☀︎
Notes de lecture 2014

Note de lecture : « Ulysse brûlé par le soleil » (Frederic Prokosch)

Vingt-six courts chants lyriques et puissants de 1941.

x

Ulysse brûlé par le soleil

Publié en 1941 sous forme de l’une de ces plaquettes plutôt confidentielles, destinées aux amis, dont le poète américain Frederic Prokosch avait le secret, puis inséré en 1944 au sein d’un « Chosen Poems » par l’auteur, ce court recueil de poèmes, ainsi étoffé, puis revu et amendé en 1988, fut traduit et présenté en français en 2012 aux éditions de La Différence par Michel Bulteau, en un joli fascicule bilingue.

Surtout connu du grand public pour ses grands romans, mais poète raffiné écrivant pour quelques cercles restreints d’amis, d’un lyrisme souvent forcené, qui déplaisait forcément aux avant-gardes tout au long du demi-siècle, mais qui lui valait l’admiration de W.H. Auden, W.B. Yeats ou T.S. Eliot, Frederic Prokosch, dans ces 26 pièces brèves, oscille en permanence sur une fine et coupante ligne de crête, entre un apaisement toujours recherché mais presque toujours enfui, et une douleur profonde appelant la levée d’une rage combative.

Un recueil qui constitue une excellente introduction à cette rare facette de l’auteur.

x

« Les condors du futur s’élèvent
Vers le dôme de la stupeur
Et un million de soupirs tremblés
Jaillissent des morts insultés ; »

x

Sunburned Ulysses« CHANT

Hespéros, l’étoile bienfaisante,
Là où les hommes n’ont plus d’espoir,
Où les mortels n’ont plus d’appétence
Répand la douceur et la fraîcheur :
Entend monter des golfes russes,
Sous le soleil de minuit,
Le bruit des clochettes des traîneaux disparus,
Regarde le traître en fourrure se lever
Dans son paradis gelé,
Abandonne ses attentions délicates
À l’exil languide ;
Calme mais ne pardonne jamais
À ceux qui ont perdu la joie de vivre –
Voyageurs aveuglés sur les pentes
Pour qui l’espoir est un leurre ;
Bénit mais ne peut rien
Pour ceux que l’amour a conduits  à la guerre,
Héros brisés célébrant les mensonges
Qui dévorent leurs jours :
Piliers perdus dans l’immensité des sables
Échappés d’une main apaisante. »

« Oui, la vigilance de la haine
Survit, et plus personne
Ne connaît le calme et l’apaisement,
Tous, tous sont partis.
Les sages se tiennent immobiles, blancs,
Comme des lys dans les bosquets
Pendant que les voleurs se faufilent dans la nuit
Pour poignarder les cœurs que j’aime. »

Pour acheter le livre chez Charybde, c’est ici.

x

AVT2_Prokosch_2453

À propos de Hugues

Un lecteur, un libraire, entre autres.

Discussion

Pas encore de commentaire.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :