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Notes de lecture 2013

Note de lecture : « Passé parfait » – Mario Conde 1 (Leonardo Padura)

La première enquête du policier cubain Mario Conde, troublante, riche et belle.

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Passé parfait

Publiée en 1991, traduite en français en 2001 chez Métailié par Caroline Lepage, « Passé parfait » est le second roman de l’auteur, et surtout la première enquête dans laquelle apparaît le lieutenant de police cubain Mario Conde.

Cuba en 1989 : la disparition aussi soudaine que mystérieuse d’un ponte, directeur général de l’une des grosses entreprises d’État cubaines, en charge de pans entiers du commerce extérieur, crée un certain affolement dans de hautes sphères, et met la police sous pression pour élucider rapidement cette embarrassante affaire…

Or, si « le Conde », écrivain avorté, est bien considéré par son supérieur comme l’un de ses plus fins enquêteurs, il se trouve aussi être un ancien condisciple de lycée du brillant et exemplaire disparu, et être aussi toujours, vingt ans après, quelque peu amoureux de sa femme…

L’occasion pour l’auteur de mettre en place sa fabuleuse galerie de portraits, dans l’entourage du Conde, amis d’enfance et collègues, pour user de son héros comme un filtre charmeur, lui-même reflet des contradictions, des erreurs et des énormes hypocrisies d’une société cubaine semblant à la fois engluée dans un immobilisme presque parfait et traversée de courants souterrains dévastateurs… Dans ce rôle de « policier qui doute », et qui se ressource à l’envi dans l’alcool, le sexe, l’amour impossible et l’amitié souveraine, le Conde prend d’emblée place chez les plus grands, aux côtés, curieusement, d’un collègue suédois, le grand Martin Beck de Sjöwall et Wahloö, spectateur aussi impitoyable que désabusé des dérives de la social-démocratie des années 70…

Pasado perfecto

« Les portes de l’ascenseur s’ouvrirent avec la lenteur d’un rideau de théâtre bon marché, et ce n’est qu’alors que le lieutenant Mario Conde comprit que sur cette scène-là en tout cas, il n’avait pas besoin de lunettes de soleil. Le mal de tête avait presque disparu. Mais l’image familière de Rafael Morín remuait en lui des souvenirs qu’il croyait perdus dans les recoins les plus obsolètes de sa mémoire. Le Conde aimait se souvenir ; c’était, comme disait le Flaco, un putain d’incorrigible brasseur de souvenirs. En l’occurrence pourtant, il aurait préféré avoir autre chose à offrir à sa mémoire. Il avança dans le couloir, avec moins l’envie de travailler que celle de dormir, et lorsqu’il arriva au bureau du Vieux, il rajusta son pistolet, sur le point de glisser de la ceinture de son pantalon. »

« Le sergent Manuel Palacios enclencha la marche arrière, appuya sur l’accélérateur et les pneus maltraités gémirent quand la voiture fit demi-tour pour sortir du parking. Il parut moins fragile quand, assis au volant, il regarda vers la porte du Commissariat pour voir le visage impassible du lieutenant Mario Conde : peut-être qu’il n’était pas parvenu à l’impressionner avec cette manœuvre que même Gene Hackman dans « French Connection » n’aurait pas réussi. »

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leonar101

À propos de Hugues

Un lecteur, un libraire, entre autres.

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