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Lectures BD, Notes de lecture 2017

Lecture BD : « Police lunaire » (Tom Gauld)

Encore un sommet de l’humour pince-sans-rire, absurde et minimaliste de Tom Gauld.

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Police lunaire

Trois ans après « Vous êtes tous jaloux de mon jetpack », l’Écossais Tom Gauld nous revenait en 2016, avec son humour pince-sans-rire presque minimaliste, son trait si caractéristique et son sens prononcé de l’absurde, technologique ou non, dans ce superbe « Police Lunaire », traduit par Catherine Leroux aux Éditions 2024, en 2016 également.

Très peu disert, et misant plus que jamais sur le songe et la contemplation, cet album met en scène de manière joliment poignante le crépuscule d’une conquête spatiale abandonnée, lorsque la colonisation de la Lune (en banlieue américaine des années 60) cède le pas au reflux, et que le policier en charge de la lutte contre la criminalité, fidèle et logique amateur de donuts, se retrouve de plus en plus seul, alors que ses concitoyens rentrent sur Terre pour ouvrir une boutique aux Pays-Bas ou contempler les couchers de soleil depuis Hawaï. Tandis que, obsolescence programmée ou non, les mécaniques robotiques se détraquent doucement, de l’automate commémoratif de Neil Armstrong à l’unité mobile de psychiatrie dépêchée auprès du policier en question, au cas où la dépression le guetterait, la nostalgie doit trouver d’ultimes ressources pour donner un charme bizarre à l’ennui sous absence d’atmosphère.

Comme le disait joliment Marius Chapuis dans Libération, « Si la bande dessinée est de l’espace qui se prend pour du temps, Gauld excelle dans la matérialisation de chaque révolution lunaire, de journées traversées au ralenti. Le policier se réveille, grimpe dans sa voiture, parcourt inlassablement le même désert ponctué d’habitations aux formes géométriques, avant de s’arrêter au stand de donuts, d’y commander un café et de rejoindre sa mer de tranquillité. La même routine à langueur de journée. »

Il y a sans doute peu d’auteurs contemporains de bande dessinée capables d’élever ainsi la grisaille et le doux désenchantement – ceux des replis et des fins de rêve – au rang de songe méditatif, grave et léger à la fois, et paradoxalement réjouissant.

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À propos de charybde2

Un lecteur, un libraire, entre autres.

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