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Général, Information Charybde

Les best-sellers 2018 de la librairie Charybde

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Huitième année d’activité pour notre librairie Charybde, 2018 était une année bizarre, toute en transitions (devenir une librairie de garde, notamment) et en incertitudes, ce qui rendait peut-être encore plus difficile qu’à l’accoutumée de prévoir au fur et à mesure de l’apparition des titres quelles seraient nos meilleures ventes sur l’ensemble de ces douze mois, et comment ce modeste palmarès résonnerait avec ceux de 2011, 2012, 2013, 201420152016 et 2017.

[Les notes de lecture intégrales, lorsqu’elles existent, sont accessibles en cliquant sur le titre de l’ouvrage.]

1. Antonin Crenn, Le héros et les autres (Lunatique, 2018) : un village du Lot, un intense émoi adolescent, la création d’un monde intérieur vivace et résolu.

2. Léo Henry, Hildegarde (La Volte, 2018) : une spirale diabolique de narrations médiévales et autres pour traquer l’importance potentielle de Hildegarde de Bingen, et à travers elle, du récit.

3. luvan, Susto (La Volte, 2018) : au-dessous du volcan antarctique, réchauffement climatique, bouillonnement socio-politique et mythologie populaire, pour un très grand roman choral.

3. Alexandre Mathis, Un monde parfait selon Ghibli (Playlist Society, 2018) : un magnifique essai pour saisir l’essentiel de ce qui relie et enchante Totoro, Mononoké, Chihiro, Porco Rosso et les autres créations du studio japonais.

3. Benjamin Planchon, Capsules (Antidata, 2018) : trente-cinq capsules temporelles exhumées d’un avenir assez proche ou très lointain, pour chanter le corps décérébré renvoyé à ses contradictions de masse.

Dans ce quinté de tête, deux grandes valeurs sûres de notre librairie, les éditions La Volte et les éditions Antidata, dont les titres ont déjà figuré dix fois dans nos meilleures ventes annuelles, voisinent avec le retour de Lunatique, toujours grâce à Antonin Crenn, et avec l’arrivée pour la toute première fois d’un éditeur d’essais, les redoutables analyses cinépop de Playlist Society.

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6. Javier Cercas, Le monarque des ombres (Actes Sud, 2018) : l’anatomie d’une légende familiale refoulée, composant une impressionnante leçon d’Histoire et de littérature.

6. Maria Efstathiadi, Hôtel rouge (Quidam, 2018) : une fabuleuse mobilisation poétique d’un être à facettes pour surmonter les silences de la mémoire d’enfant.

8. Mathieu Colloghan, Manif (Adespote, 2017) : les facettes de la « manif », en mots intelligents et en images tranchantes, par un grand artiste peintre, fin connaisseur des luttes sociales et de l’altermondialisme.

8. Julien Syrac, Berlin On/Off (Quidam, 2018) : le passage à la moulinette redoutable d’une écriture décapante, pour une immersion dans un emblématique milieu artistique berlinois et transnational.

8. Marc Voltenauer, Le dragon du Muveran (Slatkine, 2015) : un polar acéré dans les Alpes vaudoises, où les crimes rituels semblent vite l’indice de bien d’autres choses.

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11. Antonin Crenn, Passerage des décombres (Lunatique, 2017) : la construction abandonnée et la mauvaise herbe en cordes secrètes, joueuses et dangereuses, des enfances à projeter.

11. Hans Limon, Poéticide (Quidam, 2018) : avec ou sans rime, la poésie peut-elle, doit-elle survivre ? Là est la question, qu’un roman torrentueux et joueur s’attache à résoudre, l’arme à la main.

13. Collectif, Au bal des actifs (La Volte, 2017) : douze incursions dantesques dans le possible, rêvé ou cauchemardé, du travail à venir.

13. Éric Richer, La rouille (L’Ogre, 2018) : domestications forcées et horizons bouchés, métal et défonce, casse auto et quad débridé, la rouille ronge les êtres et les choses, et c’est magnifique.

15. Perrine Le Querrec, Bacon le cannibale (Hippocampe, 2018) : inventer une logique poétique de la sensation qui dévore, transmuter Francis Bacon en son langage propre.

15. Vladimir Lortchenkov, Des mille et une façons de quitter la Moldavie (2006, Mirobole, 2014) : la farce cruelle et résolument hilarante de l’émigration à tout prix hors de l’enfer moldave.

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17. Léo Henry, Twin Peaks 90210 (Les règles de la nuit, 2018) : un essai incisif qui traque de mystérieuses correspondances entre séries télévisées partageant de la géographie et du culte, en hommage rieur aux théories du complot les plus loufoques possibles.

17. Tarik Noui, Et seuls les chiens répondent à ta voix (sun/sun, 2018) : une anthropologie poétique du pouvoir de la voix comme de son impuissance.

19. Éric Arlix, Golden Hello (Jou, 2017) : quatorze fragments de réalité et de surréalité radicales, chantant en grinçant le contemporain qui nous broie, mieux que bien des essais.

19. Frédéric Fiolof, La magie dans les villes (Quidam, 2017) : un extraordinaire et paradoxal réenchantement du quotidien par la plume de l’imagination.

19. Robert McLiam Wilson, Eureka Street (1996, Christian Bourgois, 1997) : le Belfast déchiré par les bombes des années 90, par les yeux étonnants de trentenaires (presque) ordinaires.

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22. Mathieu Larnaudie, Les jeunes gens (Grasset, 2018) : tenter de détourer les mutations en cours de la parole technocratique et politique, à partir d’un vivier concret d’exemples, celui de la promotion ENA d’Emmanuel Macron.

23. Catherine Dufour, Entends la nuit (L’Atalante, 2018) : la pierre-argent, le pouvoir, le travail, le fantasme, pour une redoutable et joueuse fable fantastique contemporaine.

23. Alan Moore, Jérusalem (2016, Inculte Dernière Marge, 2017) : pour traquer à travers les réalités et les âges une ville de Northampton devenant emblème d’un monde, le retour du grand roman total.

25. Nicolas Jaillet, La maison (Rue du Départ, 2013) : une brève, redoutable fable de la détermination face au spectre de la violence domestique – et de la mémoire aussi.

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25. Marie-Fleur Albecker, Et j’abattrai l’arrogance des tyrans (Aux Forges de Vulcain, 2018) : une révolte de paysans anglais en 1381, et tout un monde mental contemporain peut vaciller à son tour.

25. Joël Casséus, Crépuscules (Le Tripode, 2018) : aux marges réfugiées, un sublime cantique de la ferraille, de la boue et de l’humanité.

25. Luc Chomarat, Un petit chef d’oeuvre de littérature (Marest, 2018) : un (vrai-faux) petit chef d’œuvre de littérature.

25. Collectif, Temps additionnel (Antidata, 2012) : douze savoureuses nouvelles sur le football, mais pas seulement.

25. Alain Damasio, La Horde du Contrevent (La Volte, 2004) : on ne présente plus, bien entendu, l’emblème plus vivant que jamais, presque quinze ans après sa publication, des éditions La Volte.

25. Jean-Luc Manet, Aux fils du calvaire (Antidata, 2018) : après « Trottoirs », un insidieux changement de décor pour poursuivre une abrupte saga de la cloche contemporaine, sans aucun romantisme et avec beaucoup de force intérieure.

25. Serge Quadruppani, Sur l’île de Lucifer (SNAG, 2018) : paranoïa sécuritaire, soupçonnable sorcellerie anti-capitaliste et enfants réputés innocents, en un redoutable cocktail forestier et politique limousin.

25. Iain Sinclair, London Orbital (2002, Inculte, 2010) : le tour de Londres à pied en suivant la M25, comme voyage initiatique et enquête socio-historique, un choc bien rare.

À propos de charybde2

Un lecteur, un libraire, entre autres.

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