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Notes de lecture 2017

Note de lecture : « Les manuscrits de Kinnereth » (Frédéric Delmeulle)

Le retour du Vertov, la Palestine du 1er siècle : un final hallucinant et joueur.

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La suite n’a pas démenti mes craintes, malheureusement : tu sais sans doute de quelle mission s’est chargé Sem’on, et quel appétit il a manifesté depuis. Il a voulu jouer les régents après le départ du roi, et nos rapports sont devenus plus difficiles. S’il est exact qu’il a toujours été le premier d’entre nous, il est également vrai que cette place lui fut acquise par son immense ambition tout autant que par ses qualités. Jamais il n’a cherché à dissimuler ses origines grossières mais il a par contre beaucoup œuvré pour faire oublier cette ambition qu’il voulait mettre au service du bien. Moi-même, compagnon des temps anciens, j’ai dû me plier maintes fois à ses injonctions lorsque j’ai rédigé mon premier livre. Et, par exemple, le récit que j’y ai fait de cette ultime rencontre se montre très infidèle à ce que fut sa merveilleuse réalité.
D’une rivière vive et transparente comme le cristal, nous avons entrepris, par nos querelles, de faire un fleuve boueux, charriant tant de limon et d’immondices qu’ils pervertissent l’onde et la rendent impénétrable au regard. Il faut un œil dénué d’innocence pour y entrevoir encore la vérité, laquelle est à la fois plus profonde et moins glorieuse que les contes qui se répandent aujourd’hui.
Mon œil a depuis longtemps perdu son innocence, et devant toi je vais parler. J’écrirai ici ce dont je peux témoigner. Ces rouleaux sont le fruit de ma repentance.

Lorsqu’un alerte fonctionnaire d’une obscure sous-agence de l’ONU contacte une officine parisienne d’historiens documentaristes spécialisés avec dans les mains deux morceaux d’un manuscrit datant des toutes premières années du 1er siècle après Jésus-Christ, manifestement authentique mais indiquant que certains faits du Nouveau Testament auraient pu être un peu arrangés par rapport à la réalité, les protagonistes, curieusement proches d’un certain Childebert Kachoudas, mystérieusement disparu dix ans plus tôt (la lectrice ou le lecteur de « La parallèle Vertov », dont ces « Manuscrits de Kinnereth », publiés en 2010 chez Mnémos, constituent la suite, auront le privilège, eux, de savoir pourquoi et comment a pris place cette disparition), envisagent d’abord un canular particulièrement sophistiqué dont ils seraient les jouets, quelque part du côté d’une scénarisation rocambolesque empruntant au faiblard « Da Vinci Code » (2003) de Dan Brown (d’ailleurs cité pour s’en moquer aussitôt) ou au plus solide « Le coin du voile » (1996) de Laurence Cossé.

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Kfar Nahum (Palestine)

« C’est un canular, monsieur… euh… Masterson ?
– Mademoiselle, vous ne pourriez imaginer de démarche plus sérieuse que la mienne. Soyez-en tout à fait convaincue. »
Elle me jeta un coup d’œil pénétrant puis reporta son attention sur l’étrange présent que je venais de lui apporter. C’était une grosse boîte gris anthracite qu’elle avait tout de suite identifiée : modèle spécial à pH neutre, destiné à la conservation d’archives précieuses.
À l’intérieur, de petites billes en polystyrène et quelques sachets de silice dessiccante reposaient sur un film souple, opaque et alvéolé, lui aussi en matériau neutre. Une nouvelle fois, la jeune femme souleva délicatement le film.Les trois feuillets cartonnés semi-rigides de grand format réapparurent à la lumière. Sur chacun d’eux, une protection transparente recouvrait un parchemin qui semblait prêt à tomber en poussière. Aux cassures très caractéristiques qu’ils comportaient, on devinait qu’ils étaient restés roulés pendant des siècles.

Lorsque le manuscrit surgi de l’improbabilité historique conduit à un ex-sous-marin nucléaire russe, reconverti en tout autre chose, et à présent isolé au creux d’une… dune du Néguev, le roman quitte rapidement les apparences de la spéculation ésotérique complotiste, affecte d’emprunter un moment les chemins de traverse du « Voici l’homme » de Michael Moorcock ou du « Jésus vidéo » d’Andreas Eschbach (en manipulant ainsi à la perfection les attendus de lecture), pour aller encore beaucoup plus loin dans l’imagination rusée et sarcastique que « La parallèle Vertov » elle-même, dans l’un de ces crescendos terminaux qui font normalement la joie du joueur sommeillant en chaque lectrice ou lecteur – quitte à ce que l’ambition métaphysique et politique ainsi condensée en quelques pages ultimes laisse une curieuse sensation d’apothéose inachevée.

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Discussion

8 réflexions sur “Note de lecture : « Les manuscrits de Kinnereth » (Frédéric Delmeulle)

  1. C’est bientôt Noel, donc une belle histoire (avant une moins belle)

    « La Servante écarlate » écrit par Margaret Atwood en 1987 et traduit de « The Handmaid’s Tale » par Sylviane Rué (2017, Robert Laffont, Pavillon Poche, 346 p.) est un récit dystopique (un des meilleurs disent les chroniques), c’est-à-dire une utopie qui tournerait mal. Un peu comme l’élection récente d’un président américain. Je mis suis mis car le passage en série télévisée en fait déjà un livre culte (si c’est comme « Jerusalem » de Alan Moore, c’est que je suis véritablement athée). Et puis aussi parce dans « Granta » de Novembre, il y avait une nouvelle « The Martians claim Canada ». Ayant quelque intérêt pour ce pays, je ne voudrais pas le voir revendiquer, et surtout annexé, par les petits hommes verts. (En fait les dessins originaux de Mag Atwood ressemblent plutôt à des champignons, avec beaucoup d’yeux, quatre jambes, mais trois orteils). Bon, elle est écrivain, et pas dessinatrice de mode.
    Donc l’action se passe dans la République de Gilead qui vient d’être fondée par des fanatiques religieux. «La Servante Ecarlate ». Pourquoi écarlate ? Parce que la lettre l’est, enfin, celle de Nathaniel Hawthorne traduit par Marie Canavaggiia (1954, Gallimard, 248 p.). Encore un pamphlet contre la société puritaine. C’est d’ailleurs l’intérêt (et le seul) de ces sociétés, c’est de pousser à écrire de bons livres en réaction contre elles. En fait cette couleur est celle de leur robe, « une forme rouge avec des ailes blanches autour du visage ». Alors, maintenant pourquoi servante ? Parce que la société est ainsi faite qu’il y a les maisons, dont celles « des Commandants », et que les femmes sont divisées entre les « Epouses », habillées de bleu, qui ont du pouvoir, les « Marthas », habillées de « vert terne »pour l’entretien et la cuisine, et enfin les « Servantes » qui servent à la reproduction. Toutes les autres femmes qui n’entrent pas dans ces critères, ou « Antifemmes » sont déportées pour « aller aux Colonies […] et crever de faim, et Dieu sait quoi encore ». La vie autour est réduite par la pollution et les déchets toxiques de l’atmosphère. De ce fait, le taux de natalité est très bas.
    June est l’héroïne, la « servante écarlate ». Elle a été rebaptisée Defred. « Je ne m’appelle pas Defred, j’ai un autre nom, dont personne ne se sert maintenant parce que c’est interdit. Je me dis que ça n’a pas d’importance, un prénom, c’est un comme son propre numéro de téléphone, cela ne sert qu’aux autres ». Son unique rôle est celui de la reproduction, son corps est au service de son Commandant et de son Epouse. « Nous sommes des utérus à deux pattes, un point c’est tout : vases sacrés, calices ambulants ». Naturellement, elle ne peut pas séduire un homme. « Rien en nous ne doit séduire, aucune latitude n’est autorisée pour que fleurissent des désirs secrets, nulle faveur particulière ne doit être extorquée par des cajoleries, ni de part ni d’autre ». Mais elle peut encore se souvenir de sa vie, de sa fille et de son mari Luke, disparus alors qu’ils fuyaient vers le Canada. Il y a aussi sa copine Moïra et les autres, Alma, Janine, Dolorès.
    Alors, faut-il aller vivre dans la République de Gilead ? Le terme est utilisé par Edgar Poe dans « Le Corbeau », où l’on demande au Corbeau « Is there a balm in Gilead ? » que Mallarmé et Baudelaire traduisent par « Y a-t-il du baume en Judée ? » et à laquelle question le corbeau répond « Jamais plus !». La question est reprise avec talent par Archie Shepp dans « Blasé », album avec la superbe voix de Jeanne Lee. C’est le titre d’un negro-spiritual traditionnel « There is a balm in Gilead » tire d’un psaume de Jérémie, baume censé cicatriser les blessures de l’âme. En fait de baume, la règle de la République de Gilead, telle qu’elle est énoncée par le commandant est simple « Mais je ne tolère pas qu’une femme donne des leçons à un homme, ni usurpe sur son autorité; qu’elle demeure dans le silence. / Car Adam fut créé le premier, puis Ève. / Et Adam ne fut pas trompé, mais la femme qui le fut était dans le péché ». Je parlais plus haut de livre culte. Hélas je n’en connaissais pas les règles.

    Pour changer de cet univers cauchemardesque, il convient de suivre les conversations des martiens de « The Martians claim Canada ». Ils viennent de débarquer sur terre et demandent où ils sont à un champignon « Amanita muscaria, pas totalement fiable » mais c’est tout ce qu’ils ont sous la langue. Mais Mag nous prévient que si les champignons ont une excellente mémoire, ils ne sont pas très diserts. On apprend tout de même que les martiens ont atterri en « Nouvelle France », autrefois « Turtle Island », ou encore « Glacier des Laurentides », et bien avant encore « Laurentia », et même « Craton Nord-Américain ». Ce devait être un champignon extrêmement âgé. On en arrive à définir les gens « deux jambes, seulement deux bras, des têtes bizarres, seulement deux yeux ». il est vrai que lorsque l’on compare aux dessins de Margaret Atwood, tels qu’elle les a vus…
    Et on en arrive à définir un pays « dessiner une ligne, mettre des murs et des portes, de telle sorte que les gens peuvent entrer et d’autres ne peuvent en sortir ». Des armes bien sûr pour se défendre, lesquels incluent les « toasters, poêle à frire, micro-ondes » pour détruire les champignons. Puis vient l’histoire du Canada. L’arrivée de ceux qui ont un drapeau Français qui se battent contre ceux qui ont un drapeau anglais, tout cela pour une histoire de commerce d’animaux morts. Puis qui décident de faire pousser du blé, un anti-champignons, qui repousse ces derniers hors des champs. Puis ils font venir des orphelins, des réfugiés et des je ne sais quoi. Avec un sporocarpe à leur tête, sorte de réservoir à spores en chef, mâle ou femelle, les champignons n’entrent pas dans la querelle des genres. Ce qui n’arrange pas le martiens, venus pour « Canada : The Musical ». En fait, ils étaient venus pour « New York : The Musical ». Finalement ils tombent d’accord pour inclure les champignons dans leurs chants « Amanita, Amanita, how I loooove you ».

    Une bien belle histoire pour célébrer la disparition d’un académicien qui chanterait du rock.

    Publié par jlv.livres | 12 décembre 2017, 18:21
  2. Toujours à propos de dystopies, et d’éventuelles ressemblances avec des évènements ou des gouvernances dans des états proches. Le tout sans faire intervenir des petits hommes en quête de musique, mais dont la narration laisse tout de même un air qui fait froid dans le dos.

    « Zones de divergence » (2017, Inculte, 152 p.) de John Feffer traduit par Maxime Berrée, ou la confession d’un universitaire publiée sous le titre de « Splinterlands ». Cela commence mal. « J’étais un professeur d’université entre deux âges lorsque j’ai pratiquement créé la géo-paléontologie, en 2020 ». En voilà un qui n’a pas beaucoup d’avance sur nous. Il est vrai que ses confessions datent de 30 ans plus tard, c’est-à-dire en 2050, ce qui nous laisse un peu plus de marge. Mais il y a eu l’intervention de ceux qui préconisaient « L’Amérique d’abord », tiens, cela me rappelle quelqu’un.
    La suite vous la trouverez sur le site de Charybde https://charybde2.wordpress.com/2017/03/27/note-de-lecture-zones-de-divergence-john-feffer/
    J’y reviendrai certainement, l’ayant quelque peu zappé auparavant (chinois, cela va de soi), d’autant plus qu’il y a plusieurs autres textes intéressants sur le site de l’auteur.

    « Les Mandible : Une famille, 2029-2047 » de Lionel Shriver traduit par Laurence Richard (2017, Belfond, 520 p.) raconte l’histoire d’une autre famille américaine pendant la même période. L’auteur est née à Gastonia, en Caroline du Nord dans une famille dont le père était pasteur presbytérien, ce qui n’arrange rien. A 15 ans, la jeune Margaret An décide de changer de nom et d’adopter celui de Lionel, persuadée que les garçons réussissent mieux. La suite ce sont neuf romans, il y a de quoi lire, et quelques articles, dont plusieurs dans « The Guardian » auquel elle collabore depuis qu’elle vit à Londres. Un des derniers, paru dans « The New Stateman » en avril 2017 s’appelle « Making America Great Again », histoire de fixer les choses. Deux romans sont tout juste sortis des presses « The Standing Chandelier » et « Property ».
    « Les Mandible » narre donc l’histoire de la famille depuis octobre 2029, en référence au fameux « Jeudi noir » qui précède la Grande Dépression. En 2029, ce sera « La Grande Renonciation ». Pour certains, c’est déjà « Le Grand Remplacement », comme quoi la dystopie est déjà parmi nous. Le nouveau président élu, Dante Alvarado, est un latino « Buenas noches, mis compatriotas americanos », qui dénonce la dette américaine. Le dollar s’écroule et le président déclare le pays en faillite. Mais la famille, lien traditionnel des américains, tient toujours. Par contre la pollution et les changements climatiques ont eu raison du reste. On sépare « l’eau propre » de « l’eau grise », tout comme la presse en général a disparu. Globalement elle s’attaque à l’argent devenu roi et à ses sujets. « Ces vautours de rentiers qui sirotent leurs martinis à l’arôme ésotérique et se triturent les méninges pour trouver comment gâcher un nouveau milliard de dollars en se demandant ce qui pourrait bien encore leur faire envie ». Il faut dire que le choux à quarante dollars rend la choucroute aux sept viandes un plat plus que de luxe. On pourra toujours se rabattre sur le chou défraichi à dix dollars de moins.
    A part cela, tout va presque bien. Certes il y a eu la rupture des réseaux en 2025 qui a bloqué tout ce qui dépendait du numérique, c’est-à-dire tout. Mais le pays s’en est sorti en rebaptisant l’époque « Age-pierre ». Il est vrai que ce sont les puissances étrangères qui sont à l’origine du cataclysme. C’est toujours la faute aux autres, il y au moins cela qui ne change pas.

    Lionel Shriver n’en était pas à sa première vision du futur. Avant, il y eut « Il faut qu’on parle de Kevin » traduit par Lynne Ramsay (2008, J’ai Lu, 608 p.) centré sur la maternité et le meurtre, puis le monde médical avec « Tout ça pour quoi » traduit pas Michèle Lévy-Bram (2012, Belfond, 540 p.), et la nourriture dans « Big Brother » traduit par Laurence Richard (2014, Belfond, 448 p.). Et des romans plus classiques avec des histoires de couple comme dans « La double Vie d’Irina », « Double Faute » ou son dernier « The Standing Chandelier ».

    Dans « Making America Great Again », Lionel Shriver décrit un diner select à Brooklyn. Ce sont Dina et Bradford qui recoivent. Dina et son mari viennent d’emménager, en provenance du Wisconsin. Et les choses ne sont pas simples, surtout à Brooklyn. Entre les végétariens, vegans, sans gluten, Paleos, Atkins et Clean-Eating, cela veut dire six personnes, et donc six menus. Donc recours au BYOD. Quoi est-ce ? D’habitude c’est BYOB, ou « bring your own bottle » (amenez votre boisson), là c’est « bring your own dinner » (amenez votre diner). C’et surtout histoire de dé-sacraliser la nourrirture. Et en plus, comme le parquet vient d’être refait il y a « no-shoes policy ». On est prié d’ôter ses chaussures à l’entrée. Pas simple, la vie sociale à Brooklyn. Et comme dit l’hôte « il faut se reporter à ce qui est vraiment important ». Et on en est qu’à la seconde page. Puis arrivent Courtney et Austin, puis Ray et Melody. Tous des bobos bien entendu, travaillant au « Transportation Alternatives in Manhattan », opposés à la prospection de pétrole de schiste dans l’état de New York, bénévole au « NYC Animal Rights », ou au « Planned Parenhood », pour la reconnaissance des enfants transgenre. Et en plus, il y toutes cette propagande, certainement des « fake news » sur les réseaux sociaux.
    Et soudain, il y a cette remarque à propos de Donald Trump « how thick he is, how crude, how poorly spoken ». Mais heureusement le livreur de pizzas arrive et fait diversion. Et la conversation reprend jusqu’au « I voted for Trump » de Patrica. Il est vrai dit à voix basse, mais dit tout de même. « Silence soudain et total ». Et elle enfonce le clou « Sérieux. […]. Aussi vrai que Dieu a créé les petites pommes vertes ». On lui demande alors de s’expliquer sur son vote. Et les noms d’oiseaux volent. « un raciste, un islamophobe, un trans-phobe, un homophobe, un misogyne ». « La pire chose qui soit arrivée dans notre vie. Pire que le 9/11, pire que le Vietnam ». Finalement, les uns et les autres s’en vont. Et l’un d’eux reconnait « n’avoir jamais rencontré de partisan de Trump auparavant ».

    Satire du milieu bobo de Brooklyn, oppositions aux idées populaires et popularistes. Une Amérique déchirée comme jamais. La dystopie encore dans l’enfance. Il est vrai que les médias US tirent à boulets rouges sur le président élu. Même des docteurs en psychologie signent même dans « Psychology Today » un article saignant dans lequel ils l’accusent d’être dans un perpétuel déni de réalité, incapable de reconnaître ses torts et d’inventer des versions alternatives aux faits. Et cela ne fait qu’une année qu’il a été élu.

    Publié par jlv.livres | 13 décembre 2017, 14:04
  3. La suite vous la trouverez sur le site de Charybde
    https://charybde2.wordpress.com/2017/03/27/note-de-lecture-zones-de-divergence-john-feffer/
    d’autant plus qu’il y a plusieurs autres textes intéressants sur le site de l’auteur John Feffer.

    Publié par jlv.livres | 14 décembre 2017, 08:43
  4. La suite, et peut-être une sorte de conclusion après avoir lu une quinzaine de dystopies, que ce soit « La Servante écarlate » de Margaret Atwood, « Zones de divergence » (2017, Inculte, 152 p.) de John Feffer, ou « Les Mandible : Une famille, 2029-2047 » de Lionel Shriver. A ces trois romans récemment (re)publiés en français s’ajoutent ce qui est encore non traduit, ou publié de façon électronique. C’est le cas de « Pulling the Lever of the Doomsday », la suite de « Splinterlands » sous la forme du journal de Rachel, la femme de Julian West, ou « Aftershocks », un second roman de John Feffer. C’est aussi valable pour « Making America Great Again » de Lionel Shriver qui actualise son roman en le plaçant directement sous Trump. Mais l’idée générale vient du magazine « Slate » et d’un de ses auteurs favoris Ben H Winters. Ce dernier est notamment connu pour son roman « The last Policeman » (2013, Quirk Books, 336 p.) traduit en « Dernier Meurtre avant la fin du Monde » (2016, Super 8 Editions, 336 p.). Dans ce roman, à cheval sur le policier et la science fiction, Hank Palace, ancien policier se réfugie avec des collègues dans une forêt près de Concord dans le New Hampshire en attendant la fin du Monde. S’ensuit un étonnant « road movie » dans lequel Hank, son chien Hourdini et son ami Cortez découvrent les Etats Unis en vélo. Le pays est en ruine, peuplé de gangs fanatiques. Seule une communauté amish les accueille, offrant une vision différente de la vie.
    Bref, Ben Winters, relisant le livre de Philip Roth « The Plot against America » a l’idée de reprendre ce roman en l’actualisant avec l’élection de Donald Trump. Ce livre « Le Complot contre l’Amérique » traduit par Josée Kamoun (2007, Gallimard Folio, 576 p.), ou repris dans « L’Amérique de Philip Roth » (2013, Gallimard, Quarto, 1152 p.) se déroule aux Etats Unis en 1940. Le président Franklin Roosevelt n’a pas été réélu et c’est Charles Lindbergh, le célèbre aviateur, sympathisant du régime nazi et antisémite notoire, qui devient président. Avec son parti « America First », il conclut un pacte de non agression avec Hitler, excluant une intervention des Etats Unis dans le conflit mondial. Ses idées antisémites plongent les quartiers juifs dans la peur. L’essentiel du roman se passe dans le quartier de Newark où les Roth habitaient, avec pour voisin les Wishnow. On pourra lire dans les quatre romans repris dans l’édition du « Quarto » une sévère critique de la société américaine, la fin des illusions, en bref le revers du rêve américain.
    L’idée de « The Trump Story Projet » prend forme lorsque Ben Winters demande en janvier 2017 à dix auteurs d’écrire chacun une nouvelle sous forme de dystopie. Lesquelles seront publiées dans « Slate » http://www.slate.com/topics/t/trump_story_project.html

    Héctor Tobar avec « The Daylight Underground », ou la déportation d’un million de personnes. Cela commence comme une romance entre James et Maritza au Ramada Inn de Cabrillo en Californie. Un couple mixte comme il y en a tant. Sauf que certains sont plus contrôlés que d’autres. « Bad hombres and sassy señoritas together one last time ». Et même « Katarina Consuelo Ramirez, adjoint au. Los Angeles City College, plus connue sous le nom de Kat-Con » ne pourra rien faire.

    Ben Winters avec « Fifth Avenue » dans lequel Trump tient ses promesses de campagne. Il scrute la foule des américains qui manifestent et il y a de quoi, contre « la galerie de coquins du cercle restreint » : Jared Kushner, Michael Cohen, Michael Flynn, Corey Lewandowski, y compris Ivanka, devenue « First Lady » à la place de Melania. Il attend dans une cage que le président l’exécute d’une balle dans la tête, dans 10 minutes. Son défaut est de s’être intéressé à la mort subite, après un rhume de Arvin Andromak, qui enquêtait sur les liaisons louches entre Trump et les Russes.

    Edan Lepucki avec « Chorus » qui raconte comment les écoles de filles ont pris les choses en main sous une administration musclée. L’administration Pence a remplacé celle de Trump, mais elle est encore pire. Tout le contraire des libertés pour la femme, et une certaine idée, sinon une idée certaine, de celle-ci.

    Saladin Ahmed « Clay and Smokeless Fire » où l’on découvre toutes sortes de rois, du fou au voleur ou violeur. La vie de Qumqam en Amérique, malgré la présence de djinns, qui le barbent. « Pourtant, Dieu avait élevé l’humanité au-dessus du djinn. Qumqam ne pouvait pas douter de la sagesse infinie du Tout-Puissant. Il y avait une raison haute et puissante pour laquelle Dieu avait favorisé les humains. Mais Qumqam ne pouvait pas la voir ».

    Lauren Beukes avec « Patriot Points », nouvelle étrange, sous forme de questionnaires à remplir montrant que l’on est réellement fier d’être américain. Cela commence bien, on vient d’être sélectionné pour être un Américain fier de l’être, d’après les couleurs rouge, blanc bleu des présélections « TSA Precheck ». On peut remplir les cases pour une épouse et dépendants. Ensuite on a droit à énoncer ses racines, avec un barême, ses préférences d’achat, son armement (30 points si c’est une mitrailleuse). Des phrases à compléter aussi, sur « la place des femmes est…. » ou donner un exemple de « fake news ».

    Jeff VanderMeer avec « Trump Land » dans lequel tout commence par une blague qui tourne au cauchemar. Trump Land, ou plutôt « Trump’s asshole », soit « Trou du cul de Trump pour être plus clair ». Tout cela commence par une sorte de blague dans l’esprit de John Fray, un prêtre évangéliste, aussi appelé « Magic Ray ». Le père du narrateur est chargé de construire un bâtiment en forme de Trump, un « Bureau of Make America Great Again (BOMAGA) ». Du moins, cela ressemble à « une tête, ou alors à un chou-fleur lutant au milieu d’un champignon nuageux ». Mais bon, « son père avait du travail ». Reste à bâtir l’intérieur, ou « Hall of TRiUMPh », en abrégé « HOT » avec des emplacements spécifiques dédiés à la vie ou aux produits Trump. Les années passent. Trump est mort et enterré, plus personne ne se souvient de lui. Le narrateur revient sur les traces de son passé.

    Elizabeth Bear avec « What Someone Else does not want Printed » dans lequel on conforte ce qui est déjà confortable, mais on afflige les affligés. Elle a 30 minutes pour pondre son article. Tout y passe, souvent du n’importe quoi, du changement climatique au Gulf Stream, ou des migrants à la loi sur Medicare, devenue privatisée. Finalement elle fait un « alticle », clin d’œil aux « Alt-Right », extrême droite américaine.

    Nisi Shawl avec « Slippernet » ou comment forcer l’empathie envers son ennemi. On y découvre le « Wood-Wibe-Web », un réseau souterrain en forêt via les champignons. On découvre aussi les implants sous la peau.

    Kashana Cauley avec « Clippers » qui raconte le blanchissement progressif de la vie publique avec la prédominance WASP. On est après les élections de 2018, qui ont vu les noirs interdits de vote. Tout y est question de couleur de peau, même pour avoir sont petit-déjeuner il faut remplis un questionnaire racial. Et la quantité de lait est plus importante que celle du café.

    J. Robert Lennon avec « The Museum of Near Misses » dans lequel l’auteur se trouve englué dans une tragédie. L’action se passe dans le Midwest. Un coup de fil d’un ami lui demande de récupérer un tableau dans un musée en cours de fermeture. C’est d’ailleurs le titre de la nouvelle. Le tableau « a 4-foot-tall portrait, rendered in acrylic, of disgraced real estate mogul and former presidential candidate Donald J. Trump ». Ce sera sa perte.

    On se doute que la presse et l’opinion américaine ne vont pas en rester là. Tout d’abord on constate aux Etats Unis une recrudescence des ventes de deux livres prémonitoires. L’un est le célèbre « 1984 » de George Orwell, que l’on ne trouvait presque plus en stock traduit par Amélie Audiberi (1972, Gallimard Folio, 438 p.). Le second est « It can’t Happen Here » de Sinclair Lewis, traduit en « Impossible Ici » par Raymond Queneau, rien que ça, et d’ailleurs réédité récemment (2016, La Différence, 377 p.). Il est significatif que les américains redécouvrent ces deux ouvrages. Bien sûr le livre de Sinclair Lewis est axé sur le danger du fascisme, avec la montée de Berzelius Windrip, dit « Buzz », le « candidat des oubliés ». En face de lui Doremus Jessup, qui essaye de résister. Ce leader politique, très charismatique affirme incarner les vraies valeurs traditionnelles américaines. Il promet de profondes réformes économiques et sociales, et ceci afin de restaurer la grandeur du pays. Il est bizarre que ce soient des termes entendus récemment dans d’autres contextes. Bien entendu, à réformes lourdes, forces de l’ordre en conséquence, et police paramilitaire renforcée.
    Alors, face aux réactions inattendues de Trump, les auteurs américains ont essayé d’apporter une réponse intellectuelle à l’élection. Cette réponse est sous forme d‘une lettre ouverte « An Open Letter to Our Fellows Americans » postée à « Lit Hub », (Literary Hub), journal plus ou moins littéraire. Elle a été signée par plus de 450 auteurs dont une bonne dizaine ayant obtenu le Pulitzer Prize. Ils y dénoncent « – la façon dont le langage a été utilisé comme instrument de pouvoir, – le fait que la démocratie vit du débat, – le creuset culturel de l’Amérique, – la dictature comme exemple de manipulation, division et mensonges, – la recherche de la justice respecte la vérité, – la célébrité ne permet pas de parler au nom d’un peuple, – la montée d’un candidat qui fait appel aux éléments les plus vils et les plus violents demande une réponse immédiate ». Pour ces raisons, ils s’opposent à la candidature de Donald J. Trump. 20 000 personnes signent également la pétition.
    Il faut noter que Aleksandar Hemon a été un des non-signataires de cette lettre ouverte et à le revendique. Cet auteur, serbe de Sarajevo, vivant maintenant à Chicago, est l’auteur, notamment de « De l’esprit chez les abrutis» traduit par Johan-Frédérik Hel Guedj de « The Question of Bruno » (2000, Robert Laffont, 261p.) et surtout « Le projet Lazarus » traduit par Johan-Frédérik Hel Guedj (2010, Robert Laffont, 381 p.). Dans le premier, composé de neuf nouvelles, c’est un défilé de portraits de famille, avec les aléas de la Yougoslavie, de l’avant Tito à la guerre et la population de Sarajevo prise sous les tirs des snipers. Le second roman « Le projet Lazarus » débute par une histoire vraie. Celle d’un jeune juif ukrainien, Lazare Averbuch, qui a fui les pogroms dans son pays et s’installe à Chicago avec sa sœur Olga. Il est pris pour un anarchiste et abattu par la police. Dans la suite du roman, Hemon raconte l’odyssée de Vladimir Brik, bosniaque installé aux Etats Unis avant que ne commence la guerre à Sarajevo. Il se marrie à Mary, brillante neurochirurgienne et pense pouvoir échapper à son pays. En fait, il essaye d’écrire un roman, puisque c’est un écrivain débutant, alter ego d’Aleksandar. Ce roman le fait voyager à la recherche de ses origines. Il ira en Ukraine, avec Rora, un ami qui va lui raconter Sarajevo et ses horreurs. Mais la rencontre avec les ukrainiens ne lui dit pas autre chose, avec les mafias, fantômes de l’ex-URSS. « Au commencement, toute guerre suit une logique bien définie: les autres veulent nous tuer, nous ne voulons pas mourir. Mais, avec le temps, cela se transforme en autre chose, la guerre devient cet espace ou n’importe qui peut tuer n’importe qui n’importe quand, ou tout le monde veut la mort de tout le monde, car le seul moyen d’avoir l’assurance de rester en vie, c’est que tous les autres soient morts ». Ils visitent un cimetière juif à Chisinau. C’est tout ce qui reste d’un village et à propos de la guide Iuliana et de son ami Rora, il a ces mots, terribles. « Elle était moi, Rora était moi, et ensuite nous sommes tombés sur l’homme du banc […] – et cet homme, c’était moi, lui aussi. Le seul qui n’était pas moi, c’était moi ». Au total, il rentre, écartelé entre les deux pays « Je suis le citoyen de deux pays, d’une loyauté raisonnable envers l’un et l’autre. En Amérique – cette terre sombre – je gaspille mon vote, je paie mes impôts sans enthousiasme, je partage la vie d’une femme d’ici et je m’efforce de ne pas souhaiter une mort douloureuse à cet imbécile de président Bush. Mais je possède aussi un passeport bosniaque que j’utilise rarement. Je vais en Bosnie pour des vacances et des enterrements à vous briser le cœur et, le 1er mars ou aux alentours de cette date, en compagnie d’autres bosniaques de Chicago ».
    La raison qui pousse Aleksandar Hemon à ne pas signer la lettre ouverte repose sur son expérience de la démocratie. Et il en a une certaine dose, vécue dans sa chair et dans le sang. Il proclame que la seule façon de s’opposer de « façon légitime et légale » à la candidature de Trump « est de voter ». Le fait de lui demander de renoncer à se présenter par une lettre ouverte avant les élections, n’est rien d’autre qu’un déni de démocratie. Ce qui est exact. Maintenant encore faut-il que les élections soient libres et dénuées de fraude, ce qui est sans doute vrai pour les Etats Unis, hormis un matraquage sur les réseaux sociaux. Mais là encore, on est prié de faire fonctionner ses neurones et séparer ce qui est vrai des « fake news ».

    Publié par jlv.livres | 16 décembre 2017, 16:07
  5. Je n’en finirai donc pas de découvrir – et donc de lire – des romans dystopiques plus qu’angoissants, qui se déroulent dans une cinquantaine d’années en Amérique du Nord. Quelques critiques émises par Charbybde2 m’ont d’ailleurs aidé. « American War » d’Omar El Akkad, traduit par Laurent Barucq (2017, Flammarion, 464 p.) décrit la seconde guerre de Sécession (2075 – 2091), opposant les Nordistes aux Sudistes pour de brunes raisons d’énergies fossiles. On en trouvera le post sous ce titre (https://charybde2.wordpress.com/2017/08/13/note-de-lecture-american-war-a-novel-omar-el-akkad/ ), je finis d’abord de le relire.

    Cependant, je voudrais faire une remarque. Pour ces quelques demi-douzaine d’auteurs et titres, j’ai effectué pas mal de recherches, sur la bibliographie, le parcours, les motivations de ces auteurs. Une chose est frappante, qui déborde largement leurs opinions politiques. Cela m’est apparu clairement après lecture de « The Trump Story Project » publié dans « Slate » (http://www.slate.com/topics/t/trump_story_project.html) . La façon dont évolue la politique au sens large, c’est-à-dire le mode de vie en société, aux Etats Unis a provoqué une vive réaction, toute intellectuelle. J’ai donc recherché un analogue en Europe, en particulier suite la montée inquiétante des populismes. Cette montée est manifeste, en Hongrie, Finlande, Pays Bas, France, Pologne ou Allemagne pour n’en citer que quelques uns. Mais on s’aperçoit que presque tous les pays sont concernés.

    Je n’ai pas vu de mobilisation du même style chez les auteurs français, ou plus largement chez les intellectuels. Il y a bien eu des articles assez factuels et quelquefois très verbeux, sur la montée des pluralismes. Mais pas de dystopie ou d’articles un peu plus près des réalités quotidiennes. Pourtant on lit, ici et là, de savantes analyses promettant un développement et une promotion de la culture, lecture y compris, en réaction à cette vague populiste. Je suis au bord du fleuve (ou de la mer) et je ne vois pas la vague arriver.

    Publié par jlv.livres | 17 décembre 2017, 18:02
  6. Un dernier post sur le futur qui nous veut du bien et sur les technologies qui vont nous gouverner. Deux articles récents (10 – 11 12/2017) de « Le Monde » a attiré mon attention sur l’utilisation de la reconnaissance faciale en Chine et sa banalisation dans la vie quotidienne. Selon l’auteur des articles, Simon Leplâtre, correspondant à Shanghaï, le système de vidéo surveillance repère les piétons indisciplinés, et leurs visages s’affichent sur un écran géant, suivie bien entendu par une contravention, de 20 yuans il est vrai (2.60 euros). Il est vrai que le public chinois est particulièrement indiscipliné, ce sont les latins de l’Asie. J’avais été frappé par ce fait, il y a quelques années, des siècles si on compte en numéros de périphériques autour de Pékin. A l’époque, c’était avant les embouteillages monstres, il y avait encore foule de vélos et de piétons. Les feux de circulations étaient un élément sans doute uniquement décoratif. Et la traversée à pied d’un carrefour un exploit quelquefois risqué. Heureusement, avec la technologie, tout a changé.
    D’après les deux articles, les visages des piétons indisciplinés apparaissent sur un écran géant au coin des carrefours. Ils y restent jusqu’à payement de l’amende. Pour qui sait ce que signifie cette honte de voir son visage affiché pour les asiatiques, la méthode semble efficace. On peut s’interroger sur le bien fondé de la chose. Mais comme le reporte le journaliste questionnant un habitant « Il ne faut pas traverser au rouge, donc je ne vois pas où est le problème ».
    Le système est également installé pour contrôler l’accès dans les dortoirs universitaires, remplaçant les antiques concierges. Eugène Sue et ses pipelets doivent s’en retourner dans leurs loges. De même la durée de séjour et d’utilisation du papier toilette sont sévèrement contrôlés dans les toilettes publiques de Pékin. Par contre le journaliste ne parle pas de la reconnaissance olfactive, mais cette fois de la part des utilisateurs potentiels qui régnait alors à l’époque de ma visite.
    Ces technologies, maintenant abordables sur de simples téléphones ne semblent pas effrayer outre mesure les chinois. Des entreprises comme Alibaba l’utilisent couramment pour le paiement avec une détermination à tout crin. « Nous voulons être les yeux et le cerveau des villes, afin que toutes les prises de vue urbaines deviennent des données sur la ville ». Le risque de voir ces algorithmes, souvent à la base d’applications faciles à télécharger et dont le code, en langage Java, est facile à modifier, laisse toutefois planer un sérieux doute sur leur fiabilité à plus ou moins long terme.

    Un peu refroidit par ces lectures, j’ai cherché si la littérature chinoise faisait état de ces avancées technologiques. J’ai été fort déçu. Tout d’abord je n’ai trouvé que peu d’auteurs, du moins traduits, Liu Cixin et Wang Jinkang. Le premier est connu pour sa trilogie du « Problème à trois corps » dont seuls les deux premiers tomes ont été traduits par Gwenaël Gaffric (2016, Actes Sud, 432 p.) et « La Forêt Sombre » (2017, Actes Sud, 656 p.). Le dernier tome « Death’s End » n’est disponible qu’en anglais. Pour moi, ce sont des ouvrages de science-fiction, avec des Trisolariens dont la planète est située à quatre années lumières de la Terre seulement. Le peu que j’en ai lu est encombré de science pseudo-vulgarisatrice qui ne m’a pas passionné, tout au moins dans l’optique de récit à portée plus ou moins actuelle.
    Pour ce qui concerne Wang Jinkang, il est l’auteur de romans, dont un seul « Pathological» parait avoir été traduit en anglais. Centré sur des modifications biologiques, il raconte l’histoire d’un athlète, légèrement dopé, qui adopte des mœurs bizarres. Je n’ai pas été plus loin que le quatrième de couverture et les rares critiques.

    Publié par jlv.livres | 20 décembre 2017, 03:53
  7. J’avais cru à la vague avec la sortie de « Le Nouveau Magazine », resucée de l’ancien, et dont le premier numéro annonçait un dossier sur l’utopie. J’ignorais que l’utopie c’était le lecteur qui la vivrait. Comme quoi pour écrire, il faut avoir quelque chose à dire.
    Faire du neuf avec du vieux. Cela aurait pu s’appeler le « Néo Magazine Littéraire ». On aurait compris. Avec des plumes neuves. C’est dommage, j’aimais l’acheter de temps à autre.

    Publié par jlv.livres | 21 décembre 2017, 11:33

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