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Général

Les lectures les plus marquantes de Charybde 7 en 2017.

Éblouissements et coups de poing littéraires de l’année 2017.

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Après des semaines (ou plutôt des mois) de travail intense et de procrastination joyeuse, voici (enfin) la liste de mes lectures les plus marquantes en 2017, une liste bien évidemment forcément subjective et amenée à évoluer au fil du temps.

Jakuta Alikavazovic, L’avancée de la nuit (L’Olivier, 2017), une histoire d’amour en valse-hésitation entre Paul, étudiant et gardien d’hôtel, et Amélia, étudiante flamboyante qui loge dans ce même hôtel, hantée par la disparition de sa mère lors du siège de Sarajevo, un récit politique et d’anticipation qui compose une machine romanesque vertigineuse.

Joël Baqué, La mer c’est rien du tout (P.O.L., 2016), l’évocation par fragments, entre rire et tristesse, légèreté et désespoir, de l’enfance d’un CRS poète chez les ouvriers viticoles de l’Hérault, auprès d’une sœur à la beauté solaire et d’un frère attiré par les garçons.

Lutz Bassmann, Black Village (Verdier, 2017), la longue marche de Tassili, Goodman et Myriam, deux hommes et une femme en guenilles, qui cheminent dans l’obscurité qui suit leur décès sur une route interminable et monotone, et qui se racontent des histoires, toutes interrompues, pour tenter de trouver des repères dans un temps qui n’aboutit pas.

David Bosc, Relever les déluges (Verdier, 2017), un ensemble splendide de quatre récits courts, la trajectoire de quatre rêveurs démesurés ou de fous, épris d’un idéal ou d’une liberté qui souvent se refusent.

Claro, Hors du charnier natal (Inculte, 2017), un vrai-faux journal d’écrivain où l’évocation de la vie d’un aventurier et scientifique russe du XXe siècle, Nikolaï Mikloukho-Maklaï, fait remonter à la surface de la narration des troubles personnels et des souvenirs intimes du biographe formant une somptueuse, décisive leçon de littérature et de poésie, au plus profond et au plus intime. Lu par Charybde 2.

Pierre Demarty, Le petit garçon sur la plage (Verdier, 2017), un livre intense et poignant qui dit le vacillement de l’existence d’un père confronté à deux images, simples et effrayantes, de petits garçons sur une plage.

Célia Houdart, Tout un monde lointain (P.O.L., 2017), un roman inspiré par la villa E-1027 construite par Eileen Gray à Roquebrune Cap Martin, où une femme âgée élégante voit sa vie et ses sens, l’écho des utopies lointaines du temps de son enfance, ravivés par la rencontre avec deux jeunes danseurs bohêmes.

Philippe de Jonckheere, Une fuite en Égypte (Inculte, 2017), un premier roman exceptionnel, déferlement de phrases ponctuées uniquement par des points virgule, en une succession ininterrompue et une continuité incertaine qui happent immédiatement le lecteur, feuilletage des pensées d’un père, dont la femme est morte récemment dans un accident de voiture et qui tente, en se racontant par itérations et ajustements, d’appréhender ce qui est maintenant et, peut-être, de réussir à vivre après le deuil.

Pablo Martin Sanchez, L’instant décisif (La Contre Allée, 2017), six histoires explorant par le prisme de l’intime et de manière brillante le moment de la transition démocratique en Espagne.

Federico Mastrogiovanni, Ni vivants ni morts (Métailié, 2014), une enquête fouillée, glaçante et nécessaire au Mexique, pays traumatisé par ses disparus. Le portrait sensible et effrayant d’un pays miné par la peur, où l’État piétine sciemment ses propres prérogatives – et les droits de ses citoyens –, quand il ne se comporte pas directement comme le pire des délinquants.

Antoine Mouton, Chômage monstre (La Contre Allée, 2017), un recueil de textes poétiques sur ce travail qui peut kidnapper les corps, les esprits et la langue, concentré d’intelligence, d’humour et de poésie.

Gaëlle Obiégly, N’être personne (Verticales, 2017), où la narratrice reste accidentellement enfermée pendant un week-end entier dans les WC de son entreprise, y improvisant un cabinet d’écriture. Au gré de remémorations, apparemment chaotiques, elle se trouve peu à peu traversée par tous les âges de la vie.

Max Porter, La douleur porte un costume de plumes (Seuil, 2015), un journal de deuil inventif et poignant, désespérant et merveilleusement drôle.

Christophe Pradeau, La souterraine (Verdier, 2005), un roman somptueux et nocturne qui raconte l’enfance, avec ses peurs et les histoires que l’on se raconte pour échapper à l’ennui des voyages en voiture, qui explore les terreurs archaïques du pays de l’enfance, le pressentiment précoce de l’instabilité du monde et de la puissance des mots pour se maintenir hors des ténèbres.

Mario Rigoni Stern, Sentiers sous la neige (La Fosse aux ours, 1998), les souvenirs essentiels, âpres et lumineux d’un écrivain rescapé de l’enfer de la guerre et amoureux de la montagne.

Eugène Savitzkaya, Sister (L’œil d’or, 2017), un projet poétique imaginé par Hélène Mathon, écrit par Eugène Savitzkaya et illustré par la plasticienne Bérangère Vallet sur ceux qui sont «fendus» par la schizophrénie, un texte pour «chanter la possibilité dans cette société d’une présence humaine différente des autres».

Chantal Thomas, Souvenirs de la marée basse (Seuil, 2017), une sonate littéraire splendide pour une mère secrète et nageuse qui a transmis à sa fille la passion des bains de mer.

Cette liste ne serait pas complète sans la mention de la lecture de la Bibliothèque de l’Entre-Mondes (Gallimard, 2005), une exceptionnelle machine à donner envie de lire où Francis Berthelot explore cette contrée fabuleuse habitée par Kafka, Borges, Dick, Buzzati, Cortazar, et tant d’autres, à mi-chemin entre le continent de la littérature dite générale et celui de l’imaginaire.

 

Très belles lectures à tous !

À propos de Charybde 7

Une lectrice, une libraire, entre autres.

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