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Notes de lecture 2012

Note de lecture bis : Le Japon n’existe pas (Alberto Torres-Blandina)

Un balayeur dans un aérogare, merveilleux conteur d’histoires …

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Publié en 2009, et traduit par François Gaudry la même année pour les éditions Métailié, «Le Japon n’existe pas» est un compagnon de voyage idéal, pour qu’une attente désœuvrée dans un aéroport semble s’évaporer dans le plaisir de la lecture.

Tout passager qui attend son avion, dans ce lieu suspendu hors de la réalité qu’est un aéroport, pourrait rêver de rencontrer le personnage central de ce roman, Salvador Fuensanta, balayeur en fin de carrière et formidable conteur d’histoires.

«Le nom de Salvador Fuensanta vous dit quelque chose ? C’est le mien… Vous ne l’avez jamais entendu ? Vous m’enlevez un poids. Pau m’a dit qu’il avait diffusé sur la toile l’histoire de Salvador Fuensanta, l’acteur mythique qui a joué dans le premier film porno pour le kinétoscope d’Edison, film détruit par des agents secrets du Pape Pie XI dans les années 20. J’ai pensé qu’il blaguait, mais avec lui on ne sait jamais. Il aimait tellement incruster de fausses histoires dans la réalité avec un R majuscule, comme il disait, que je n’aurais pas du tout été étonné qu’il m’ait fait cette blague pour la postérité. Mon nom aurait été associé pour toujours à celui du premier acteur porno.»

Cet homme qui aime parler aux passagers en transit, semble avoir fait le tour du monde. Il évoque, comme un familier des lieux, le chant du muezzin à Istanbul, le spectacle des soirées à Helsinki, la brume sur le lac de Côme, la maison de Dracula en Roumanie ou encore l’animation du centre-ville de Bangkok. Balayeur depuis toujours dans le même aérogare, il semble doué de tous les dons, sachant reconnaître de manière infaillible qui est de Paris et qui est d’une autre ville, véritable puits de science sur la littérature de voyage ou la philosophie orientale.

«Vous pourriez lever les pieds pour que je passe le balai ? Comme ça, très bien, merci. Vous allez en Inde, non ?
C’est très simple. Les destinations, c’est comme les coupes de cheveux, les chaussures… ou le conjoint.
On les choisit s’ils nous vont bien.»

 Alors il parle à des passagers que l’on devine simplement dans ce récit, sans les entendre. Il leur raconte des histoires extraordinaires, souvent livrées en plusieurs chapitres, interrompues par les nécessités du décollage des avions et par le départ de ses interlocuteurs, l’histoire d’Eduardo le justicier malheureux, celle du Club des Désirs Impossibles, l’histoire d’une rencontre d’une nuit… Au détour de ces contes souvent humoristiques, il nous livre des morceaux de sa sagesse et dénonce en passant les excès de la société contemporaine.

Un livre drôle et enchanteur, et un éloge des pauses, de la lenteur et des rencontres fortuites.

Ce qu’en dit mon ami et collègue Charybde 2 est ici. Christine Marcandier en parle aussi magnifiquement ici.

À propos de Charybde 7

Une lectrice, une libraire, entre autres.

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