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Notes de lecture 2013

Note de lecture : « Tonton Clarinette » (Nick Stone)

Superbe première enquête du privé Max Mingus, ex-flic et ex-taulard, dans l’Haïti en folie de 1996.

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Tonton Clarinette

Publié en 2006 (et efficacement traduit en français en 2008 dans la Série Noire de Gallimard par Marie Ploux et Catherine Cheval), premier roman du britannique Nick Stone, « Tonton Clarinette » est la première enquête de Max Mingus, ex-flic de Miami, ex-taulard pour meurtre, et désormais enquêteur privé.

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Démarrant dans les dernières semaines des sept ans de prison de Mingus, dont la femme, amour de sa vie, est décédée entretemps, le roman plonge le robuste et bourru privé dans l’imbroglio total de l’Haïti de 1996, deux ans après le débarquement des États-Unis et de l’ONU et le fort controversé rétablissement du président Aristide… Lancé à la recherche du petit-fils enlevé deux ans plus tôt d’un colossal magnat haïtien, après que trois enquêteurs aient échoué, dans des circonstances plutôt dramatiques pour deux d’entre eux, Mingus (dont le personnage lorgne nettement vers les dures et ambiguës figures du Harry Bosch de Michael Connelly ou du John Rebus de Ian Rankin) prend en pleine face, comme il s’y attendait, l’ensemble des clichés haïtiens, que Nick Stone, à la fois fort bien documenté et connaissant remarquablement le pays à titre personnel – sa mère, notamment, est haïtienne) parvient à subvertir très subtilement pour nous livrer un roman inventif, attachant et diablement plaisant, et qui donne bien hâte de découvrir les deux enquêtes suivantes.

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Mr Clarinet

« Jusque-là, pas de problème. Mais il y avait un bémol :
Il devrait enquêter à Haïti.
« À Haïtiii ? s’était exclamé Max, comme s’il avait mal entendu.
– Oui », avait confirmé Carver.
Putain !
Ce qu’il savait sur Haïti tenait en quelques mots : vaudou, sida, Papa Doc, Baby Doc, boat people – et, plus récemment, une intervention militaire américaine baptisée Restore Democracy, qu’il avait suivie à la télé.
Il connaissait – ou avait connu – pas mal d’Haïtiens, à Miami. Des expatriés à qui il avait régulièrement eu affaire du temps où il était flic et enquêtait à Little Haiti. Aucun d’eux n’avait eu grand-chose de positif à dire sur leur mère patrie – « un pays pourri » étant la description la plus courante (et la plus charitable) qu’ils en faisaient.
Tout cela ne l’empêchait pas de garder d’excellents souvenirs de la plupart des Haïtiens qu’il avait rencontrés. Et même de leur tirer son chapeau. C’étaient des gens bien, honnêtes, travailleurs, qui s’étaient retrouvés à la place la moins enviable qui soit en Amérique : à l’extrême bout de la chaîne alimentaire, au sud du seuil de pauvreté, et avec une sacrée pente à remonter.
Ceci était valable pour la plupart des Haïtiens de sa connaissance. Mais, chez les humains comme dans tout, il y a toujours un tas d’exceptions à la règle, et il avait été confronté à ceux-là aussi. Ils ne lui avaient pas tant laissé de mauvais souvenirs que le genre de blessures qui ne cicatrisent pas, prêtes à se rouvrir et à se mettre à suinter pour un oui ou pour un non.
Cette affaire avait tout d’une mauvaise idée. Le trou, il en sortait à peine. Pourquoi aller se refourrer dans un autre ?
Le fric. Voilà pourquoi. Inutile de chercher plus loin. »

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nickstone

À propos de Hugues

Un lecteur, un libraire, entre autres.

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