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Notes de lecture 2013

Note de lecture : « Devenir immortel, et puis mourir » (Éric Faye)

Quatre nouvelles distillant à merveille cette poésie de l’étrange chère à Éric Faye.

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devenir immortel

Publié en 2012 chez José Corti, ce recueil de quatre nouvelles d’Éric Faye est à nouveau fort réjouissant, portant sur quatre longueurs et quatre terrains bien différents sa rigueur poétique de grand styliste de l’étrange.

Les 30 pages de « L’inachèvement », superbement écrites, sont d’une thématique plutôt classique de fantastique proche et inquiétant, dans le quotidien d’un écrivain, où peut rôder comme l’ombre d’un usurpateur ou d’un doppelgänger.

Les 8 pages de « La nuit du verdict » constituent sans doute l’un des plus beaux hommages littéraires à Franz Kafka qu’il m’ait été donné de lire.

Les 75 pages de « Devenir immortel, et puis mourir » déguisent somptueusement en conte chinois une réflexion sur l’immortalité – et donc sur le contenu de la vie -, en un palais des miroirs que ne renierait sans doute pas Borges.

Les 80 pages du « Mur de Planck », avec leur physicien français de modeste renommée que tel ou tel colloque ramène épisodiquement au Japon dans une longtemps vaine tentative de « voir pour de bon » le Fuji-Yama, distille ce charme extraordinaire de l’intellect aux prises avec le réel, tardant à se laisser aider par la poésie, dans un climat toujours curieux où rôdent aussi bien le risque de se perdre dans la traduction en Bill Murray des particules subatomiques, que de s’engager dans une forêt noire concoctée peut-être par un Romain Verger. Magnifique, troublant, l’Éric Faye que j’adore.

« Mais Huangdi avait touché au fruit défendu du savoir et ne pouvait plus s’en passer. Aucun livre n’étanchait à lui seul sa soif. Chacun en appelait un autre. C’était de l’opium. Et comme il en redemandait, ses hommes couraient les ports de Chine en quête d’ouvrages en provenance des pays les plus lointains. On disait que là-bas, des savants étaient lancés aux trousses de la panacée, de l’élixir censé permettre de traverser les années par centaines, à l’imitation du Mathusalem dont parlait un de leurs livres sacrés, qui aurait tenu neuf cent soixante-neuf ans. »

Ce qu’en dit ma collègue et amie Charybde 7, c’est ici.

Pour acheter le livre chez Charybde, c’est ici.

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eric faye

À propos de charybde2

Un lecteur, un libraire, entre autres.

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