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Notes de lecture 2013

Note de lecture : « L’île d’Ouranitsa » (Alexandre Papadiamantis)

Neuf nouvelles d’amour et de tendre rudesse des îles grecques du XIXème siècle.

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Ouranitsa

Rassemblées en 2013 par l’inspiré éditeur Cambourakis dans une traduction de René Bouchet, découvertes en passant à la nantaise librairie des Machines grâce, à l’époque, à l’infatigable Charlotte Desmousseaux, ces neuf nouvelles du grand écrivain grec « classique » Alexandre Papadiamantis (1851-1911), écrites entre 1891 et 1902, sont comme autant de jolies perles permettant de découvrir ou redécouvrir un auteur un peu injustement oublié, semble-t-il.

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Dans ces îles grecques belles mais rudes, où la mer nourricière est omniprésente et bien souvent redoutée à juste titre, neuf histoires d’amour, de malheur, de bonheur, de fidélité déraisonnable, d’exil forcé, de retour improbable, de sagesse au coin de la ravine ou de félicité autour d’une bouée… On sera heureusement surpris de découvrir parfois dans telle ou telle anecdote, irriguant un texte qui prend vite des allures de conte, comme un écho anticipé des histoires dont Henry Miller sut se nourrir, sur place lui aussi, pour bâtir son formidable « Colosse de Maroussi ». contes dont on trouvera aussi sans doute une bien belle version contemporaine dans le « Yparkho » de Michel Jullien. Et on donnera ainsi raison à René Bouchet qui dans sa vive préface témoignait, en substance, que Papadiamantis s’inscrit nettement parmi ces écrivains d’apparence foncièrement réactionnaire qui valent pourtant infiniment mieux que leur positionnement socio-politique putatif…

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« Il est vrai que Yannios parlait de son frère avec amertume, mais sa mère n’avait jamais gratifié du moindre remerciement le pauvre esclave qu’il était. Et leurs disputes ne manquaient jamais de s’envenimer à cause de ce frère, pour qui la vieille femme avait une faiblesse aveugle et qu’elle n’admettait pas d’entendre critiquer. La pauvre femme trouvait tout à fait normal que Yannios fît ce qu’il faisait pour elle. Et il ne lui serait jamais venu à l’esprit que lui aussi pût l’abandonner comme l’avait fait son cadet. Mais, au fond, elle n’avait pas tort ; Yannios était de ces hommes qui gémissent souvent, mais ne se découragent jamais. »

Pour acheter le livre chez Charybde, c’est ici.

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alexandre-papadiamantis

À propos de Hugues

Un lecteur, un libraire, entre autres.

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