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Notes de lecture 2012

Note de lecture : « Villa des Quatre Vents » – Mary Lester 37-38 (Jean Failler)

Une série qui semble ici s’user et confirmer hélas une dérive de l’héroïne et de l’auteur.

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Villa des Quatre Vents

J’ai une longue histoire d’amour avec Mary Lester, l’officier de police bretonne créée par Jean Failler depuis « Les bruines de Lanester » en 1992. Habile, têtue, fine mouche, irrévérencieuse, animée d’un profond sens de la justice, d’un égal mépris des intrigues politiciennes, ce personnage attachant permet aussi une belle immersion, enquête après enquête, dans divers recoins de notre chère Bretagne. Et je retiens notamment toujours avec émotion les ambiances de pêche hauturière à Concarneau (« Marée blanche », n°4) et en mer (« Aller simple pour l’enfer », n°12), l’ambiance des Vieilles Charrues à Carhaix (« À l’aube du troisième jour », n°14), les rives de l’Odet (« Les gens de la rivière », n°15), ou encore les Montagnes Noires et le Huelgoat (« La bougresse », n°16, et « Le testament Duchien », n°18), pour citer quelques-unes de mes enquêtes préférées.

Hélas, depuis un certain temps, la situation s’est lourdement dégradée : tout d’abord, même s’il n’est pas évident de renouveler la trame des enquêtes, au bout de plus de 30 volumes, l’auteur ne semble plus vraiment y parvenir… Cette dernière en date, publiée en 2012 (et portant le n°37-38) n’y fait pas exception, et on a distinctement l’impression d’avoir déjà lu cette histoire d’industriel assassiné où les mobiles apparents ne sont pas les bons, et où l’obstination et le rejet des « politiques » de Mary Lester feront merveille.

Encore plus gênant pour moi, si l’enquêtrice était depuis toujours conservatrice et traditionaliste, rejetant gentiment de nombreux « oripeaux de la modernité » dans sa vie personnelle, elle devient peu à peu franchement réactionnaire, de plus en plus moralisatrice, poujadiste et prompte à fustiger tout laxisme social apparent, ce qui finit par donner un drôle de goût au récit… Même les bienvenues piques contre les délires de la DCRI et un nouveau recours (pourtant rarissime) aux possibilités fantastiques offertes par le chat hérité depuis le tome 16 ne parviennent guère à ranimer un roman qui se dissout dans un excès d’invraisemblable…

Comme il n’y a ici, de plus, aucune nouvelle découverte « géographique » (l’arrière-pays de Morlaix a déjà été fréquenté trois fois par la capitaine…), on obtient in fine le plus mauvais opus de Mary Lester à ce jour, avec un sentiment prononcé de lassitude… Vais-je finir par laisser tomber la blonde enquêtrice longtemps si sympathique ?

AJOUT EN JUILLET 2014 : Eh bien non ! Les deux enquêtes suivantes (« Le visiteur du vendredi », n°39, et « La Croix des Veuves », N°40-41) semblent bien avoir repris du souffle !

Pour acheter le livre chez Charybde, c’est ici.

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Failler2re-2

À propos de charybde2

Un lecteur, un libraire, entre autres.

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