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Notes de lecture 2013

Note de lecture : « Entre amis » (Amos Oz)

Le rêve évanoui d’un idéal.

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Paru en 2012, et en 2013 pour la traduction française de Sylvie Cohen pour les éditions Gallimard, les huit chapitres-nouvelles d’«Entre amis», qui se déroulent dans la même communauté – le kibboutz Yikhat – avec les mêmes personnages, forment par touches subtiles un tableau nostalgique et juste de la vie d’un kibboutz.

En cette période des années 50 finissantes, la nature est plutôt belle au kibboutz, au milieu des fleurs et vergers cultivés par les hommes. Néanmoins, avec le conflit et les dommages tragiques infligés aux palestiniens en toile de fond, les relations sont difficiles, rendues complexes par l’amour sans contraintes, par les couples qui se font et se défont, par la cruauté des ragots et la condamnation sans pitié des faiblesses, par les jalousies et dissensions exacerbées dans ce milieu communautaire, par les limites de l’utopie égalitaire – comme l’idée de faire éduquer les enfants par la communauté, hors de la cellule familiale.

Dans cette communauté où tout est partagé et tout se sait, les protagonistes, Tsvi Provisor le jardinier, Osnat la lingère, Nahum Asherov l’électricien veuf, Yoav Carni le secrétaire intègre, Roni Shindlin le papa poule colporteur de potins, Martin Vandenberg le pionnier, mais aussi les adolescents, tous ces héros du quotidien, mènent des vies étrangement solitaires.

«Entre amis» raconte l’impossibilité de réaliser l’utopie du kibboutz, de gommer les injustices par un nouveau mode de vie égalitaire, nous parle de ce rêve qui se fane avec l’avancée en âge des fondateurs, avec les adultères, les jalousies amères et avec les envies d’ailleurs de la nouvelle génération.

Mais ne prenez pas ce livre, vingt-deuxième œuvre de fiction de l’auteur de l’extraordinaire «Une histoire d’amour et de ténèbres», pour le livre d’un auteur vieillissant et désabusé. Malgré son titre qui vient souligner avec ironie la solitude des habitants du kibboutz, malgré son atmosphère crépusculaire, c’est un récit plein d’un espoir mélancolique.

«Le soir, une fois le planning du lendemain accroché au panneau d’affichage, Roni s’installait avec ses amis et sa petite cour à leur table attitrée, au bout du réfectoire, pour fumer et échanger des potins et des ragots sur tout le monde. Rien ne lui échappait. La vie d’autrui l’intriguait fort et déclenchait un torrent de plaisanteries. Les idéaux les plus élevés révélaient nos faiblesses et nos contradictions les plus absurdes, estimait-il. Il aimait citer Levi Eshkol affirmant qu’un homme n’est qu’un homme, et encore pas très souvent.»

Pour acheter ce livre chez Charybde, c’est ici ou (en Folio).

À propos de Charybde 7

Une lectrice, une libraire, entre autres.

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