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Notes de lecture 2012

Note de lecture : « Le trône de fer – 1 – Le trône de fer » (George R. R. Martin)

Le premier tome du plus célèbre cycle récent de fantasy. Sans doute moins fort que du Glen Cook, mais très réussi néanmoins.

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Très longtemps, George R.R. Martin est resté pour moi principalement l’auteur du formidable recueil de nouvelles « Les rois des sables » (1981) et du grand roman de rock fiction « Armageddon Rag » (1983, tout récemment réédité chez Denoël). N’étant plus très intéressé par la fantasy ces dernières années, j’avais superbement ignoré son développement de la saga du « Trône de Fer ».

Las, avec désormais la première saison de la série éponyme en DVD, et les commentaires flatteurs de nombreux amis, j’ai craqué. Avec bonheur.

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Dans ce premier tome, publié en 1996, l’univers des Sept Royaumes se met en place : un monde médiéval, beaucoup plus que fantastique (les dragons ont disparu, les morts-vivants du Nord glacé sont réduits à des légendes pour effrayer les enfants, la magie est ignorée ou presque,…), truffé d’intrigues politiques, généalogiques et amoureuses (George R. R. Martin a longuement commenté par ailleurs à quel point « Les rois maudits » de Maurice Druon avaient façonné sa lecture d’un univers médiéval « réaliste »).

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Dans un style qui n’a rien d’exceptionnel, mais avec une robuste technique littéraire (le jeu des points de vue de narration est remarquablement mené), l’auteur installe son propos : on est ici dans un Moyen-Âge crasseux, dur, cruel, où les hivers de plusieurs années peuvent prendre une dimension catastrophique, où la rude misère des petits contraste fortement avec les agapes permanentes des nobles et de leurs cours, où les intrigues et les conspirations de toutes ces parties prenantes à la table du pouvoir modèlent aussi la société en profondeur, et dans lequel les menaces de toute nature ne manquent pas…

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Un cadre passionnant donc, infiniment moins convenu que dans le gros de la production de fantasy « classique » post-Tolkien, qui (la magie et l’humour froid en moins) fait parfois songer au chef d’œuvre de noirceur amusée qu’est le cycle de « La compagnie noire » de Glen Cook. On appréciera tout particulièrement le refus patent de tout manichéisme (les personnages sont, presque tous, suffisamment ambigus pour éviter les poncifs les plus évidents), l’absence de scrupules narratifs gentillets (des « héros » peuvent mourir brutalement, par exemple, ou des personnages « sympathiques » se révéler, pour diverses raisons, d’odieux traîtres), la brutalité du propos et même l’inscription, pas trop complaisante, de l’amour et du sexe parmi les moteurs de l’histoire…

On aimera sans doute un peu moins les références parfois pas assez « digérées » (l’évocation des dragons, notamment, penche dangereusement vers du Weis / Hickman – et pas pour leurs meilleurs aspects) qui peuvent, dans les rares chapitres plus faibles de ce premier tome, glisser vers le patchwork de « maître de donjon » débutant, avant que la cohérence ne prenne progressivement son essor. Les rebondissements sont aussi parfois inégaux : si certains surprennent vraiment le lecteur, d’autres restent pour le moins « téléphonés ».

Ne boudons pas trop notre plaisir toutefois : la matière et la narration donnent vraiment envie de poursuivre, et la qualité de l’exécution place nettement ce récit dans le meilleur de l’heroic fantasy contemporaine.

Pour acheter le livre chez Charybde, c’est ici.

À propos de Hugues

Un lecteur, un libraire, entre autres.

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