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Notes de lecture 2020

Note de lecture : « Bram Stoker – Dans l’ombre de Dracula » (Alain Pozzuoli)

Une biographie solide, fort riche en informations, mais un peu décevante en analyse et en écriture.

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Si Bram Stoker (1847-1912) est sans ambiguïté connu avant tout comme l’auteur de « Dracula » (1897), et donc non comme celui qui inventa, sans doute, mais comme celui qui donna son essor réel au mythe moderne du vampire, il fut aussi entre autres, et cela est en effet éclipsé, auprès du grand public, par la noirceur resplendissante de sa créature, un membre avisé de la société culturelle londonienne de la fin du XIXe siècle, un extraordinairement efficace régisseur et administrateur de théâtre (celui du Lyceum fondé par son ami intime, l’acteur Henry Irving), un critique et essayiste reconnu, un auteur de onze autres romans et de quatre recueils de nouvelles, et même un Irlandais sincèrement amoureux des paysages maritimes écossais (une grande partie de son roman le plus fameux aura été écrite à Cruden Bay, située une quarantaine de kilomètres au nord d’Aberdeen).

Une vie bien remplie, certes, mais pas extraordinairement passionnante en soi, il faut bien l’avouer,  à moins de se pencher de manière réellement approfondie sur l’écriture de « Dracula », sa genèse, ses motifs, ses influences et ses contradictions éventuelles, comme l’ont fait plusieurs de ses biographes anglo-saxons, bien aidés il est vrai par l’abondance d’articles universitaires en anglais portant sur ces questions. Ce n’est guère le cas d’Alain Pozzuoli dans cet ouvrage publié en 2012 chez Pascal Galodé éditeurs, à l’occasion du centenaire de la mort de Bram Stoker (refondant et augmentant d’ailleurs largement son travail de 1989, « Bram Stoker, prince des ténèbres »), bien qu’il mentionne dans sa bibliographie bien fournie, en fin d’ouvrage, plusieurs des biographies en anglais ayant exploité largement cette dimension distinctive de l’auteur de « La dame au linceul » (1909).

De fait, la principale dimension spéculative de l’ouvrage, abondamment annoncée en introduction à grand renfort de formules superlatives et semi-publicitaires, consiste à se pencher sur l’homosexualité supposée – jamais avouée par lui en tout cas, d’après les sources aujourd’hui disponibles – de Bram Stoker, en se fondant sur quelques données biographiques et en extrapolant à partir des atmosphères homoérotiques qui hantent plus ou moins discrètement le roman de 1897, spéculation menée un rien lourdement, sans constituer par ailleurs, en 2012, un véritable scoop, on s’en doute.

Si la lecture de l’ouvrage est par ailleurs un peu gâchée par une fâcheuse propension de l’auteur à multiplier à loisir les images-clichés dans son écriture, que ce soit pour évoquer l’Irlande, Londres, la France, les Etats-Unis, le théâtre, le roman fantastique et bien d’autres sujets encore, il n’en reste pas moins que nous tenons là une biographie superbement documentée, visiblement œuvre d’un véritable passionné de son sujet, particulièrement méticuleux dans sa mobilisation des éléments factuels connus à propos de Bram Stoker.

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AlainPozzuoli

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