☀︎
Général, Information Charybde

Le prix Libr’à Nous 2016

Les réjouissants lauréats du prix Libr’à Nous 2016.

x

12274721_1788876588006417_177712575101234_n

Le prix Libr’à Nous est né l’an dernier, une initiative un peu folle, comme on les adore chez Charybde, bien qu’on ne soit pas très « prix » au départ : un mouvement spontané de libraires francophones, qu’ils exercent en indépendant ou en chaîne, pour proposer leurs coups de cœur de l’année précédente, dans diverses catégories, aux suffrages de leurs pair(e)s, sans affiliation à quelque organisation que ce soit – en toute liberté donc.

Cela se passe en trois tours : au premier, chacune et chacun peut proposer autant de titres que souhaité, et voter de même ; au deuxième, les choix se répartissent sur les dix livres les plus populaires (auprès des 200 participant(e)s) dans chaque catégorie ; au troisième, on élit le gagnant, parmi les 3 ou 4 finalistes de chaque catégorie. Charybde 2 et Charybde 7 ont participé à cette deuxième édition, comme à la première, dans les catégories couvertes par la librairie Charybde, spécialisée en fictions de toutes sortes.

Franchement, le palmarès est particulièrement réjouissant !

*****

En littérature francophone, « Le caillou » de Sigolène Vinson – notre préféré dans la sélection 2016 – succède à « L’île du point Nemo » de Jean-Marie Blas de Roblès.

En littérature étrangère, le beau « La neige noire » de Paul Lynch succède à « Rouge ou mort » de David Peace. Notre préféré parmi les finalistes, « Neverhome » de Laird Hunt, n’était pas bien loin.

En polar, « Pukhtu Primo » de DOA – notre chouchou – succède à « Les rêves de guerre » de François Médéline.

En imaginaire, « Futu:re » de Dmitry Glukhovsky succède à « Morwenna » de Jo Walton : un chouette vainqueur même si notre soutien allait plutôt, en finale, à « La ménagerie de papier » de Ken Liu.

En BD, « Zaï zaï zaï zaï » de Fabcaro, que nous avions adoré depuis sa parution, succède aux « Vieux fourneaux » de Wilfrid Lupano et Paul Cauet.

Les libraires participants vous invitent à célébrer les lauréats et les livres le mercredi 10 février à 20 h 00 au centre Wallonie-Bruxelles (46 rue Quincampoix 75004 Paris). Ce soir-là, nous recevons Emmanuel Régniez, pour son extraordinaire « Notre château« , chez Charybde à 19 h 30, mais nous essaierons de faire un saut sur place ensuite pour vous y croiser le cas échéant.

L’ensemble des résultats est consultable sur Addict-Culture, le partenaire web du prix Libr’à Nous, ici.

x

12642859_1812624522298290_1297725447523346319_n

 

À propos de charybde2

Un lecteur, un libraire, entre autres.

Discussion

4 réflexions sur “Le prix Libr’à Nous 2016

  1. « Le Caillou » de Sigolène Vinson (2016, Le Tripode, 202 p.). C’est simple, le quatrième de couverture indique simplement « C’est l’histoire d’une femme qui voulait devenir un caillou. ». Avec cela, le lecteur est tout de suite mis en confiance. Mais, bon, lorsque l’on sait qu’elle a travaillé à Charlie Hebdo, on est rassuré (quoique…). De plus c’est publié par Le Tripode, on est donc a priori deux fois plus convaincu que cela doit être bien.

    Partant de là, trois parties (peut être quatre). Dans la première (Monsieur Bernard), la narratrice apprend la mort de son voisin, le déjà nommé Monsieur Bernard. Ce monsieur avait ses habitudes dont celle de partir régulièrement en Corse. Pouf, il est mort, une seule carte de Chez Félix à Cala d’Orsu (Corse du Sud).

    Livre II (Le Voyage). Direction Cala D‘Orsu chez Félix, la suite est logique. Ballade au milieu des arbousiers, lentisques, myrte et figuier, jusqu’à la cabane de monsieur Bernard. La narratrice a maintenant un nom « sac à foutre ». Elle a presque un visage que sculptait sans cesse Monsieur Bernard.

    Livre III (La Métamorphose). La narratrice va-t-elle être pétrifiée ? Cela fait vingt ans que la sac à foutre est appelé « Ma chérie » et est enrochée « Enrochée ce n’est pas le terme. C’est pourtant ce que je suis, enrochée ».

    La dernière partie est intitulée « Les choses telles qu’elles sont ». la narratrice « a toujours un caillou dans sa chaussure, [elle ne l’a] pas retiré de toute la promenade ». Est ce le même caillou que celui qui ouvre le livre ?

    En résumé, très belle histoire, qui sent bon la Corse du Sud. Solitude, vieillesse qui arrive, nostalgie, retour aux sources, finira t’on tous comme un caillou ? Ou bien faut il « aplatir le nez contre la vitre pour avoir un autre degré de conscience. ». Le caillou devenu galet (qui roule). Question hautement philosophique. Qui du galet ou du caillou (dans la chaussure) est il le plus heureux ?

    Autre question quasi métaphysique posée par la narratrice. Fallait il que la concierge « arrose les plantes de la cour alors qu’il pleuvait. ». On touche là à toute la misère du monde. Et puis cette réflexion « Au fond, c’est bien utile d’avoir un petit vieux qui perd la boule sous la main, on peut prendre la mesure de l’inévitable et verser dans le pessimisme sans aucune obscénité ».

    Un premier livre « J’ai déserté le pays de l’enfance » (2011, Plon, 189 p.). L’enfance de Sigolène Vinson à Djibouti. Rapport au militantisme (perdu) du père… puis, plus tard, avocate au barreau de Paris. Droit du travail et défense aux Prud’hommes. De quoi flinguer tous les rêves d’enfant.

    Et dernièrement « Courir après les ombres » (2015, Plon, 208 p.). Le golfe d’Aden, où Paul Deville négocie les ressources africaines pour un grand groupe chinois, la « Shangaï Petroleum, Chemical and Mineral Corporation ». Mais Paul s’ennuie et rêve, Aden c’est bien sur Arthur Rimbaud, son commerce plus ou moins licite, ses amants de passage…..
    L’ombre c’est aussi le commerce mondial (via les chinois), comme ce minéral d’un lac asséché (en fait du lithium vendu au prix du sel). Chinois qui se constituent « un collier de perles », réseau de traders qui pillent sans vergogne l’Afrique. Collier de perles aussi, ce cadeau que Paul offre à Mariam, jeune pêcheuse somalienne qui espère bien, via le riche blanc, changer sa vie.
    Ce n’est pas tant la dénonciation du pillage de l’Afrique que le désespoir de ces différents personnages « Aucun […] ne sait ce qu’il va devenir dans un monde qui les dépasse ».

    Une certaine unité de thèmes dans ces trois livres, la perte des rêves, l’incertitude face à l’avenir, la peur de vieillir….. Le tout est porté par une écriture très belle, largement poétique, avec des odeurs, des couleurs, des sons, des textures, bref, tout ce qui est nécessaire pour une description qui donne envie de sentir, voir, entendre, toucher. C’est une bonne nouvelle que ce prix.

    Et la suite sera pour « Notre château » de Emmanuel Régniez (2016, Le Tripode, 128 p.) (le post est déjà prêt).

    Publié par jlv.livres | 4 février 2016, 09:14
  2. Attention au « spoiler » ! 😉

    Publié par charybde2 | 5 février 2016, 10:33

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :