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Notes de lecture 2011

Note de lecture : « La diagonale du traître » (Hervé Hamon)

Une autre facette du talent d’Hervé Hamon : le nouvelliste.

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La_diagonale_du_traitre

Connu surtout pour ses grandes enquêtes journalistiques (« Les intellocrates » (1981), « Génération » (1987)) et un peu plus récemment pour ses ouvrages maritimes (l’intime et magnifique « Besoin de mer » (1997), ou le passionnant « L’Abeille d’Ouessant » (1999)), Hervé Hamon nous livrait début 2010 ce recueil de douze nouvelles sur le thème de la traîtrise, publié aux éditions Dialogues.

Trois sortent vraiment du lot, à mon goût : « Donnant donnant », « 53ème Congrès » et « L’infidèle ». Trois sont également très attachantes : « Les yeux dans les yeux », « M. Singh » et « Un Judas pareil« . Les autres, sans être mauvaises, sont nettement moins intéressantes.

L’exergue : « Trahir, c’est sortir du rang et partir dans l’inconnu » (Milan Kundera)

Quelques petits extraits :

À son âge, il n’était pas loin de penser que l’imagination est la vertu cardinale, que la souplesse, la faculté de réagir, sont ce qui compte le plus – tout le contraire de ce qu’il avait appris en commençant, et de ce qu’il avait mis en pratique durant des années. (« Les yeux dans les yeux »)

Se venger, c’est rien, c’est facile, c’est à la portée de n’importe quel abruti. Mais penser qu’à chaque seconde, dans sa prison, elle rêvera de me buter, ça, c’est quelque chose. (« Donnant donnant »)

Ne soyez pas vulgaires, ne me dites pas que la politique est l’art de trahir. Cela, c’est élémentaire, lamentable, quelquefois nécessaire, mais éminemment rustique. Après tout, un homme engagé palpite avec son temps, il est susceptible de variations plus ou moins saisonnières. Reprocher à un professionnel d’être opportuniste, c’est une contradiction dans les termes. (« 53ème Congrès »)

J’espère que vous ne regrettez pas que votre guide soit un traître aux idées reçues. Adieu. (« M. Singh »)

Je leur disais que non, qu’il n’y avait pas un temps pour se plier et un temps pour se déplier, un temps pour ramper et un temps pour se déployer. Je leur disais que cela se jouait maintenant, et ils haussaient les épaules, considéraient que j’étais un provincial naïf et psychorigide. (« L’infidèle »)

La découverte d’une nouvelle surprenante facette au talent de Hervé Hamon.

À propos de Hugues

Un lecteur, un libraire, entre autres.

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