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Général, Information Charybde

Lire au soleil – Un été 2016 (1)

 

 

 

James-Bond-en-soloPlus de stations de métro ratées à cause d’une intrigue trop prenante, plus d’inquiétude matinale pour les effets secondaires des nuits blanches : quand arrive juillet, on peut enfin anticiper la joie d’une ivresse plus sereine, ces grandes plages de lecture que l’été permet.

Cette joie débute par le choix, souvent cornélien, des livres qui seront les compagnons idéaux sous le soleil. Par ordre alphabétique d’auteur, voici donc vingt suggestions de livres pour l’été, en plus des pavés sur la plage, dont vous pourrez goûter toute l’épaisseur sympathique ICI.

 

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un-chant-de-pierrePhilippe Annocque, Pas Liev (notes de lecture de Charybde 2 et Charybde 7) : dans la lignée de Kafka et de Beckett, un roman étrange, drôle et terrifiant, qui glisse de l’embarras absurde à la folie insurmontable.

Iain Banks, Un chant de pierre (note de lecture) : une fable philosophique et sociale aux accents sadiens, superbement écrite, sur fond de guerre imaginaire, mêlant des aspects des conflits modernes et de l’âge médiéval, qui ravage un pays de landes et de forêts qui ressemble à l’Écosse.

Pierre Cendors, Archives du vent (notes de lecture de Charybde 2 et Charybde 7) : autour du personnage d’un cinéaste mythique, et de son énigmatique quatrième film, un thriller labyrinthique où les œuvres littéraires et cinématographiques se répondent, un livre fascinant qui conserve sa part d’ombre même après son achèvement.

Éric Faye, Le mystère des trois frontières (note de lecture) : une profonde forêt allemande, des sentiers balisés mais néanmoins déroutants, des mystères enfouis, la folie qui rôde sous le soleil baignant une modeste auberge pour randonneurs, pour une exploration qui ne laisse pas indemne du pouvoir des grandes mythologies enfouies.

Caryl Férey, Condor (note de lecture) : dans le Chili d’aujourd’hui, luttes sociales, pauvreté galopante, et fantômes encore fort triomphants des années Pinochet et de la chasse aux subversifs à tout prix. Poignant et haletant.

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Yves Gourvil, Requiem des aberrations (note de lecture) : sur le point de recevoir un très gros héritage, Moïse Chant-d’Amour, un olibrius dangereusement imaginatif et extraverti, souhaite édifier sur un terrain abandonné de la banlieue parisienne un parc d’attractions populaire dédié à l’opéra, un anti-Disneyland et un anti-Bayreuth. Autour du rêve utopique d’un groupe de déclassés, un roman truculent, drolatique et une ode au langage et à la musique.

Barry Graham, Le livre de l’homme (note de lecture) : après une dizaine d’années, le retour d’un poète en Écosse, sur les traces d’un ami écrivain disparu, font ressurgir les souvenirs rudes et lumineux du Glasgow des années 1980. L’un des romans phares de l’Ecosse de la génération Trainspotting.

Pablo Gutiérrez, Rien n’est crucial (note de lecture) : deux enfants de la pauvreté et des marges espagnoles, lancés à l’assaut improbable du monde contemporain, inventant l’amour à leur manière dans un monde qui n’en veut guère, utilisant la pop culture à escient, bon ou mauvais, pour un conte acide, hilarant et décapant.

Pasi Ilmari Jaaskelainen, Lumikko (note de lecture) : dans un village finlandais miniature voué à l’art littéraire, la quête (surnaturelle ou non ?) d’une apprentie écrivain pour élucider les ressorts secrets de l’inspiration fictionnelle, et beaucoup plus.

Hans Henny Jahnn, Le navire de bois (note de lecture) : un grand voilier à l’architecture intérieure incompréhensible, une cargaison mystérieuse couvée par un armateur et un subrécargue encore plus mystérieux, un huis clos en haute mer sous hautes doses de doute méthodique, d’irréalité et de drame.

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Malcolm Knox, Wonder Lover (note de lecture) : de l’art d’organiser, presque en tout bien et presque en tout honneur, double, triple ou quadruple vie lorsque l’on est un certificateur officiel et attitré de records mondiaux en tous genres. Extrêmement drôle et incroyablement subtil.

Perrine Le Querrec, L’apparition (note de lecture) : comment inventer les langages qui cherchent à s’exprimer ou à se masquer dans les corps tétanisés de fillettes en proie aux apparitions mystiques ? Comment faire de ce matériau improbable une grande leçon de narration et de poésie ? Une rare prouesse d’écriture.

Quentin Leclerc, Saccage (note de lecture) : à sept voix hallucinées et pourtant puissamment concrètes, orchestrer la geste polyphonique d’une catastrophe politique, sociale et militaire toujours en cours de réalisation, au milieu des décombres d’une société avide qui excella longtemps dans l’art de faire semblant de rien, avant de s’effondrer dans ses illusions brutalement ramenées au réel de la déliquescence.

Dominique Manotti, Or noir (note de lecture) : la première enquête du commissaire Daquin en 1973 à Marseille, dans une ville ensanglantée par des règlements de compte dans le milieu marseillais et par la liquidation de la French Connection, au moment où la libéralisation du commerce du pétrole fait naître des appétits démesurés pour de nouvelles formes de contrebande. Un très grand roman noir qui éclaire un moment fondamental de basculement vers un nouveau monde.

Chris Offutt, Le bon frère (note de lecture) : entre Kentucky et Montana, la nature domptée ou indomptée, le poids absurde des vengeances de commande, les angles morts de la société américaine, et une belle dose d’ironie subtile.

Une plaie ouvertePatrick Pécherot, Une plaie ouverte (note de lecture) : en 1905, en plein essor de l’industrie du cinéma et du western, Marceau est hanté par le souvenir de sa bande d’amis de la Commune, dont ont fait partie Paul Verlaine, Arthur Rimbaud ou Gustave Courbet, et par le spectre de l’un d’entre eux, Dana, condamné à mort, accusé d’avoir participé au massacre des otages de la rue Haxo et peut-être enfui aux États-Unis. Entre polar et roman historique, un récit somptueux et noir.

Luke Rhinehart, L’homme-dé (note de lecture) : comment surmonter l’ennui désespérant d’une vie banale ? Psychiatre écœuré par l’incapacité de sa discipline à guérir le malheur humain, le Dr Rhinehart a trouvé la solution : il confie chacun de ses actes au hasard, avec un lancer de dés. Emblématique d’une époque de contestation et de libération sexuelle, un roman subversif, anticonformiste et hilarant.

Olivia Rosenthal, Toutes les femmes sont des aliens (note de lecture) : la magnifique échappée d’un être qui, utilisant les contenus d’Alien, des Oiseaux, de Bambi ou du Livre de la Jungle, construit un refus des assignations péremptoires et des rôles automatiques, pour s’inventer une liberté paradoxale.

Corinne Royer, Et leurs baisers au loin les suivent (note de lecture) : un roman qui s’enclenche comme une enquête policière, avec la disparition mystérieuse d’un agriculteur de Saône-et-Loire, explore les ramifications d’une histoire familiale, de ces liens coupés mais ne meurent jamais, et comment ce qui s’est passé ailleurs et autrefois, pendant la guerre d’Algérie ou en Haïti, continue d’agir au-delà du temps et des oceans.

Lyonel Trouillot, Kannjawou (note de lecture) : comment un peuple peut-il rêver d’avenir quand le destin de son pays a été confisqué ? La colère et le souffle poétique de l’écrivain haïtien qui raconte l’entrée dans l’âge adulte de cinq jeunes gens de Port-au-Prince, dans un pays occupé depuis plus de dix ans par les organisations internationales.

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Un très bel été de lectures et à bientôt en Charybde !

 

 

À propos de Charybde 7

Une lectrice, une libraire, entre autres.

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Rétroliens/Pings

  1. Pingback: Des pavés sur la plage – Un été 2016 (2) | Charybde 27 : le Blog - 4 juillet 2016

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