boulogne : ceux-là sont humains, ils prétendent vivre dans une perpétuelle nostalgie de Cuba, ils sont pleins aux as et travaillent comme des fous. Les autres, la plupart des Cubains de Miami, vivent des subsides du gouvernement en échange du rôle d’illustration vivante de la dimension néfaste des révolutions socialistes et ils ne font que se pochtronner, se droguer et battre leurs femmes. Pourtant, il est habituel de voir au petit matin ces femmes parcourir la 8e Rue à la recherche de leurs hommes dans tous les bouges où ceux-ci s’effondrent comme des arbres abattus : à partir du septième rhum, le reste n’est que coups de hache. Ils commencent par perdre hauteur et équilibre, donnent un coup à quelqu’un, trébuchent, balbutient une insulte, semblent douter un instant, tombent par terre et c’est fini, ils restent là jusqu’à ce que quelqu’un les soulève. C’est ainsi, d’un bouge à l’autre, qu’Helena était allée, jusqu’à ce que meure le Petit Taureau, même si le Petit Taureau n’était pas un ver et ne frappait pas Helena. Ils ont été, eux, les seuls des nôtres à avoir fait le même trajet que Cleo et moi : bidonville-massacre-Miami.
Les vers suivent Cleo partout, elle et la tête de la Vierge, ce pauvre hommage de pauvres qu’on qualifie maintenant de relique, ce morceau de ciment peint qui a également survécu au massacre et que Cleo a trimbalé à travers toute l’Amérique et toute l’échelle sociale, jusqu’à parvenir au nord et à la propriété de nombreux comptes bancaires.

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Discussion

3 réflexions sur “Note de lecture : « Pleines de grâce » (Gabriela Cabezón Cámara)

  1. cela entame ma période argentine, avec par la suite Césat Aira et Ronaldo Arlt

    « Pleines de grâce » de Gabriela Cabezón Cámara, traduit par Guillaume Contré (2020, Editions de l’Ogre, 201 p.) forme le premier volume de la « Trilogie Sombre » qui se poursuit par « Les Aventures de China Iron » (2021, Editions de l’Ogre, 256 p.) et ensuite « Romance de la Négresse Blonde ». Soit, dans la langue originale « La Virgen Cabeza », « Las Aventuras de la China Iron » et « Romance de la Negra Rubia » ou en anglais « Slum Virgin », « The Adventures of China Iron » et « Romance of the Black Blonde ». Une véritable épopée argentine, vite comparée au prestigieux « Martin Fierro ».

    Auparavant, elle a publié une bande dessinée « Beya, le viste la cara a Dios » (Beya, t’as vu le visage de Dieu), illustrée par Iñaki Echeverría (2013). Histoire d’environ 150 pages, qui raconte à la seconde personne, l’histoire d’une fille piégée dans un réseau de traite. Beya en fait c’est une dame noble. Des journées de 15 heures à être battue, violée, droguée. Elle se fantasme une grossesse avec un cordon ombilical fait de barbelés. Elle s’observe en parvenant à sortir de son corps. Et ainsi à voir le visage de Dieu et parvenir à se racheter. Entre temps, une mention implicite à « La Belle au Bois Dormant ». Elle finira par aller dans un autre pays avec un faux passeport pour recommencer une autre vie.
    « La Virgen Cabeza », titre traduit en « Pleine de Grâces », est le premier roman de Gabriela Cabezón Cámara. Qüity est une journaliste de Buenos Aires qui rencontre Cleopatra, travesti qui se prostituait jusqu’au jour où elle eue une apparition de la Vierge. D’où le fastueux projet de transformer le quartier d’El Paso où elle vit en une communauté plus qu’utopique. Pour commencer, les deux personnes installent la scène d’un opéra-cumbia baroque. Le quasi sublime du projet confronté à l’ordure et au sordide. « La Vierge parlait comme une Espagnole médiévale et la journée commençait avec la première cumbia. Chacun articulait ce qu’il voulait dire dans sa propre syntaxe et c’est ainsi que nous avons construit la langue de cumbia pour raconter les histoires de chacun, j’ai entendu des histoires d’amour et de balles, de règlement de comptes et de sexe, cumbia joyeuse, cumbia triste et cumbia enragée toute la journée ».

    Ce quartier d’El Paso n’est pas clair, en principe c’est un quartier assez central de la ville, énorme puisque de 15 millions d’habitants, divisée en 48 barrios, plus ou moins autonomes, répandus sur 200 km2, soit le double de Paris. Le quartier s’étend jusqu’au Cimetière de la Recoleta, vaste espace où sont enterrés toutes les célébrités du pays, dans une débauche de chapelles, panthéons familiaux et caveaux spacieux, qui cohabitent avec des murs-caveaux du petit peuple. Une autre particularité de la ville consiste en librairies, récentes ou de livres d’occasion, chose qui n’existe pratiquement pas dans d’autres villes sud-américaines. C’est sans compter les cabarets et théâtres qui foisonnent, dont le renommé Café Tortoni sur l’Avenida de Mayo, où le dimanche après-midi, en sous-sol se produisent d’anciennes vedettes du chant et du théâtre. Anciennes vedettes, cela se voit et s’entend, mais qui croient encore aux miettes de leur gloire passée.
    Donc dans ce barrio, Qüity est une fille hétérosexuelle dont le seul but est de se marier. Elle est enceinte de Cleopatra, un travesti, mais le petit-fils, Kevin, qui naitra, n’a pas vraiment de lien de sang avec ses mères. Cleopatra, qui a vu la Vierge en apparition, mène la révolte contre les autorités. Elle est atrocement brulée dans l’incendie des pauvres habitations. La vision de la Vierge va la transformer. « La Vierge m’a dit que Jéhovah lui avait dit que l’odeur de cette viande consumée par le feu l’avait apaisé. Et oui, Qüity, il est un peu féroce aussi ». Séjours en hôpital, greffes, souffrances. Mais elle a vu la Vierge.

    Quant à Kevin, il est tué par les policiers, mais va devenir un martyr en quelque sorte. « J’avais vu au tournage ce petit corps bouleversé par la mort, le sang coulant de sa tête jusqu’à ce que Kevin s’assèche et puis le sang s’est également asséché ». Et il devient l’égal d’un saint pour le couple. « J’ai rêvé de Kevin. […] Quand arrive ce qui est attendu même contre tout espoir ». Même si la réalité est tout autre. C’est un « ver pour nourrir les poisson-chats ». Kevin n’est pas « au paradis, heureux » comme le répète, convaincue, Cléo ». Et pourtant sa mort est idéalisée sous forme de « petits contes pleins d’un Kevin au paradis des PlayStation avec écran géant ; « Tu te rends compte, Qüity, l’écran c’est le monde, mon amour », et la Vierge Marie c’est la maman, et Dieu le grand-père ». Retour toujours à la famille et à l’amour entre les différents protagonistes.
    Cette figure de la Vierge qui sublime les habitants les plus pauvres est souvent présente dans la littérature sud-américaine. A mi-chemin entre le mysticisme et le social. « La Vierge dit à Cléo que si cela n’avait tenu qu’à elle, Jésus aurait été charpentier et marié à Marie-Madeleine. Même si elle était une putain, c’était mieux que d’être un messie et d’épouser une croix ».

    « Pure matière affolée de hasard, voilà, pensais-je, ce qu’est la vie. C’est là-bas sur l’île que je me suis mise à l’aphorisme, presque à poil, sans une seule de mes affaires, pas même un ordinateur, à peine un peu d’argent et des cartes de crédit que je ne pouvais pas utiliser tant qu’on serait en Argentine. Mes pensées n’étaient que choses pourries, bouts de bois, bouteilles, tas de branchages, préservatifs usagés, morceaux de quai, poupées sans têtes, le reflet de l’amas de déchets que la marée abandonne lorsqu’elle se retire après avoir beaucoup monté. Je me sentais échouée et j’ai cru avoir survécu à un naufrage. Je sais maintenant que personne ne survit à un naufrage. Ceux qui coulent meurent et ceux qui s’en sortent vivent en se noyant ».

    « Mais nous étions dans la saison des miracles et nous pensions que la statue maladroite de la Tête de la Vierge rayonnait telle un bouclier protecteur, que nous croyions tous un peu, d’une manière ou d’une autre. Moi, une ville dans la ville comme une goutte de mer dans la mer, croyant au peuple uni. En tout cas, tout arrivait à notre Vierge partout et nous croyions aux miracles et nous étions heureux ».
    La chute du roman souffre cependant de nombreux clichés (la cheta de Palermo qui idéalise la ville), par exemple. « On est parties avec un peu de fric, environ dix mille dollars que j’avais économisés et cinq mille que nous a offerts Daniel. Comme aime le réciter Cleo, « l’argent appelle l’argent » et nous voilà, avec plein de dollars, devenues de riches dames de pays développés ».

    Publié par jlv.livres | 7 juillet 2021, 10:43
  2. « Les Aventures de China Iron » de Gabriela Cabezón Cámara, traduit par Guillaume Contré (2021, Editions de l’Ogre, 256 p.) forme le second tome de la trilogie, qui débute avec « Pleines de grâce » (2020, Editions de l’Ogre, 208 p.) et ensuite « Romance de la Négresse Blonde ». C’est une relecture de « Martin Fierro », le grand classique de la littérature gaucho argentine.

    Ce poème épique de José Hernândez (1872-1880) est considéré comme la source de la littérature argentine, un peu comme la « Divine comédie » ou « Don Quichotte ». il a été traduit par Juan Carlos Rossi « Le Gaucho Martin Fierro » (2008, Regis Brauchi Editeur, 80 p.). Il faut lire ce qu’en écrit Jorge Luis Borges dans le Prologue d’« Artifices » où il reconnait que c’est «un livre fameux dont j’ai été le premier à approfondir, ou du moins à éclairer le contenu.». Un court texte intitulé « Martin Fierro » figure au début de « El Hacedor » (L’Auteur) suivi d’un essai « El Martin Fierro » dans lequel Borges écrit « La conception selon laquelle chaque pays doit avoir un livre est fort ancienne et elle fut au départ de caractère religieux. […]. Carlyle a écrit que l’Italie se résumait à « La Divine Comédie » et l’Espagne au « Quichotte » ; […]. Nous, les Argentins, possédions déjà ce livre canonique et que prévisiblement c’était « Martin Fierro » ». Et ce Martin Fierro « rédigea avec des métaphores de métaux la vaste chronique des couchants tumultueux et des formes de la lune. Ces choses maintenant sont comme si elles n’étaient jamais arrivées ». Et pour terminer ce court texte. « ce qui arriva une fois se reproduit indéfiniment ; les années visibles sont parties et il reste un misérable duel au couteau ; le rêve d’un homme fait partie de la mémoire de tous ». par ailleurs, on retrouve Martin Fierro dans « Gravity’s Rainbow » de Thomas Pynchon.
    « Martin Fierro » est un gaucho pauvre mais libre, qui parcourt la pampa. Le poème est divisé, et est parau, en deux parties, « Ida » (1872) et « Vuelta » (1879), c’est-à-dire « L’Aller » et « Le Retour ». Il est illégalement engagé pour défendre une frontière contre les « Indiens » en Argentine, en fait les extermine. C’est la période où le concept de « civilisation » mis en place par le discours ethnocentriste du Facundo (1845) de Domingo Sarmiento légitimait ouvertement l’appropriation des terres appartenant aux Indiens. Mais, devant la tâche, Martin Fierro finalement déserte. Une fois qu’il rentre chez lui, c’est pour s’apercevoir que tout ce à quoi il tenait lui a été arraché : femme, enfants, patrimoine. Il devient alors un brigand généreux. A la fin de cette première partie, il perd la trace de ses deux fils. Le poème de Hernândez montre donc dans sa première partie la frontière entre la civilisation et la barbarie, frontière où vont se perdre les deux gauchos. Puis, Cruz, le compagnon de misère de Fierro, meurt de la peste. Martin Fierro prend la fuite en emportant avec lui une « captive » qu’il a réussi à arracher à un « barbare inhumain ». Le portrait stéréotypé de la captive ensanglantée et maltraitée par l’Indien illustre la cruauté et la bestialité attribuées aux Indiens. Elle joue le rôle de la figure protectrice, comme une tante, « la tia ». A sa mort, le juge chargé de veiller sur le second fils de Martin Fierro le dépouille de son héritage et le condamne à la misère. Le rôle du juge est toujours présenté négativement dans le poème; c’est également un juge qui est à l’origine de l’extrême pauvreté de Fierro.

    La seconde partie du poème « Le Retour » est consacrée à la récupération de la mémoire via les enfants, dévoilant le côté négatif du personnage qui erre dès lors « comme le tigre / auquel on prend ses enfants ». Survient un épisode où il est forcé de se battre contre « Le Noir ». C’est la partie la plus poignante du récit, et une bagarre fondée sur un malentendu. Le Noir, en effet, n’est qu’un prétexte à une bagarre dont il sera forcément le vainqueur. La mort de ce dernier est le nécessaire préalable à l’émergence du gaucho comme reflet de l’argentinité dans le texte de Hernândez. En contrepartie, l’extinction du Noir est nécessaire à l’épanouissement du « désespoir » du gaucho déraciné. On peut rappeler que le terme de gaucho dérive du mot quechua « huacho » qui veut dire orphelin, abandonné. Dans un premier temps, Borges conçoit Martin Fierro comme un personnage de tango, hésitant et geignard avant la lettre. « Ce type de gaucho plaintif composé par Hernândez tout en devançant Carlos Gardel est une calamité ». Il va donc très vite en modifier le caractère pour en faire le héros du peuple argentin.
    Dans « Les Aventures de China Iron », la femme de Martin Fierro et Liz, ainsi qu’un chien Estreya (Etoile), partent à la conquête d’une nouvelle manière de vivre ensemble, en dehors des mythes fondateurs de nos sociétés. Les personnages tout d’abord. China Iron, la femme abandonnée de Martin Fierro. Avec ceci de semblable ou différent, que China, qui n’a rien à voir avec la Chine, mais se réfère au quichua pour désigner la femme. Et Iron, le terme anglais pour le fer, ou Fierro en espagnol. Elle est très jeune, une quinzaine d’années. Quant à Liz, c’est une jeune femme écossaise, fille d’un artiste-fermier. Elle parcourt la pampa à la recherche d’un mari, bien qu’elle en ait eu un, Oscar. Très vite un voyage en train fait se rencontrer les deux femmes. « Elle m’a regardé avec méfiance, m’a passé une tasse de liquide chaud et a dit « thé » en anglais, supposant, à juste titre, que je ne connaissais pas le mot. ‘Thé’ m’a-t-elle dit, et ce mot – qui en espagnol, ‘ti’, sonne comme un cadeau ‘à toi’, ‘pour toi’ – est apparemment une coutume quotidienne en Angleterre, et c’est ainsi que j’ai appris mon premier mot dans cette langue qui était ma langue maternelle. Et le thé est ce que je bois maintenant, alors que le monde semble assailli par l’obscurité et la violence, par un bruit furieux qui n’est en fait qu’un des orages fréquents qui secouent cette rivière ». Liz va initier China aux libéralités amoureuses de l’empire britannique, et lui ouvre les yeux sur les beautés de la flore et faune, et de la culture argentine.

    C’est un roman sur la libération d’une femme, une histoire d’amour et d’aventures, un western queer et féministe. C’est aussi un appel à fonder un monde libre où les créatures s’embrasseraient avec désir et jouiraient du même amour pour les rivières, les oiseaux et les arbres. Et elles ne se sentiraient plus jamais seules. « L’odeur des feuilles de thé presque noires arrachées des montagnes vertes de l’Inde qui voyageraient en Grande-Bretagne sans perdre leur humidité, et sans perdre le parfum vif né des larmes versées par Bouddha pour la souffrance du monde, la souffrance qui voyage aussi dans le thé: nous buvons des montagnes vertes et de la pluie, et nous buvons aussi ce que boit la reine. Nous buvons la reine, nous buvons du travail, et nous buvons le dos cassé de l’homme plié en deux en coupant les feuilles, et le dos cassé de l’homme qui porte Grâce à la vapeur, nous ne buvons plus le coup de fouet sur le dos des rameurs. Mais nous buvons des mineurs de charbon étouffants. Et c’est la manière du monde: tout ce qui est vivant vit de la mort de quelqu’un ou de quelque chose d’autre. Parce que rien ne vient de rien ».
    Tout comme le Martin Fierro original, le roman est en deux parties « Les Pampas » et « Le Fort » auxquelles il faut ajouter une troisième partie « Le Territoire Indien ». La première est une ode à la culture, la faune et la flore de la pampa. « Parce que l’immobilité est l’état naturel de la pampa ; l’activité se déroule principalement sous terre, dans cet humus qui est à la fois substance et continent, qui est plus une matrice qu’autre chose. L’Argentine est une terre d’aventure botanique ; la chose la plus importante qui se passe là-bas arrive à la graine, cela arrive invisible et inouï, cela arrive dans cette boue primordiale d’où nous venons et vers laquelle nous allons sûrement: la graine dans l’obscurité est gonflée d’humidité […] A ce moment-là une vache apparaît et engloutit ce petit brin d’herbe qui est né dans la terre et la vache se reproduit, et se multiplie lentement et sûrement en générations d’animaux qui finiront, presque tous , en train d’être abattu. Leur sang tombera sur la terre où reposent les graines, et leurs os feront un délicieux squelette pour les caranchos et les vers, et leur chair sera réfrigérée et expédiée en Grande-Bretagne, une autre veine, sanglante et congelée, dans ce réseau de veines qui court du monde entier jusqu’au cœur vorace de l’Empire ».
    Elle se termine par une rencontre orageuse avec le Colonel Hernàndez, celui qui a enrôlé de force Martin Fierro. Il possède une vaste estancia sur la frontière avec les indiens. Après une beuverie avec les gauchos, les deux femmes trouvent refuge dans une paisible communauté indienne où les traditions européennes ont évoluées depuis longtemps, dénotant une évolution féministe, tendance LGBTQ. « Le jour se levait, la lumière filtrait à travers les nuages, une pluie douce est tombée, et quand les bœufs se sont détachés, il y avait un moment qui était pâle et doré, et de minuscules gouttelettes de pluie scintillaient dans la brise, et la prairie était plus verte que jamais. Puis il a commencé à couler et tout a brillé, même le gris foncé des nuages; c’était le début d’une autre vie. C’était un présage radieux ».

    Il faut considérer « Les Aventures de China Iron » comme un essai d’introduire un mode de vie ou sorte de « matérialisme posthumain » selon Gabriela Cabezón Cámara. Le roman est présenté comme une description horizontale, non hiérarchisée de la place de « l’humanité » sur la planète dans laquelle la pampa ou le « désert » argentin rassemble tout ce qui est animal, végétal et minéral dans un mélange ingouvernable et fertile.
    En réécrivant « Martin Fierro », l’auteur veurt en faire un nouveau fondateur de l’identité de la nation argentine, la fable d’une « patrie » queer qui engloberait diverses créatures de plusieurs espèces et royaumes
    En cela le roman rejoint les thèses de Donna J. Haraway de l’University of California at Santa Cruz (UCSC) qui y a développé le cyberféminisme et le concept de connaissance située. Dans le premier cas, illustré par le « Manifeste Cyborg » (2007, Editions Exilis, 333 p.) repris de son essai de 1991 « A Cyborg Manifesto: Science, Technology, and Socialist-Feminism in the Late Twentieth Century », elle développe des concepts en réaction au « pessimisme de l’approche féministe des années 1980 qui insistait sur le caractère intrinsèquement masculin de la techno-science ». ces concepts sont à l’origine des études de genrres et de leur « fabrication » avec des outils issus des nouvelles technologies qui seraient des « toys for boys » (des jouets pour garçons) en opposition aux modèles de poupées-cuisines pour filles. Plus tard, elle affinera ces concepts avec la connaissance située (ou le savoir situé). C’est le thème de « Des singes, des cyborgs et des femmes. La réinvention de la nature », traduit par Oristelle Bonis (2009, Actes Sud, 485 p.). Et son dernier livre « Vivre avec le trouble » (2020, Les Editions des Mondes à Faire, 400 p.) traduit par Vivian Garcia de « Staying with the Trouble : Making Kin in the Chthulucene ». Cette dernière notion étant avec l’anthropocène et le capitalocène des désignations pseudo-scientifiques des ères géologiques. Le grand récit de la catastrophe, se transforme en une multitude de petites histoires impliquent les asymétries de pouvoir, les modes de destruction et de colonisation du monde, mais aussi toutes les relations de collaboration et de conflictualité qui s’établissent ou se poursuivent malgré tout entre les êtres humains, les animaux, les micro-organismes, les végétaux…

    Le roman de Gabriela Cabezón Cámara propose via un exercice d’écriture qui reprend les histoires racontées par les habitants de la « Terrapolis » imaginée par D.J. Haraway. Il ne part pas de nulle part mais ne se situe ni plus ni moins dans le sillage du récit qui a forgé les valeurs de l’identité nationale argentine. Dans cette optique le poème gaucho de José Hernández serait d’éclairer le monde meurtri et abîmé lors de la description du gaucho héroïque et sacrifié, voyou et attachant. La réécriture commence dans le « désert », où apparaissent les « cavaliers, nomades, indiens, gauchos solitaires, soldats, déserteurs, muletiers, caravanes de charrettes, voyageurs créoles et européens, pulperos, éleveurs et péons », mais aussi « des chiens, des vaches, de la poussière, des caranchos, ossements », et à l’intérieur des terres, « rivières, prairies, ombres, oiseaux bleus ». Car le désert n’est pas vide, il est, comme nous verrons, un vaste « melting-pot » qui rassemble toutes sortes d’entités. Dans ce désert Iron China est la fille indicible, pure indétermination des lieux communs de la féminité (mère et Vierge, femme et fille), c’est aussi une pure instabilité sexuelle qui passe de « china à lady et de lady à young gentleman » et de là à « taraira » ou « tia » principe pur vital qui fait aussi grandir tout ce qui l’entoure les humains qui l’accompagnent sont indéterminés,
    Par ailleurs, Liz, l’Anglaise qui l’accueille dans sa charrette et s’occupe de son éducation sentimentale et sexuelle, déstabilise l’immobilité de la figure de la « gringa » craintive et réservée qui a peur de devenir captive si elle franchit les frontières du monde barbare. Elle devient femme autonome et pragmatique qui prend des décisions pour l’ensemble hétérogène (bœufs, gaucho, chien, chevaux, vaches) qu’elle rassemble autour d’elle. On trouve alors Rosario, le gaucho métis indien qui les rejoint avec ses mille vaches marrons et son agneau orphelin, Braulio le tendre gaucho qui nourrit les animaux de la pampa (un lièvre, un cochon d’inde, un poulain) et qui s’excuse auprès des vaches lorsqu’il abat un veau.

    Publié par jlv.livres | 7 juillet 2021, 10:45
  3. « Romance de la Négresse Blonde » est le dernier épisode de la trilogie écrite par Gabriela Cabezón Cámara, après « Pleines de grâce » (2020, Editions de l’Ogre, 208 p.) et « Les Aventures de China Iron » (2021, Editions de l’Ogre, 256 p.), tous traduits par Guillaume Contré.

    C’est une nouvelle d’environ 70 pages divisée en trois parties et deux annexes (Epilogue et Coda)
    Tout commence par la violence, comme c’est souvent le cas pour les populations pauvres argentines. Menaces policières, expulsion sous l’œil des caméras de télévision, parce qu’il faut médiatiser la chose pour la justifier. Depuis « le jour de l’épidémie » ou « le sacrifice fondateur », comme ils l’ont dénommé, les expulsés combattent comme dans un camp retranché pour garder le mode de vie qu’ils y menaient. Sans référence géographique précise, mais la scène pourrait se dérouler dans n’importe quelle ville argentine. « Pour ordonner l’expulsion, une dizaine de policiers avec quelques types de costumes et de papiers judiciaires en main, le genre qui sont destinés, et sont parfois, plus éloquents que les armes car on sait que de ceux qu’ils ont tant, derrière les mots, qui n’en finissent pas, et puis quand ils te disent. « Fais tes affaires et sors. De cette façon, rien ne leur arrivera et nous leur donnerons d’autres maisons. Mais s’ils ne sortent pas, on les sort et ils vont vivre dans un fossé », on a compris que le « nous » n’était pas tant à cause d’eux qu’à cause de la centaine de cheveux gris qui se sont formés derrière eux dans un demi-cercle dans lequel les voisins se reflétaient avec le dos des juges sur les surfaces déformées des boucliers acryliques ». La bataille commence et les décombres, bouteilles, chaises et assiettes font face à des balles de plomb et de caoutchouc. Au milieu de ce tumulte, Gabi, une poète, Gabi. « À l’intérieur, il y avait du kérosène, ils avaient coupé le gaz quelques jours avant l’expulsion, et j’ai attrapé le bidon, me suis aspergé de liquide et pris le zippo comme s’il s’agissait d’une puissante arme ». Et Gabi s’enflamme. Elle est très sévèrement brûlée.
    « Quand j’étais dans un coma pharmacologique depuis quelques minutes, avec un diagnostic de mort subite, et des heures d’agonie clinique, les miens ont eu l’indice ou le signal, et je dis les miens parce qu’ils m’ont fait le signal avec des indices précis en quelques secondes, ce qui a été copié de la télévision jusqu’aux portes de la Commune. Ils ont traversé le feu, bonze, torche humaine, ils ont titré chaud, gonflé de plaisir, presque roussis eux aussi, mais ils pouvaient à peine filmer l’ambulance qui partait au milieu du chaos et décrire l’odeur de barbecue rare qui restait : « comme n’importe quel barbecue, mais en plus doux », a expliqué l’un ».
    Elle devient, après des mois de coma pharmacologique à l’hôpital del Quemado et des mois et des mois de douleur, l’héroïne de la Commune, la défenseuse des plus démunis. « Pour construire le pouvoir, il faut avoir du capital : ce ne peut être que de l’ambition, il suffit de démarrer, mais j’avais beaucoup plus. J’avais les cicatrices, j’avais la fureur folle qui m’avait amené au feu et le ressentiment du sacrifice ». Gabi devient alors la bonze noire. Elle est alors auréolée « d’un petit auréole de sainte que j’ai gagné quelques semaines après être entré à l’hôpital où j’ai passé une année entière ».

    A partir de là, sa « résurrection » lui apportera des avantages infinis pour toute sa communauté : terres, propriétés, rêver d’un toit … mais rien n’est gratuit : la télévision, les médias, la politique l’utiliseront comme une bannière. Martyr de la justice. C’est ainsi qu’elle rencontrera Elena, son amour. Avant sa mort, Elena lui promet qu’elle lui donnera son visage et c’est ainsi que Gabi reçoit la greffe après la mort de cette Allemande blanche à la peau de porcelaine. On a donc une trilogie entre « l’éclosion », « la bonze » et « la greffe ». Cette opération chirurgicale transforme la poète Noire en un hybride « La Négresse Blonde » après avoir été une bonze. Le masque ou le miroir, nouvelle forme de la monstruosité. « Le nouveau visage allumé, une année gonflée de larmes et de chirurgie, un an sans sourires et sans grimaces : mon masque était comme mort. Un an à me regarder dans le miroir émerveillé d’être et de ne pas être elle, perplexe devant la certitude d’être moi ».

    On retrouve donc des affinités avec « La Virgin Cabeza » traduit en « Pleine de Grâce », le premier volume de la trilogie. En principe, tout tourne autour de l’identité et de l’altérité, le tout dans un contexte de montruosité. Assez bizarrement on retrouve trace de « La Belle au Bois Dormant » que l’on a déjà rencontrée dans « Pleines de Grâce ». « Moi qui étais l’Ombre Noire, maintenant je suis la Blonde Noire »
    « Que le roi doive mourir pour que le roi reste en vie et tant de choses doivent être enterrées mortes car sans humus il n’y a pas d’amour pour la terre ou le propriétaire, pas de germes de soja, pas de monnaie du Trésor, pas de blé ou de cucumelos, pas de côtes ou de steaks, pas d’ombres solitaires qui font de nous nos oasis telluriques dans la pampa ».

    Publié par jlv.livres | 7 juillet 2021, 10:46

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