☀︎
Notes de lecture 2011

Note de lecture : « The Engines of the Night » (Barry N. Malzberg)

Brillant désespoir d’un recueil d’essais sur la science-fiction datant de 1982.

x

LECTURE EN VERSION ORIGINALE AMÉRICAINE

The_Engines_of_the_Night

Barry N. Malzberg fut à plus d’un titre une étoile filante de la science-fiction dans les années 70. Ses romans « Apollo, et après ? » (1972) et « Un monde en morceaux » (1973), tout particulièrement, furent profonds, expérimentaux et audacieux dans leur écriture, et nettement dérangeants (l’auteur a souvent été décrit comme l’un des plus pessimistes de sa génération).

En 1982, « The Engines of the Night » rassemblait en volume ses écrits critiques, et trente ans après, ce copieux recueil continue à témoigner à la fois de la brillance et du désespoir de l’époque, sur des sujets politiques, sociaux, scientifiques et technologiques, mais aussi sur des thèmes littéraires, ou bien concernant l’édition et le lectorat.

x

Un extrait (traduction approximative, avec toutes mes excuses) :

Au cours de son histoire, la science-fiction a rarement eu droit à une audience de la part de ceux qui contrôlent l’accès au grand public des lecteurs (je suggèrerais 1946, 1957 et 1972), et à chaque fois, elle a été rapidement répudiée. Les réussites de la SF dans les média au cours des années 70 (la plupart, si ce n’est toutes, fondées sur des histoires d’aventure au contenu SF simple voire simpliste) a néanmoins imposé une présence de la SF littéraire au sein de la culture au sens large. Les lecteurs supplémentaires apportés par Star Trek et Star Wars ont conduit les éditeurs à accepter, cette fois, cette situation… mais la science-fiction n’en est pas vraiment, au début des années 80, devenue plus fréquentable et critiquement acceptée qu’elle ne l’était trente ans plus tôt.

Mon hypothèse, c’est qu’elle ne le sera jamais. La science-fiction est trop menaçante.
En son essence, la science-fiction est une littérature dangereuse. Elle incarne la Bête née des Lumières pour grogner au cœur des avancées intellectuelles et techniques. La technologie devenant plus sophistiquée et plus insidieuse, nos vies dans ce vingtième siècle post-industriel devenant chaque jour plus dominées par la technologie, la science-fiction devient plus rusée dans son modèle. Nous ne savons pas ce que nous faisons ; les moteurs peuvent nous dévorer – c’est ce que la science-fiction dit (entre autres choses) depuis longtemps. Peut-être prêche-t-elle seulement auprès des convertis, mais la vérité objective, c’est que la Bête intérieure ne disparaîtra pas – et donc, malgré l’hostilité de la culture, l’ineptie de beaucoup de ses praticiens, le dégoût de la plupart de ses éditeurs et la corruption de la plupart de ses lecteurs, la science-fiction ne disparaîtra pas non plus.


Note de lecture rédigée à l’origine en anglais, ci-dessous :

Brilliance and despair in this 1982 collection of essays on sci-fi.

x

Malzberg

Barry N. Malzberg was, in more than a sense, a sci-fi shooting star of the 70s. His novels « Beyond Apollo » (1972) and « Herovit’s World » (1973), notably, were deep, experimental in their writing and somewhat disturbing.

In 1982, « The Engines of the Night » collected his critical pieces and essays, and 30 years after, it continues to show the brilliance and the despair of the times.

Science fiction has had a hearing from those who control access to the broad reading audience at only a few points in its history (I suggest 1946, 1957 and 1972) and in every case has been swiftly repudiated. The successful media science fiction of the seventies (most, though not all of it, debased adventure stories with crude science-fictional props) has forced literary science fiction into juxtaposition with the culture. The increase in readership funneled in by STAR TREK and STAR WARS has indicated that publishers will permit it this time to go away… but science fiction is hardly, at the outset of the decade of the eighties, much more of a reputable and critically accepted genre than it was thirty years ago.

It is my assumption that it will never be. Science fiction is too threatening.
At the center, science fiction is a dangerous literature. It represents the beast born in the era of enlightenment to snarl at the heart of all intellectual and technological advance. As the technology becomes more sophisticated and intrusive, as our lives in the post industrial twentieth came to be dominated in every way by technology, science fiction became more cunning in its template. We know not what we do; the engines can eat us up – this is what science fiction has been saying (among many other things) for a long time now. It may be preaching only to the converted, but the objective truth, the inner beast, will not go away and so neither – despite the hostility of the culture, the ineptitude of many of its practitioners, the loathing of most of its editors, the corruption of most of its readers – neither will science fiction.

À propos de Hugues

Un lecteur, un libraire, entre autres.

Discussion

Pas encore de commentaire.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :