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Notes de lecture 2012

Note de lecture : « Consulting » (François Thomazeau)

« Couperet » industriel revu par Audiard, « La Boîte » résout les problèmes de masse salariale.

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Consulting

Publié en 2010 chez l’éditeur Au-delà du raisonnable, ce onzième roman de François Thomazeau, dont j’avais apprécié le tout premier de ses « polars marseillais » (« La faute à dégun ») en 1996, est sans doute, sous sa légèreté apparente, son plus ambitieux à date.

Entre subtile ironie et profond cynisme, voici l’étonnant road novel qui joint, le temps d’une cavale déjantée, Antoine, « consultant » employé par La Boîte, hydre bien évidemment tentaculaire chargée d’éliminer physiquement les individus faisant obstacle au bon déroulement de certaines opérations économiques indispensables (fusions, acquisitions, et autres « restructurations »), Pascal, syndicaliste cocufié et découvreur par accident du pot aux roses, et Mathilde, femme très entretenue et néanmoins terriblement indépendante de l’un des pontes de La Boîte en question. Savoureux, jusqu’au final cinématographique dans les sables du mont Saint-Michel. Comme du Lautner, nous dit la quatrième de couverture. Soit. Comme des « Tontons flingueurs » ou du Jean Yanne revu au goût âcre du XXIème siècle, ou comme « Le couperet » de Donald Westlake qui serait passé d’un pauvre artisanat individuel à une échelle authentiquement industrielle, pourrait-on ajouter…

Le tout est traité entre grincement indéniable et bouffées d’hilarité et de second degré, qui peuvent créer un certain malaise, mais ouvre néanmoins de jolis abîmes de doute, ce qui reste, quel que soit le terrain pratiqué, l’une des grandes vocations du roman noir, quoi que certains peintres de vie en rosâtre puissent en dire ces temps-ci.

« L’assassinat comme méthode de gestion des ressources humaines. Chefs d’entreprise, dirigeants syndicaux : ligués ensemble dans une organisation secrète connue sous le nom de « La Boîte », ils n’hésitent pas à recourir aux méthodes les plus répréhensibles, y compris le meurtre, pour faire régner la « paix sociale » dans les entreprises. Depuis une dizaine d’années, sous couvert d’audits et de « consulting » dans des sociétés confrontées à des problèmes de masse salariale, La Boîte intervient : infiltration, intimidation, menaces, harcèlement moral, passages à tabac, délocalisations forcées, mais aussi assassinats, ses consultants ne reculent devant rien. Impensable, inimaginable en France, pays des droits de l’homme et pionnier de l’Europe sociale ? Jugez par vous-mêmes. »

Ce qu’en dit joliment Encore du Noir est ici., et un intéressant entretien avec Archipald Ploom est (on y évoque même, justement, l’antique et beau « La faute à dégun »).

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Francois Thomazeau

Photo : Sylvain Ageorges (http://www.ageorges.com/)

À propos de Hugues

Un lecteur, un libraire, entre autres.

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