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Notes de lecture 2014

Note de lecture : « Rêves d’histoire » (Philippe Artières)

Rêveries inachevées pour évoquer les sources et l’écriture de l’Histoire.

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Comment travaillent les historiens ? se demande Philippe Artières en s’interrogeant sur sa propre pratique, et en nous livrant ses rêves inaboutis d’histoire, ses envies naissantes abandonnées et partagées dans ce livre afin de «faire circuler les idées, de les soumettre à la critique, de provoquer des rencontres aussi», pour «éprouver ses rêves à la réalité des lecteurs» ; ces rêves qui «déclinent une même question, suivent une identique obsession : écrire une histoire de l’infra-ordinaire.»

«Le présent volume se donne à lire comme un carnet où se succèdent quatre dossiers – objets, pratiques, lieux et traces – comme autant de tiroirs à tirer, de cartons à ouvrir, d’enveloppes à décacheter. Car c’est bien aussi de cette trouble émotion de celui qui cherche que ce livre rend compte.»

© Ernest Pignon Ernest

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Ces rêves d’histoire, sous-titrés «Pour une histoire de l’ordinaire», une trentaine de pistes évoquées en quelques pages d’une brièveté évidemment frustrante, plongent dans les traces, souvent écrites, du quotidien. Une excitation proche du vertige s’empare du lecteur curieux, en imaginant l’exploration possible de ces sujets de l’ordinaire : l’embryon d’une histoire des routes, un de mes grands sujets de rêves autour de L’Odyssée et de la mythologie Nord-Américaine, une histoire des impostures, un rêve dont le point de départ est les scams nigéro-ivoiriens, qui résonne singulièrement avec le recueil collectif «Hoax» (aux regrettées éditions Ère) ou avec le texte de Frédéric Fiolof récemment paru dans «La moitié du Fourbi», une histoire des navires qui serait composée à partir de leurs écritures de bord, une histoire de la cloison, et de l’intimité, autour de ces lieux de paroles cloisonnés que sont le confessionnal, le parloir des prisons et l’hygiaphone, ou encore d’une histoire des cartes sonores.

«Le moment où un nouveau projet émerge est semblable à une ivresse : on se dit soudain qu’il faudrait faire l’histoire de tel ou tel événement, travailler sur telle ou telle notion, enquêter sur telle ou telle figure, entreprendre telle ou telle archéologie. Des interdits tombent, les repères s’estompent, on se laisse aller vers un ailleurs.»

Accueillant les apports de toutes les disciplines, et les traces souvent fragmentaires du quotidien, l’histoire rêvée par Philippe Artières n’est pas une matière objective et sèche, mais un objet de désir, le creuset fécond d’une pensée critique et le lieu d’un récit.

«Rêver n’est pas renoncer, bien au contraire.»

Pour acheter chez Charybde ce livre publié aux éditions Les Prairies ordinaires en 2006, et réédité en 2014 aux éditions Verticales, c’est ici.

Artières

 

À propos de Charybde 7

Une lectrice, une libraire, entre autres.

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