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Notes de lecture 2013

Note de lecture : « Le camarade joueur de jazz » (Josef Skvorecky)

Six essais et articles du grand romancier tchèque, avant et après son exil à Toronto en 1968.

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Publié en 1988 en anglais et traduit la même année en français aux éditions Anatolia, ce recueil présente six essais et articles de l’écrivain tchèque Josef Skvorecky, à caractère majoritairement autobiographique, écrits soit avant son départ de Tchécoslovaquie en 1968, soit après son installation en exil à Toronto.

Les 67 pages de « Je suis né à Nachod », la plus longue pièce du recueil, constituent une véritable autobiographie littéraire, dans laquelle Skvorecky raconte à la fois son enfance lors de l’invasion nazie, la naissance de sa vocation, tant d’écrivain que d’amateur éclairé de jazz, ses grandes influences en tant que romancier, et ses divers démêlés avec la censure, officielle ou larvée, du régime tchèque entre 1950 et 1968.

« Comment j’ai appris l’allemand et, plus tard, l’anglais » n’est bien entendu pas tant un plaidoyer pour l’apprentissage des langues étrangères qu’un récit, bourré d’humour, de l’ouverture et de la résistance à l’endoctrinement que procure la fréquentation assidue et passionnée d’autres cultures que la sienne, fût-ce à travers le décryptage incertain de paroles de chansons, et les tâtonnements parmi les mots d’argot incompréhensibles de prime abord.

« Lire en liberté », en 9 pages, donne une magnifique leçon, toujours teintée d’humour et d’autodérision, d’émancipation authentique par la littérature.

« Red Music » et « Le camarade joueur de jazz » décrivent à la fois le traitement du jazz en tant que musique « dégénérée » par les régimes totalitaires nazi et stalinien, et l’impact monumental de cette musique sur l’adolescent puis l’homme Skvorecky.

« Interview à Prague », pour finir, est le dernier entretien donné par Skvorecky avant de quitter Prague après le printemps tchécoslovaque et la fin de Dubcek, entretien qui prend prétexte de la figure d’Hemingway pour dériver rapidement sur le rôle de la littérature, et sur la part du « divertissement » en elle.

Un recueil attachant pour mieux connaître cet écrivain exilé tardif qui, tout en étant resté toute sa vie farouchement anti-totalitaire, sut éviter de sombrer dans les rodomontades mystiques et les jérémiades d’un Soljenytsine, mais qui souffrit sans doute quelque peu, en France tout particulièrement, de la comparaison avec le rayonnement intellectuel d’un Milan Kundera.

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À propos de Hugues

Un lecteur, un libraire, entre autres.

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