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Notes de lecture 2012

Note de lecture : « Au bord d’un lent fleuve noir » (Anne-Sylvie Salzman)

Entre Borges, Hoffmann et Bolaño, la traque feutrée, à haut risque, d’un écrivain de génie.

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au bord d'un lent fleuve noir

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Le premier roman d’Anne-Sylvie Salzman, publié en 1997 chez Joëlle Losfeld, nous entraîne dans une course effrénée, et pourtant dangereusement calme à bien des moments, autour du mythique écrivain Boris Rijman, dont le noir talent ne semble, selon la rumeur et les craintes qu’il inspire à son entourage, n’avoir d’égales que les envies de cruauté et les accès de brutalité qui le saisissent régulièrement… Démarrée à l’occasion d’un colloque littéraire à Berlin, où se pressent tous ceux que ce génie littéraire intéresse, une fantastique quête prend forme, dans laquelle vont s’épuiser, tout à tour et différemment le traducteur Daniele Zimmer et l’organisateur du colloque, Peter Mart, avant que le salut et l’élucidation – autant qu’il est possible – ne finissent par venir de la propre fille de l’écrivain, au prix d’un changement drastique d’attitude face à la vie…

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Habilement confié aux trois narrateurs et protagonistes-clé successifs, ce roman captivant, qui oscille entre Berlin et Paris, l’île écossaise de Mull et un Saint-Petersbourg peut-être fantasmé, devrait ravir les amatrices et amateurs du Bolaño de « 2666 », comme celles et ceux qu’un croisement entre les mystères ironiques de Borges et les inquiétudes surgies du quotidien d’un E.T.A. Hoffmann ne peut laisser indifférent(e)s.

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« Je l’avais enfin retrouvée. Elle dormait, joue contre la vitre, ou plutôt contre le rideau jaune tiré sur la vitre. Je m’assis en face d’elle. J’avais boutonné mon veston, et parcouru les cinq premiers wagons du train un carnet à la main, en me donnant pour un employé du service après-vente de la Mitropa. J’avais poussé le scrupule jusqu’à noter les critiques qu’on me faisait. Elles concernaient, à raison, la climatisation défectueuse des compartiments.
Sur la banquette, à côté de Mrs Vandyke, la couverture d’un des romans de son père me montra leur ressemblance. Elle et Rijman avaient la même forme de visage. Quand elle se réveilla, je constatai qu’elle tenait aussi de Rijman ses yeux d’oiseau, noirs, ou d’un brun fort sombre.
Rijman père et fille, je ne les avais jamais vus, jamais rencontrés avant cette semaine. »

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La photographie du port de Tobermory (île de Mull) provient d’un joli blog de vacances familiales.

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Pour acheter le livre chez Charybde, c’est ici.

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Anne-Sylvie Salzman

À propos de Hugues

Un lecteur, un libraire, entre autres.

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