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Notes de lecture 2016, Nouveautés

Note de lecture : « Adar » (Collectif)

La quintessence collective, naturelle ET enrichie, de Yirminadingrad.

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L’un des plus beaux mystères de la création littéraire – et l’un de ceux que je préfère, en tout cas – est sans doute celui de la solidité des constructions imaginaires que nous proposent les grands inventeurs, de leur épaisseur et de leur authentique résilience aux dégâts tentés par la lecture. Des univers les relativement plus proches en apparence, le Vigata d’Andrea Camilleri, le Yoknapatawapha de William Faulkner, le Region de Juan Benet, la Maremma de Julien Gracq, aux toujours plus lointains, telles les contrées des jardins statuaires de Jacques Abeille, les Terres du Milieu de J.R.R. Tolkien, le Terremer d’Ursula K. Le Guin, les Isles Anciennes de Jack Vance, ou les volutes post-exotiques à géométries variables d’Antoine Volodine et de ses hétéronymes, la lectrice ou le lecteur peut s’y promener d’un pas décidé, conquérant, timide ou angoissé, selon sa personnalité et son humeur, sans jamais sentir le souffle morbide ou fétide du carton-pâte qui protège maladroitement tant de villages Potemkine de la production du divertissement.

Ces univers-là, qu’ils soient très vastes ou très intimes, ont su traduire en mots de glace et de feu, accessibles et pourtant inaltérables, les échafaudages monumentaux concoctés par leurs créatrices et créateurs dans le secret de leurs cerveaux et de leurs cœurs.

Né en 2008 avec les 21 nouvelles de « Yama Loka Terminus », étendu dans le temps et dans l’espace en 2010 avec les 7 autres lieux de « Bara Yogoï », étiré et dissimulé en 2012 par les 19 lignes de fuite de « Tadjélé, récits d’exil », l’univers créé par Léo Henry, Jacques Mucchielli et Stéphane Perger – renforcés ensuite de Laurent Kloetzer – compte indéniablement pour moi, sous son nom générique de Yirminadingrad, parmi les plus grandes créations littéraires de ce type, et au moins de ce siècle. Initié avant le terrible décès de Jacques Mucchielli en 2012, le projet « Adar » – qui paraît en ce mois de novembre 2016 – soumet la ville mythique des bords de la mer Noire à un test de puissance et de profondeur particulièrement radical, en invitant dix autres auteurs, en plus du pilote Léo Henry et de l’initié Laurent Kloetzer, à venir ajouter leur propre pierre à l’édifice – et à en rendre ainsi éclatantes la riche solidité et la merveilleuse malléabilité.

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Cette lumière couleur de rouille. ® Stéphane Perger / Dystopia Workshop

Neve m’a d’abord parlé de Filip Hortz. Je n’ai jamais suivi de près l’actualité théâtrale. Tout ce que connais du domaine, je l’ai découvert par elle. Mais Hortz, tout de même… Son nom dépasse le cercle strict des spécialistes. J’avais longtemps pensé qu’il y avait une forme de snobisme dans l’engouement tardif pour son œuvre en Occident. Un metteur en scène russe d’avant-garde qui revisite les classiques avec une esthétique tarabiscotée, quelle que soit la qualité de son œuvre, ça plaît toujours à certains cercles d’intellos.
Elle avait travaillé deux années consécutives sur des pièces que Hortz avait montées au théâtre de Vidy, à Lausanne, en tant que metteur en scène invité. C’était sur Les Revenants d’Ibsen qu’elle était devenue assistante pour la scénographie, après une première expérience dans les costumes. Elle y avait appris les bases du travail sur les jeux de lumière, les projections, la façon dont on pouvait les utiliser pour sculpter et transformer l’espace scénique. Hortz l’avait alors remarquée. (« Cette lumière couleur de rouille »)

Stéphane Beauverger (dont on aime tant ici, notamment, « Le Déchronologue » de 2009), David Calvo (magique et trouble enchanteur, de son « Atomic Bomb » de 2001 à son « Sous la colline » de 2015), Alain Damasio (sa « Zone du Dehors » de 1999 et sa « Horde du Contrevent » de 2004 ne demandent plus guère à être présentées), Mélanie Fazi (dont les nouvelles fantastiques, rassemblées dans les recueils indispensables « Serpentine » en 2004, « Notre-Dame-aux-Écailles » en 2008 et « Le Jardin des silences » en 2014, modifient si intensément nos perceptions de l’ordinaire et de l’extraordinaire), Vincent Gessler (et, par exemple, son incroyable, cyberpunk et déjanté « Mimosa » en 2012), Sébastien Juillard (qui a inauguré en 2015 le catalogue des éditions Scylla avec l’impressionnant « Il faudrait pour grandir oublier la frontière »), Norbert Merjagnan (dont les romans « Les tours de Samarante » en 2008 et « Treis, altitude zéro » en 2011 ont su faire du langage un protagoniste à part entière), luvan (son recueil « Cru » de 2013 est déjà mémorable), Anne-Sylvie Salzman (dont nous apprécions tant ici les nouvelles, indépendantes dans les recueils « Lamont » en 2009 et « Vivre sauvage dans les villes » en 2014, ou formant roman dans les « Dernières nouvelles d’Œsthrénie » de 2014 également) et Maheva Stephan-Bugni (dont la nouvelle « Pirate » était l’une des plus belles de l’anthologie « Retour sur l’horizon » en 2009), aux côtés de Laurent Kloetzer (qui offre à chacune et chacun, avec son « CLEER » de 2010, son « Anamnèse de Lady Star » de 2013 et son « Vostok » de 2016 une souple trilogie particulièrement roborative) et de Léo Henry lui-même (architecte imparable de cet univers-ci, mais aussi démiurge dans « Rouge gueule de bois » en 2011 ou « Sur le fleuve » en 2013) : ils sont douze à avoir relevé ce défi, fortement risqué et, disons-le tout net, extrêmement réussi.

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Cingulata. ® Stéphane Perger / Dystopia Workshop

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Huitième étage. L’horreur. Je connaissais mal Saburo Matsuhita. Je l’avais probablement croisé lors d’un cocktail ou d’une inauguration de la fondation. Difficile d’identifier un architecte égaré dans une mondanité internationale, quand il n’en est pas l’invité d’honneur. Saburo avait été un bâtisseur commémoratif de talent, quand je m’étais spécialisé dans l’architecture utilitaire. C’était sa restauration du mémorial de Gisozi, après les troisième et quatrième guerres du Rwanda, qui lui avait valu d’être désigné pour cette mission à Yirminadingrad. Je n’aurais jamais postulé pour le remplacer si Stefan ne m’avait pas plaqué et si Rachel n’avait pas sauté sur l’occasion de me changer les idées. Je n’aurais jamais été sélectionné si l’architecte initial ne s’était pas écrasé sur la dalle de son projet, foutant en l’air à la fois sa vie, des mois de négociations et des centaines de millions d’euros. Ma tâche, désormais, était de finir la mission d’un autre, par vengeance et par procuration. À Paris, quand je lui avais demandé des précisions, Georgi avait grimacé une réponse peinée : « Monsieur Matsuhita a perdu son combat. » Je devinai qu’il n’avait pas utilisé cette formule étrange au hasard. « Il a passé des jours là-haut, à seulement corriger ses plans pendant que les contremaîtres attendaient. je crois qu’une fois sur place, il a compris ce que la ville attendait delui, mais il n’a pas trouvé comment raconter son histoire… »
Parce qu’il était mort sans explication, parce que ce sale con de Stefan m’avait quitté, et parce qu’il était temps que les visiteurs se souviennent des tragédies endurées par cette cité, je savais déjà que j’y poursuivrais l’œuvre de Saburo sans y imprimer mon style. J’étais ici pour recoller ses morceaux, pas les miens.
De toute façon, comment faire autrement, quand des fragments de sa dépouille resteraient incrustés dans le béton de son projet ? (« Cingulata »)

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Sur les murs, le visage de ma mère. ® Stéphane Perger / Dystopia Workshop

Comme nous y avaient habitué les trois recueils précédents situés dans l’univers de Yirminadingrad (les plus nostalgiques des lectrices et des lecteurs se souviendront aussi du si beau et si incompris « Malgré le monde » du groupe Limite en 1987), les nouvelles ne portent pas de nom d’auteur. Il pourrait être tentant, bien entendu, de s’amuser à les attribuer à chacune ou chacun des douze, mais les pièges thématiques et stylistiques sont ici sans doute plus nombreux qu’on ne le croirait d’abord, et il me semble au fond bien préférable de traiter le collectif improvisé en tant que tel. Partis d’une image somptueuse proposée pour chaque nouvelle par l’infatigable Stéphane Perger, elles et ils ont donc œuvré dans le souterrain pour malaxer la matière littéraire, replongeant dans les 47 textes du corpus préalable pour en extraire des échos, des correspondances, des approfondissements ou des bifurcations, explorant aussi bien les frontières et les sources de cet imaginaire mutant pour y incorporer de nouveaux éléments.

On considérait généralement qu’il était à l’origine de la figure virale de Notre-Dame des Douleurs, la Mater Dolorosa d’Yirminadingrad. Le visage de ma mère avait servi de modèle à Levon et il s’exportait en suivant le sillon ouvert par la mouvance YirminadinArt, dont on discutait désormais jusque dans les galeries branchées du Queens. Quelques boutiques online vendaient même ces fameux tee-shirts à l’effigie de la sainte.
À cette brusque poussée de fièvre avait succédé une vague d’attaque contre les sites dédiés. Des spécialistes de l’art envahirent les plateaux de télévision pour souligner le caractère dérangeant d’une mythologie fondée sur une ville dont personne n’était fichu de prononcer le nom correctement.
On fit causer des sociologues embarrassés, des psychologues confus, on osa même les philosophes. Du bout des lèvres, on évoqua l’émergence d’une « métaphore socioculturelle consciente et agissante ». Les grands noms de l’intelligence artificielle haussèrent poliment les sourcils. Un peu partout, des happenings absurdes donnèrent lieu à des dizaines d’heures de vidéo, où des adolescents nus couverts de Y peints en rouge vif surgissaient dans des banques ou des centres commerciaux en hurlant des phrases dans un dialecte inconnu. Un exorciste brésilien demanda des renforts au Vatican pour répondre à un accroissement de la demande dans les favelas.
Les gamins éructaient à la chaîne des multiples de 21. (« Sur les murs, le visage de ma mère »)

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Où Men Yi Rong libère Ai Nuan An, trouve fortune et prend le chemin des steppes. ® Stéphane Perger / Dystopia Workshop

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On se réjouira ainsi de découvrir (ou de retrouver, pour celles et ceux qui ont déjà arpenté les rues réelles et métaphoriques de Yirminadingrad) le quartier des Passerelles, le Mont des Algues, le quartier des Ferrailleurs, les enfers périphériques, les mythes fondateurs de Yirmin et d’Adin, les guerres mycrøniennes, les Pøwer Kowboys, l’artiste Evgeny, les pigeons-chats, les chiens errants et les chevaux efflanqués, l’omniprésence du nombre 21, subtilement entremêlés aux échos et aux réminiscences qui viennent s’insérer à merveille dans le foisonnement général : réacteurs en fuite et en fusion de Svetlana Alexievitch ou d’Elisabeth Filhol, slogans de Maria Soudaïeva, sinisations sibériennes et sabiresques de Vladimir Sorokine, junkspaces de Rem Koolhaas, habitats organiques de Jorn Utzon,  guerres robotisées de Grégoire Chamayou, brumes létales d’Andreï Tarkovski, revenants d’Henrik Ibsen, ex-commissaires politiques louches d’Enki Bilal, nouveaux russes de Pavel Lounguine, bouriates ou kirghizes de Lutz Bassmann, street art de Mythiq 27 ou d’ailleurs, Pripyat rendu à la nature de Patrick Imbert, turbo folk de  Ceca, abattoirs au phosphore de Kurt Vonnegut, intelligences artificielles banksiennes ou gibsoniennes, fragmentations et éclatements de William Burroughs ou de Walter Jon Williams, déconstructions de Zaha Hadid, implants défaillants de George Alec Effinger, origamis signifiants de Philip K. Dick lorsqu’il est remixé par Ridley Scott, postes de télévision défoncés de Nam June Paik, le Babel 17 de Samuel Delany : « Adar » intègre, déforme, déstabilise et sublime tout cela, et bien d’autres éléments mythiques encore.

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POUR VOTRE SECURITÉ,
L’IRIS S’ECRIRA PAUPIÈRE.
Adina Sadovska
Sous un pont
Je l’ai trouvée sous le pont. Elle prétendait s’appeler Adina Sadovska. La cloche de l’église orthodoxe sonnait. Adina Sadovska a pointé le ciel, m’a dit nous sommes sous un pont, s’est ravisée, a pointé le sol et m’a dit nous sommes sous un pont.
Je l’ai trouvée sous la voie rapide 70-37. Dans une cage fixée à un crochet rivé au béton. Sans vent ni cliquetis. J’ai su que cette cage était vraie car elle existait sans bruit. Et balançait sans vent.
La Chinoise prétendant s’appeler Adina Sadovska avait [a] un sourire qui pend [ait] vrai comme le poil sous le bras. Elle m’a dit nous sommes sous un pont en montrant successivement le ciel qui est le dessous d’une rocade en béton ; et le bas qui est l’eau stagnante. La flaque mangeait mes semelles en versant par l’entonnoir mou de mes bottes.
Je lui ai dit oui nous sommes sous un pont Adina Sadovska et je suis partie en
POUR VOTRE SECURITÉ,
ÉBROUEZ-VOUS.
Adina Sadovska
glanant de l’algue vert vif sur la proue de mes tibias.
Quand elle m’a vue de derrière, m’éloigner franc dos, omoplates raides elle a tapé contre les barreaux de la cage, imité le singe et cliqueté sans vent. Nuque vers elle, j’ai douté de son existence.
(« Où Meng Yi Rong libère Ai Nuan An, trouve fortune et prend le chemin des steppes »)

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Les terrains de golf sont tout ce qu’il reste de l’altérité [Une histoire imprimée de Rem Koolhaas]. ® Stéphane Perger / Dystopia Workshop

Il y a dans « Adar » un véritable caractère miraculeux, une épiphanie dont le chemin avait toutefois été largement indiqué par les trois recueils précédents : celui d’une variété de registres proprement extraordinaire, parvenant à extraire de chaque auteur les morceaux d’une palette radieuse et radioactive, sans que ce foisonnement ne se produise, in fine, au détriment d’une redoutable cohérence de l’ensemble. Autre prouesse presque inattendue (même si, à son tour, « Tadjélé, récits d’exil » le laissait présager, et que d’autres lecteurs que moi devront confirmer ce point), il me semble assez aisé de pénétrer dans « Adar » sans connaissance préalable du riche corpus yirminingradien. Comme plusieurs des auteurs du recueil semblent avoir joué, elles et eux aussi, ce jeu de la découverte, de l’entrée presque innocente dans la touffeur du mythe et de ses masques, la  possibilité est ici ouverte, placée d’ailleurs, et peut-être sans hasard, sous les signes conjoints de la première et de la dernière nouvelle du recueil, « Cette lumière couleur de rouille » et « Rendre compte de la vérité », d’un partage authentique de l’expérience radicale d’une étrangeté et d’une altérité inscrites dans des décors qui ont pourtant toujours, aussi improbable cela puisse-t-il sembler, un je-ne-sais-quoi d’atrocement familier.

Inspirez et pensez à une ville. A une ville qui naît. Pensez à Yirminadingrad après la tabula rasa. Le syndrome d’Alep. Expirez. Vingt et un mois de bombardements à l’infrabasse, 7 hertz, pour rendre le béton poreux. Les frappes à décompression qui ne fendent même plus les murs, non, qui les ramènent gentiment au ciment d’où ils venaient – sable et poudre, silice grise pulvérulente en champignons de trois cent mètres de haut retombant en pluie, en brume exaspérément lente, qui rendait les rares blocs encore debout presque beaux à force d’être fantomatiques.
On souffle maintenant.
Vingt et une mois sous la furie mycrønienne. Avec logistique russe et complaisance de l’OTAN. Puis derrière, sans besoin de bulldos, vingt et une tempêtes de sable à racler la ville jusqu’à l’os, qu’on y voit enfin clair dans le bleu crade de la mer, dans le port barbouillé d’épaves, clair dans l’azur pailleté de particules. Mais dans l’azur quand même. Clair sur ce qu’il restait réellement de la ville : une Kibera de gravats levée en vrac avec des pans fracturés de bitume. Une impression baroque de dolmens bas, de parts de pizza en macadam, plantées de guingois en pyramide à trois faces, ou tentées en cabane cubique avec un bout d’asphalte d’un seul tenant en guise de toit. Le tout à moitié enfoui dans les champs de dunes de ciment. On chercherait en vain de la blondeur, de l’orange brûlé sur les pentes ou du safran sur les siouf. Le gris brille.
Imaginez à nouveau, maintenant, poumons en fleurs.
Qu’est-ce qui restait de Yirminadingrad au bout de la guerre ? Précisément ça : un petit sahara de ciment avec des barkhanes de farine bistre, de gypse et de clinker là où se tenait Noir Central et le Mont des Algues, l’autostrade et les tours octogonales des barrios. Un peu comme si un génie torve avait décidé d’entreposer en cœur de ville les matériaux de sa reconstruction. Ce génie est venu, finalement.
On vide ses poumons, on remonte son diaphragme. (« Les terrains de golf sont tout ce qu’il reste de l’altérité [Une histoire imprimée de Rem Koolhaas] »)

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La bergère des drones. ® Stéphane Perger / Dystopia Workshop

Comme dans tout recueil de nouvelles, chacune et chacun trouvera sans doute parmi ces treize textes ceux qui lui parlent, à titre personnel, encore un peu davantage que les autres, ceux qui éveillent les résonances d’une poésie singulière et presque dédicacée, ceux qu’elle ou il, en refermant l’ouvrage, préfère (tout en sachant que cela peut changer à la relecture). Les miens sont, malgré des choix toujours quelque peu cornéliens, car les treize textes sont puissants : « Cette lumière couleur de rouille », « Cingulata », « Où Men Yi Rong libère Ai Nuan An, trouve fortune et prend le chemin des steppes », « Les terrains de golf sont tout ce qui reste de l’altérité », « Son âme est en papier », « La bergère des drones » et « Rendre compte de la vérité ».

En résumé, « Adar » manifeste au plus haut niveau la qualité et la puissance de l’imaginaire issu de la science-fiction et du fantastique lorsqu’il se confronte sans hésitation aux plus stimulantes exigences poétiques et littéraires, égalant ou dépassant alors presque tout ce que la littérature peut produire aujourd’hui.

Les correspondants de guerre ne portent plus de brassards C ou P ni l’inscription PRESS. Autant tracer sur soi les cercles d’une cible.
Rien qui indiquât le métier de Isondr T. Rien qui dît sa raison d’être, lâché dans un vallon de ravines radiopolluées et sauvages à quatre-vingt-dix kilomètres des vagues de la mer Noire. Il était un photo/sono/vidéoreporter réputé spécialisé en territoire hostile.
Était.
(« La bergère des drones »)

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À propos de charybde2

Un lecteur, un libraire, entre autres.

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