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Notes de lecture 2013

Note de lecture : « Pommes » (Richard Milward)

Dansez sous les bombes avec la jeunesse de la classe ouvrière anglaise contemporaine.

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Publié en 2007 (en 2010 en français chez Asphalte, dont le talent de découvreur pour notre pays se confirme chaque semaine, et dans une bien belle traduction d’Audrey Coussy), « Pommes » est le premier roman du jeune Anglais Richard Milward.

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Mettant en scène dans une langue débridée et savoureuse, crue et enlevée, des adolescents et surtout des adolescentes, collégiennes ou jeunes lycéennes, héritières contemporaines de cette classe ouvrière anglaise dévastée et semi-clochardisée, consciencieusement, par les tornades musclées thatchériennes, « Pommes » ne fait pas dans la dentelle : si les échanges de « trucs » de beauté ou de conseils sur les mecs, entre filles, sont bien là, il est encore plus question de baises sauvages, de viols, de drogues, de grossesses non désirées, de vols, de marijuana ou d’ecstasy, et surtout de survie face à un horizon résolument et complètement bouché.

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Mais là où l’on pourrait s’attendre à un « simple » récit de l’horreur paupérisée au quotidien, Richard Milward réussit ce petit miracle, et sans abus de bonbons Haribo (qui ne surviendront en force que dans son deuxième roman, « Block Party ») : faire passer le sentiment d’une allégresse, d’un enjouement désespéré où, face à l’adversité flamboyante, ces jeunes filles (et, un peu, jeunes hommes) disent au fond : « S…, F…, vivons et dansons sous les bombes ».

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Drôle, troublant et magnifique au total.

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« T’essaies de décrocher le gros lot, ce soir ? a demandé Debbie à Rach, et on s’est gondolées. J’étais sapée avec glamour moi aussi, mais je n’étais plus intéressée par les coups d’une nuit ou deux. C’est sûr, une bonne baise, ça fait monter l’adrénaline et ça permet de faire semblant de tenir à quelqu’un pour un moment, mais je n’en avais en réalité rien à foutre d’eux et je détestais ce sentiment. Les pires, c’était ceux que j’avais honte que m’man, Natasha ou Laura croisent le lendemain matin. Ceux-là n’oubliaient jamais de rappeler d’ailleurs. »

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Ce qu’on en dit joliment sur Polars d’Encre est ici. Ce qu’en dit (en anglais) The BookBag est , et l’entretien (en anglais également) avec Caspar Llewellyn Smith dans The Guardian, là-bas, même s’il eut lieu à l’occasion de la sortie de son deuxième roman, parle aussi de « Pommes » et est très intéressant.

Pour acheter le livre chez Charybde, c’est ici.

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À propos de charybde2

Un lecteur, un libraire, entre autres.

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