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Notes de lecture 2020

Note de lecture : « Lunaisons vénitiennes » (Paolo Barbaro)

Mois après mois durant un an, le double chant cruellement menacé d’une Venise de pierre, de bois, d’eau et d’humain.

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Jusqu’à hier, ils étaient bleu-vert, verts, verdâtres ; les canaux de la lagune avaient entamé leurs semaines de grâce, à la fin de l’hiver. Au large, limpides et lumineux, les grands plans d’eau entre les îles : selon les profondeurs, le vent, les sables. Les lumières sur l’eau, le soir, paraissaient celles d’autrefois avant le phosgène de Marghera, les pesticides de l’arrière-pays, le port du pétrole à un pas de la maison.
En l’espace d’une nuit, l’eau limpide est devenue un bouillon ignoble, brun, opaque. Des algues en suspension, petites et minuscules, des microalgues, en croissance, en dissolution, déjà pourries ; une soupe de verdure sans fin, plus ou moins dense. Depuis quelques jours, le printemps est à peine arrivé sur les calendriers, et Venise navigue sur une nouvelle lagune, mi-décoction de réglisse, mi-goudron en décomposition. La cité amphibie est frappée dans son cœur, dénaturée au plus profond d’elle-même. Les fameux ensembles  – le grand pont, le canal, le palais – reproduits par de nombreux autres, inconnus et peut-être plus beaux, qui ont cependant tous dans l’élément mobile leur trame vitale, voilà qu’ils ont perdu toute résonance et ne parlent plus. Leur apparence est insensée, inutile. Le liquide qui pénètre Venise depuis si longtemps s’est fait poison ; à présent, il est opaque et détruit même son image.
À cette heure-ci, le contraste avec l’air est émouvant, car il nous semble frais, subtil, transparent. Mais les reflets, les miroitements, les renvois ont disparu : adieu, « tons et nuances » de la peinture vénitienne. Çà et là se forment des réverbérations inédites, des grimaces jamais vues de par chez nous : le bouillon obscur renvoie des apparitions angoissées ; et nous, en les confrontant avec la luminosité des jours passés, nous les refoulons automatiquement. La visibilité, jusque très loin à l’horizon, est parfaite. Mais le paysage est halluciné, nous sommes en train de perdre Venise. Je fais un tour dans le quartier, je passe par San Zaccaria. Sous le campanile, il y a un jardin minuscule, entre des arbres séculaires : dans ce petit échantillon de paradis, quelqu’un, pour ôter l’herbe, n’emploie ni la faux ni les mains, mais le désherbant.
Le nouveau bouillon marron est le produit du bloom, ainsi que l’appellent les techniciens, de la prolifération excessive de microalgues, de l’expansion anormale du phytoplancton. Les diatomées dominent ainsi que le Skeletonema costatum, qui serait la nouveauté de ce printemps, mais les macroalgues ne manquent pas non plus, quelques ulves et beaucoup de linze. Désormais, on n’y comprend plus rien. Les unes se développent à des vitesses supersoniques, les autres sont plus lentes mais plus stables, et forment des lits pour la reproduction. La lagune a toujours été naissance et renaissance ; mais maintenant la prolifération qui croît de manière démesurée, de printemps en printemps, suit à peu près cette progression : il y a dix ans, on n’arrivait pas à un demi-million de cellules d’algues par litre ; aujourd’hui, on approche les cinquante millions.
Jusqu’à présent, on nous a raconté que cela se produit avec les premières chaleurs. Mais cette année, il fait froid, particulièrement aujourd’hui où je fais le tour des canaux et où j’écris. Mais, en fait, dans l’eau, il suffit d’une dizaine de degrés pendant quelques heures, il suffit du léger soleil de l’après-midi pour réchauffer le peu de liquide qui se trouve dans nos rii engorgés. Le processus se déclenche tout de suite : parce que tout est prêt pour le déclenchement. Au Palazzo, ceux qui nous gouvernent ont, ces jours-ci, autre chose à faire ; l’adjoint au maire déclare franchement qu’il est surpris. Nous, qui ne sommes pas adjoint et qui nous époumonons depuis longtemps, nous ne sommes pas surpris, mais furieux.

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Paolo Barbaro (1922-2014) a vécu à Venise depuis l’enfance. Ingénieur spécialisé en hydraulique et dans l’édification de barrages, il a parcouru le monde au fil de grands projets d’aménagement, tout en se consacrant peu à peu, de plus en plus, à l’écriture, à partir de son premier récit, « Giornale del lavori », en 1966. Cet « Almanach vénitien » (terme plus approprié que ces « lunaisons » sorties de nulle part, pour décrire ces chroniques thématiques, mois par mois, d’une année ordinaire à Venise), publié en 1990 et traduit en français en 1992 par Muriel Gallot chez La Découverte (les diverses éditions françaises sont hélas toutes épuisées actuellement), marquent la première manifestation d’ampleur, par écrit, de son attachement à sa ville et de ses préoccupations profondes pour cette écologie si particulière et si cruellement menacée.

Le fait est que les expositions deviennent toujours davantage les axes du grand circuit touristique : il faut nécessairement « faire les touristes », au milieu de cette foule qui arrive de tous les coins du monde, il faut se « divertir » entre Arcimboldo et Dali – sinon, pourquoi le faire, ce circuit ? Mais pour nous, Vénitiens, l’amusement des expositions, ce sont les autres ; nous, non-touristes, sommes là pour faire tourner le carrousel : à faire la queue, on ne gagne rien. Si on participe, on ne peut plus ironiser ; et nous avons insuffisamment d’esprit pour une double participation. Vous, utilisateurs des expositions, finissez votre circuit : prenez votre plaisir, décrochez, et salut. Nous avons toujours été des commerçants fébriles ou des histrions ironiques, détachés juste ce qu’il faut. À présent, mécaniciens d’une industrie délicate et sophistiquée, où se croisent celles de toujours  : théâtre et commerce. Au milieu de relations humaines foudroyantes, la brièveté du temps est effroyable, griffe d’un instant, sourire qui passe. Où rien de solide ne s’est construit, puisque ne suit aucun « produit » à conserver ou à aimer.
Bientôt reviendra la tristesse de la fin des choses, le bar à côté va fermer, cent ou mille emplois sont suspendus : on perçoit déjà proche, en plein été, le retour de notre passive et hivernale folie.

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Dans la lagune, l’île abandonnée de San Giorgio in Alga

S’il est parfaitement conscient du patrimoine artistique et architectural qui caractérise Venise, et lui donne une partie de son charme unique, c’est bien à sa réalité humaine et vivante que s’attache au premier chef, et de loin, l’ingénieur écrivain Paolo Barbaro. Qu’il relève des échassiers saisis par le gel ou qu’il remarque les lentes évolutions de la neige sur les îles, en janvier, qu’il décrypte les modalités de résurrection du Carnaval ou qu’il hante au petit matin les ruelles et les boutiques obscures du marché du Rialto, en février, qu’il inspecte les changements visibles de la hauteur d’eau, de sa qualité et de son devenir brume ou qu’il sonde les bois du passé immergé, en mars, qu’il s’émerveille de l’humilité d’un musée au cœur du Ghetto ou qu’il recense le déferlement des algues sur la lagune, en avril, Paolo Barbaro sonde le bois, la pierre et l’eau, et rêve d’humain. Qu’il affecte de s’amuser  sombrement des innombrables restaurations et ravalements – plus que jamais « de façade » – ou qu’il interprète à sa manière une grande exposition à la gloire d’Arcimboldo, en mai, qu’il compare les « deux villes », celle des touristes culturels et celle des habitants désemparés, ou qu’il parcoure en barque l’expression tangible de la pollution permanente entre les îles, en juin, qu’il se confronte au déferlement du tourisme balnéaire à base d’hectolitres de bière ou qu’il parcoure inlassablement les véritables bassins d’algues au sommet de leur expansion, en juillet, qu’il visite des amis retraités, isolés dans leurs souvenirs et leurs petits bouts d’îles, qu’il se réjouisse de la vitalité paradoxale de communautés vouées à la solidarité locale, ou qu’il partage le quotidien désolé de vendeurs clandestins à la sauvette, en août, Paolo Barbaro privilégie partout la délicate interaction entre tout ce qui est vivant, plutôt que de pleurer davantage pour une meilleure conservation de l’inerte. Qu’il réaffirme la présence du bois et de l’eau dans la fibre intime de la régate de barques – locale ou mise en tourisme – ou qu’il recense les paradoxes des îles abandonnées de la lagune, en septembre, qu’il consigne les errances traitées avec bienveillance d’un hôpital psychiatrique pas comme les autres, en octobre, qu’il actualise la situation si particulière des cimetières vénitiens (et pas seulement de celui de San Michele) ou qu’il saisisse les modestes remous d’une fête domestique et insulaire, en novembre, qu’il vibre songeusement de l’atmosphère si spéciale de Noël à Venise ou qu’il se remémore avec passion le lien tissé entre chaque fête et ses participants spécifiques, Paolo Barbaro « n’habitera jamais assez Venise ».

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Le Grand Canal de Torcello

Des tables de bois, de vieux buffets, une photo de groupe avec les drapeaux des régates : la vieille auberge que nous croyions disparue. Sur le banc, de petits poissons frits, de la polenta, du vin blanc. Malgré le tourisme, quelque chose demeure, pour la raison que c’est une ville démentielle, selon les spécialistes : malgré des millions de « présences », elle n’est pas encore touristique au sens propre, logique, occidental. Les plus beaux soirs de l’année – ceux d’hiver -, elle se libère, prise dans une sorte de coma, inhospitalière ; en rien touristique. Le maximum de la désolation est atteint au moment des fêtes plus populaires : entre Noël et le Nouvel An – ni un bateau, ni un café, ni un WC, ni un théâtre, ni un cinéma. Le résultat est la totale disponibilité – plus besoin de réserver – durant des jours et des nuits, d’une ville entière, fantomatique, eau et pierres, tout compris. La dernière du monde, habitée juste ce qu’il faut : pour ne pas vous laisser tout à fait seul, quelqu’un continue à allumer la lumière, çà et là dans les maisons.

De son pas alerte et de sa main maniant vivement l’aviron, Paolo Barbaro ne nous entretient pas à propos de nostalgie ou de passé idéalisé. Il mesure patiemment la pollution chimique et économique, s’ancre – comme un Roberto Ferrucci aujourd’hui – dans la simplicité du quotidien et du ressenti matériel, et nous parle malicieusement et poétiquement d’une disponibilité qui, paradoxe uniquement apparent, ressort bien de l’indisponibilité indispensable, au sens d’Hartmut Rosa. Et c’est ainsi que cet « Almanach vénitien » nous offre bien un parcours singulier et poignant, qui n’est ni une leçon ni un appel, mais bien l’affirmation d’une manière d’être vivant.

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À propos de Hugues

Un lecteur, un libraire, entre autres.

Discussion

Une réflexion sur “Note de lecture : « Lunaisons vénitiennes » (Paolo Barbaro)

  1. «Helen Phillips « La Femme Intérieure »

    « La Femme Intérieure » de Helen Phillips, traduit par C. Claro, (2020, Cherche Midi, 416 p.), c’est tout d’abord une bonne nouvelle. Cette nouvelle collection intitulée « Vice Caché » doit reprendre la collection « Lot49 », dirigée par Christophe Claro et Arnaud Hofmarcher, avec un clin d’œil tout aussi évident à Thomas Pinchon. Non forcément pour faire l’apologie de cet auteur, quelque peu culte, mais pour avoir permis de faire connaître foule d’auteurs américains. Brian Evenson (Père des Mensonges, Contagion, La Conférence des Mutilés, Inversion) et ce n’était pas que du copinage avec Claro. Ou les différents tomes de William Tanner Vollmann (Les Fusils, La Tunique de Glace), de Paul Verhaeghen (Omega Mineur) sans compter les différents romans de William Howard Gass (Le Tunnel, Sonate Cartésienne) ou de Richard Powers (Le Temps où nous chantions, Trois Fermiers s’en vont au Bal, L’Ombre en Fuite) ou plus récemment Sergio de La Pava (Une Singularité Nue). Excellent travail de traduction et d’édition.
    Helen Phillips, tout d’abord, née il n’y a pas si longtemps dans le Colorado, puis études à Yale et MFA au Brooklyn College où elle obtient un poste avec son mari, l’artiste Adam Douglas. Un premier recueil intitulé « And Yet They Were Happy », petites miniatures (2011, Leapfrog, 309 p.) déjà primé par « The Story Prize », puis un roman « The Beautiful Bureaucrat » (2015, Picador, 192 p.), distingué par The New York Times en 2015. « Some Possible Solutions » l’année suivante (2016, Henry Holt & Company Inc , 240 p.). Et enfin un roman « The Need », traduit en « La Femme Intérieure ».
    Je l’avais entendue, tout à fait par hasard à la librairie « BookCourt », librairie indépendante à Brooklyn, hélas fermée depuis, lire des extraits de « And Yet They Were Happy », un vrai régal. Bien que de près de 300 pages, le livre est divisé en 19 sections, chacune comprenant une série d’articles d’environ 2 pages chaque fois. Chaque section est qualifiée par un son. On commence par « The Floods » dans lequel on retrouve un Noé vieillissant, qui se plaint de ce que « la pluie n’arrive pas. Il va être difficile de les [les animaux] rassembler deux par deux ». Puis ses cauchemars, toujours à propos de la pluie qui manque, et lui qui a construit une arche qui peut être ne servira pas. Adan et Eve, Noé et son arche, le tout revisité en quelques pages. Suit un chapitre « We ? » à propos des difficultés pour un jeune couple de se rencontrer, ou éventuellement se séparer, par un voyage ou par un décès. Ou comment sauver son oisellerie de salon lors de leur mort prochaine. Idem pour l’arche, mais dans ce cas, on utilise les techniques modernes, en les mettant au congélateur. Toujours dans la même section, on assiste au désespoir d’une femme « dont la tristesse était si grande car sachant qu’elle ne pourrait pas se concentrer dans un cube d’un centimètre de côté ». Comme quoi, l’existence est une lente expansion. Suit une sombre histoire de lavanderie dans laquelle il est interdit de faire sécher son linge. Et on en arrive dans « Regime » à instituer un « National Reproduction Day » pour augmenter la natalité.
    « Some Possible Solutions » pose la terrible question de savoir comment réagir si son double hermaphrodite existait réellement, fût-ce sur une autre planète. Et ce n’est qu’une possibilité dans « The Joined » parmi d’autres options. Est-il possible de connaître exactement le moment de sa mort dans « The Knowers ». Ou bien, est-il possible, lorsqu’on vient d’accoucher de voir que la ville est remplie d’autres femmes qui vous ressemblent. Cette question, heureusement ne s’adresse qu’aux femmes. Peut-on assister sans danger à des réunions et constater que le temps se fige pour tout le monde sauf soi ? Une autre question à résoudre dans « The Children », comment être sûre que ses enfants ne sont pas des monstres extra-terrestres ? Et il reste encore trois autres questions toutes aussi angoissantes dont celle de « Flesh and Blood ». Dans laquelle nouvelle, une femme voit à travers la peau des gens « c’était assez pénible de voir de la sorte des étrangers et des amis. Mais à voir aussi ses propres parents. Etre forcé de reconnaître l’architecture de leurs corps, le chaos de leurs vaisseaux sanguins, l’humilité de leur crâne. De savoir que cette vulnérabilité a été l’endroit d’où l’on a grandi ». Et que penser alors de cette question « Comment j’ai recommencé à saigner après six mois angoissants à ne plus le faire ».

    Donc « La Femme Intérieure », histoire assez étrange, dans laquelle des fouilles dans une ancienne station d’essence « Phillips 66 » ont ressurgir des objets totalement hors de notre logique, dont des douzaines de nouvelles espèces de plantes fossiles. Mais le plus extravagant reste certains objets usuels, mais totalement déformés. Telle cette vieille « bouteille de Coca-Cola du milieu des années1970 » au logo distordu, un « soldat en plastique des années 1960 », ou plus étrange encore, une « bible des années 1900 » dans laquelle Dieu est désigné simplement par « Elle ». Ceci dit Molly, qui a fait ces découvertes est seule avec ses deux enfants Viv et Ben. Et ces distorsions vont la poursuivre à la maison, lui faisant confondre les sirènes des ambulances avec « les plaintes nocturnes de Ben ». C’est à se demander si dans la traduction du titre, il n’y a pas eu de lapsus entre le f et le t dans l’épithète. Il y a bien une surprenantes traduction du titre original « The Need » en « La Femme Intérieure ».
    Ces recherches s’effectuent effectivement dans le sous-sol de l’ancienne station, un lieu appelé « La Fosse » que le Dr Roz Moto « après avoir achevé ses recherches doctorales dans une carrière de fossiles proche d’ici, avait soupçonné puis vérifié (après plusieurs visites nocturnes clandestines) que le champ adjacent à l’ancienne station essence était bien riche en fossiles […]. Elle avait réussi à racheter le terrain, en vente depuis des années ». Et régulièrement, il y a une réunion où l’on fait le point sur ces recherches dans ce site « qui fournit une importante quantité de fossiles – cinquante, soixante-dix jusqu’à une centaine par jour ». Où l’on expose aussi dans une vitrine « les fossiles les plus impressionnants et les plus énigmatiques jamais exhumés sur le site ».
    Il y a aussi la vie avec les enfants, Ben 2 ans que sa mère allaite, et Vivian (Viv) 4 ans qui se promène « en brandissant dans sa main droite un feutre violet sans capuchon telle la torche de la statue de la Liberté ». Cela permet d’égayer le mur blanc tout proche. Elle s’inquiète également à propos de son livre « Le Livre des Pourquoi ». Pendant ce temps-là, David le mari vole vers un concert à Buenos Aires. Mais un intrus est dans la maison. Il a un masque de cerf « fabriqué [par David] avec du papier mâché et peint à la bombe dorée. Le masque, qui recouvrait toute la tête, avait un museau fin, des yeux étroits, des bois pointus ». Il offre « Le Livre des Pourquoi » à Vic.
    Et quand Molly découvre son intrus, c’est Moll. « Les mêmes sourcils inégaux et les rides récentes au front. Les mêmes boucles d’oreille hexagonales qu’elle portait tous les jours depuis un mois. Les cheveux foncés et courts qui auraient bientôt besoin d’une nouvelle coupe. L’angle du nez : la position du grain de beauté sur le cou. La couleur des yeux, les capillaires visibles dans le blanc des yeux, les cernes discrets sous les yeux ».
    Les confrontations de Moll et Molly sont étonnantes. « Tu peux lire dans mes pensées ? demanda Moll. / Ce sont mes pensées ». Des phrases aussi étonnantes. « il existe une autre version de moi. Elle est venue par la Fosse. Ses enfants sont morts. Elle veut nos enfants ». En effet « Cette Molly-là a perdu ses deux enfants après un attentat sur son lieu de travail ». Livre somme toute assez étrange. « La maison avait glissé dans une réalité alternative, le calme sublime qui enveloppe une espace quand ses habitants non domestiqués sont, enfin, au repos »
    « Elle allait pousser la porte et s’avancer dans son autre vie, cette vie animale et secrète dans laquelle elle coupait des pommes, décongelait des petits pois, torchait des petits culs et laissait son corps se faire traire sans cesse et se remplir sans cesse. Cette vie où son nom était crié et réclamé des douzaines de fois par jour».
    Le livre est divisé en cinq parties très inégales. Les chapitres sont souvent courts, d’une seule page où deux. Ils sont entre-mêlés avec la vie familiale de Molly avec ses enfants. En particulier de ses montées fréquentes de lait qui humidifient son soutien-gorge. Les autres évènements sont les recherches à la Fosse, les intrusions dans la maison, qui rendent le récit asse dynamique, malgré des redites. « Elle allait pousser la porte et s’avancer dans son autre vie, cette vie animale et secrète dans laquelle elle coupait des pommes, décongelait des petits pois, torchait des petits culs et laissait son corps se faire traire sans cesse et se remplir sans cesse ».

    Publié par jlv.livres | 1 septembre 2020, 20:11

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