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Notes de lecture 2010

Note de lecture : « Ariane Mnouchkine » (Béatrice Picon-Vallin)

Une fascinante leçon de création collective.

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Ariane_Mnouchkine

La collection « Actes Sud – Papiers » est précieuse pour les amateurs de théâtre, la partie « Mettre en scène », dirigée par Béatrice Picon-Vallin, l’est encore davantage.

Dans son opus de 2009 consacré à Ariane Mnouchkine, on trouve à la fois une excellente introduction didactique, un long entretien entre la directrice du Théâtre du Soleil et des élèves du CNSAD et de l’ENSATT, et, rareté, un extrait de notes d’interventions prises à la volée lors du « stage » proposé chaque année à plusieurs centaines d’actrices et d’acteurs souhaitant se frotter (et éventuellement rejoindre) aux méthodes du Théâtre du Soleil.

Quelques morceaux choisis :

« La peur n’est pas la même, la peur devant une araignée n’a pas les mêmes symptômes que la peur du tigre ou la peur d’un assassin, ou la peur d’un amoureux devant son amoureuse. C’est toujours la peur, mais avec des couleurs différentes, des symptômes différents. Le médecin qu’est l’acteur cherche, il explore ; en fait, il connaît la maladie mais il ne connaît pas les symptômes. (…) Les grands auteurs sont ceux qui ont l’art de donner à chaque phrase une petite maladie différente qui s’aggrave jusqu’à aller au crime ou à la mort, ou qui au contraire se calme. Un acteur, une actrice doit comprendre ces maladies et en trouver les symptômes. » (…)

« Quand je vois le monde autour de moi, je me rends compte que je ne comprends pas 90% des choses qui s’y passent, mais je sais que c’est de ma responsabilité que d’arriver à le comprendre, et je continue avec une obstination qui peut paraître tout à fait stupide à certains, de penser que nous pouvons, nous devons agir sur le monde, comme un grain de sable – chacun d’entre nous. » (…)

« Le metteur en scène propose. Il faut proposer quelque chose où chaque actrice, chaque acteur sente qu’il y a un peu de lui. » (…)

« Quand il s’agit d’une pièce écrite, je demande aux comédiens de ne pas apprendre leur texte parce que je ne veux pas qu’ils l’apprennent – je sais que c’est rare. Je n’aime pas du tout quand ils savent trop vite leur texte : je pense que c’est un facteur de mécanisation très difficile ensuite à oublier. Ils gardent donc le texte en main très longtemps. »

Fourmillant de précisions et de réflexions, ce court volume passionnera les amateurs de la Cartoucherie et du théâtre en général, mais devrait aussi intéresser toutes celles et tous ceux que la création collective et ses mécanismes fascinent.

Pour acheter le livre chez Charybde, c’est ici.

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Ariane Mnouchkine en 2014 – © Michèle Laurent

À propos de charybde2

Un lecteur, un libraire, entre autres.

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