☀︎
Notes de lecture 2020

Note de lecture : « La barbe du renne » (Olivier Noël)

La belle idée du seul et unique timbre lapon créé dans les années 1930, gâchée par un traitement d’une lourdeur rare et par un humour aussi permanent qu’hasardeux.

x

42101

Publié en 1999 aux éditions La Différence, le premier roman d’Olivier Noël, cinéaste et documentariste ayant vécu quatre ans à Helsinki après des études d’économie et de philosophie en France, incarne hélas pour moi la déception de lecture dans toute sa triste splendeur : un thème extrêmement prometteur à mes yeux, totalement gâché par une réalisation et une écriture dont je ne comprends ni la logique, ni la nécessité, ni même l’attrait.

Le narrateur, jeune homme qui s’ennuie ferme dans sa chambre de bonne sous les toits (et nous assomme gentiment, au long du premier chapitre, de ses considérations fort banales sur le vide de sa jeune existence), découvre à la mort de son grand-père que celui-ci, philatéliste passionné dans ses jeunes années, avait rencontré en 1940 à Narvik un postier finlandais enrôlé dans une énigmatique brigade lapone, et que celui-ci lui avait raconté la production du seul timbre de Laponie de l’histoire, trésor inestimable à la recherche duquel le dit grand-père s’était consacré quelques années plus tard. Et le petit-fils, intrigué, de reprendre le flambeau de cette quête aussi improbable que réjouissante.

Hélas, trois fois hélas, l’écriture adoptée par l’auteur, aussi bien pour son narrateur que pour le grand-père de celui-ci (dont le récit anachronique censément amusant figure en milieu d’ouvrage), identique, m’a d’abord agacé avant de me rendre peu à peu indifférent ou hostile au récit : succession de clichés assenés avec insistance, longues enfilades de coqs-à-l’-âne enfantins et de calembours pontifiants (on est à des années-lumière des jeux de mots savamment nécessaires que savent développer, par exemple, le Jules Vipaldo du « Banquet de plafond » ou le Claro de « Dans la queue le venin »), surplombs alourdis se voulant peut-être humour a contrario lorsqu’il s’agit d’envisager les autres-qui-ne-sont-pas-français. Une légèreté de ton dont la tentative finit par se perdre dans l’humour raté, gâchant inexorablement une histoire dont on se prend à rêver de ce qu’auraient pu en extraire, dans des registres pourtant bien différents, un Olivier Truc, un Arto Paasilinna ou encore une Hélène Gaudy.

À propos de Hugues

Un lecteur, un libraire, entre autres.

Discussion

Pas encore de commentaire.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :