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Notes de lecture 2011

Note de lecture : « Le silence de l’espace » (Tommaso Pincio)

« Le spectacle du ciel étoilé me donne la nausée »

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Le silence de l'espace

Premier roman traduit en France de Tommaso Pincio, publié à l’origine en 2002, et paru ici directement en Folio SF en 2003 dans une traduction d’Éric Vial, cet emblème du mouvement « avantpop » (objet de la précieuse postface), comme d’une toute autre manière ses voisins du New Italian Epic, joue avec les codes littéraires de brillante manière, en revendiquant également sa filiation avec Thomas Pynchon (qui gouverna le choix du pseudonyme de l’auteur italien) et William T. Vollmann, notamment.

« Premier point, aussi évident qu’incroyable, « Lo spazio finito » n’est pas un roman sur Jack Kerouac, Marilyn Monroe, Arthur Miller ou Neal Cassady. Ou plutôt, Jack Kerouac n’y est pas un écrivain, Norma Jean n’y est ni Marilyn ni une actrice, etc. Voilà déjà beaucoup de négations en peu de mots, mais le roman fonctionne de la même façon, créant un vide qui lui est particulier : une sorte de tabula rasa qu’on croit pouvoir meubler, en utilisant notre mémoire de lecteur et de spectateur accoutumé à la mythologie des célébrités. »

Exercice savoureux et vertigineux de déconstruction des tropes de l’aventure spatiale et du roman « classique » de space opera « terrien », ces 190 pages encourent toutefois un double reproche : rester un peu trop au stade d’ébauche, d’une part, et être un peu trop « installé » en tant qu’illustration d’un manifeste littéraire (celui brillamment développé dans la postface, lecture indispensable par ailleurs pour tous les passionnés de littérature contemporaine).

Reproche léger toutefois, qui ne devrait guère gâcher le plaisir à suivre Jack Kerouac en orbite (mais oui !), et qui n’enlève rien à la terrible envie de se précipiter sur les productions suivantes de l’auteur qui étreint en refermant ce livre… Ajout 2014 : et en effet, depuis, « Un amour d’outremonde », « Cinacittà » et « Les fleurs du karma » ont largement confirmé le formidable talent de Tommaso Pincio.

« Le spectacle du ciel étoilé me donne la nausée. J’arrive à peine à le supporter une fois qu’on l’a réduit à des formules mathématiques », déclara Albert Einstein.

Ce qu’en dit Nébal est ici.

Pour acheter le livre chez Charybde, c’est ici.

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tommaso_pincio

À propos de charybde2

Un lecteur, un libraire, entre autres.

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