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Notes de lecture 2018

Note de lecture : « La vallée de la Sinistra » (Ádám Bodor)

Fabuleux roman noir et farceur des confins sylvestres et montagnards de la dictature bureaucratique balkanique.

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Quinze jours avant sa mort, le colonel Borcan m’emmena en mission de reconnaissance sur l’une des hauteurs dénudées du district forestier. Il me recommanda d’ouvrir l’œil, d’observer surtout les taillis de sorbiers qui bordaient le chemin, pour savoir si les jaseurs étaient arrivés. L’automne était bien avancé, les sous-bois retentissaient du chant des oiseaux migrateurs.
En temps normal, les reconnaissances du commissaire forestier se déroulaient toujours de la même façon : le matin, il allait voir les ours cantonnés dans la réserve biologique, inspectait les effectifs, puis s’en retournait lentement par quelque mamelon montagneux et, tout en s’imprégnant du vertigineux silence qui régnait dans la zone protégée ou du murmure des ruisseaux coulant au fond des vallées, il rédigeait mentalement son rapport. Ce jour-là pourtant, après avoir emprunté des sentiers peu fréquentés, balisés par les chasseurs de montagne, il se rendit directement à son belvédère secret. Le bruit courait que les jaseurs étaient apparus et sur leurs traces, comme chaque hiver, l’épidémie que les gens de Sinistra appelaient fièvre toungouze, allez savoir pourquoi.

De langue hongroise, minoritaire en Roumanie, fervent anticommuniste, partisan du rattachement de sa Transylvanie natale à la Hongrie, le Roumain d’origine Ádám Bodor, avant d’émigrer à Budapest en 1982, a connu un temps les foudres de la censure et de la Securitate (il a été emprisonné de ses seize ans à ses dix-huit ans, de 1952 à 1954). Depuis 1969, il a élaboré une œuvre littéraire imposante et originale, plutôt discrètement d’abord, en Roumanie, de manière plus puissante et plus affirmée à partir de 1985, en Hongrie.

Publié en 1992, « La vallée de la Sinistra » est son deuxième roman suivant l’exil, même si, comme le précédent (« Az Eufrátesz Babilonnál », 1985, non traduit en français), il se présente sous la forme de ce que la SF américaine de l’Âge d’Or aurait appelé un fix-up, assemblage remanié et « lissé » de nouvelles initialement écrites séparément. La traduction française d’Émilie Molnos Malaguti a d’abord été publiée chez Robert Laffont en 1996, avant d’être rééditée chez Cambourakis en 2014.

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Jour après jour, durant l’hiver en question, j’avais dû chausser mes skis pour arriver jusqu’aux ruisseaux souterrains du Bois-Kolinda. Quelques marginaux s’y étaient réfugiés pour échapper aux chasseurs de montagne ; vivant cachés dans des terriers humides et des cavernes, sourds aux menaces comme aux prières, ils refusaient d’en sortir. Il avait été décidé, d’abord, que je les prendrais au piège, en posant des collets ou des chausse-trappes, mais finalement nous avions trouvé plus simple de colmater les issues avec du ciment. J’avais donc fait le va-et-vient pendant des semaines, un sac de ciment sur le dos, glissant toujours sur les mêmes traces. Sous mon poids – le ciment n’est pas léger -, la neige s’était pétrifiée, elle avait acquis la dureté du diamant.

Zone frontalière placée sous l’administration militaire des chasseurs de montagne, et sous l’autorité toute-puissante ou presque de leur colonel – que celui-ci ou celle-ci soit issu(e) de leurs rangs ou non -, la vallée de la Sinistra, montagneuse et forestière, constitue une région excentrée bien particulière d’un pays non précisé situé dans le nord des Balkans. Réserve naturelle célébrée pour ses ours des Carpates, installés plutôt confortablement dans des mines désaffectées et nourris par diverses entreprises de la collectivité villageoise locale, supervisées ou instaurées comme il se doit par les bureaucraties nécessaires, elle concentre, au fil de ses chemins ombragés, de ses taillis touffus et de ses pics venteux, toute une société de la marge domestiquée en apparence, où les militaires, y compris dans leur rôle policier, côtoient, encadrent, guident ou punissent toutes sortes de fonctionnaires ou assimilés que le hasard (mais y a-t-il vraiment ici un hasard ?) des affectations a menés ici, mais aussi quelques semi-aventuriers ou routards échoués en ces lieux des confins, en attente d’un rebond qui ne viendra peut-être jamais. Dépouillé de son passeport comme de son véritable nom, s’étant vu assigner provisoirement celui d’Andreï Bodor par les autorités locales, le principal protagoniste du roman s’est introduit subrepticement dans la vallée à la recherche de son beau-fils, ou fils adoptif, qui aurait trouvé refuge, pour des raisons ignorées, auprès du météorologue de la zone, au cœur du périmètre interdit – car réservé aux ours qui justifient officiellement l’ensemble du statut spécial qui prévaut ici.

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Sinistra

Nikifor Tescovina arriva un jour avec sa petite fille.
L’enfant était encore loin que sa courte chevelure, rouge comme les baies du sorbier à l’automne, rayonnait déjà à travers le brouillard. Ils étaient presque rendus au moulin, quand je m’aperçus que le père tenait sa fille en laisse. Arrivé à un jet de pierre du moulin, il l’attacha à un piquet et entra seul chez moi.
Il apportait aussi, ce jour-là, une bouteille d’alcool dénaturé ainsi qu’un petit pot et du charbon de bois, dans une casserole percée de trous. Il m’expliqua que, pour être buvable, l’alcool devait passer sur le charbon qui servait de filtre : on le recueillait ensuite dans un autre récipient. Si l’on n’avait pas de charbon de bois sous la main, l’amadou ordinaire ou les airelles faisaient aussi l’affaire.
– Au début, ça te fera vomir, mais tu t’habitueras.
– Sûrement.
Sans plus attendre, il se mit à verser la boisson, peu à peu, sur le charbon, plaça en dessous le petit pot et guetta les premières gouttes.
– Tu pourras commencer bientôt, le colonel a commandé les seaux et les baquets. Il a aussi embauché des femmes pour la cueillette. Elles seront nombreuses à s’agiter autour de toi, mais tu devras faire très attention. Comme je te l’ai dit, il faut que tu restes de marbre, quoiqu’il arrive.
– Je garde très bien mon sang-froid, depuis quelque temps.

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Si Ádám Bodor insère soigneusement entre nature, sauvage ou douce selon les saisons, et dictature, brutale ou feutrée selon les nécessités, son incroyable galerie de personnages rocambolesques, la lectrice ou le lecteur s’apercevra rapidement, en  creusant les différents récits qui composent ce roman, à quel point il pratique en maître un étroit chemin de rocaille, serpentant comme une superbement risquée via ferrata, entre humour du désastre goûtant aux joies de l’absurde et du désespoir, qui pourrait souvent évoquer un Antoine Volodine « première manière » ou un Lutz Bassmann, et farce rabelaisienne ne dédaignant pas un goût politique telle que peut la pratiquer aujourd’hui le Vladimir Lortchenkov de, par exemple, « Des mille et une façons de quitter la Moldavie ». Introduire ainsi une poésie mesurée et pourtant joyeusement paillarde au milieu des trafics, des ordres, des directives, des absences de sens apparent et des injonctions arbitraires demande un redoutable talent d’écriture, et c’est bien ainsi que l’auteur nous apparaît in fine, variant les angles selon ses principaux personnages, et ainsi tour à tour joliment flamboyant sur ses raquettes, souriant jaune derrière ses replis graisseux si pratiques, grinçant avec adresse en relevant ses compteurs, et évoluant bien dans la zone des chefs d’œuvre indéniables.

Le jour même de son arrivée, Coca Mavrodin-Mahmudia réunit les villageois et sélectionna, à la tête du client, les quelque quinze ou vingt hommes presque identiques qu’elle voulait avoir à sa disposition. Rien ne les distinguait du lot, sinon qu’ils avaient tous – par hasard – le cou long, le crâne arrondi et les yeux en boules de loto. Sur son ordre, ils jetèrent leurs vêtements de gros drap et reçurent chacun un complet gris, des chaussures noires à bout pointu et une cravate à reflets argentés. La ressemblance était si frappante qu’elle éveilla l’attention des villageois, lesquels donnèrent aussitôt le surnom d’oisons gris aux voisins qui s’étaient mués en volatiles. S’il avait fallu les former, le temps aurait été trop court, mais comprenant d’eux-mêmes quel serait leur rôle, ils promenèrent aussitôt des regards sévères partout à la ronde. Quand ils se mettaient en route vers quelque destination inconnue, les dures semelles de cuir martelaient à l’envi les pavés humides.

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Discussion

4 réflexions sur “Note de lecture : « La vallée de la Sinistra » (Ádám Bodor)

  1. Tant que l’on est dans les Carpathes….
    Récemment les Edtions Cambourakis ont sorti deux petits livres de Adam Bodor, l’un en octobre 14, « La Vallée de la Sinistra » en (traduction Emilie Molnos Malaguti) et l’autre en aout 15 « La Visite de L’Archevèque » (traduction de Jean Michel Kalmbach). Merci les Editions Cambourakis. Adam Bodor est originaire de Cluj Napoca (Kolozsvár en hongrois, et anciennement Cluj). Il est hongrois de Transylvanie, mais a vécu en Roumanie jusqu’à son exil en Hongrie en 82. On découvre donc sa région, à la limite entre la Hongrie, la Roumanie au sud et l’Ukraine à l’est. Donc dans une région qui a changé plusieurs fois de capitale et une population fortement mixte (Allemands, Hongrois, Roumains, Ukrainiens, Arméniens, Juifs).
    De quoi s’agit-il ? Dans « La Vallée de la Sinistra », (14, Cambourakis, 240 p.) on embarque entre des carcasses de moutons congelées dans le camion de Mustapfa Mukkerman, camion plus que brinquebalant. C’est le seul lien entre cette vallée et les Balkans, avec naturellement son lot de contrebande. On est près de la frontière entre Hongrie, Ukraine et Roumanie, non loin de la Tisza dans laquelle se jette la Medvegyica (littéralement Ail des ours). La Tisza c’est la grande rivière qui alimente le Danube en faisant le tour par l’ouest du Bassin Pannonien, mais elle prend sa source en Ukraine, au confluent entre la Tisza Noire et la Tisza Blanche. Par contre la Prout (Pruth) qui prend sa source du coté est de la montagne, le mont Hoverla, coule vers l’est et forme la frontière entre la Roumanie et la Moldavie. (C’est sur ses rives qu’Attila est mort en 453, ce qui devrait plaire aux éditeurs du Nouvel Attila). Mais là on est près de sa source, non loin du pic de Pip Ivan (Pop Ivan dans le texte) et la rivière fait des tas de méandres. Quant au col de Baba Rotunda, il y a de grandes chances que cela soit inventé, tout comme la rivière Sinistra. Mais, bon le Pip Ivan culmine à 1600 m, et tout près se trouve le refuge-observatoire de l’Eléphant Blanc (cela ne s’invente pas). Heureusement l’Autorité veille, avec des dispatcheurs de fruits, un veilleur des morts suppléant, un expert en mures et myrtilles, la délicieuse (mais dure à la tache) Coca Mavrodin, un colonel photographe, des gardiens d’ours, une oreille coupée. On constate très vite que l’on est en bonne compagnie.
    Dans cette ville, arrive un jour un homme, à bicyclette, après avoir franchi le col de Baba Rotunda déjà nommé. Il est plus ou moins à la recherche de son fils adoptif, Béla Bundasian. La région est sous contrôle, tout d’abord du colonel Puiu Borcan, mais « un colonel mort n’est plus un colonel », puis de la redoutable Coca Mavrodin. Le personnage principal, rebaptisé par de nouveaux papiers Andreï Bodor, va successivement être dispatcheur des fruits, cantonnier, veilleur des morts. (Et dire que l’on est en peine de trouver des occupations pour vaincre le chomage). C’est là que va intervenir Mustapfa Mukkerman, son camion et ses carcasses de moutons congelés. Seul moyen de transport par la route vers les Balkans. Entre temps, les convois militaires se succèdent et se ressemblent forcément, le tout sous contrôle de la milice locale, formée par Coca Mavrodin ses « oisons gris ».

    Que certains y voient une critique d’un certain système étatiste totalitaire ne saurait être que pure coïncidence pour Adam Bodor, qui a connu les prisons roumaines.

    « La Visite de l’Archevèque » (15, Cambourakis, 128 p.), c’est un peu le Godot Roumain. La scène se passe à Bogdanskyi Dolina, village reculé, près d’une décharge nauséabonde. Toujours près de ce point triple entre l’Ukraine, la Roumanie et la Hongrie.
    Donc, dans ce village, le matin on avait capturé les sœurs Schenkowitz, deux vieilles filles évadées du quartier d’isolement des pulmonaires, délicieusement appelé Isolda. Et dire qu’on attendait l’archevèque Zilava dans ce village (pour la Saint Médard en plus). Que dire de la ville, avec sa décharge, son impasse Sans-Nom qui mène au séminaire, sa rue des Saints-Académiciens, son église Sainte Zénobie, l’avenue du 22-février, le débit de vins du père Punga, l’auberge de Hariton Manoukian, et cerise sur le gâteau la tombe du Voyageur inconnu. Tout cela sous une autorité de fer et deux archimandrites Kostine et Tizmane. A la fin du roman, on va aboutir à la lapidation des deux sœurs, et à l’explosion de l’archevêque Boutine en mille morceaux.
    « À Bogdanski Dolina, le crépuscule dure des heures. ». « Les ordures dégagent de la lumière; ici, il ne fait pas complètement noir la nuit. Bien après que le soleil a sombré derrière la forêt de Pop Sabin, la vapeur gélatineuse couvrant les montagnes d’immondices continue d’éclairer, comme si des vers luisants brillaient à l’intérieur; elle est illuminée d’une incandescence magnétique, on dirait la lueur d’une bénédiction rayonnant confusément au-dessus de la ville, alors qu’à l’entour les prés de Bogdanski sont plongés depuis longtemps dans un noir d’encre. »
    Donc, le seul repère que l’on ait reste la Saint Médard (en principe le 8 juin), qui est jour férié à Bogdanski Dolina. Cette ville ( ??) est proche de Ivano Frankovsk, en Ukraine (en fait Ivano Frankivsk qui a eu pour nom, au gré des changements de frontières : Stanisławów (en polonais), Stanislau (en allemand) et Stanyslaviv ou Stanislav (en ukrainien). Mais elle est tout de même à 300 kilomètres de la frontière. Mais c’est le lot habituel de ces villes qui ont changé plusieurs fois de nationalité. « Le débarcadère grouillait continuellement de Hongrois, de Juifs, de Saxons et de Polonais. »).
    Donc, « les fugitives avaient été ramenées dans le camp par Gabriel Ventuza, l’aumônier, au bout d’une laisse de cuir ». « Pourtant, le temps pour [eux] d’arriver, il n’y avait plus rien à voir pas plus de cage à poules que de sœurs Schenkowitz ». Voilà une histoire qui commence par une cruelle déception. Heureusement, il suffit de tourner la page. « Explication : les deux fugitives avaient été lapidées par les autres malades ». Comme quoi, un bon auteur trouve toujours une fin quasi heureuse à une belle histoire (et puis il y a encore une bonne centaine des pages à tenir le lecteur en haleine – à défaut d’une laisse de cuir). Et surtout, il y a dans le ré Mida, cette terrible décharge avec ses terribles mouettes (on les entend à des kilomètres). Décharge qui peut même détourner les orages mais que les mouettes pratiquent, quoiqu’elles évitent de survoler le quartier d’isolement.
    Ce qui n’empêchera tout de même pas le vicaire Periprava de mourir assassiné avec un pic à glace. Comme quoi la religiosité a ses limites. Gabriel Ventuza, « venu il y a quelques années récupérer la dépouille mortelle de son père » s’était trouvé un emploi d’aumônier du camp. « Mais cela faisait cinq jours que Gabriel Ventuza dormait ». À son réveil, nu et dévalisé, il est contraint de rester au village. Long cauchemar éveillé, avec des lynx et des licornes, le tout au milieu d’ermites témoins de Jéhovah.
    Heureusement, il y a les alentours. « Les fins de semaine, quand il n’y avait pas de confessions, je traversais parfois les cols des Carpates pour aller retrouver mes anciennes amours. » et ce « dans la cabine du serre-freins d’un wagon ». Et pendant ce temps « les séminaristes, qui même en dormant, des oreillers noués sous les pieds, traçaient imperturbablement leurs cercles ».

    Ce qu’il y a de surprenant dans ces deux livres, c’est l’absence de jugement. On y décrit des scènes parfois violentes, des faits plus qu’absurdes, avec des morts violentes, les barrières physiques « les tiges d’acier entourées de barbelés, piliers de béton, miradors et boyaux truffés de pièges » des abus manifestes de pouvoir avec ces « oisons gris » ou cette main mise du clergé. Et puis il y a une recherche manifeste de quelque chose qui se rapproche d’une zone interdite. C’est l’espoir de quitter la vallée dans le camion avec les moutons congelés, c’est l’échappée en train dans la cabine du serre frein. A chaque fois donc, la bouffée d’air frais. On sent que c’est elle qui forme le fil conducteur des chapitres successifs dans les romans d’Adam Bodor. L’absence de jugement contraste aussi avec la réalité plus que kafkaïenne, contraste avec la nature, souvent décrite comme grandiose (les pics neigeux de Dobrin et de Pop Ivan) alors que les montagnes culminent à environ 1500 mètres d’altitude. L’écriture comme évasion, qui magnifie le paysage environnant et ridiculise le pouvoir en place. C’est en partie de là que vient le charme de ces histoires, qui somme toute, restent très noires.

    Publié par jlv.livres | 2 août 2018, 18:42
  2. J’avais lu ‘la visite de l’archevêque’ qui m’avait beaucoup plu. Celui-ci me tente aussi, merci de nous l’avoir fait découvrir !

    Publié par corneliaonline | 4 août 2018, 12:20

Rétroliens/Pings

  1. Pingback: Note de lecture : « Les carnets de Gherla / Fumer provoque  (Lionel Osztean) | «Charybde 27 : le Blog - 9 août 2018

  2. Pingback: La vallée de la Sinistra (Adam Bodor) | Cornelia - 22 juillet 2019

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