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Notes de lecture 2013

Note de lecture : « Dernières nouvelles de l’enfer » (Jérôme Leroy)

46 nouvelles pour jouer avec le genre de l’horreur, bel hommage au roman et au cinéma spécialisés.

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dernières nouvelles de l'enfer

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Publié en 2013 chez L’Archipel, ce recueil de 46 nouvelles de Jérôme Leroy constitue son formidable hommage aux littératures et aux cinémas de genre, science-fiction un peu (on connaissait déjà la culture impressionnante de l’auteur dans ce domaine), mais ici surtout fantastique et horreur.

Réplicants, tueurs en série, cannibales, vampires, zombies, démons, extra-terrestres déguisés en enfants humains, morts vivants qui s’ignorent, créatures possédées, exorcistes, voitures douées de conscience psychotique, enfants du diable, fantômes japonais haineux, et bien d’autres… L’immense panoplie des figures du genre, classique ou contemporain, se déploie, chaque nouvelle étant dédiée à un maître de l’écrit ou de l’écran, ou à l’une de ses créations, dans autant de tours de force, de quelques pages, pour compléter, revoir, alterner, moquer affectueusement ou subvertir telle ou telle scène fameuse.

Un très bon moment de lecture pour tout passionné de fantastique et d’horreur, avec ces nombreux moments de tendresse amusée dont Jérôme Leroy a le secret, même sur de semblables prémisses.

Ce qu’en dit ma collègue et amie Charybde 7 est ici.

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« Et tu as vécu avec moi, mon amour, ma réplicante, pendant près d’un an.
Tu m’as donné tout ce que je pouvais espérer. Si j’avais eu un doute sur le fait que tu sois une réplicante, la nuit où tu as tué les deux cambrioleurs qui s’étaient introduits dans l’appartement, vu la rapidité avec laquelle tu as fait ça, eh bien ce doute aurait disparu. Nous n’en avons jamais parlé mais chacun, mon amour, ma réplicante, avait compris que l’autre savait.
Jusqu’à ce matin-là, il y a une semaine, où tu as dit : « C’est fini, je crois… » Et alors tu as commencé à pâlir un peu plus chaque jour, tes doigts ont pris une teinte sableuse et ont commencé à s’effriter.
Je ne suis plus allé au travail, je suis resté près de toi, à pleurer doucement, mon amour, ma réplicante, pendant que tu me regardais en souriant doucement et que tu me racontais ta vie là-bas, dans les autres mondes, et la lumière des soleils multiples quand l’été se termine sur Alpha du Centaure.
Mon amour, ma réplicante, tu vois, mon absence au boulot a dû alerter les autorités, ils ont dû remonter jusqu’à l’épisode du bar puisque, depuis que tu t’effaces, je ne réponds plus à personne : je ne veux plus rien perdre du temps qu’il me reste avec toi.
C’est pour cela que des voitures se posent maintenant sur le toit de l’immeuble.
Et quand le Blade Runner que j’entends déjà monter l’escalier quatre à quatre ouvrira la porte le flingue braqué, je lui dirai, mon amour, ma réplicante, qu’il est trop tard puisque ton âme volera déjà du côté d’ALpha du Centaure et que mes larmes couleront désormais comme tombe la pluie sur Los Angeles : pour les siècles des siècles. » (« Mon amour, ma réplicante » – À Daryl Hannah).

Pour acheter le livre chez Charybde, c’est ici.

La photographie de Jérôme Leroy ci-dessous est © C. Hélie / Gallimard.

leroy1

À propos de charybde2

Un lecteur, un libraire, entre autres.

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