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Notes de lecture 2018, Nouveautés

Note de lecture : « Aux fils du Calvaire » (Jean-Luc Manet)

Après « Trottoirs », un changement insidieux de décor pour poursuivre une abrupte saga de la cloche contemporaine, sans aucun romantisme et avec beaucoup de force intérieure.

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Presque trois ans après « Trottoirs » (2015), voici donc le retour du beau et rare personnage de Jean-Luc Manet, un perdant magnifique comme on en fait peu de nos jours, ex-libraire ruiné, veuf, devenu SDF depuis déjà quelques années, arpentant sans relâche les jonctions des 3ème, 4ème, 5ème, 11ème et 12ème arrondissements parisiens.

Le boxon ? Non, le Box 11. Telle est ma nouvelle adresse, un box désaffecté, parmi une douzaine d’autres, alignés au bout d’une impasse galeuse. On peut y voir une certaine cohérence avec mon existence. Boxon, Box 11, l’analogie des sons et de l’état des lieux est sans appel.
Je l’ai déniché la semaine passée, de retour à Paris après un été breton presque serein. Ca tombe bien, l’automne est en marche et commencer à salement griser le paysage. Les bourrasques bleues du Penn-ar-Bed me manquent déjà, mais les flux migratoires dictent leurs lois. Même pour faire la manche, il faut suivre le troupeau et ses transhumances. Retour à la case Paname donc.
Jusqu’au printemps dernier, je squattais un banc du côté de Bastille, le long du port de l’Arsenal. J’aimais bien. Mais un domicile ouvert à tous les vents s’avère vite n’être qu’une solution saisonnière. Dès que se gâtent les humeurs du ciel, il faut composer avec les refuges du Secours Populaire et autres gites compliqués. La promiscuité, telle un reflet dans une glace réprobatrice ou sardonique, me pèse. Je ne trouve un peu de soulagement que dans l’isolement.
En retrait du monde, mon box est parfait, étanche aux rotations d’une planète qui tourne sans moi depuis bien longtemps. Le hasard me l’a offert derrière des palissades annonçant l’érection prochaine d’une résidence de standing. Ce n’est pas exactement ce que j’y ai trouvé en me faufilant entre deux planches disjointes. Mais ça me va. Comme annoncé, je m’en ferai déloger par les chenilles processionnaires des bulldozers le jour où commenceront les travaux. Juste espérer que ce matin-là, l’hiver lui aussi aura levé le camp. En attendant, j’ai un toit, à un jet de pierre des bouches de métro Filles du Calvaire et Saint-Sébastien-Froissart, au cœur de mutations urbaines qui le rendent invisible.

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Comme dans « Trottoirs » – mais comme déjà, d’une autre manière, dans la bouleversante « Haine 7 » – les laissés-pour-compte de notre société d’abondance se retrouvent au carrefour des convoitises, paradoxe flagrant qui fait ici des déjà victimes des cibles encore plus tentantes pour toutes sortes d’avidités. Nimbant ses pérégrinations d’un rock tendre ou poisseux que le critique avisé qu’est en la matière Jean-Luc Manet ne réduit jamais au rôle de simple élément de décor ou d’ambiance, « Aux fils de calvaire », en 50 pages, chez l’un de nos spécialistes attitrés de la forme courte que sont les éditions Antidata, se refuse absolument à tout romantisme de la clochardisation ou à tout héroïsme de pacotille : le froid y est glacé, la bière y est vitale et cheap, l’amitié ou l’amour n’y sont que souvenirs. Et pourtant, et pourtant… : quelques lueurs fugaces, quelques sourires timides, quelques micro-solidarités instinctives, quelques décences ordinaires surnagent dans le marasme de notre contemporain blafard ou sauvage, et offrent le semblant bienvenu d’une visée – non pas d’un espoir, mais d’un lendemain qui ne soit pas uniquement cendres, en tout cas. Il y a toute une écriture honnête et délicate, mais aussi bien plus rusée qu’il n’y paraît d’abord, chez l’artisan Jean-Luc Manet, pour nous offrir cette plongée brutale dans un monde de bancs, de palissades et de trottoirs, et pour nous permettre d’en ressortir, songeurs mais invaincus, nous aussi.

Je replonge dans le métro à la station Maubert-Mutualité, direction Boulogne. Ma tronche, tondue de frais, m’impose d’égrener un nouveau couplet. À celui du gars en vrac qui voudrait bien remplir l’écuelle du soir, se substitue la tirade du boulot perdu et de la famille aux abois. Plus porteur. Plus effrayant surtout à cette heure de sortie d’un bureau dont chacun se demande aujourd’hui s’il ne va pas s’en faire expulser le lendemain. Une pièce tendue ne les sauvera sans doute pas d’un possible licenciement, mais semble conjurer l’épée de Damoclès.

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Discussion

4 réflexions sur “Note de lecture : « Aux fils du Calvaire » (Jean-Luc Manet)

  1. Lebbeus Woods

    Dans un post récent sur Laszlo Krasznahorkai, j’évoquais sa découverte de Lebbeus Woods, cet architecte dont il avait apprécié les dessins au MOMA PSI à New York. Depuis, j’ai reçu « OneFiveFour » (2011, Princeton Architectural Press, 136 p.), qui m’a été envoyé depuis le Japon (mystères des commandes sur internet) avec un ticket d’achat du MOMA de San Francisco. C’est au moins signe qu’il n’a pas été volé.

    Lebbeus Woods (1940-2012) esr un architecte américain. Etudes à Illinois University, Urbana-Champaign, Il, puis lauréat du Chrysler Design Award en 1994 et fondateur « Research Institute for Experimental Architecture » en 1998. Il a publié plusieurs livres dont « OneFiveFour » (en collaboration avec John Johansen) « Nanoarchitecture, A New Species of Architecture» (2002, Princeton Architectural Press, 159 p.). Ses premières œuvres comprennent « The New City » (2012, Touchstone Books, p.), « Earthquake! A Post-Biblical View» (2005, Springer Verlag GmbH, 52 p.) et «Radical Reconstruction» (2001, Princeton Architectural Press, 212 p.).
    Pour en revenir à « OneFiveFour » que l’on pourrait traduire par « UnCinqQuatre » ou « CentVingtQuatre », c’est au choix. Un peu comme le célèbre « OneTwoTwo » était l’enseigne d’un lupanar (de luxe) au cent vingt deux de la Rue de Provence à Paris. Quoique la comparaison…. C’est en fait un livre au texte très court, 10 pages, suivi d’une illustration particulièrement remarquable, mais difficile à appréhender de prime abord. C’est en fait une recapitulation de onze projets réalisés entre 1984 et 1989, mais qu’il est préférable de voir comme un projet unique architectural.
    Dans sa courte introduction Lebbeus Woods énonce les principes qui le guident, inspirés du concept unificateur d’Einstein entre énergie et matière. Par moment, le texte est assez filandreux, dans la mesure où il mêle les forces gravitationnelles, électromagnétiques et sismiques. Toutes ces ondes seraient les « vibrations de la terre ». Je note que les notions de séismes reviennent régulièrement, sans doute a t’il été frappé par le séisme de Loma Prieta, dans la baie de Santa Cruz en Californie et ses destructions jusque dans la ville de San Francisco. Pourtant il vivait alors sur la côte Est des USA. Il est également impressionné par le Berlin souterrain, (Berin Unterwelten ou Berlin Underground). Il s’agit d’un vaste réseau où se mêlent le U-Bahn et le S-Bahn (les réseaux de trains et de métro), les abris datant des dernières guerres et des commerces, le tout sur quatre étages. Lebbeus Woods en fait des tours inversées, nouveau mode de représentation de la ville, et fidèle représentation de ses concepts de symétrie, et surtout de symétries brisées. La suite du livre est une série, sur une bonne centaine de pages, de dessins (très beaux) de bâtiments, succession de tableaux de chiffres entrelardés de dessins plus gribouillés, et traversés par des traits à explication plus ésotérique. Le tout avec des fragments de texte.
    Ses recherches le portent à examiner les mondes en crise, que ce soit post guerre comme Sarajevo, ou post séisme comme à Loma Prieta en Californie. Sa théorie consiste à dire que guerre et architecture ne sont pas incompatibles. « L’architecture est une guerre et la guerre est de l’architecture ». Il envisage également un lien fort entre les matériaux et l’énergie en ce sens que « l’interrelation entre les systèmes métriques qui établissent des frontières entre le matériaux et les formes d’énergie est la source d’une science universelle ou « universcience » dont les ouvriers incluent tous les individus ». on pourra consulter son site

    On lui doit « Berlin Free-Zone 3-2 » à Berlin, une réoccupation de bâtiments gouvernementaux, ou « The Light Pavilion » à Chengdu en Chine
    Il part de deux principes extrêmes à propos des villes endommagées par le guerre ou les désastres terrestres. Dans le premier cas, on reconstruit ce qui a été détruit dans ses formes initiales. A l’opposé, on démolit tout et on reconstruit quelque chose d’entièrement neuf. Il suggère une troisième voie, dans laquelle on créerait des espaces libres avec des structures sociales entièrement nouvelles.
    A propos de Sarajevo, il suggère « une architecture, en tant que qu’acte essentiellement constructif et social, qui panserait les blessures en créant des nouveaux genres d’espaces (freespaces) dans la ville ». En particulier, il suggère de « réutiliser environ 90 % des bâtiments endommagés qui seraient restaurés dans leurs structures initiales dans la mesure où la population souhaite retourner à son ancien mode de vie. Mais pour les 10% restant, il y aurait ces « freespaces » pour ceux qui veulent aller de l’avant. Ce seraient des espaces de création d’un nouveau mode de pensée ».

    Il développe également des structures autour du concept de tenségrité (tensegrity) initié par Buckminster Fuller en 1960 avec son fameux « portmanteau », nouvel avatar de structures rigides en compression liées à des câbles souples en tension. La combinaison des deux résulte en une stabilité mécanique qui reste en tension/compression alors que la structure peut bouger. Il faut dire que le terme « tensegrity » est la contraction de « tensile integrity » soit l’interaction des contraintes mécaniques exercées sur ses différentes parties.
    Le principe, développé également par Kenneth Snelson se retrouve dans les structures biologiques qui peuvent se déformer localement, telles que les os du crâne, ou les combinaisons astucieuses d’os et tendons dans le pied. On pourra lire « Tenségrité » de René Motro (2005, Hermes Sciences Publications, 330 p.) qui recouvre les aspects mécaniques, morphologiques, biologiques et systémiques de ces structures autocontraintes.
    A une autre échelle, le squelette des cellules, ou cytosquelette, est constitué de tubes et de filaments, biopolymères filamenteux qui interagissent mécaniquement entre eux. Ces microtubules résistent à la compression, alors que les microfilaments résistent mieux en tension. Des filaments intermédiaires, constitués de polymères stables formés de protéines fibreuses stabilisent le tout. On pour lire, avec bonheur l’article de Patrick Cañadas, Bernard Maurin, René Motro « Modélisation en mécanique cellulaire par systèmes de tenségrité » paru dans (2010, Techniques de l’Ingénieur, RE 117). C’est joli, avec des figures en couleurs et « L’intérêt sur le plan mécanique et biologique est manifeste ». L’étude est apte « à représenter de façon bio-réaliste l’architecture complexe du cytosquelette ainsi que la répartition non régulière des forces de tension et de compression en son sein ».

    Publié par jlv.livres | 2 août 2018, 18:36
  2. Lebbeus Woods

    Dans un post récent sur Laszlo Krasznahorkai, (https://charybde2.wordpress.com/2018/07/25/note-de-lecture-planete-vide-clement-milian/
    j’évoquais sa découverte de Lebbeus Woods, cet architecte dont il avait apprécié les dessins au MOMA PSI à New York. Depuis, j’ai reçu « OneFiveFour » (2011, Princeton Architectural Press, 136 p.), qui m’a été envoyé depuis le Japon (mystères des commandes sur internet) avec un ticket d’achat du MOMA de San Francisco. C’est au moins signe qu’il n’a pas été volé.

    Lebbeus Woods (1940-2012) esr un architecte américain. Etudes à Illinois University, Urbana-Champaign, Il, puis lauréat du Chrysler Design Award en 1994 et fondateur « Research Institute for Experimental Architecture » en 1998. Il a publié plusieurs livres dont « OneFiveFour » (en collaboration avec John Johansen) « Nanoarchitecture, A New Species of Architecture» (2002, Princeton Architectural Press, 159 p.). Ses premières œuvres comprennent « The New City » (2012, Touchstone Books, p.), « Earthquake! A Post-Biblical View» (2005, Springer Verlag GmbH, 52 p.) et «Radical Reconstruction» (2001, Princeton Architectural Press, 212 p.).
    Pour en revenir à « OneFiveFour » que l’on pourrait traduire par « UnCinqQuatre » ou « CentVingtQuatre », c’est au choix. Un peu comme le célèbre « OneTwoTwo » était l’enseigne d’un lupanar (de luxe) au cent vingt deux de la Rue de Provence à Paris. Quoique la comparaison…. C’est en fait un livre au texte très court, 10 pages, suivi d’une illustration particulièrement remarquable, mais difficile à appréhender de prime abord. C’est en fait une recapitulation de onze projets réalisés entre 1984 et 1989, mais qu’il est préférable de voir comme un projet unique architectural.
    Dans sa courte introduction Lebbeus Woods énonce les principes qui le guident, inspirés du concept unificateur d’Einstein entre énergie et matière. Par moment, le texte est assez filandreux, dans la mesure où il mêle les forces gravitationnelles, électromagnétiques et sismiques. Toutes ces ondes seraient les « vibrations de la terre ». Je note que les notions de séismes reviennent régulièrement, sans doute a t’il été frappé par le séisme de Loma Prieta, dans la baie de Santa Cruz en Californie et ses destructions jusque dans la ville de San Francisco. Pourtant il vivait alors sur la côte Est des USA. Il est également impressionné par le Berlin souterrain, (Berin Unterwelten ou Berlin Underground). Il s’agit d’un vaste réseau où se mêlent le U-Bahn et le S-Bahn (les réseaux de trains et de métro), les abris datant des dernières guerres et des commerces, le tout sur quatre étages. Lebbeus Woods en fait des tours inversées, nouveau mode de représentation de la ville, et fidèle représentation de ses concepts de symétrie, et surtout de symétries brisées. La suite du livre est une série, sur une bonne centaine de pages, de dessins (très beaux) de bâtiments, succession de tableaux de chiffres entrelardés de dessins plus gribouillés, et traversés par des traits à explication plus ésotérique. Le tout avec des fragments de texte.
    Ses recherches le portent à examiner les mondes en crise, que ce soit post guerre comme Sarajevo, ou post séisme comme à Loma Prieta en Californie. Sa théorie consiste à dire que guerre et architecture ne sont pas incompatibles. « L’architecture est une guerre et la guerre est de l’architecture ». Il envisage également un lien fort entre les matériaux et l’énergie en ce sens que « l’interrelation entre les systèmes métriques qui établissent des frontières entre le matériaux et les formes d’énergie est la source d’une science universelle ou « universcience » dont les ouvriers incluent tous les individus ». on pourra consulter son site http://www.lebbeuswoods.net/

    On lui doit « Berlin Free-Zone 3-2 » à Berlin, une réoccupation de bâtiments gouvernementaux, ou « The Light Pavilion » à Chengdu en Chine
    Il part de deux principes extrêmes à propos des villes endommagées par le guerre ou les désastres terrestres. Dans le premier cas, on reconstruit ce qui a été détruit dans ses formes initiales. A l’opposé, on démolit tout et on reconstruit quelque chose d’entièrement neuf. Il suggère une troisième voie, dans laquelle on créerait des espaces libres avec des structures sociales entièrement nouvelles.
    A propos de Sarajevo, il suggère « une architecture, en tant que qu’acte essentiellement constructif et social, qui panserait les blessures en créant des nouveaux genres d’espaces (freespaces) dans la ville ». En particulier, il suggère de « réutiliser environ 90 % des bâtiments endommagés qui seraient restaurés dans leurs structures initiales dans la mesure où la population souhaite retourner à son ancien mode de vie. Mais pour les 10% restant, il y aurait ces « freespaces » pour ceux qui veulent aller de l’avant. Ce seraient des espaces de création d’un nouveau mode de pensée ».

    Il développe également des structures autour du concept de tenségrité (tensegrity) initié par Buckminster Fuller en 1960 avec son fameux « portmanteau », nouvel avatar de structures rigides en compression liées à des câbles souples en tension. La combinaison des deux résulte en une stabilité mécanique qui reste en tension/compression alors que la structure peut bouger. Il faut dire que le terme « tensegrity » est la contraction de « tensile integrity » soit l’interaction des contraintes mécaniques exercées sur ses différentes parties.
    Le principe, développé également par Kenneth Snelson se retrouve dans les structures biologiques qui peuvent se déformer localement, telles que les os du crâne, ou les combinaisons astucieuses d’os et tendons dans le pied. On pourra lire « Tenségrité » de René Motro (2005, Hermes Sciences Publications, 330 p.) qui recouvre les aspects mécaniques, morphologiques, biologiques et systémiques de ces structures autocontraintes.
    A une autre échelle, le squelette des cellules, ou cytosquelette, est constitué de tubes et de filaments, biopolymères filamenteux qui interagissent mécaniquement entre eux. Ces microtubules résistent à la compression, alors que les microfilaments résistent mieux en tension. Des filaments intermédiaires, constitués de polymères stables formés de protéines fibreuses stabilisent le tout. On pour lire, avec bonheur l’article de Patrick Cañadas, Bernard Maurin, René Motro « Modélisation en mécanique cellulaire par systèmes de tenségrité » paru dans (2010, Techniques de l’Ingénieur, RE 117). C’est joli, avec des figures en couleurs et « L’intérêt sur le plan mécanique et biologique est manifeste ». L’étude est apte « à représenter de façon bio-réaliste l’architecture complexe du cytosquelette ainsi que la répartition non régulière des forces de tension et de compression en son sein ».

    Publié par jlv.livres | 2 août 2018, 18:39

Rétroliens/Pings

  1. Pingback: Note de lecture : « Capsules  (Benjamin Planchon) | «Charybde 27 : le Blog - 3 novembre 2018

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