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Notes de lecture 2012

Note de lecture : « Débutants » (Raymond Carver)

La version « restaurée » selon ses vœux des premières nouvelles de Raymond Carver.

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Débutants

C’est l’excellent « Ciseaux » de Stéphane Michaka qui m’a attiré vers ce premier volume des œuvres complètes de Raymond Carver, publié en 2010 en français (dans la traduction de Jean-Pierre Carasso) par les éditions de l’Olivier, correspondant au « Beginners » de l’édition américaine Jonathan Cape de 2009.

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Le volume regroupe 17 nouvelles dans une « version originale restaurée », libérée des coupes et de la réécriture menée vigoureusement à l’époque de leur première publication (sous une forme que l’on peut lire dans le volume 2 des œuvres complètes, « Parlez-moi d’amour ») par l’éditeur Gordon « Ciseaux » Lish, et que Raymond Carver, dans une lettre extrêmement émouvante, annexée au volume, indiquait regretter, tout en reconnaissant à son éditeur le mérite d’avoir « su le faire publier ».

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Il y a ainsi bien entendu deux lectures de ce volume : l’une directe, plongeant corps et âme dans ces tranches de quotidien de la classe moyenne américaine soigneusement disposées en abîme, sur des moments où tout peut basculer, s’effondrer, disparaître, ou au contraire, sur ceux où quelque chose de bon a été, comme par miracle, préservé… Mes préférées sont ainsi « Une petite douceur » (l’atroce télescopage d’une commande de gâteau d’anniversaire et d’un accident de la circulation survenu à l’enfant auquel il était destiné), « La tarte » (le harcèlement terrible d’un ex-mari ivrogne envers son ex-femme), « À moi » (une très brève et tragique empoignade à propos d’un bébé) et « Débutants » (une longue conversation entre deux couples d’amis à propos de la nature de l’amour). L’autre lecture consiste à « comparer » la version restaurée et celle « de Gordon Lish » : vous en trouverez donc davantage sur ce point en lisant la note de lecture consacrée à « Parlez-moi d’amour ».

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« Tenez, sentez-moi ça, dit le boulanger, brisant une miche de pain noir. C’est un pain lourd, mais riche. » Ils le humèrent puis il le leur fit goûter. Il avait goût de mélasse et de céréales non raffinées. Ils l’écoutaient. Ils mangeaient tout ce qu’ils pouvaient. Ils avalaient le pain noir. La lumière était comme celle du jour sous les plaques d’éclairage au néon. Ils bavardèrent jusqu’au petit matin, quand monta la pâle lueur dans les fenêtres, et ils ne pensaient pas à s’en aller. (« Une petite douceur »)

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Pour acheter le livre chez Charybde, c’est ici.

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À propos de Hugues

Un lecteur, un libraire, entre autres.

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