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Notes de lecture 2014

Note de lecture : « 1974 », « 1977 », « 1980 », « 1983 » – Le Quatuor du Yorkshire (David Peace)

Un chef d’œuvre radical : la descente d’une humanité aux enfers individuels et collectifs.

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West Yorkshire Map

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Publié à l’origine en quatre tomes entre 1999 et 2002, traduit en français entre 2002 et 2005 par Daniel Lemoine chez Rivages, le « Quatuor du Yorkshire »  (quatre romans enchaînés, titrés d’après l’année où se déroulent « principalement » les événements racontés : « 1974 », « 1977 », « 1980 » et « 1983 ») marquait le flamboyant début du Britannique David Peace dans l’écriture.

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Dans le comté du West Yorkshire, avec ses trois grands districts de Leeds, Bradford et Wakefield, comté dont l’auteur est originaire, la vision se déploie sur plus de vingt ans au total, entre 1969 et 1983, pour chanter – ou plutôt incanter -, à travers un jeu extrêmement subtil de points de vue narratifs, la descente aux enfers d’une portion d’humanité, étroitement coincée et martelée entre explosion des pulsions et des avidités individuelles et désagrégation forcenée et collective d’un tissu socio-économique.

S’appuyant sur deux « moments particuliers » bien réels du crime dans la région (une vague d’enlèvements et d’assassinats de fillettes autour de 1974, et les monstrueux meurtres de prostituées de l’ « Éventreur du Yorkshire » entre 1976 et 1983), David Peace orchestre une sauvage radiographie d’une juxtaposition de communautés livrée au Mal, au fil d’un savant mixage d’enquêtes policières au long cours, portant tout l’héritage du police procedural à la McBain ou à la Sjöwall/Wahloö, enquêtes au cours desquelles une machine sécuritaire obsolète et désemparée se débat sans fin et sans espoir dans la corruption, dans la luxure, dans l’avidité matérielle forcenée et dans le mélange chimique, chez chacun, des démons intimes plus ou moins envahissants et des façades publiques plus ou moins solides, tandis qu’autour de cette machine folle s’agitent et œuvrent, à leur propre désir et à leur propre perte, truands, paumés, journalistes, politiciens et hommes d’affaires, sur la toile de fond d’un petit peuple pavillonnaire et d’une foule anonyme des cités périphériques, tous deux en voie de paupérisation inexorable, tandis que le thatchérisme gronde de plus en plus à l’horizon.

Dalton Mills

Dalton Mills, par Nicola Miller.

Souvent comparé à James Ellroy, à la fois pour la noirceur radicale de son univers et pour l’intrication foisonnante de ses déroulés narratifs, David Peace le surpassait d’emblée, à mon avis, à bien des égards.

Tout d’abord, là où l’écriture de la « trilogie Lloyd Hopkins » (1984-1986) et du « quatuor de Los Angeles » (1987-1992) reste relativement conventionnelle (ce n’est qu’à partir d’ « American Tabloid » (1995) qu’Ellroy se mettra vraiment à utiliser une palette narrative puissante et complète), et échoue ainsi, au moins partiellement, à rendre compte de la folie économique et socio-politique collective creusant son sillon implacable autour des démons individuels, celle de David Peace est immédiatement multi-cellulaire, foisonnante et différenciée. Le choix glissant de ses narrateurs successifs (six différents se succèderont au fil des quatre volumes, trois policiers et trois civils), leur subjectivité essentielle et leur vision nécessairement parcellaire, leurs obsessions dévorantes et leurs non-dits radicaux, l’entremêlement déroutant des voix, l’usage redoutable des « cuts » issus tant des bulletins d’informations radiophoniques ou télévisuels et des journaux que des montages hoquetants de flux de conscience échevelés et de pensées intimes non attribuées, mais laissant toujours subodorer l’intérieur dévasté du crâne d’un tueur ou d’un justicier maudit : comme rarement avant lui dans la littérature noire ou dans la littérature dite « générale », tous ces éléments déployés avec une impressionnante maestria, même s’ils demandent un authentique effort d’adaptation de la part du lecteur, concourent à démontrer (ce qu’Ellroy ne fait pas, ou peu, ou tardivement, pour des raisons sans doute autant littéraires qu’idéologiques) la fatale imbrication de l’individuel et du collectif, de la superstructure psychologique dans l’infrastructure sociale et économique.

David-Peace-003

David Peace (Photo : Eamonn McCabe / The Guardian)

Ensuite, peu d’expériences littéraires contemporaines parviennent à approcher la jouissance issue de la rotation orchestrée par David Peace, au fil des 1 900 pages de ses quatre volumes, entre ses narrateurs, entre son arrière-plan et ses feux de la rampe, surprenant et ravissant le lecteur lorsque tel protagoniste, jusque là discret ou même simplement évoqué, s’empare des commandes pour nous offrir une toute autre vision du volume précédent que nous venions de refermer, tandis que tel autre, disparu ou renvoyé dans les limbes, continue par-delà les murs du sommeil à hanter le présent halluciné.

Enfin, bien au-delà de constructions plus « classiques » en trilogie ou en quadrilogie, et même au-delà de celles d’Ellroy, pourtant diablement solides, David Peace réussit aussi, en s’appuyant certes sur une certaine confiance dans son lecteur, à qui il ne pré-mâche certainement pas les aliments, cette véritable prouesse : proposer quatre descentes successives aux enfers, cohérentes et tenant debout toutes seules, avec leur clôture individuelle (cette fin provisoire pouvant être explosive comme un crash brutal ou au contraire distillée comme une lente noyade), tout en élaborant un puzzle monumental, dans lequel chaque pièce qui aurait été laissée en apparence inutilisée dans tel ou tel tome, prend sa redoutable signification, tôt ou tard, et éclaire toujours davantage l’œuvre pour atteindre la noirceur parfaite et sans retour du désastre total, qu’il me semble que James Ellroy, Giorgio Scerbanenco, Maj Sjöwall et Per Wahloö, et peut-être même Robin Cook (le génial Britannique connu sous le nom de Derek Raymond dans le monde anglo-saxon, pas l’auteur américain de thrillers médicaux stéréotypés et répétitifs), n’avaient jusqu’alors qu’effleurée.

Un roman en quatre temps qui figure à coup sûr parmi les monuments de la littérature contemporaine, « noire » ou non.


1974 : De quoi le meurtre de fillettes est-il le  nom ?

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1974

Publié en 1999 et traduit en français dès 2002 chez Rivages par Daniel Lemoine, le premier roman de David Peace plante certes un décor durable et puissant, mais va d’emblée beaucoup plus loin.

« 1974 » familiarise rapidement le lecteur avec ce West Yorkshire éclaté, entre sa capitale Leeds et ses annexes défendant parfois leurs prérogatives, avec sa relation complexe à sa voisine Manchester, qu’il faudra atteindre, inlassablement, au fil des nécessités des enquêtes, en traversant en voiture, souvent la nuit, la zone rurale des South Pennine Moors, voisine souterrainement jalousée car peut-être déjà relativement épargnée par la déliquescence industrielle morbide qui est en train de gagner le Yorkshire des Charbonnages entrés en décadence (la conclusion de ce mouvement-là interviendra hors champ du « Quatuor », dans l’extraordinaire « GB 84 » qui en constitue comme la postface, et l’aboutissement du rêve mortifère thatchérien).

Edward Dunford, journaliste local et possible rival montant de la « star » installée Jack Whitehead, remontant à sa manière la piste de l’investigation en cours sur deux enlèvements et meurtres de fillettes, dans lesquels il discerne « autre chose », nous sert de guide d’abord relativement classique dans le maquis, vu de l’extérieur, de la West Yorkshire Police. Mais déjà, la patte narrative de David Peace s’installe : mélange incessant de réflexions personnelles et d’actions vite évoquées, ou perçues au contraire en direct à travers des dialogues bruts et souvent brutaux, non-dits, informations et illuminations notées mais non partagées (pourquoi le narrateur le ferait-il ?) avec le lecteur, obsessions débordant dans le lit du récit. Derrière l’enquête en cours se profile très vite une plongée glaciale dans un univers de sperme, d’alcool, de vomi et de sang, où le rapport de forces poussé à son paroxysme instinctif, la brutalité policière totalement banalisée et la poursuite d’objectifs personnels (mais pouvant l’être en bande) sont la norme : « – C’EST LE NORD. ON FAIT CE QU’ON VEUT ! »

The Brown Horse

David Peace installe aussi avec brio un certain nombre de leitmotivs, déjà récurrents, mais qui hanteront progressivement l’ensemble des volumes suivants jusqu’à faire participer le lecteur à cette nausée presque permanente qui envahit protagonistes et narrateurs : pubs glauques, hôtels décatis, bureaux au bord de la ruine, salles d’interrogatoire à l’extrême limite de l’abjection pure, longs parcours en voiture sous la pluie, scènes de crime désolées, chantiers inachevés, friches industrielles naissantes, tous les motifs nécessaires pour soutenir les beuveries, les échanges musclés, les interrogatoires mécaniquement sadiques, les mensonges éhontés, les chantages, les pressions brutales, les diversions plus ou moins habiles, tout ce qui va peu à peu constituer la substance de ces enquêtes-prétextes, de ces investigations à la fois essentielles et menées en grande partie « pour la galerie », tandis que d’autres choses, inavouables, rôdent partout.

« – C’est toujours pareil : ce con de Lord Lucan et des putains de corbeaux sans ailes, fit Gilman, souriant, comme si c’était le plus beau jour de notre vie.
Vendredi 13 décembre 1974.
Attendant ma première « une ». Enfin le type dont on indique le nom et le titre : Edward Dunford, correspondant pour les affaires criminelles dans le Nord ; deux putains de jours trop tard.
Coup d’œil sur la montre de mon père.
Neuf heures et personne n’a dormi : directement du Cercle de la presse, puant toujours la bière, dans cet enfer :
Salle de conférences, commissariat de Millgarth, Leeds.
Toute la putain de bande attendait l’attraction principale, stylos en position et magnétophones sur « pause » ; les projecteurs de télévision, chauds, et la fumée des cigarettes, éclairant la pièce sans fenêtre, comme un ring de boxe, à la mairie, un soir de combat ; les gars des journaux se passant les nerfs sur le poste de télé, les parasites des radios, et faisant la sourde oreille :
– Ils ont peau de balle.
– Si c’est George qui est sur l’affaire, je te parie une livre qu’elle est morte. »

Pour acheter « 1974 », le premier tome de l’ensemble, chez Charybde, c’est ici.


 1977 : l’Éventreur du Yorkshire entre en scène.

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1977

Publié en 2000 et traduit en français en 2003 chez Rivages par Daniel Lemoine, le deuxième roman de David Peace poursuit le travail insidieux dans le West Yorkshire au bord du gouffre déjà bien lancé dès « 1974 ».

Rythmé comme autant d’exergues à chaque chapitre par de lancinants extraits d’un talk show local, « 1977 » fait rapidement surgir de l’arrière-plan relatif où ils s’étaient tenus dans le premier volume deux nouveaux narrateurs, le sergent inspecteur Bob Fraser et le journaliste « star » local Jack Whitehead. Comme le lecteur pénètre dans leur intimité, il va de découverte en découverte, le policier modèle et la plume acérée se révélant tous deux infiniment plus complexes que ce que la vision extérieure que nous en avions jusqu’ici semblait indiquer, et commencent ainsi, à leurs corps défendant, à remplir un certain nombre d’interstices laissés ouverts à la curiosité à l’issue du premier tome.

Alors qu’est décidée solennellement la création d’une « Brigade spéciale d’enquête sur les meurtres des prostituées », rendue nécessaire par la médiatisation d’un meurtrier qui va bientôt se faire appeler « l’Éventreur du Yorkshire », ce sont les démons intimes et les obsessions qu’ils provoquent, chez les deux narrateurs, qui vont jouer le rôle simultané de moteur et de frein à deux nouvelles quêtes personnelles tentant d’aller de l’autre côté du miroir des apparences cadenassées de la West Yorkshire Police, de son tissu d’intérêts et de relations, et de la déliquescence économique de plus en plus palpable de l’ancien territoire textile et minier, à deux ans de la première élection de Margaret Thatcher.

« Je me réveillai, trempé d’une sueur de violeur, après des rêves dont je souhaitais avec ferveur qu’ils ne soient pas les miens. Dehors, les arbres pendouillaient dans la chaleur, prenaient l’attitude mélancolique des saules, la rivière aussi noire qu’un coffret de laque, la lune et les étoiles découpées dans des rideaux, tout là-haut, regardant sans en avoir l’air dans les ténèbres de mon cœur.
« The World’s Forgotten Boy ».
Je traînais ma carcasse éprouvée de Dickens à la commode, sur la moquette usée jusqu’à la corde, m’arrêtai devant le miroir et les os solitaires qui emplissaient le costume miteux dans lequel je dormais, dans lequel je rêvais, dans lequel je cachais ma peau.
« Je t’aime, je t’aime, je t’aime ».
Je m’assis devant la commode, sur un tabouret que j’avais fabriqué à l’université, bus une gorgée d’Écosse, réfléchis à Dickens et à son Edwin, à moi et au mien, à tout ce qui est tien. »

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Avec l’assurance croissante d’une fatalité inexorable nourrie des motifs implantés précédemment (méthodes policières musclées, clans, carrières à conduire, conflits d’intérêt, apparences trompeuses) et des lieux récurrents désormais quasiment familiers (des pubs où chacun se noie à sa manière dans l’alcool aux  aux rues sordides et aux appartements chichement meublés du tapin à échelle artisanale ou industrielle, des villas somptueuses de quelques puissants aux cocktails mondains où les chefs se mêlent), les rebondissements et les liens incongrus amenés par une enquête hors normes sur un serial killer d’une robustesse jusque-là jamais atteinte tissent une toile mortelle, où les éventuelles bonnes volontés (s’il en est) semblent ne pouvoir que s’engluer et périr, d’une manière ou d’une autre.

Pour acheter « 1977 », le deuxième tome de l’ensemble, chez Charybde, c’est ici.


 1980 : merci d’être un ami.

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1980

Publié en 2001 et traduit en français en 2004 chez Rivages par Daniel Lemoine, le troisième roman de David Peace poursuit l’enquête sur l’éventreur dans le West Yorkshire, qui était déjà l’objet principal de « 1977 » et qui exploitait nombre d’éléments positionnés dans le décor dès « 1974 ».

Trois ans après le début narré précédemment (enfin, « narré », le lecteur appréciera certainement le machiavélisme de David Peace à sa juste mesure, durant ce volume et le suivant…), l’enquête piétine tandis que la médiatisation atteint des records au fur et à mesure que les meurtres de l’Éventreur s’accumulent. Il est donc décidé en très haut lieu de faire intervenir une brigade spéciale, constituée autour d’un enquêteur d’élite de la police de Manchester, pour reprendre le travail depuis le début, en notant le cas échéant de possibles dysfonctionnements de la West Yorkshire Police pouvant expliquer les piètres résultats obtenus jusqu’à présent. Comme on peut l’imaginer dans toute situation comparable, le Chief Superintendent Peter Hunter est donc accueilli à Leeds comme un chien dans un jeu de quilles, même si tous doivent in fine affecter de se plier à ses demandes.

Au milieu de policiers « de base » hostiles, de secrets enfouis qui pourraient émerger, peut-être, et de policiers seniors apparaissant par moments (nous les avons presque tous, désormais, déjà vus ou aperçus au cours des deux tomes précédents) comme autant de sauriens à l’affût derrière leurs paupières mi-closes, se débattant plus ou moins bien avec leurs propres démons, au fil d’une narration entrecoupée de terrifiantes doubles pages de logorrhée sans retour à la ligne, mêlant obsessions d’enquêteurs et fantasmes issus – sans doute – du cerveau du tueur, la petite équipe de Peter Hunter semble s’approcher de certaines vérités, de certains réseaux qui lieraient des intérêts que tout devrait séparer, dans l’idéal, et semble aussi bien prête, au passage, d’éclaircir nombre de fils laissés apparemment pendants précédemment.

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« Wakefield, Wakefield déserte :
Vendredi 12 décembre 1980…
Seulement les rancœurs et les mauvais souvenirs d’enquêtes mises en échec, les murs de silence, les secrets ténébreux et la paranoïa…
Des enfers professionnels…
Janvier 1975…
Seulement les rancœurs et les souvenirs horribles, les échecs, les murs de silence, la responsabilité ténébreuse et la culpabilité…
Des enfers personnels.
Janvier 1975.
Prières impuissantes et promesses non tenues, reniées et renvoyées…
Décembre 1980 :
Wakefield, Wakefield stérile. »

« 1980 » réussit aussi la performance, un an après l’arrivée de Margaret Thatcher au pouvoir, d’apparaître encore plus violent, encore plus sombre, encore plus désespéré que ses deux prédécesseurs, et ce n’est pas peu dire.

Pour acheter « 1980 », le troisième tome de l’ensemble, chez Charybde, c’est ici.


 1983 : de quoi vingt années étaient-elles vraiment le nom ?

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1983

Publié en 2002 et traduit en français en 2005 chez Rivages par Daniel Lemoine, le quatrième roman de David Peace , et dernier volume du « Red Riding Quartet » (titre anglais du « Quatuor du Yorkshire », qui prend un relief particulier et nettement plus explicite avec ce roman-ci), revient à la fois directement et indirectement sur l’ensemble des affaires traitées au cours des romans précédents, et offre un somptueux bouclage de toutes les intrigues individuelles, bon nombre d’entre elles étant ainsi revues et corrigées à une toute nouvelle lumière.

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À nouveau, de nouveaux narrateurs émergent de l’ombre qui les environnait jusqu’alors : l’avocat à la petite semaine Piggott, qui va tenter, à la demande de la mère, d’obtenir la révision en appel du procès de celui qui est actuellement incarcéré depuis sept ans, après aveux circonstanciés, comme étant l’auteur des meurtres de fillettes de « 1974 », et le Superintendent Maurice Jobson, vétéran bienveillant et respecté de la New Yorkshire Police.

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L’occasion d’un final éblouissant et glaçant, dans lequel tout sera enfin révélé, tous les faux-semblants, toutes les compromissions, les corruptions, les cruautés qui hantaient le récit depuis le début. Toutes les erreurs, aussi, commises par les uns ou les autres, toutes les obsessions qui ont accompagné les protagonistes, toutes les résonances mises à jour, enfin, entre d’implacables démons individuels, bien personnels, avec les formes fantasmatiques qu’ils adoptent, et des démons collectifs d’une banalité exacerbée jusqu’à la folie : appât du gain et désir de domination, dans une société qui désormais – et pour toujours ? – ne veut plus reconnaître que le succès matérialisé et communiqué, et sa frénésie consommatrice insatiable.

« Tu secoues la tête. Tu le dévisages.
La Chouette.
Il dit :
– Au revoir, monsieur Piggott.
Tu pivotes sur toi-même. Tu prends la direction de la porte. Tu t’immobilises. Tu te retournes. Tu dis :
– Vous n’oublierez pas la moto, n’est-ce pas ?
– Je ne l’oublierai pas, monsieur Piggott, répond le superintendant Jobson. Je n’oublie rien.
– À bientôt, donc, tu dis.
– Absolument, répond-il.
Tu jures que tu entends…
Que tu l’entends dire :
Là où il n’y a pas de ténèbres. »

Pour acheter « 1983 », le quatrième et dernier tome de l’ensemble, chez Charybde, c’est ici.

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Qu’on le considère comme une série de quatre textes ou comme un grand roman polyphonique, « Le Quatuor du Yorkshire » s’inscrit sans contestation parmi les œuvres majeures de la littérature contemporaine, et normalement bien au-delà des amateurs de roman policier ou de roman noir, expression d’un talent d’une ampleur que David Peace n’a fait que confirmer par la suite, de son énorme « GB 84 » à son tout récent « Rouge ou mort », à paraître en français en cette rentrée littéraire 2014.

À propos de charybde2

Un lecteur, un libraire, entre autres.

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